Les aléas de la correction


Jaafari Ahmed (Prof) [937 msg envoyés ]
Publié le:2013-04-07 16:22:21 Lu :2086 fois
Rubrique :Discussion générale  
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- L’effet de fatigue :
Les conditions de correction influencent le jugement de l’évaluateur. On corrige sans aucun doute plus équitablement le matin, bien assis à une table de travail, que le soir dans les transports en commun…

- L’effet de contraste :

Une copie moyenne souffre d’être corrigée juste après une excellente production. Si elle avait été corrigée juste après une copie très médiocre, il y a fort à parier qu’elle aurait obtenu une bien meilleure note…
- L’effet favoritisme :
Le favori ou le « chouchou » est en général celui qui renvoie à l’enseignant une image gratifiante de lui-même. Quel dommage de lui mettre une mauvaise note.

- L’effet d’ordre :

On est en général malheureusement plus sévère à la fin d’une série de copie qu’au début. La note attribuée à un travail dépend donc de sa place dans le paquet.

- L’effet de contamination/ L’effet de pygmalion :

Un bon dossier scolaire ne rachète pas une copie faible ; en  revanche il influe favorablement sur une bonne copie. Cet effet a été démontré « à l’aveugle » : une copie moyenne a été présentée à l’évaluateur comme venant d’un élève faible et à d’autres comme venant d’un bon élève. Dans le premier cas, elle a été sous-évaluée, et surévaluée dans le second.

- L’effet stéréotype :

Les notes attribuées en début de formation constituent parfois une référence pour l’enseignant qui, par la suite, a du mal à noter différemment. Combien d’élèves disent qu’ils ont été jugés une fois pour toutes et que leurs notes ne varient pas quels que soient les efforts qu’ils fournissent ?
L’enseignant se laisse envahir par l’image qu’il s’est construite de l’étudiant. Celle-ci peut être influencée par des éléments come la relation (bonne ou mauvaise) qu’il peut entretenir avec certains étudiants. L’évaluation ne porte alors plus uniquement sur la production de l’étudiant.

- L’effet halo :

À L’oral, un élève sympathique, convivial et positif est mieux noté qu’un introverti qui a du mal à avoir confiance en lui. À l’écrit, un travail soigné et lisible fait meilleure impression qu’un bon travail, mal présenté.

- L’effet source :

Une même production est jugée différemment selon la qualité supposée ou connue du producteur.

- L’effet « choc » :

La même erreur toutes les trois phrases et la note chute en dessous de la moyenne (choc négatif) ; une seule idée géniale dans un devoir qui l’est moins et la note grimpe au-dessus de la moyenne (choc positif).

- L’effet « goutte d’eau » :

Tout au long d’une production , qui n’est pas inintéressante , l’enseignant à toléré les erreurs d’orthographe, l’écriture quasi illisible, la ponctuation fautive, puis la vingtième majuscule absente après un point fait déborder le vase…

- L’écart-type de chaque enseignant :

Tel enseignant, sur une échelle de notation de zéro à vingt, n’utilise que la fourchette comprise entre huit et douze. On dit alors que son écart-type est de quatre points. Tel autre n’utilisera jamais les notes comprises entre dix-sept et vingt.

D’après : Christine Tagliante, Clé international, Paris 2005.

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Réponse N°11 30746

merci
Par bouaid moha(CS)le 2013-04-07 21:19:40



Merci Mr. pour vos grands efforts.

Merci pour le partage.

On en profite pleinement.

bouaid moha





Réponse N°12 30747

Merci pour le partage
Par Dounia Azouz(CS)le 2013-04-07 21:23:42



Gilberte NIQUET, maître de conférences à l'Université de Lille propose de mettre en place un dispositif de correction pour éviter une "notation impressionniste". Ce dispositif est comme une "radioscopie"qui explicite à l'élève ses performances et ses carences.





Réponse N°13 30748

Oui, Madame!
Par Jaafari Ahmed(Prof)le 2013-04-07 21:28:56



cette grande dame est à l'écoute de tout le monde! merci!





Réponse N°14 30749

De l'humain!
Par kasbaoui abdelaziz(CS)le 2013-04-07 21:33:54



Voilà Ssi Ahmed qui soulagera tout correcteur consciencieux, mais qui nécessitera plus de travail de rigueur et d'affinement.

Il est vrai que la correction, puisque humaine et centrée sur des productions complexes, ne peut être objective à 100%, mais elle est objectivable dans la mesure où prendre conscience de ces effets pervers permet d'en réduire l'impact négatif.

Merci Ssi Ahmed





Réponse N°15 30753

Oui,
Par Jaafari Ahmed(Prof)le 2013-04-07 22:31:41



Si Kasbaoui! C'est si difficile d'être objectif déjà dans nos propres classes, mais qu’advient-il quand on est dans la correction du régional, face à une centaine de copies, dans des conditions lamentables?!





Réponse N°16 30754

L’effet de fatigue
Par Samira Yassine(CS)le 2013-04-07 22:58:18



 Oui, M Jaafari, la correction doit être prise au sérieux. Evitons de corriger quand on est dans un état de manque de concentration.



Merci pour le partage.





Réponse N°17 30755

Effet de flou.
Par MAHFODI AHMED(CS)le 2013-04-08 00:34:17



Parmi d'autres discordances dans les pratiques de la correction repérées par les spécialistes de l'évaluation, on mentionne l'effet de flou: c'est-à-dire lorsqu'on corrige sans fixer au préalable les objectifs ni préétablir des critères de correction précis.

L’objectif ultime de ce savoir est d’objectiver l’évaluation, pour ce faire, il faudrait:

- prendre conscience, conscientiser ses pratiques en action.

- essayer de ne pas tomber dans des situations susceptibles de biaiser l’évaluation: revoir son état psychologique et physiologique, ses humeurs, etc. Une fois les facteurs faussant l’évaluation sont connus et évités, l’évaluation peut être plus ou moins juste, crédible et fiable.





Réponse N°18 30760

Quelques solutions
Par Dounia Azouz(CS)le 2013-04-08 14:21:35



Tant que ce n'est pas la grande forme, reporter la correction.

L'idéal serait de corriger dans une pièce froide cadenassée.

Aucun ornement, aucun son qui pourraientt distraire l'attention.

La phase pré-correction est une lecture de toutes les copies.

La phase intermédiaire est une correction aux crayons de couleurs pour critérier les erreurs. C'est la couleur dominante qui déterminera la phase finale, la correction au stylo vert.

Le rouge est à éviter car traumatisant!

Pour écarter la subjectivité, masquer les noms.

Un lavage de cerveau est recommandable à chaque évaluation.

Une petite goutte pourrait provoquer des débordements?

Pas de panique! Boire le contenu du vase et garder la petite goutte.





Réponse N°19 30765

Merci Madame aziz!
Par Jaafari Ahmed(Prof)le 2013-04-08 17:22:19



On aura toujours besoin de votre petite touche de génie!




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