Cpge : l'animal entre l'humain et le divin(le cas des monothéismes)


Korchi Houda (Autre) [3 msg envoyés ]
Publié le:2021-01-08 12:18:09 Lu :1607 fois
Rubrique :CPGE  


2020/2021

Cours de culture générale

Mme Korchi Houda

ECTetECS

CPGE Errazi à El jadida

Thème : l'Animal

L'Animal entre l'humain et le divin(le cas des monothéismes)


« Aussi loin qu'on remonte, il semblerait que l'animal soit mêlé aux traces que l'homme laisse de son activité religieuse » Sylvie Peperstracé

L'Animal, thème pluridisciplinaire, a de tout temps passionné ethnologues, anthropologues, linguistes, philosophes, théosophes et historiens. ; Or, s'il est un domaine où l'animal est fortement présent c'est bien celui des religions ; Des relations les plus riches et d'une diversité extraordinaire avec l'homme jalonnent les récits oraux de mythes cosmogoniques gréco-romains, égyptiens indous, ou encore les livres sacrés propres aux trois monothéismes. Il est important de noter dans ce sens que s'il est une ou des religions où la relation entre l'humain, l'animal et le divin reçoit le plus grand intérêt c'est bien dans les religions révélées dites monothéistes auxquelles on doit d'ailleurs pour la première fois dans l'Histoire l'établissement d'une nette distinction entre l'être humain et l'animal. Plus est, la différence ontologique faisant office d'argument chez Aristote et bon nombre de naturalistes pour légitimer l'attitude humaine « démesurément » anthropocentrée est désormais confirmée par les religions révélées. L'homme se voit désormais accorder une place de choix dans la hiérarchie des vivants ; Une place qu'il semble mériter pour deux raisons au moins : crée à l'image de Dieu et doté d'un attribut divin à savoir « le logos » (qui inclut aussi celui de la parole), signes d'une prédestination à occuper un rang supérieur dans la hiérarchie des vivants. Cette élection est d'ailleurs clairement exprimée dans les trois livres sacrés notamment à travers les récits de la création et l'épisode du « déluge » où Noé en tant que représentant de l'humain reçoit l'injonction divine de « gouverner » les animaux. L'argument du « logos » et de « l'imago Dei » semblent réorienter la réflexion entamée par la tradition philosophique à propos de la relation homme/animal : Il ne s'agit plus de penser ce rapport en terme de continuité ou de rupture dans une tentative révélée (ou non) de définir le statut de l'animal et partant de là définir la relation à entretenir avec lui selon qu'il soit plus proche de l'homme(de par sa nature) ou apparenté aux objets inertes et donc ne méritant aucune considération éthique en tant qu' « animus ». Cette relation est considérée à nouveaux frais par les trois religions du livre ; La supériorité de l'Homme ne faisant plus l'objet de contestation, reste à définir (voire aussi à penser) les limites de son nouveau statut de substitut de « Dieu sur terre » ; Cette fonction de « mentorisme » ou de « vice régence » est certes à prendre comme une considération honorifique pour l'humain mais elle constitue aussi une lourde responsabilité envers cet être qui partage avec nous la même destinée depuis l'épisode de la chute originelle. Sujets au même sort de prédation depuis lors, l'homme est pourtant interpellé par Dieu (nommé Jehova, Jésus ou Allah) pour rétablir de l'équilibre dans cette relation « naturelle » en échappant à la cruauté d'une telle fatalité.

Il apparait donc intéressant d'interroger la place octroyée à l'animal dans les trois religions non plus dans une tentative de définir l'homme (comme c'est le cas chez les philosophes de l'antiquité) mais en vue d'entamer la réflexion sur le statut de l'animal parmi les vivants et partant de là délimiter la responsabilité « éthique » de l'homme en tant que « gouverneur » ou « vice régent » du monde des vivants.

Comment se définit la souveraineté humaine dans les monothéismes et quelles sont ses limites est la première question que nous nous poserons sera pris en considération par la suite le statut accordé à l'animal dans les trois religions avant d'interroger in fine l'animal en tant qu'être « religieux » hautement symbolique.





