Evaluation :le dernier jour d'un condamné


kaboun mohamed  (Prof) [2 msg envoyés ]
Publié le :2017-04-26 17:46:21   Lu :4357 fois
Rubrique :Examens - bac  
  • stars
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5


Tant que j’ai marché dans les galeries publiques du Palais de Justice, je me suis senti presque libre et à l'aise; mais toute ma résolution m'a abandonné quand on a ouvert devant moi des portes basses, des escaliers secrets, des couloirs intérieurs, de longs corridors étouffés et sourds, où il n'entre que ceux qui condamnent ou ceux qui sont condamnés.
L’huissier m'accompagnait toujours. Le prêtre m'avait quitté pour revenir dans deux heures: il avait ses affaires.
On m'a conduit au cabinet du directeur entre les mains duquel l'huissier m'a remis.
C'était un échange. Le directeur l'a prié d'attendre un instant lui annonçant qu'il allait avoir du gibier à lui remettre, afin qu'il le conduisît sur-le-champ à Bicêtre par le retour de la carriole. Sans doute le condamné d'aujourd'hui, celui qui doit coucher ce soir sur la botte de paille que je n'ai pas eu le temps d'user.
- « C'est bon, a dit l'huissier au directeur, je vais attendre un moment; nous ferons les deux procès verbaux à la fois, cela s'arrange bien».
En attendant, on m'a déposé dans un cabinet attenant à celui du directeur. Là, on m'a laissé seul, bien verrouillé.
Je ne sais à quoi je pensais, ni depuis combien de temps j'étais là, quand un brusque et violent éclat de rire à mon oreille m'a réveillé de ma rêverie.
J'ai levé les yeux en tressaillant. Je n'étais plus seul dans la cellule. Un homme s'y trouvait avec moi, un homme d'environ cinquante-cinq ans, de moyenne taille; ridé, voûté, grisonnant; à membres trapus; avec un regard louche dans des yeux gris, un rire amer sur le visage; sale, en guenilles, demi-nu, repoussant à voir.
Il paraît que la porte s'était ouverte, l'avait vomi, puis s'était refermée sans que je m'en fusse aperçu. Si la mort pouvait venir ainsi!
Nous nous sommes regardés quelques secondes fixement, l'homme et moi; lui, prolongeant son rire qui ressemblait à un râle; moi, demi-étonné, demi-effrayé.
- « Qui êtes-vous? Lui ai-je dit enfin.
-Drôle de demande! a-t-il répondu. Un friauche.
- Un friauche ! Qu'est-ce que cela veut dire?
-Cela veut dire, s'est-il écrié au milieu d'un éclat de rire, que la taule jouera au panier avec ma sorbonne dans six semaines, comme il va faire avec ta tronche dans six heures ».


(1) Ma sorbonne : ma tête.



I. - Étude de texte (10 points)

  • 1) En vous référant à votre lecture de l'oeuvre,
    a) copiez et complétez le tableau suivant:
    Auteur:...............
    Oeuvre:....................
    Genre:....................
    Date de parution:................
    b) situez le passage dans l’oeuvre. (2 points)
  • 2) Dans le premier paragraphe de ce passage, le narrateur décrit des lieux. (1 point)
    a) Quelle impression se dégage de cette description?
    b) Relevez deux expressions justifiant cette impression.
  • 3) «Je me suis senti presque libre et à l'aise».
    a) Ce sentiment, a-t-il duré longtemps chez le narrateur?
    b) Justifiez votre réponse par une phrase du texte. (1 point)
  • 4) a) Pour quelle raison conduit-on le condamné au cabinet du directeur ?
    b) Comment sont considérés les prisonniers par le personnel de la prison?
    c) Quelle image l'auteur donne-t-il de ce personnel? (1,5 point)
  • 5) Le narrateur n'était pas seul dans la pièce qu'il occupait.
    Pourquoi ne s'en est-il pas rendu compte? (1 point)
    b) Relevez deux expressions qui justifient votre réponse. (1 point)
  • 7) a) Dans quel niveau de langue s'exprime ce compagnon?
    b) Relevez deux expressions qui justifient votre réponse. (1,5 point)
  • 8) Précisez la figure de style employée dans chacun des énoncés suivants
    a) La porte l'avait vomi.
    b) …..lui, prolongeant son rire qui ressemblait à un râle. (1 point)



II. - Production Écrite (10 points)
«Je n'ai jamais connu l'école ; l'ignorance m'a conduit en prison », déclare un jeune prisonnier à un journaliste.
La situation douloureuse dans laquelle se trouve ce jeune ne vous laisse certainement pas indifférent.
Vous rédigez un article d'une vingtaine de lignes, destiné au journal de votre lycée, dans lequel vous essaierez de convaincre les jeunes de votre âge de l'importance du rôle social de l'école.


Vous aimez cet article ? Partagez-le sur

Sujets similaires
  • Evaluation dernier jour d'un condamné
  • Le dernier jour d'un condamné evaluation
  • Evaluation le dernier jour d'un condamné
  • Le dernier jour d'un condamné evaluation
  • Evaluation chapitre 49 du dernier jour d'un condamné

     Voir des sujets similaires



  • InfoIdentification nécessaire
       Identifiant :
       Passe :
       Inscription
    Connexion avec Facebook
                       Mot de passe oublié

    confidentialite Google +