Aux champs : étudier les péripéties


BAHHAR Hasnaa (Prof) [3 msg envoyés ]
Publié le:2021-04-11 19:31:52 Lu :512 fois
Rubrique :Projets, lectures et évaluations  
  • 0 stars
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
0 vote    /5


Aux champs : Etudier les péripéties 1

Un matin, en arrivant, son mari descendit avec elle ; et, sans s'arrêter aux mioches, qui la connaissaient bien maintenant, elle pénétra dans la demeure des paysans. Ils étaient là, en train de fendre du bois pour la soupe ; ils se redressèrent tout surpris, donnèrent des chaises et attendirent. Alors la jeune femme, d'une voix entrecoupée, tremblante commença :

- Mes braves gens, je viens vous trouver parce que je voudrais bien... je voudrais bien emmener avec moi votre... votre petit garçon...

Les campagnards, stupéfaits et sans idée, ne répondirent pas.

Elle reprit haleine et continua.

- Nous n'avons pas d'enfants ; nous sommes seuls, mon mari et moi... Nous le garderions... voulez-vous ?

La paysanne commençait à comprendre. Elle demanda :

- Vous voulez nous prend'e Charlot ? Ah ben non, pour sûr.

Alors M. d'Hubières intervint :

- Ma femme s'est mal expliquée. Nous voulons l'adopter, mais il reviendra vous voir. S'il tourne bien, comme tout porte à le croire, il sera notre héritier. Si nous avions, par hasard, des enfants, il partagerait également avec eux. Mais s'il ne répondait pas à nos soins, nous lui donnerions, à sa majorité, une somme de vingt mille francs, qui sera immédiatement déposée en son nom chez un notaire. Et, comme on a aussi pensé à vous, on vous servira jusqu'à votre mort, une rente de cent francs par mois. Avez-vous bien compris ?

La fermière s'était levée, toute furieuse.

- Vous voulez que j'vous vendions Charlot ? Ah ! mais non ; c'est pas des choses qu'on d'mande à une mère çà ! Ah ! mais non ! Ce serait abomination.

L'homme ne disait rien, grave et réfléchi ; mais il approuvait sa femme d'un mouvement continu de la tête.

Mme d'Hubières, éperdue, se mit à pleurer, et, se tournant vers son mari, avec une voix pleine de sanglots, une voix d'enfant dont tous les désirs ordinaires sont satisfaits, elle balbutia :

- Ils ne veulent pas, Henri, ils ne veulent pas !

Alors ils firent une dernière tentative.

- Mais, mes amis, songez à l'avenir de votre enfant, à son bonheur, à ...

La paysanne, exaspérée, lui coupa la parole :

- C'est tout vu, c'est tout entendu, c'est tout réfléchi... Allez-vous-en, et pi, que j'vous revoie point par ici. C'est i permis d'vouloir prendre un éfant comme ça !

Alors Mme d'Hubières, en sortant, s'avisa qu'ils étaient deux tout petits, et elle demanda à travers ses larmes, avec une ténacité de femme volontaire et gâtée, qui ne veut jamais attendre :

- Mais l'autre petit n'est pas à vous ?

Le père Tuvache répondit :

- Non, c'est aux voisins ; vous pouvez y aller si vous voulez.

Et il rentra dans sa maison, où retentissait la voix indignée de sa femme.

Guy de MAUPASSANT, Aux champs, 1883

(« Aux champs » est initialement publiée dans le quotidien Le Gaulois du 31 octobre 1882, puis dans le recueil « Contes de la bécasse » en 1883)


Lisez attentivement le texte suivant et répondez aux questions présentées ci-après :


A- Contextualisation du texte



Titre de l'œuvre

Auteur

Genre littéraire

Sous genre

Date de parution






1- Complétez le tableau suivant :

2- Pour situer le passage, choisissez et recopiez la bonne réponse.

Cet extrait vient juste après :

a. l'incipit

b. les visites répétées des D'Hubières ou la prise de contact.

c. le refus des Tuvaches de la demande d'adoption.

Justifiez votre réponse par un relevé dans le texte.

...

B- Analyse du texte


...

3- Complétez le tableau suivant :

Cadre spatio-temporel de l'extrait

Personnages

Temps de l'action

Lieu de l'action




4- Répondez par vrai ou faux et justifiez votre réponse par un relevé du texte :

a. Au début de la conversation, Mme d'Hubières était confiante. ....

Justification : .

b. Les d'Hubières ont proposé aux Tuvache d'adopter leur fils en échange d'une rente annuelle. ....

Justification : .

c. Mme Tuvache a accepté de donner son enfant en adoption. .... Justification : .

d. Mme d'Hubières est malheureuse. ....

Justification : .

5- Précisez le registre de langue employé par les deux familles en complétant le tableau suivant :


Registre de langue

Exemples

Justification

Les D'Hubières




Les paysans




6- Transcrivez cette phrase au registre courant :

« C'est tout vu, c'est tout entendu, c'est tout réfléchi... Allez-vous-en, et pi, que j'vous revoie point par ici. C'est i permis d'vouloir prendre un éfant comme ça ! »

7- a- Dégagez dans le texte quatre mots appartenant au champ lexical des sentiments.

b- Quelles informations donne-t-il sur le caractère des deux femmes : Mme Tuvache et Mme d'Hubières

Mme Tuvache

Mme d'Hubières



8- Comment jugez-vous l'argumentation de Mme d'Hubières ? Justifiez votre réponse par un argument pertinent.

C- Réaction personnelle face au texte



9- Au moment de la négociation, et à la différence de sa femme, M. Henri d'Hubières était bien adroit.

D'après-vous pourquoi ?

10- L'argumentation des d'Hubières a échoué.

D'après-vous quelles en sont les causes ? Et comment pouvons-nous assurer la réussite d'une argumentation.

Professeur : Mme BAHHAR


Fichier joint
Participez au forum pour accéder au fichier joint!
Moteur de recherche

Derniers articles sur le forum

confidentialite