I-DE la souveraineté de l'Homme reconnue (à des degrés différents) par les monothéismes :

« Dieu dit : “Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre. Dieu créa l'Homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa »

Les trois religions monothéistes s'accordent à attribuer à l'homme une place de « choix » dans la hiérarchie des êtres vivants .Aussi, L'homme est -il placé au sommet de la création : signe d'élection à une souveraineté absolue sur les autres créatures qui donnerait toute sa légitimité à un comportement « anthropocentrique » pouvant frôler quelques fois la démesure ? ou plutôt à lire comme une responsabilisation de l'homme promu par un ensemble d'attributs à remplir la fonction de « vice-régence » sur le monde ?

1/La souveraineté humaine : une relation de « parenté » ou de « soumission » ?

En nous référant aux épisodes de la création tels qu'ils figurent dans les trois livres sacrés, il serait aisé de remarquer qu'ils sont unanimes quant à l'idée de supériorité humaine sur les autres créatures. L'homme, placé au sommet de la création du fait qu'il est « créé à l'image de Dieu », reçoit même l'injonction ou plutôt le devoir de gouverner le monde. Une mauvaise traduction des verbes exprimant cette injonction dans la bible hébraïque « râoàh et kâbash » figurant dans la septante a toutefois été vectrice d'un grand débat théologique qui a fini par tracer deux voies opposées au sein des trois religions :

1/Accusés, souvent à tort, d'avoir peu d'éthique à l'égard des animaux en raison de leur rituel d'abattage, le judaïsme et l'Islam sont pourtant les deux religions à témoigner plus de compassion pour l'animal. En fait le retour à l'origine hébreu des deux termes sus mentionnés (objets de conflit) comme le souligne Bienvenu Kone dans son mémoire intitulé « évangélisation et promotion humaine » montre qu'il n'est nullement question d'assujettissement de l'animal par l'homme mais plutôt de « gestion » et de « gouvernance ». C'est Adam, le premier homme, représentant l'humanité qui doit bien gérer la création de Dieu. Idée qui sera reprise et défendue par le rabbin Haïm Korsia qui rappelle que traduire ces verbes par « dominer » et « soumettre » est un fait chrétien et si l'homme est dit supérieur aux animaux c'est parce qu'il est élu responsable au sens de « gardien du monde » par Dieu qui lui enjoint de veiller sur son « troupeau » (j'emprunte l'expression aussi bien au coran qu'à la bible hébraïque).

L'islam est, dans cette optique, plus proche du judaïsme qu'il ne l'est de la religion chrétienne qui s'est éloigné de la compassion animale. L'idée de souveraineté humaine sur les animaux est entendue dans le sens de responsabilité. Dans le Coran, il est même le « vicaire d'Allah sur terre » (coran35/39), celui qui le seconde et partant de là se rend digne d'assumer une autorité patriarchale. Idée reprise et confirmée par le prophète Mohammad dans un hadith « toutes les créatures sont comme une famille de Dieu : et il aime d'autant plus celles qui sont le plus bienfaisantes envers sa famille ».sujet à une mauvaise lecture des textes , l'Islam et le judaïsme ont malheureusement gagné la mauvaise réputation d'être « diabolisés » en raison du rituel d'abattage au moment où le christianisme, pourtant initiateur de la théorie de l'animal-machine est plutôt épargné par ce jugement hâtif qui est devenu une arme pointée le plus souvent par les protecteurs des droits des animaux contre l'Islam et le judaïsme.

2/La même confusion commise au sujet de la traduction des termes « râoâh » et « kâbash » serait apparemment à l'origine de l'anthropocentrisme exacerbé affiché par le christianisme, ou du moins pour être plus précise, par les pères de l'Eglise St Augustin et St Thomas d'Aquin. Influencés par les théories platonicienne et aristotélicienne sur le corps et l'âme, ces deux réformateurs seront à l'origine d'un grand clivage qui va s'installer entre l'homme et l'animal ouvrant ainsi la voie sur une vision anthropocentrique pouvant cautionner l'hybris du 20ème et 21ème siècle. ils justifient leur position démesurément « spéciste » par le fait que les animaux n'ont ni une « âme rationnelle » ni les mêmes droits que l'homme finissant ainsi ,comme le souligne Eugène Dreweman, par rendre toutes les pratiques industrielles « indispensables par un principe tiré de la foi chrétienne : seul l'être humain possède une vie immortelle et les animaux ne sont qu'un matériel utilisable au profit de l'homme comme seigneur de la création dans le temps et l'éternité » De l'immortalité des animaux

