RÈgle de base 3: faire des paragraphes acceptable


Adi Lachgar (?) [339 msg envoyés ]
Publié le:2012-05-27 11:44:57 Lu :1628 fois
Rubrique :Discussion générale  


Quand je dis à mes élèves que je ne corrige pas des copies de moins de 3 pages, ils protestent. Pour eux, une composition, c’est, à tout casser, une vingtaine de lignes TTC. Cependant, dès que nous nous mettons à faire des paragraphes, ils voient bien que, souvent, trois pages, c’est juste insuffisant pour répondre à la question posée.
Il s’agit d’apprendre à rédiger un paragraphe en respectant sa composition « canonique.»
Rappel :
• Le paragraphe développe une seule idée.
• Le début d’un paragraphe est marqué par un alinéa.
• La fin d’un paragraphe est marquée par le point, le retour à la ligne et un nouvel alinéa.
• Pour composer un paragraphe, il faut savoir développer une idée en économisant les moyens (ne pas tout dire tout de suite, en une seule phrase complexe)
Pour illustrer ces propos, je reprends ce sujet
Antigone et Créon ne peuvent s’entendre.
Expliquez cette affirmation en vous appuyant des exemples précis tirés de l’œuvre que vous avez étudiée.
Ma composition comportera deux parties
I- Des obstacles externes
1- Des personnages sous pression
2- La langue des valeurs
II- Des obstacles internes
1- Deux visions du monde opposées
2- Deux caractères opposés
NB
Il est tout à fait possible d'élaborer un plan en trois parties avec trois paragraphes chacune pour développer ce sujet.
Dans la première partie, je vais développer 2 idées qui correspondent à 2 paragraphes :
Paragraphe 1 : (le code couleur permet de distinguer les moments du paragraphe)


       Si Antigone et Créon ne peuvent s’entendre, c’est qu’ils ne sont pas libres. Les deux personnages subissent des pressions qui les privent de leur liberté. Créon est roi et, en tant que tel, il incarne l’autorité. Il doit donc obéir aux lois de la cité. Or, aller vers Antigone, l’écouter et la comprendre, c’est risquer de perdre la confiance de la cité et sa propre autorité. Antigone, quant à elle, subit la pression d’un autre système de valeurs. C’est celui du devoir envers la famille, et notamment le devoir d’inhumer religieusement un frère mort au combat. Pour elle, aller vers Créon, l’écouter et le comprendre, c’es trahir sa famille et sa religion. Ainsi, les deux personnages, par leur mésentente incarnent, en fait, l’impossible communication entre deux systèmes de valeurs.
        Dans la tragédie d’Antigone, les valeurs sont, en effet, très fortes et très exclusives. La langue des personnages est celle de leurs valeurs. Antigone et Créon ne parlent pas la même langue. Antigone parle la langue du choix parfaitement assumé d’aller contre une loi qu’elle trouve inique. Créon parle la langue du choix forcé. C’est pour cette raison qu’ils ne peuvent ni s’écouter ni se comprendre. Créon s’emporte souvent contre Antigone et lui demande de se taire. C’est comme s’il mettait en doute les valeurs qu’il incarne par le seul fait de parler avec Antigone. Cette dernière, elle, convaincue d’avoir raison, trouve un certain plaisir à saboter le système de valeurs sur lequel repose l’autorité de Créon. En parlant chacun la langue de leurs valeurs, les deux personnages se condamnent à ne jamais s'entendre.  
         La communication impossible entre Antigone et Créon s’explique également par le caractère inconciliable de leur vision du monde. Créon paraît réaliste et désabusé. Il n’y a aucun enthousiasme dans son exercice du pouvoir. S’il s’est chargé de gouverner le « bateau », c’est pour éviter qu’il se noie à cause des disputes entre les enfants d’Œdipe. En revanche, Antigone est animée par une vision idéaliste et rebelle. Elle rejette tout ce qui va à l’encontre de ses choix, quitte à en mourir. Elle refuse notamment le bonheur normal que lui propose Créon et qui est d’épouser Hémon et de faire des enfants. Accepter cette vie, avec ses imperfection, c’est accepter la compromission et la déchéance morale. Pour elle, la devise, c’est « tout, tout de suite, ou rien. » Celle de Créon pourrait être "Il faut faire avec."
        Antigone et Créon ont deux caractères opposés. Cela peut s’expliquer par l’âge. Créon est vieux. Antigone est jeune. Leur opposition est peut-être aussi un conflit de génération. Au caractère conciliant de Créon s’oppose le caractère extrémiste et indocile d’Antigone. Créon fait des efforts pour sauver Antigone des conséquences de son insouciance et de son inconscience. Il lui montre combien son combat est vain et stupide. Elle, par contre, lui oppose un caractère cassant et indomptable. A la gravité de Créon s’oppose la légèreté tragique d'une Antigone plus enfant que femme.

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