Le corps et le miroir...


marocagreg  (Admin) [2257 msg envoyés ]
Publié le :2017-08-30 13:10:10   Lu :983 fois
Rubrique :CPGE  
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Cette photo pose des problématiques essentielles en rapport avec le corps.
1- La problématique de la vieillesse et de la dégradation inéluctable du corps:
Comme toutes les matières, le corps n'est pas éternel; il s'use, il se dégrade, il perd sa fraîcheur, il se fane, il devient répugnant : la peau se ride et perd son élasticité, les cheveux deviennent grisonnants, les organes faiblissent. On peut percevoir cette dégradation naturelle comme une fatalité biologique. L'être humain a toujours rêvé d'avoir un corps éternel, une beauté qui ne se fane pas, une fontaine de Jouvence qui entretient la jeunesse et la vigueur du corps. À défaut de cette fontaine de la mythologie, des utopies et des récits paradisiaques, l'être humain recourt à des subterfuges.
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2- La problématique du maquillage:
Est-ce qu'on se maquille par coquetterie ou par nécessité ? le maquillage ne révèle-t-il pas la peur de perdre la jeunesse ? Est-ce qu'on se maquille pour les autres ou pour soi-même ? Sommes-nous dépendants de l'image que nous voulons avoir de nous-mêmes ou transmettre aux autres (le corps intime et le corps social) ?
Le maquillage, au sens étymologique, évoque la feinte et le masque : à défaut d'avoir la jeunesse et la vigueur, on les simule, on leur substitue une beauté artificielle. Le maquillage sert aussi à rehausser et à mettre en valeur une beauté encore présente, à entretenir une beauté déjà déclinante, à cacher les petits défauts naturels du corps, ou encore ajouter au corps des attributs qui ont, dans la culture de la personne, un symbolisme particulier (la force, la beauté, la fécondité, etc.). Le maquillage est directement lié aux valeurs culturelles et aux normes de la beauté qui diffèrent d'une culture à une autre. Ainsi, les méthodes que certaines tribus primitives utilisent pour mettre en avant la beauté du corps (par exemple : les scarifications, les anneaux qui allongent le cou ou qui agrandissent la lèvre inférieure ou le lobe de l'oreille, l'os qui transperce la mâchoire inférieure, les dents qui sont découpées sous forme de scie, les tatouages) peuvent apparaître à la culture occidentale dominante (adepte du rouge à lèvres, du mascara et du fond de teint) comme des méthodes barbares qui enlaidissent le corps. Plus que le maquillage, le tatouage (tatouer au sens étymologique signifie : marquer, dessiner), lui, trahit le désir de s'approprier le corps, de la signer, de le "customiser", de le personnaliser pour le rendre unique.
Dans tous les cas, le recours au maquillage trahit la conscience de l'imperfection du corps humain, d'où le besoin de recourir à l'artifice et à la feinte pour le transformer pour qu'il soit plus proche de l'idéal de beauté d'une culture donnée.
La chirurgie esthétique est une étape supplémentaire et plus invasive qui ne se contente plus de farder, mais recourt au bistouri pour transformer en profondeur le corps : Tout homme est un Pygmalion en puissance, il est déçu de la nature défaillante : il veut sculpter le corps, le construire à l'image de son idéal de beauté et de perfection. Nous savons tous les problèmes et toutes les pathologies qui résultent d'une fracture entre le corps réel et la représentation psychique que la personne se fait de ce corps. Un nez un peu gros, des seins trop petits, des poignées d'amour ou quelques kilos en plus peuvent gâcher la vie de plus d'un.
3- la problématique du miroir :
Le miroir occupe une place centrale dans la photo et dans la représentation du corps. Le miroir n'est pas seulement ce qui reflète notre image, il est aussi le substitut du regard que l'on porte sur le corps. Nous ne sommes pas seulement des Pygmalion qui désirent substituer au corps défaillant de la nature un corps sculpté (l'art), nous sommes aussi des Narcisse en puissance. Nous aimons notre corps, nous l'adorons, ou du moins nous désirons avoir un corps aimable, un corps de rêve. Le corps n'est-il pas le reflet de l'âme. Si ce corps est laid, déformé, dégradé, cela ne pose-t-il pas un problème à la personne qui reste prisonnière d'un corps où elle ne se reconnaît plus ?
4- La problématique du désir :
Le désir est le moteur essentiel qui règle notre rapport au corps. Le corps est le siège du désir, mais il est aussi l'objet de désir par excellence. C'est le désir qui motive et le pygmalionisme et le narcissisme. Nous désirons un corps parfait compatible avec l'image virtuelle que nous avons de nous-mêmes. Nous voulons aussi avoir un corps désirable. Même quand nous cachons ce corps derrière des barrières (vestimentaires ou autres), c'est toujours l'idée que nous avons du corps désirable qui opère.




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