2/Une souveraineté conditionnée :

Cette souveraineté légitimée par les prérogatives exclusivement humaines (la raison, la faculté de parler et l'âme immortelle) n'est pas à lire comme un « blanc- seing » donné à l'homme pour l'exploitation abusive du monde animal mais plutôt comme un titre honorifique qui équivaut à la responsabilité du berger sur son troupeau. Plusieurs sources hébraïques prescrivent d'ailleurs à l'homme d'être bon envers les animaux et de ne pas se comporter en maitre omnipotent sur terre mais comme celui qui prend soin de la terre et l'administre avec respect .Il n'est pas de preuve plus patente de la grande compassion que témoigne le judaïsme pour la vie animale que le concept de « tsaâr baâlei ‘haïm » qui veut dire « la souffrance de la bête vivante » ;Principe qui dicte la bienveillance envers les animaux et trouve son origine dans l'Exode 23,5 « si tu vois l'âne de celui qui te hait succomber sous sa charge, et que tu hésites à le décharger, tu l'aideras à le décharger » « Il est interdit, en accord avec les lois de la torah, d'infliger une souffrance à quelques créature vivante que ce soit. En sens contraire, il est de notre devoir de soulager la douleur de chaque créature, même sans être propriétaire des biens d'un non-juif » talmud- Baba Metsia 32b En tant que « gardien de troupeau », l'Homme a donc le devoir d'agir avec bienveillance envers les animaux d'autant plus que ces créatures sont dotées de « Néfèsh » (expression hébraïque qui veut dire « l'âme ») au même titre que les humains. Il n'est qu'à citer l'exemple de cette histoire édifiante citée dan le Midrash qui atteste de cet égard accordé aux animaux par la tradition juive :

Pendant que notre maître Moïse prenait soin du troupeau de Jéthro dans l'étendue sauvage, un agneau s'enfuit loin de lui. Il courut après lui jusqu'à ce qu'il atteint Hasuah. Alors qu'il atteignait Hasuah, il arriva à un point d'eau où l'agneau s'arrêta pour boire. Lorsque Moïse arriva à lui, il lui dit : « Je ne savais pas que tu courrais parce que tu avais soif. Tu dois être fatigué. » Il le plaça sur son épaule et commença à marcher. Le Saint Béni-soit-Il, le bénit et dit : « Tu es compatissant dans la conduite des troupeaux appartenant aux mortels ; Je fais le serment que tu seras de la même façon le berger de mon troupeau Israël. » (Exode Rabbah 2,2)

Le Judaïsme est clair en commandant l'attention envers les animaux. La Bible le dit explicitement : « L'homme juste prend soin de la vie de ses animaux. ». En effet, le bien-être des animaux est si important que le cinquième commandement les mentionne spécifiquement, et leur accorde un jour de repos « le shabbat » : les animaux ont alors droit à paitre et se réjouir des beautés de la nature durant toutes cette journée « sacrée ».

L'Islam a également codifié cette souveraineté humaine ; Entendue au sens de « vice-régence », elle implique une gouvernance bienveillante envers les autres créatures ; Deux critères sont donc requis pour légitimer ce titre honorifique : la vertu « taqwa » et la raison . Le prophète Mohammad nous enjoint dans plus d'un hadit de faire preuve de bienveillance envers les animaux .Son épouse Aïcha nous raconte qu' « étant un jour sur le dos d'un chameau rétif et le manœuvrant d'une façon brutale, le prophète lui dit : il t'appartient de traiter les animaux avec douceur », De même« le prophète a été vu entrain d'essuyer la face de son cheval avec sa robe lorsqu'on lui a demandé pourquoi il faisait cela, il a répondu : « hier soir, j'ai eu une réprimande d'Allah au sujet de mon cheval pour l'avoir négligé. » Aussi, l'Islam place-t-il le respect à l'égard des animaux à l'égal de celui dû à l'homme puisqu'ils sont dotés pareillement d'une « âme » « nafs » (qui ns rappelle le « Néfèsh » judaïque et (à distinguer de « rouh » attribut exclusivement humain).

