Appel à contribution : Étrangers, Émigrés et immigrés dans la littérature et les arts


marocagreg (Admin) [2294 msg envoyés ]
Publié le :2018-09-24 10:05:26 Lu :334 fois
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émigrés et immigrés - appel à contribution

Ouvrage collectif : Étrangers, Émigrés et Immigrés dans la littérature et les arts

« Partir, c'est mourir un peu1 », affirme Schütz, car tout départ implique une séparation et un deuil. Quand l'émigré prend la décision de quitter sa terre natale pour aller tenter sa chance ailleurs, au fond de lui, il vit son départ comme une amputation, voire comme une annihilation de son être. L'émigration, comme le souligne Abdelmalek Sayad, est non seulement rupture, elle est elle-même « le produit d'une rupture fondamentale2 ». En témoigne le héros d'Eldorado de Laurent Gaudé qui exprime sans équivoque ce sentiment de dépouillement éprouvé par tout émigré qui devient une ombre à mesure qu'il s'éloigne de son pays d'origine : « nous allons, dit-il, laisser derrière nous la tombe de nos ancêtres. Nous allons laisser notre nom […] là où nous irons, nous ne serons rien. Des pauvres sans histoire3. » Pourtant, comme le suggère Amin Maalouf, tout être humain est par la force des choses un être frontalier, traversé par des lignes de fracture ethniques, religieuses ou autres4. Si l'identité est « ce qui fait que je ne suis identique à aucune autre personne.5 », ce concept reste très flou, car une identité n'est pas une somme fixe et définitive, elle se construit au fil des rencontres et des influences et évolue avec le temps. Waldenfels en fait la remarque : « nous ne sommes jamais tout à fait ce que nous sommes […] il n'y a pas de monde dans lequel nous sommes totalement chez nous6. » C'est ce qui fait, toujours selon Waldenfels, que chaque homme est un voyageur, un être en devenir investi du « status viatoris »7. D'un point de vue religieux, notamment chrétien, ce statut motive la xineteia, le besoin de dépaysement qui mène les prophètes et les sages à la rencontre de Dieu ; or, comme en atteste Michel de Certeau, Dieu se trouve, par définition, dans un au-delà qui nous échappe et nous manque8. Il est l'inconnu et l'étranger irréductible, « celui sans qui vivre n'est plus vivre9 ». Comme tout étranger, Dieu témoigne de notre pauvreté, d'un manque qui constitue la motivation de toute communication. La pauvreté, au sens religieux que lui donne de Certeau, exprime « le désir qui nous lie aux autres et la différence qui nous en sépare10. » Ainsi, toute rencontre avec l'étranger peut devenir, pour celui qui croit aux principes de la pauvreté et de la charité, une expérience spirituelle qui dévoile dans cette rencontre humaine le visage de Dieu.

Mais, l'étranger n'est pas seulement l'aubain qui est né ailleurs ou qui est lui-même ailleurs, il est aussi, selon la formule célèbre de Rimbaud (je est un autre), une altérité de l'ego, altérité qui constitue le domaine privilégié de la psychanalyse. En chacun de nous s'immisce une part d'étrangeté qui échappe à notre propre conscience, comme l'a montré Freud dans L'Inquiétante étrangeté et, à sa suite, Julia Kristeva dans Étrangers à nous-mêmes. Qu'est-ce que l'étrangeté ou le fameux «Unheimliche» ? sinon, selon l'analyse de Freud, la dégénérescence angoissante du familier et de l'intime qui, une fois refoulés, ne ressurgissent plus de leur cachette secrète que sous l'apparence de l'identique inquiétant et effrayant. En chacun de nous, rappelle Maalouf, en faisant référence au chef-d'œuvre de Stevenson, se dissimule un Mr Hyde11, une identité monstrueuse refoulée qui saisit toute occasion pour émerger et prendre le dessus sur le docteur Jekyl, notre identité sociale de surface.

