Appel à contribution - ouvrage collectif : revendications des femmes dans la littérature


marocagreg  (Admin) [2249 msg envoyés ]
Publié le :2017-10-12 16:59:52   Lu :562 fois
Rubrique :Crmef,ENS,Université  
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ouvrage collectif: revendications des femmes, représentations littéraires

Quand on parcourt la littérature de l'Antiquité, on se rend vite compte que la lutte des femmes pour leurs droits politiques et économiques dure depuis des millénaires. En effet, une frontière semble avoir toujours séparé les territoires féminin et masculin. Cette séparation, dans la majorité des cas, enferme la femme dans la sphère traditionnelle de la vie privée du foyer et réserve à l'homme le privilège de l'espace public, espace du pouvoir où se négocient les décisions capitales de l'État. À en croire Fatéma Mernissi, « toute division sexuelle du travail et de l'espace1 », « toute séparation, toute ségrégation est porteuse de violence2. » Dans la Grèce antique, les hommes règnent en maîtres absolus sur l'Agora et sur l'Assemblée du peuple, et décident de la politique économique et militaire de la Cité, alors que les femmes, confinées au foyer, s'occupent des marmots, tissent les vêtements et gèrent les affaires privées et le budget du logis. Mais, cette division des tâches était déjà contestée, surtout en temps de guerre où les décisions des stratèges et de l'Assemblée mettent en péril la survie de la Cité. Si, en règle générale, la femme se contente dans les tragédies antiques de jouer le rôle ingrat de la pleureuse, de « la voix endeuillée3 » qui souffre et paie les pots cassés de la politique masculine, des figures féminines tragiques, comme Antigone, Clytemnestre et Electre, ont initié une révolte contre leur société machiste en opposant une résistance inattendue à la volonté des mâles dominants. On pense notamment à Antigone qui conteste la décision de son oncle Créon et qui désobéit à son ordre en enterrant son frère Polynice. On pense également à Clytemnestre qui complote avec Egisthe pour tuer son mari Agamemnon et venger la mort de sa fille Iphigénie sacrifiée pour attirer les faveurs des dieux ; et comment oublier Électre l'autre fille de Clytemnestre et d'Agamemnon qui collabore activement avec son frère Oreste pour venger la mort de leur père et débarrasser le pays du couple royal assassin ? Même les femmes pacifistes du cycle thébain (Hécube, Cassandre, Andromaque) luttent pour une instauration de la paix et font front pour atténuer les ardeurs des bellicistes.

La résistance féminine est encore plus éloquente dans la comédie. Plusieurs pièces d'Aristophane se nourrissent de cette lutte permanente pour le pouvoir. Les hommes doivent se déguiser en femmes (femâles) pour s'introduire dans l'espace privé féminin (Les Thesmophorieuses) et les femmes, de même, doivent se déguiser en hommes pour s'aventurer dans l'espace exclusif des mâles. Dans Les Femmes à l'Assemblée , les Athéniennes contestent la mauvaise gestion de la cité et la politique menée par des « canailles » corrompues qui gaspillent les ressources de la cité dans des guerres interminables et stériles. Guidées par Praxagora, les citoyennes d'Athènes, à la fois « intelligentesque et argentifère4 » (846), s'arment de barbes postiches, de manteaux et de brodequins d'hommes et s'infiltrent dans l'Assemblée où elles réussissent à faire voter une décision capitale : les hommes doivent céder le gouvernement de la Cité aux femmes. Celles-ci, considérant qu'elles méritent amplement d'assurer la gestion politique et économique de la Cité, ont réussi, dans le rêve utopique d'Aristophane, à imposer une forme de gynécocratie où tous les biens et tous les plaisirs de la Cité sont mis en commun. Bien que ce projet vire au grotesque comme en témoigne la dérive sexuelle qui en résulte, l'essentiel pour Aristophane était de montrer à ses concitoyens l'existence d'autres alternatives à une guerre qui a mené la puissante Athènes au bord du déclin. Une volonté identique anime Lysistrata ; « le sort de la Cité dépend de nous », affirme celle-ci devant ses concitoyennes (Lysistrata, 567). Comme Déciopolis dans Les Acharniens, les Athéniennes s'opposent fermement la volonté belliqueuse des hommes et s'allient aux Béotiennes et aux Lacédémoniennes pour éteindre une guerre qui déchire tout le Péloponnèse depuis des années : « Ensemble, proclament-elles, nous sauverons la Grèce ! » (568) ; « Nous avons décidé, dit Lysistrata au commissaire, de sauver la Grèce d'un commun effort grâce à une coalition des femmes. » (600). Pour « forcer les hommes à faire la paix », Lysistrata et ses amies entreprennent une double action : les jeunes femmes initient une grève du sexe, conscientes qu'il faut « se passer de quéquette » pour plier la volonté des maris et les rendre plus réceptifs à leurs arguments pacifiques ; pendant ce temps, les vieilles femmes occupent l'Acropole et s'y barricadent pour mettre l'argent de la Cité en sûreté et empêcher les hommes d'y accéder. On sait bien que cette thématique de la douce révolte féminine, très chère à Aristophane, ne reflète pas une réalité sociale effective, mais ces représentations ont le mérite de montrer que l'accès de la femme au pouvoir est une idée qui germait déjà dans les esprits.