Alors que la souveraineté humaine sur les animaux est conditionnée par la bienveillance, l'empathie et même l'amour oserai-je dire dans les religions juive et musulmane, la religion chrétienne (ou du moins la vision qui ns est parvenue de cette religion via les interprétations propres aux deux figures majeures du christianisme citées plus haut) font peu de cas de la bienveillance envers l'animal ; Ils ne lui reconnaissent qu'une « âme mortelle » donc dégradable au même titre que la matière. La réponse à la question paulinienne : « Dieu s'inquiète-t-il des bœufs ? » résume du reste la conception chrétienne du rapport à l'animal telle qu'elle fut formulée par Saint Augustin « le christ lui-même montre que s'abstenir de tuer les animaux ou de détruire les plantes est le comble de la superstition , car, jugeant qu'il n'existe pas de droits communs entre nous et les bêtes ou les arbres , il envoie le démon dans un troupeau de pourceaux et en les maudissantet déssèche l'arbre sur lequel il n'a pas trouvé de fruits »UN autre argument basé sur la nature « irrationnelle » de l'âme de l'animal avancé par St Thomas finira par enfoncer le creuset entre homme et animal ouvrant la voie sur un anthropocentrisme des plus exacerbés qui finira par initier la théorie de l « animal-machine » : l'âme de l'animal ne subsiste pas après la mort ;Ce qui du reste doit justifier l'intérêt « médiocre » accordé à l'éthique animale dans le christianisme et donner sa légitimité à la démesure humaine face à la nature. Bref, le christianisme semble ne penser l'homme que par la dévalorisation de l'animal « créature inférieure ».

II- place de l'animal dans les traditions juive, chrétienne et musulmane :

L'Homme, rappelons -le, partage ce monde avec d'autres créatures, ce qui l'inscrit dans une communauté par un jeu de relations qu'il entretient avec elles et surtout avec cette espèce d'être vivants qu'est l'animal qui lui est plus proche et avec qui d'ailleurs il partage le même sort depuis l'épisode de la chute originelle.

  1. L'animal entre le rituel et le cultuel :

Dégradés conjointement par le péché originel, selon la Bible, hommes et bêtes semblent être frappés de la même fatalité (la prédation homme comme animaux) .Ils sont également inclus dans l'alliance que Dieu passe avec les hommes et qui stipule la possibilité de retrouver la paix dans le paradis. Ésaïe65:25, « Le loup et l'agneau paîtront ensemble, Le lion, comme le bœuf, mangera de la paille, Et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte, Dit l'Eternel ».

Hommes et bêtes vivaient conjointement en paix dans le paradis avant l'épisode de la chute originelle qui introduit l'hostilité et la violence entre les deux créatures : Dieu, suivant la Bible et la torah, accordera le droit de manger les bêtes à la suite du déluge « Dieu bénit Noé et son fils, il leur dit : vous serez craints et redoutés de toutes les bêtes de la terre et de tous les oiseaux du ciel. Tout ce qui remue sur le sol et tous les poissons de la mer sont livrés entre vos mains » De même, il permit l'instauration des rituels dès Abel et Caïn (Genèse3 et 4). Dans le coran comme dans la torah, Le sacrifice de l'animal est ritualisé à partir de l'épisode d'Abraham et son fils Isaac. La mise à mort de l'animal, présentée comme un acte sacrificiel via lequel l'homme se rapproche de Dieu cesse d'être un acte de cruauté dès lors qu'elle est ritualisée « La fonction du rituel est avant tout d'assurer la transformation de l'animal en victime licite non en cadavre en force au service de la vie et non en force au service de la mort » explique Mohammed Hocine Benkheira dans L'animal en Islam, p.124 Le sacrifice est entendu aussi au sens d'offrande à travers laquelle le musulman vénère Dieu et espère retrouver le paradis ; De nombreux hadiths ont confirmé le grand mérite de l'égorgement de bêtes en sacrifice pour Allah et sa récompense. Nous citons à titre d'exemple le hadith rapporté par Ahmad, Ibn Mâjah et al-Tirmidhî, selon Zayd Ibn Arqam : « On interrogea le Prophète ( ) en disant : “Ô Messager d'Allah, que sont ces offrandes ?” Il répondit : “C'est la tradition de votre père Abraham.” On demanda : “Quelle est notre rétribution ?” Il répondit : “Pour chaque poil, vous recevez une bonne action.” On demanda : “Et (les animaux à) laine ?” Il dit : “Pour chaque fibre de laine, vous recevez une bonne action » Le sacrifice de l'animal requiert une valeur sacrée dès lors qu'il est mis au service de la perpétuation de la vie des hommes donc rendu utile. La torah interdit même la chasse pour le plaisir car elle pervertit l'âme du chasseur en citant le cas d'Esaü et Nemrod. « Il faut ritualiser cette mise à mort afin de procurer à tous, tueurs et mangeurs l'innocence et la paix de l'âme (....) si l'abattage rituel des animaux selon la loi islamique est rangé dans la rubrique des sacrifices, c'est parce qu'il s'agit par cette catégorisation de désigner d'abord une certaine barbarie, un fond obscur et inextirpable »

