évaluation - la ficelle - place de goderville


diki nourdine  (Prof) [1 msg envoyés ]
Publié le :2017-10-15 09:08:11   Lu :1028 fois
Rubrique :Projets, lectures et évaluations  
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Contrôle

Texte :

Sur la place de Goderville, c'était une foule d'humains et de bêtes mélangés. Les cornes des bœufs, les hauts chapeaux à longs poils des paysans riches et les coiffes des paysannes émergeaient à la surface de l'assemblée. Et les voix criardes, aiguës, glapissantes, formaient une clameur continue et sauvage que dominait parfois un grand éclat poussé par la robuste poitrine d'un campagnard en gaieté, ou le long meuglement d'une vache attachée au mur d'une maison.

Tout cela sentait l'étable, le lait et le fumier, le foin et la sueur, dégageait cette saveur aigre, affreuse, humaine et bestiale, particulière aux gens des champs. Maître Hauchecorne, de Bréauté, venait d'arriver à Goderville, et il se dirigeait vers la place, quand il aperçut par terre un petit bout de ficelle.

Maître Hauchecorne, économe en vrai Normand, pensa que tout était bon à ramasser qui peut servir ; et il se baissa péniblement, car il souffrait de rhumatismes. Il prit par terre le morceau de corde mince, et il se disposait à le rouler avec soin, quand il remarqua, sur le seuil de sa porte, maître Malandain, le bourrelier, qui le regardait. Ils avaient eu des affaires ensemble au sujet d'un licol, autrefois, et ils étaient restés fâchés, étant rancuniers tout deux. Maître Hauchecorne fut pris d'une sorte de honte d'être vu ainsi par son ennemi, cherchant dans la crotte un bout de ficelle. Il cacha brusquement sa trouvaille sous sa blouse, puis dans la poche de sa culotte ; puis il fit semblant de chercher encore par terre quelque chose qu'il ne trouvait point, et il s'en alla vers le marché, la tête en avant, courbé en deux par ses douleurs.

Il se perdit aussitôt dans la foule criarde et lente, agitée par les interminables marchandages. Les paysans tâtaient les vaches, s'en allaient, revenaient, perplexes, toujours dans la crainte d'être mis dedans, n'osant jamais se décider, épiant l'œil du vendeur, cherchant sans fin à découvrir la ruse de l'homme et le défaut de la bête. […]

Puis peu à peu, la place se dépeupla et l'angélus sonnant midi, ceux qui demeuraient trop loin se répandirent dans les auberges.

Chez Jourdain, la grande salle était pleine de mangeurs, comme la vaste cour était pleine de véhicules de toute race, charrettes, cabriolets, chars à bancs, tilbury, carrioles innommables, jaunes de crotte, déformées, rapiécées, levant au ciel, comme deux bras, leurs brancards, ou bien le nez par terre et le derrière en l'air. Toute l'aristocratie de la charrue mangeait là, chez maît' Jourdain, aubergiste et maquignon, un malin qui avait des écus. Les plats passaient, se vidaient comme les brocs de cidre jaune. Chacun racontait ses affaires, ses achats et ses ventes. On prenait des nouvelles des récoltes.

Tout à coup le tambour roula, dans la cour, devant la maison. Tout le monde aussitôt fut debout, sauf quelques indifférents, et on courut à la porte, aux fenêtres, la bouche encore pleine et la serviette à la main. Après qu'il eut terminé son roulement, le crieur public lança d'une voix saccadée, scandant ses phrases à contretemps : « Il est fait assavoir aux habitants de Goderville, et en général à toutes les personnes présentes au marché, qu'il a été perdu ce matin, sur la route de Beuzeville, entre neuf heures et dix heures, un portefeuille en cuir noir contenant cinq cents francs et des papiers d'affaires. On est prié de le rapporter à la mairie, incontinent, ou chez maître Fortuné Houlbrèque, de Manerville. Il y aura vingt francs de récompense. »

Guy de Maupassant, La ficelle, 1883

  1. COMPREHENSION : 12pts

1. Complète le tableau suivant : 2pts

Titre de l'œuvre

Nom de l'auteur

Genre de l'œuvre

Type de texte

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2. Où l'histoire se passe-t-elle ? À quel milieu social les personnages appartiennent-ils ?

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3. Quels rapports entretiennent Hauchecorne et Malandain ? Justifie du texte.

→ ………………………………………………

4. Quel point de vue, le narrateur adopte-t-il dans le passage suivant : justifie ta réponse

« M. Hauchecorne, de Bréauté, venait d'arriver…courbé en deux par ses douleurs. »

→ ………………………………………………

5. Où la situation initiale se termine-t-elle ? 1pt

→ …………………………………………………

6. Pour décrire, le narrateur a recours à différents sens : Relève des mots ou expression pour compléter le tableau : 1.5pts

Le sens

Les indices du texte

L'odorat

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L'ouïe

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La vue

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7. L'image donnée à Hauchecorne est-elle réaliste ? Justifie ta réponse. 1pt

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8. Relève quatre mots se rapportant au champ lexical de la campagne. 1pt

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9. Dans le texte, pourquoi le narrateur alterne-t-il des passages au passé simple et d'autres à l'imparfait ? 1pt

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10. Indique le nom de la figure de style soulignée dans le texte. 1pt

→ …………………………………………………


II. PRODUCTION ECRITE : 8pts


Après l'annonce du crieur public, Rédige une suite du récit dans le quel Maître Malandin, en qualité de témoin, décrit les circonstances détaillées pour accuser Maître Hauchecorneau près du maire.

Grille de correction :

→ Respect de la consigne. 1pt

→ Chronologie des idées et cohérence. 3pts

→ Respect de la langue. 2pts

→ Richesse lexicale. 2pts

→ Ponctuation et soin de la copie. 2pts




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