évaluation : le dernier jour d'un condamné -545q


Elmghazli Hind  (Prof) [1 msg envoyés ]
Publié le :2017-05-08 08:40:38   Lu :1576 fois
Rubrique :Projets, lectures et évaluations  
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Durée : Une heure

Matière : Français

Niveau : 1ère année bac

Année scolaire : 2016-2017 Professeur : Hind Elmghazli

Contrôle IV

Il est dix heures.

Ô ma pauvre petite fille ! Encore six heures, et je serai mort ! Je serai quelque chose d'immonde qui traînera sur la table froide des amphithéâtres ; une tête qu'on moulera d'un côté, un tronc qu'on disséquera de l'autre ; puis de ce qui restera, on en mettra plein une bière, et le tout ira à Clamart.

Voilà ce qu'ils vont faire de ton père, ces hommes dont aucun ne me hait, qui tous me plaignent et tous pourraient me sauver. Ils vont me tuer. Comprends-tu cela, Marie ? Me tuer de sang-froid, en cérémonie, pour le bien de la chose ! Ah ! Grand Dieu !

Pauvre petite ! Ton père, qui t'aimait tant, ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé, qui passait la main sans cesse dans les boucles de tes cheveux comme sur de la soie, qui prenait ton joli visage rond dans sa main, qui te faisait sauter sur ses genoux, et le soir joignait tes deux petites mains pour prier Dieu !

Qui est-ce qui te fera tout cela maintenant ? Qui est-ce qui t'aimera ? Tous les enfants de ton âge auront des pères, excepté toi. Comment te déshabitueras-tu, mon enfant, du Jour de l'An, des étrennes, des beaux joujoux, des bonbons et des baisers ? Comment te déshabitueras-tu, malheureuse orpheline, de boire et de manger ?

Oh ! Si ces jurés l'avaient vue, au moins, ma jolie petite Marie, ils auraient compris qu'il ne faut pas tuer le père d'un enfant de trois ans.

Et quand elle sera grande, si elle va jusque-là, que deviendra-t-elle ? Son père sera un des souvenirs du peuple de Paris. Elle rougira de moi et de mon nom ; elle sera méprisée, repoussée, vile à cause de moi, de moi qui l'aime de toutes les tendresses de mon cœur. Ô ma petite Marie bien-aimée ! Est-il bien vrai que tu auras honte et horreur de moi ? Misérable ! Quel crime j'ai commis, et quel crime je fais commettre à la société !

Oh ! Est-il bien vrai que je vais mourir avant la fin du jour ? Est-il bien vrai que c'est moi ? Ce bruit sourd de cris que j'entends au dehors, ce flot de peuple joyeux qui déjà se hâte sur les quais, ces gendarmes qui s'apprêtent dans leurs casernes, ce prêtre en robe noire, cet autre homme aux mains rouges, c'est pour moi ! C'est moi qui vais mourir ! Moi, le même qui est ici, qui vit, qui se meut, qui respire, qui est assis à cette table, laquelle ressemble à une autre table, et pourrait aussi bien être ailleurs ; moi, enfin, ce moi que je touche et que je sens, et dont le vêtement fait les plis que voilà !

Victor HUGO, Le dernier jour d'un condamné, chapitre26.

  1. Compréhension et langue (20points)


  1. Recopiez et complétez le tableau suivant : (2pts)


Nom de l'auteur

Titre de l'œuvre

Genre de l'œuvre

Type du passage

La Focalisation

Date de parution

Autre œuvre de l'auteur

La tonalité du texte










  1. Situez le passage par rapport à ce qui précède dans l'œuvre. (1pt)

  2. Qui parle ? Où se trouve-t-il ? (1pt)



  1. Quel est le crime commis par le narrateur ? (1pt)

  2. Dans le 1er paragraphe, le narrateur décrit un acte barbare, lequel ? (1pt)

  3. Relevez dans le texte deux expressions appartenant au champ lexical de l'amour paternel. (1pt)

  4. Dégagez, du 1er et 2ème paragraphe du texte, deux arguments qui montrent que la peine de mort est un acte criminel. (1pt)

  5. L'heure de l'exécution du condamné s'approche. Donnez deux indicateurs de temps qui le montrent. (1pt)

  6. Identifiez la figure de style utilisée dans les phrases suivantes : (4pts)

  1. Ce bruit sourd de cris que j'entends au dehors.

  2. Il passait la main sans cesse dans les boucles de ses cheveux comme sur de la soie.

  3. Elle sera méprisée, repoussée, vile, à cause de moi.

  4. C'est moi qui vais mourir ! Moi, le même qui est ici, qui veut vivre.

  1. Transformez au discours indirect les énoncés suivants : (3pts)

  1. Le condamné disait : « je serai mort tout à l'heure. ».

  2. « Est-il bien vrai que je vais mourir avant la fin du jour ? » se demandait le condamné.

  1. Définissez le type de la phrase complexe utilisée : (3pts)

  1. Ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé

  2. Si ces jurés avaient vu la jolie petite Marie, ils n'auraient pas décidé de tuer le père d'un enfant de trois ans.

  3. Ils déclarèrent que ma décapitation publique fût un moment de fête.

  1. Le narrateur considère que rien ne peut remplacer l'amour et la tendresse des parents. Que pensez-vous de ce fait ? Justifiez votre réponse. (1pt)




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