La douleur dans le corps


marocagreg  (Admin) [2257 msg envoyés ]
Publié le :2017-09-03 18:17:48   Lu :594 fois
Rubrique :CPGE  
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Arte a diffusé hier Samedi 2 septembre 2017 un épisode de Philosophie consacré à la douleur, sous le tire de "La douleur a-t-elle un sens ?"
Débat avec Cynthia Fleury et Matthieu Firmin.
Compte-rendu de l'émission :
On commence par distinguer la douleur aiguë de la douleur chronique. Une fracture, par exemple, est une lésion qui déclenche une douleur aiguë ; le corps souffre et cette douleur est une alarme qui annonce l’atteinte à l’intégrité du corps. « À la seconde où on a mal, c’est l’ensemble de l’être qui est touché » ; la douleur du corps interpelle tout l’être.
corps, douleur
Cynthia Fleury avance que la majorité d’entre nous n’ont pas de sensation du corps. Quand le corps va bien, quand le corps est évident, il n’est pas là. La santé, d’une certaine manière, ajoute Raphaël Enthoven est « le silence des organes ». La fin du rapport d’évidence avec le corps (comme silence) par une lésion ou une douleur n’est pas seulement une atteinte au corps, mais une atteinte au monde qui prend un autre sens, une autre coloration. Le malade ou le blessé a alors le sentiment que cette atteinte à son corps est aussi une atteinte à la vie qui tombe sous l’effet d’une contrainte. La maladie et la douleur, affirme Cynthia, sont « un sentiment de vie contrariée ». La douleur (surtout la douleur aiguë) fonctionne comme une interface, un écran sur tout et qu’on ne peut pas traverser, isolant ainsi l’être de tout et l’enfermant dans la sensation désagréable de son corps. Mais, à cause de cela même, rappelle Cynthia, en faisant référence à Schopenhauer, la douleur est positive (positivité du vécu), alors que la négation de la douleur est vécue comme l’expression du bonheur, or, « éviter toute douleur, c'est s'abstraire de la vie et nier l’incarnation ». Si la douleur est positive, c’est parce qu’elle est l’expression d’une « intensité du vécu, désagréable certes, mais quand même intensité, d’un approfondissement de la vie ». La douleur oblige l’homme à être à l’écoute de son corps et de son être. Dans ce sens, la maladie, au-delà de sa dimension négative, est « une expérience positive du vivant » parce qu’elle implique une résistance.
La douleur chronique, en tant que douleur récurrente qui s’installe de manière durable ou permanente, est une douleur beaucoup plus insidieuse, fréquente, évolutive et éventuellement incurable. Là, le mal, contrairement à la lésion, à la fracture ou à l’accident, reste invisible. S’il est possible de surmonter la douleur aiguë, de remporter une victoire qui renforce l’être, il n’en est pas de même pour la douleur chronique qui érode en permanence le corps et l’âme ; il ne s’agit donc plus de remporter une victoire définitive sur la douleur, mais bien de l’apprivoiser et de cohabiter avec elle. Constamment obligé d’accomplir un travail de sublimation de cette douleur, le malade est aussi, en permanence, confronté à l’inanité de cette sublimation, à l’obligation d’un combat qui n’offre pas beaucoup d’issues, ce qui peut entraîner un découragement profond et une grande érosion de soi et une grande érosion de l’entourage qui subit lui aussi, de plein fouet, la douleur de son prochain. La maladie chronique, ajoute Cynthia Fleuret, ne touche pas uniquement le corps du malade. Ayant un grand impact sur la vie qui est contrariée entraîne aussi, forcément, la dégradation de la relation avec les autres. Une maladie chronique, dit-elle, « c’est une maladie pour tout le monde ».
Vous pouvez voir l'intégralité de l'émission : URL
ARTE Philosophie : La douleur a-t-elle un sens ?




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