Passant de la revendication à l'action, ces femmes qui ont pris leur sort en main feront beaucoup d'émules dans les siècles à venir. Même lorsque les femmes sont réduites à un esclavage sexuel, elles restent toujours capables de transformer leur faiblesse en force. Nous pensons notamment à Roxane dans Lettres persanes de Montesquieu. Il ne s'agit plus d'une figure tragique (Phèdre) qui commet un adultère par fatalité, il est bien question d'une femme qui conteste sa condition et qui assume pleinement ses actes. Comme Phèdre, Roxane ingurgite volontairement le poison, mais son suicide, loin d'être une nécessité tragique, est l'expression d'une liberté qui la soustrait définitivement au despotisme du maître. L'odalisque enfermée dans le harem a le dernier mot. Dans la sulfureuse lettre finale du roman, elle adopte un langage ouvertement agressif et reconnaît avoir trompé le maître et ses sbires « oui, lui écrit-elle, je t'ai trompé […] et j'ai su, de ton affreux sérail, faire un lieu de délices et de plaisirs5. » Elle revendique sa trahison comme une victoire de l'amour sur la tyrannie, de la nature sur la rigidité sociale : « j'ai pu vivre dans la servitude, écrit-elle, mais j'ai toujours été libre : j'ai réformé tes lois sur celles de la Nature, et mon esprit s'est toujours tenu dans l'indépendance6. » Le suicide de doña Sol dans Hernani de Victor Hugo est aussi une marque de révolte contre une mentalité phallocratique qui traite la femme comme un objet sans volonté. Doña Sol oppose une farouche résistance à tous les symboles du pouvoir masculin et sacrifie fortune, confort et position sociale pour son bandit adoré, mais quand elle acquiert la certitude de perdre son amant/mari, elle boit le poison la première, remportant ainsi, dans la mort même, une victoire sur le despotisme incarné par son vieil oncle Ruy Gomez. Dans une autre œuvre romantique, Le Prince de Hambourg de Kleist, Nathalie, la princesse d'Orange, va encore plus loin et n'hésite pas à mener une rébellion militaire contre son oncle, le Grand Électeur, s'opposant farouchement à la raison d'État pour sauver son amoureux.

Au XIXe siècle, avec les révolutions agricole et industrielle qui transformaient la société en profondeur, les femmes luttent pour une meilleure reconnaissance de leurs droits. L'accès au travail et à l'instruction leur donne la possibilité d'acquérir une certaine autonomie financière et une plus grande indépendance. Victime de deux parents ivrognes et d'une famille trop nombreuse et misérable malgré ses origines nobles, Tess d'Urberville, dans le roman éponyme de Thomas Hardy, est un exemple de la femme proie écrasée par les conventions sociales. Alors qu'elle était encore une enfant, elle est victime d'un viol (Alec) dans une société qui encourage la prédation en pardonnant tout à l'homme lors même qu'elle tient rigueur à la femme ; elle est rejetée par une société hypocrite qui s'acharne contre les victimes : « une fois victime, toujours victime...c'est la loi7 ». Abattue par l'épreuve, la jeune femme, considérée désormais comme une femme non convenable, parvient à survivre grâce à son travail acharné dans les fermes et dans les champs. Retrouvée par son violeur qui voulait réparer sa faute, elle finit par le tuer, prenant ainsi une ultime revanche sur l'homme qui a détruit sa vie. Le cheminement de Tess est aussi celui de beaucoup d'héroïnes romanesques de cette époque : Madame Bovary, Gervaise, Nana, tout un peuple de femmes frustrées et nourries d'illusions qui doivent lutter contre une réalité sociale contraignante et qui, même si elles échouent dans leur quête du bonheur, attestent la montée en puissance d'une volonté féminine d'instaurer une forme d'équilibre dans le rapport qu'elles entretiennent avec la société.

