Fiche de langue t.c " le champ lexical "


BAKANNI Nabil (Prof) [3 msg envoyés ]
Publié le:12-02-20 Lu :2802 fois
Rubrique :Espace enseignants  
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Professeur : Nabil BAKANNI
Niveau : Tronc commun
Objectif : Identifier et employer les champs lexicaux.
Support : Extrait de ‚Äė‚ÄôAux champs‚Äô‚Äô
Déroulement de la séance :
Les deux chaumi√®res √©taient c√īte √† c√īte, au pied d'une colline, proches d'une petite ville de bains. Les deux paysans besognaient dur sur la terre inf√©conde pour √©lever tous leurs petits. Chaque m√©nage en avait quatre. Devant les deux portes voisines, toute la marmaille grouillait du matin au soir. Les deux a√ģn√©s avaient six ans et les deux cadets quinze mois environ ; les mariages et, ensuite les naissances, s'√©taient produits √† peu pr√®s simultan√©ment dans l'une et l'autre maison.
Les deux mères distinguaient à peine leurs produits dans le tas ; et les deux pères confondaient tout à fait. Les huit noms dansaient dans leur tête, se mêlaient sans cesse ; et, quand il fallait en appeler un, les hommes souvent en criaient trois avant d'arriver au véritable.
La première des deux demeures, en venant de la station d'eaux de Rolleport, était occupée par les Tuvache, qui avaient trois filles et un garçon ; l'autre masure abritait les Vallin, qui avaient une fille et trois garçons.
Tout cela vivait p√©niblement de soupe, de pomme de terre et de grand air. A sept heures, le matin, puis √† midi, puis √† six heures, le soir, les m√©nag√®res r√©unissaient leurs mioches pour donner la p√Ęt√©e, comme des gardeurs d'oies assemblent leurs b√™tes. Les enfants √©taient assis, par rang d'√Ęge, devant la table en bois, vernie par cinquante ans d'usage. Le dernier moutard avait √† peine la bouche au niveau de la planche. On posait devant eux l'assiette creuse pleine de pain molli dans l'eau o√Ļ avaient cuit les pommes de terre, un demi-chou et trois oignons ; et toute la lign√©e mangeait jusqu'√† plus faim. La m√®re emp√Ętait elle-m√™me le petit. Un peu de viande au pot-au-feu, le dimanche, √©tait une f√™te pour tous, et le p√®re, ce jour-l√†, s'attardait au repas en r√©p√©tant : "Je m'y ferais bien tous les jours".
1- Observation / Découverte :
-Lecture de l’extrait
-Quels sont les personnages présentés dans le texte ?
-Quel est le type de texte ?
-Relevez des mots appartenant au même domaine, à la même notion.
- Quelle est la classe grammaticale de chaque mot ?
- Comment appelle-t-on cette notion ?
2- Conceptualisation :
Un champ lexical est donc un ensemble de mots qui se rapportent à un même thème, à une même notion. L’étude d’un champ lexical permet notamment de trouver le thème principal (ou les thèmes principaux) d’un texte.
-Les mots qui forment un champ lexical appartiennent à différentes classes grammaticales
- On peut trouver plusieurs champs lexicaux dans un même texte et un même mot peut appartenir à plusieurs champs lexicaux.
Exemples :
- Les termes briller, éclairer, éclat, lampe, scintillant, soleil appartiennent au champ lexical de la lumière.
- Les termes cadavre, défunt, funèbre, s’éteindre, tombeau, trépas appartiennent au champ lexical de la mort.
3- Application :
Repérez les champs lexicaux contenus dans le texte ci-dessous :
¬ę Qui rend donc la blonde Edwige si triste ? que fait-elle assise √† l'√©cart, le menton dans sa main et le coude au genou, plus morne que le d√©sespoir, plus p√Ęle que la statue d'alb√Ętre qui pleure sur un tombeau ?
Du coin de sa paupi√®re une grosse larme roule sur le duvet de sa joue, une seule, mais qui ne tarit jamais ; comme cette goutte d'eau qui suinte des vo√Ľtes du rocher et qui √† la longue use le granit, cette seule larme, en tombant sans rel√Ęche de ses yeux sur son cŇďur, l'a perc√© et travers√© √† jour.
H√©las ! H√©las ! La pauvre Edwige a le cŇďur perc√© des sept glaives de la douleur ; un terrible secret p√®se sur son √Ęme. Il y a quelque mois, un √©tranger est venu au ch√Ęteau ; il faisait un terrible temps cette nuit-l√† : les tours tremblaient dans leur charpente, les girouettes piaulaient, le feu rampait dans la chemin√©e, et le vent frappait √† la vitre comme un importun qui veut entrer.
L'√©tranger √©tait beau comme un ange, mais comme un ange tomb√© ; il souriait doucement et regardait doucement, et pourtant ce regard et ce sourire vous gla√ßaient de terreur et vous inspiraient l'effroi qu'on √©prouve en se penchant sur un ab√ģme. Une gr√Ęce sc√©l√©rate, une langueur perfide comme celle du tigre qui guette sa proie, accompagnaient tous ses mouvements ; il charmait √† la fa√ßon du serpent qui fascine l'oiseau. ¬Ľ
Théophile Gautier, Le chevalier double
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