Appel colloque : les femmes et le cinéma


marocagreg (Admin) [2329 msg envoyés ]
Publié le :2019-09-23 08:47:57 Lu :1101 fois
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Appel à communication pour un colloque international

« Les femmes et le cinéma »

6-7 Décembre 2019

Le cinéma marocain a souvent fait de la femme la figure faible et exotique de l'humanité. On la considère comme un être “incomplet” et inférieur, source de mal. Mieux encore. Quand on parle de corps et de sacré, c'est celui de la femme que l'on désigne et non celui de l'homme. Elle est un corps objet que l'on désire ou que l'on exploite ...

On a instauré le manque et l'infériorité pour la mépriser et la dominer. Dans certains films sur les femmes, on tente d'effacer cette différence par l'identification à l'homme pour mieux sortir de ce conflit. Un piège dans lequel sont tombés certains réalisateurs marocains. L'identification négative les a amenés à rompre avec les modèles que les mères ont transmises. Ils ont malheureusement rejeté l'héritage féminin qui est précieux. Ce féminisme est devenu alors une sorte de misogynie, de rejet de soi et de son identité sexuelle. En choisissant l'autonomie économique et le rejet de l'autre certains réalisateurs veulent reproduire un schéma qui correspond à un désir féminin personnel : vivre sans l'autre corps. Bien plus encore. Le métier de réalisateur a été souvent plus facile à exercer par les hommes que par les filles. Ces dernières ont été obligées de se battre pour convaincre les parents du bien fondé du métier.

Cette privation ne vient pas du fait que ces jeunes filles ne veulent pas devenir réalisatrices mais du fait que les familles, vieux territoires masculins, quand ce n'est pas “machistes” ne les encouragent pas à cela. Ils opèrent de fait une constante discrimination positive à l'égard de la femme, prolongeant l'héritage d'une époque révolue, inspirée des modèles antiques voire religieux.

Pour raconter en images l'égalité homme/femme, il ne suffit pas de créer des personnages dont le métier est professeur, policière, gardienne de prison ou directrice d'une entreprise pour faire obstacle aux constructions théoriques et idéologiques préexistantes. On ne peut pas résoudre le problème de l'inégalité par une assimilation qui permet d'accéder au monde déjà bâti et pensé par les hommes, dominant dans notre société.

La force de la femme, en tant que corps, réside dans sa fécondité. Cette force est intérieure. Dans L'enfant endormi de Y. Kessari, la femme a prouvé la maîtrise du corps qui peut aller jusqu'à endormir le fœtus dans le ventre en attendant le retour du père, le mari. Fallait-il que la femme accouche seule pour montrer son indépendance et pour prouver qu'elle est capable d'affronter, seule, le monde? En accouchant seule, elle montrerait qu'elle est responsable, parfaite et pourrait s'occuper naturellement de son enfant sans être obligée de se prostituer comme dans WWW de Bensaidi dans lequel la femme attend impatiemment le retour de son mari militaire qui ne revient jamais.

Pourquoi ne filme-t-on pas le corps de la femme à la manière américaine, c'est-à-dire, comme un être “asexué” dans l'indifférence totale de son identité sexuelle?

On a filmé la femme comme objet de désir, comme un être infidèle et indigne de notre confiance où tout ce qui l'intéresse chez l'autre sexe, c'est son argent.

Pourquoi ne filme-t-on pas la femme comme dans WWW de F. Bensaidi où Kenza, la policière, porte un amour sincère envers un homme qu'elle aime passionnément et pour lequel elle est prête à tout au détriment de son travail ?

Entre ces alternatives, comment des jeunes femmes parviennent-elles à se former et à travailler dans un secteur professionnel préférentiellement exercé et dominé par des hommes ? Quelle est leur marge manœuvre face aux stéréotypes et aux lois du patriarcat ?

Nous souhaitons faire entendre leurs voix, afin de sensibiliser les jeunes générations qui souhaiteraient s'orienter dans ce domaine, et faciliter la vie des femmes dans l'exercice de leurs fonctions en sensibilisant professionnels, décideurs et institutionnels.

Nous aimerons réunir pour ce colloque sur les femmes et le cinéma des spécialistes de littérature, de linguistique, de sociologie, de philosophie, des critiques d'art, de cinéma et des cinéastes.

Ce colloque, qui aura lieu en marge du Festival International du Film de Marrakech, sera l'occasion de réfléchir sur l'apport de la femme devant et derrière la caméra, d'analyser l'écriture filmique et l'imaginaire cinématographique marocain.

Comité scientifique :

- Driss Ablali, Professeur des Universités, co-directeur de l'équipe Paritexte . Centre de recherche sur les médiations (CREM). Université de Lorraine. France.

- Mouad Adham, Professeur de l'Enseignement Supérieur A. UCA. Marrakech. Maroc.

-Hamid Aidouni, Professeur de l'Enseignement Supérieur, Coordonnateur du Master sur le cinéma documentaire. Faculté des Lettres. Tetouan. Maroc.

- Youssef Ait Hammou , Professeur de l'Enseignement Supérieur A. Département Langue et Littérature Françaises. UCA. Marrakech.

- Lalla Khadija Alaoui Youssefi, Professeur de l'Enseignement Supérieur. UCA. Marrakech. Maroc.

- Ayoub Bouhouhou, Professeur de l'Enseignement Supérieur. UCA. Marrakech. Maroc.

- Roland Carrée, Enseignant-chercheur en cinéma et organisateur d'événements cinéma, ESAV Marrakech, conférencier et formateur pédagogique en cinéma, Institut français du Maroc.

- Abdellatif Fdil, Professeur de l'Enseignement Supérieur A, ISMAC. Rabat. Maroc.

- Claude Forest, Professeur des universités. Université de Paris 3. Sorbonne Nouvelle, IRACAV. France

- Hayat Kertaoui, Professeur de l'Enseignement Supérieur. Titulaire de la Chaire Senghor Marrakech de la Francophonie. UCA. Marrakech. Maroc.

- Hassan El Mazouni, Professeur de l'Enseignement Supérieur, UCA. Marrakech. Maroc.

- Fatima Ezzahra Iflahen, Professeur de l'Enseignement Supérieur Habilité. Vice Présidente Chargée des Relations Internationales. UCA. Marrakech. Maroc.

- Abdelhaï Sadiq, Professeur de l'Enseignement Supérieur. UCA. Marrakech.

- Michel Serceau, Professeur Emérite. France.

Comité d'organisation :

Meryem Ait Belhoucine, Docteur en Cinéma, Productrice. Maroc.

Ayoub Bouhouhou, UCA. Marrakech. Maroc. LIMPACT.

Youssef Bousselham, Doctorant, Faculté des Lettres de Marrakech. Université Cadi Ayyad. Maroc. LIMPACT.

Les propositions de communication (300 – 350 mots) sont à adresser avant le 30 octobre 2019 à l'adresse suivante : bouhouhou7@gmail.com

Téléphone : 06 700 99 189

Les réponses aux propositions de communications seront envoyées au plus tard le 15 novembre 2019.


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