Balzac est sans doute l'un des romanciers qui ont accordé une grande importance à l'analyse de ces rapports et à la représentation des mécanismes qui régissent le statut de la femme, surtout dans le cadre du mariage et dans une société qui était en pleine mutation. Alors que la bataille romantique battait son plein, il écrit des textes disparates qui vont constituer la matière de La Femme de trente ans ; ce roman, qui réfléchit sur la condition des femmes et leur droit au bonheur, peut être lu comme un véritable manifeste pour la liberté des femmes qui n'avaient pas profité des retombées de la Révolution et sont restées esclaves d'une conception patriarcale et bourgeoise qui les réduit au silence8. Victime d'une image chimérique et ravissante, Julie, à l'instar d'Emma Bovary, considère le mariage comme une promesse de bonheur, mais la trompeuse apparence change rapidement en « squelette odieux » (65). La jeune femme, intelligente et délicate, découvre la nullité de l'homme qu'elle a épousé. Dans sa douleur et l'immensité de sa déception elle cesse d'appartenir physiquement à Victor : « nos rôles, lui dit-elle, ne sont pas les mêmes, et […] la femme seule est prédestinée au malheur9. » Tenant la société pour responsable de sa mauvaise condition, tout son discours prend des accents de révolte : « nous sommes, nous femmes, plus maltraitées par la civilisation que nous ne le serions par la nature […] la nature étouffe les êtres faibles, vous (les hommes) les condamnez à vivre pour les livrer à un constant malheur. » (164). C'est ainsi que le roman tout entier devient un réquisitoire contre une morale sociale qui continue à étouffer la femme : « je voudrais, affirme la marquise, faire la guerre à ce monde pour en renouveler les lois et les usages, pour les briser ! » (167)

À travers ces mots, c'est le discours féministe qui prend forme, un discours qui monte en puissance à mesure que la société bourgeoise subit des transformations qui bouleversent sa morale et ses représentations. Plus d'un siècle plus tard, les deux guerres mondiales, les mouvements colonialistes et les luttes indépendantistes accélèrent encore plus ce désir d'émancipation sociale. Les femmes dans les drames de Brecht et de Genet semblent avoir rompu avec l'héritage de la femme soumise même si elles continuent à lutter contre une société qui résiste au changement. Alors que les hommes, dans le théâtre de Genet, combattent comme des automates, les femmes, résistantes dans l'âme, s'insurgent et deviennent les instigatrices d'une révolte ontologique contre le colon, mais aussi contre toute institutionnalisation de la résistance qui voudrait les ramener à la similitude. L'Antigone de Brecht, comme ses ancêtres antiques, se révolte aussi contre le pouvoir qui veut livrer le corps de son frère aux oiseaux charognards et aux chiens errants. Pendue, elle remporte malgré tout une victoire sur son oncle sanguinaire. Mère Courage, quant à elle, doit se transformer en hyène des champs de bataille pour survivre dans le contexte périlleux de la guerre où la femme ne survit qu'en devenant putain de guerre. Même si elle finit par perdre toute sa progéniture, la cantinière prouve la force de résistance qui l'anime et qui en fait une survivante par excellence, sachant que sa fille muette Catherine est la seule, dans toute la pièce, qui a osé dire non à la guerre en sacrifiant sa vie pour instaurer la paix : la muette a conquis la voix. Ne pouvant pas avoir des enfants, elle devient la mère protectrice par excellence, une sorte de Déméter des temps modernes.

Cet accès à la voix est aussi le bien suprême qui arrive à la mère dans La Civilisation, ma Mère !… de Chraïbi. Enfermée dans la maison conjugale et dans une carapace d'ignorance et d'idées reçues, comme dans un utérus qui la retranche du monde, la mère se réveille, apprend le monde et accède à l'être. Longtemps considérée comme une simple dépendance des mâles de la maison, elle se conçoit, pour la première fois, comme un être à part entière. Toutes ces femmes, maintenues dans une enfance artificielle et obligatoire, nourrissant intérieurement une attente et une frustration de plusieurs siècles, venaient de naître : « elles avaient faim et soif d'exister […] elles ne s'étaient pas réveillées pour entendre et manger et boire des mots10. »

Parallèlement aux œuvres littéraires masculines qui décrivent la lutte de la femme et font écho de ses revendications, les femmes accèdent aussi à l'écriture, au pouvoir sacré du verbe11. Comme Catherine, la fille d'Anna Fierling, les femmes ont acquis une voix. Simone de Beauvoir dans son essai philosophique monumental Le Deuxième sexe (1949) s'approprie, dans cette époque perturbée de l'après-guerre, la remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et partie12 ». Elle entreprend alors de poser des yeux féminins sur la condition féminine en revendiquant une égalité absolue des sexes, ce qui ne manque pas de provoquer, à l'époque, un véritable scandale.