Foyer d'origine et terra mater, la matrice (utérus) devient aussitôt après la naissance - la naissance étant la première émigration vers un monde étranger - un espace fantasmatique inaccessible ; une fois consommée, la rupture avec le chez-soi originel est définitive. Le nombril, comme trace cicatricielle de cette rupture irréversible, est là pour nous rappeler que le lien a été tranché, que le nostos, cet impérieux désir de retrouver le foyer qui taraude tous les voyageurs, tout comme le fantasme du regressus ad uterum, ne sont qu'une chimère12. Une fois installé, « l'étranger, comme dit Kristeva, nous habite13 ». Non seulement nous sommes obligés d'apprendre à cohabiter avec les autres, mais nous devons aussi reconnaître en nous cette part d'étrangeté qui nous définit tous comme des êtres déracinés qui ont perdu l'origine et qui sont obligés de se mouvoir dans l'entre-deux de la nostalgie et de l'absence. Tourné vers un passé qu'il ne peut plus retrouver, l'étranger se définit, sur le plan spatial, comme sur le plan politique et juridique, par l'absence d'une patrie.
L'étranger, remarque Kristeva en développant les concepts du jus solis et du jus sanguinis14, n'a « de définition que négative » ; il est « celui qui ne fait pas partie du groupe15 », celui qui n'appartient pas à un nous. Être des limites et des frontières, « toujours ailleurs, l'étranger n'est de nulle part16 » ; il atterrit sur une terra incognita où personne ne le reconnaît, là où l'on supporte à peine sa présence importune.

Définissant l'immigré comme un atopos, un sans lieu, Bourdieu affirme que ce déplacé ne se situe « ni vraiment du côté du même, ni totalement du côté de l'Autre. Il se situe en ce lieu bâtard […] la frontière de l'être et du non-être social17 ». Dans ce sens, l'immigré, pour reprendre le titre de l'ouvrage de Sayad, est doublement absent : absent au lieu d'origine et absent au lieu d'arrivée. Être arraché de sa sphère de familiarité, l'étranger cache un abîme intérieur ; il « exclut avant d'être exclu, davantage même qu'on ne l'exclut18 ». Cette exclusion, selon l'analyse de Schütz, est l'expression d'une « crise personnelle19 » qui survient quand l'immigré commence à « remettre en question à peu près tout ce qui semble aller de soi au membre du groupe qu'il aborde. » Ce branle-bas des évidences est inévitable parce que l'étranger ne partage ni le modèle culturel ni les schémas d'interprétation et d'expression du groupe qu'il cherche à intégrer. Il est foncièrement un être marginal, « un hybride culturel qui vit à la frontière de deux modèles différents de vie, sans savoir vraiment auquel des deux il appartient20. » Sa loyauté pour le nouveau groupe est ambiguë car, étant dans l'incapacité de faire table rase des références culturelles de son pays natal, il ne peut pas adopter entièrement celles de la société d'accueil qui, loin de constituer un refuge sûr et apaisant, se présente à lui comme une contrée aventureuse, « un monde plein de pièges et difficile à maîtriser21 », un labyrinthe où tout est sujet à questionnement.

Outre l'absence d'une loyauté indéfectible et inconditionnelle que lui reproche le groupe qui l'accueille22, l'attitude de l'étranger, notamment de l'immigré, se démarque aussi par son objectivité. Ayant fait, une première fois l'expérience du déracinement, l'étranger n'a plus d'illusions, il sait qu'un homme peut, à tout moment, « perdre son statut, ses règles de vie et même sa propre histoire23 » ; la crise est toujours à l'affût de ce qui paraît comme un mode de vie normal et immuable.

Traitant le cas particulier de l'homme qui rentre au pays (The homecomer24), Schütz montre que tout départ inocule à l'être une étrangéité irrémédiable et définitive25. Une fois que l'on a mis les pieds dans le territoire inconnu de l'entre-deux, on ne peut plus en sortir ; une fois étranger, étranger pour toujours. Quand l'émigré, animé par la nostalgie de la terre natale, revient au foyer, il découvre avec étonnement que l'image qu'il a gardée de son pays d'origine, de ses concitoyens et de sa famille n'est plus valable, « il n'est plus le même, ni pour lui, ni pour ceux qui ont attendu son retour26 ». Ayant goûté à l'étrangeté, celui qui revient au pays découvre que sa patrie natale et lui-même ne sont plus ce qu'ils étaient, car « toute séparation dissimule autrui sous un étrange déguisement difficile à ôter27. » Une bifurcation a eu lieu, éloignant de plus en plus la représentation mentale figée de l'original mouvant. De retour chez lui, le voyageur « se croit tombé dans une étrange contrée, étranger parmi les étrangers28. » L'émigré a fait son bout de chemin, mais, entre-temps, ceux qu'il a laissés derrière lui ont, de leur côté, évolué dans une autre direction. La communauté originelle de l'espace et du temps qui fonde la familiarité et le sentiment d'appartenance au groupe est brisée. En conséquence, la connaissance intime que l'étranger avait de son pays natal, de ses repères et de ses usages s'est estompée ; son monde natal et sa culture d'origine ne lui sont plus accessibles immédiatement. Du côté de ceux qui sont restés aussi, l'absent s'est altéré, il est devenu un étranger, méconnaissable : « c'est le propre de l'étranger, affirme Waldenfels, de ne pas être synchronisé avec le propre, ou alors de ne l'être que de façon très insuffisante29. »