L'abattage Hallal qui suscite tant de haine contre l'Islam est conçu comme un rite qui doit être pratiqué dans des conditions précises prescrites dans le coran et le hadith visant à épargner à la victime la souffrance en l'accompagnant dans la mort avec bienveillance et respect “Certes Allah a prescrit l'excellence dans toute chose. Ainsi lorsque vous tuez, tuez de manière parfaite et si vous égorgez, égorgez de manière parfaite. Que l'un de vous aiguise son couteau et qu'il apaise la bête qu'il égorge“ est-il écrit dans le Coran, le livre saint de l'islam.. Le même principe est évoqué par le judaïsme dans le Lévitique,22,28 Dieu recommande à Moïse de ne pas « égorger le même jour une bête, vache, brebis ou chèvre et son petit » car « l'amour et la tendresse de la mère pour son jeune petit n'est pas produit par le raisonnement mais par le sentiment, et cette faculté existe non seulement chez les gens mais chez la plupart des choses vivantes »

Cette ritualisation de la mise à mort des animaux procèderait probablement de la conscience du caractère inique de cet acte d'où la tentative de civiliser le meurtre à l'aide du rituel mais aussi de la dimension sacrée qu'on lui donne.


2- L'animal : un être doué d'âme et donc capable de sacré

Si la bienveillance et le respect envers l'animal sont recommandés même dans l'acte de la mise à mort que d'aucuns caractérisent de « cruel » c'est du fait qu'on lui reconnait une parenté avec l'humain basée essentiellement sur une communauté d'attributs considérés par les empiristes comme prérogatives exclusivement humaines. Si les pères de l'Eglise chrétienne s'obstinent à refuser à l'animal la possession d'une « âme immortelle » capable de le hisser à la sphère du « monde intelligible » et donc de faire échoir l'homme de son statut de maitre dominant doté d'une dignité royale, les deux autres monothéismes, par contre reconnaissent à l'animal la propriété d'une âme qui le rend digne de respect au même titre que l'homme .Nommée « nafs » par l'islam ou « Néfèsh »au sens d' « âme illustre » par le judaïsme, l'âme n'est plus considérée comme un attribut exclusif à l'homme, partant de là rien ne justifie la césure si étanche établie par le christianisme (ou du moins par le clergé) entre les deux créatures .Saint Augustin distingue en fait l'anima propre au vivant (hommes, animaux et plantes) qui ne sert que de moteur et « l'animus » propre à l'homme, l'esprit vivifiant, « l'âme qui sait » et qui de ce fait rapproche l'homme du divin. Plus est, Islam et judaïsme s'accordent à reconnaitre à l'animal les attributs d'intelligence et de perception qui le rend capable de comprendre les plans divins selon le verset 27 de Genèse 1 « il est dit que Dieu avait donné intelligence et discernement en eux « 1Le Midrach Tanhouma Va

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