Notre ouvrage collectif se donne pour objet d'analyser des œuvres littéraires (tous genres confondus) qui représentent différentes formes et modalités de revendications féminines (revendications politiques, sociales, économiques et autres). Les articles doivent poser une problématique pertinente en rapport avec le sujet exposé et apporter une réponse au problème posé.




Modalités de participation :


  1. L'appel à contribution est ouvert jusqu'au 15 mars 2018.

  2. Les articles doivent être adressés en pièce jointe au courriel suivant : marocagreg@gmail.com.

  3. L'article envoyé doit comporter à la fin une courte indication biobibliographique indiquant le nom et le prénom de l'auteur, son organisme d'attache, le nom de son laboratoire d'appartenance s'il y en a, son adresse email et son adresse postale)


Conditions de participation :


• L'ouvrage sera publié sous l'égide de notre laboratoire de la Faculté de Lettres et des Sciences Humaines – Saïs – Fès.

• Les articles soumis au comité de lecture doivent être écrits en français et doivent être

complètement inédits, n'ayant jamais fait l'objet d'une communication ou d'une publication

quelconque. Les extraits de thèses ou de mémoires ne sont pas acceptés.

• Les articles doivent comporter entre 7 et 12 pages (A4) (sans pour autant dépasser 50000 caractères maximum, espaces comprises)

• Le comité de lecture est seul habilité à retenir ou à rejeter les articles reçus. Les auteurs des

articles retenus s'engagent à effectuer les corrections et les changements exigés par le

comité de lecture et à respecter les délais qui seront fixés.


Pour faciliter le travail de mise en page et d'uniformisation des articles, il faut absolument respecter les indications graphiques suivantes :


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  • Titres intercalaires : sans alinéa, Times New Roman 12 p, en gras)

  • Nom de l'auteur : deux lignes en bas du titre, à droite, Times New Roman 12, en gras, le nom en lettres capitales.

  • Police de caractère : Times New Roman (12 p pour le corps du texte, 10 p pour les notes de bas de page)

  • Citations : les citations qui ne dépassent pas trois lignes seront intégrées au corps du texte. Les citations plus longues doivent être mises en exergue (saut d'une ligne avant, Times New Roman 11 point, 1cm de marge à gauche, 0.60 cm à droite).

  • N'oubliez pas la bibliographie ! Respectez l'exemple suivant :

    Victor BROMBERT, La Prison romantique. Essai sur l'imaginaire, Paris, José Corti, 1975.

  • Notes de bas de page : à la première indication d'un ouvrage, il faut donner la référence entière en suivant l'exemple suivant : Brombert, Victor , La Prison romantique. Essai sur l'imaginaire, paris, José Corti, 1975.

    → Pour les indications suivantes au même ouvrage mettre :

    La Prison romantique. Essai sur l'imaginaire, op. cit. p.122.

    → La numérotation des notes de bas de page doit être automatique et non manuelle !


NB. Si tout se déroule bien, la publication de l'ouvrage aura lieu vers la fin juillet 2018 Incha Allah.

1Fatéma Mernissi, La Femme dans l'inconscient musulman, Fennec, Poche, Casablanca, 2016, p.30

2La Femme dans l'inconscient musulman, op. cit., p.4

3Titre d'un essai de Nicole Loraux sur le deuil féminin dans le théâtre antique.

4Tous les renvois aux œuvres d'Aristophane réfèrent au Théâtre Complet, éd. Gallimard (Pléiade), 1997.

5Montesquieu, Lettres persanes, LGF, 1984, lettre 161, p.304

6Idem, p.305.

7Thomas Hardy, Tess d'Urberville, LGF, 1995, p. 358.

8Cette analyse est faite par Pierre Barberis dans sa préface de l'oeuvre, Balzac, La Femme de trente ans, Gallimard, folio classique, 1977.

9La Femme de trente ans, op.cit., p.132.

10Driss Chraïbi, La Civilisation, ma Mère !… Denoël, 1972, p.124

11Mernissi évoque le cas des prophètes qui sont tous, sans exception, des hommes.

12Traité de l'égalité des deux sexes, 1676 (cité


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TAGS:
#ouvrage#Revendications#femmes#littérature


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