L'étranger peut néanmoins, à force de cohabitation, acquérir une certaine familiarité avec le modèle culturel de la société d'accueil (la langue, les usages, les mœurs, etc.) et, quoique la connaissance parfaite et intuitive des natifs reste définitivement inaccessible à l'étranger, rien ne l'empêche d'adopter ce nouveau modèle « comme schéma de son expression personnelle30. » S'il est vrai que l'émigré ou l'immigré (qui ne sont que les deux visages d'un même phénomène) est condamné à rester dans une zone grise et liminale, toujours séparé du domaine propre par un seuil et par un écart irréductible, il n'empêche que la position inconfortable de l'entre-deux peut cesser d'être un hiatus qui sépare pour devenir un instrument de médiation, une interlocution ou un entrecroisement qui facilitent la rencontre de l'autre et sa compréhension31, surtout si l'on considère que l'étranger incarne, par définition, « une appartenance dans la non-appartenance […] une proximité du lointain32», celui qui, tirant avantage de son retrait et de la distance inhérente à son étrangeté, permet de définir le propre sans pour autant se laisser assimiler par lui.

Tout le problème du rapport avec l'étranger au sein de la sphère du propre, c'est-à-dire aussi de l'interculturel, réside dans l'attitude que le groupe décide d'observer vis-à-vis de cette présence/absence (présence de l'immigré, du réfugié / absence de l'émigré, de l'exilé), de cette ambivalence spatiale qui se traduit par une duplicité de l'être même de l'étranger qui inspire tour à tour ou simultanément une sourde inquiétude et une réelle admiration. L'étranger est à la fois une figure menaçante qui risque de noyer le propre sous son étrangeté, et une figure attrayante et enrichissante qui ouvre de nouvelles perspectives dont la possibilité même resterait autrement insoupçonnée.

Dès lors, soutient Maalouf dans Les Identités meurtrières, il ne s'agit pas seulement de tolérer l'étranger, de l'accepter avec méfiance, mais plutôt de le considérer, eu égard à sa dignité d'être humain, comme un membre de la société qui l'accueille sans pour autant chercher à l'assimiler, à dissoudre sa singularité dans le propre, d'autant plus que l'étrangeté, comme tout ce qui est exotique, subit un effet d'usure et d'effritement à mesure qu'augmente la sphère du commun, que la culture globale empiète sur les cultures périphériques. Cela impose un double combat pour préserver le bénéfice apporté par l'étrangeté : « combat pour l'universalité, lutte contre l'uniformisation bêtifiante33 ». Waldenfels évoque, dans ce même sens, le piège du « logos unique », ou le logocentrisme qui dépasse la différence et qui constitue, selon lui, la forme la plus dangereuse de l'ethnocentrisme, car se dissimulant derrière un tout, il muselle l'adversaire34. S'inspirant du concept d'intersubjectivité de Husserl, Waldenfels affirme la nécessité de l'existence de l'entre-deux qui est le domaine de l'étranger et qui ne doit être réductible ni à « une multiplicité de cultures propres, ni même à notre propre culture, ni orienté sur une culture totale et englobante.35» Dans la même perspective, Michel de Certeau évoque deux sortes de dialogue truqué avec l'étranger, le premier consiste à s'aliéner, à mimer l'autre, à donner l'impression d'être lui, le deuxième, à l'inverse, consiste à donner l'impression à l'étranger d'être à son écoute, à faire comme s'il existait, jetant ainsi sur lui « le voile faussement généreux d'une ‘compréhension' récupératrice36 », pour reprendre ensuite « le fil de notre monologue comme si rien ne s'était passé.37 »

Réfléchir sur l'étranger et sur la migration, c'est aussi réfléchir sur une expérience traumatisante mais irrépressible qui force des hommes, comme le héros d'Eldorado de Laurent Gaudé, à s'arracher la peau pour quitter le pays, à brûler leur carte d'identité, à abandonner une partie de leur être et de leur histoire derrière eux, pour franchir des frontières qui blessent toujours.

Ce sont-là quelques entrées non exclusives et quelques pistes qui peuvent inspirer des approches multiples et pluridisciplinaires des œuvres littéraires et artistiques où la thématique de l'étranger et de la migration occupe une place centrale.

Nous attendons des articles inédits qui posent cette problématique de manière originale. Les articles ne doivent pas excéder 10 pages (ou 8000 mots). Il serait intéressant d'envoyer avant un résumé du projet de votre article

Email : marocagreg@gmail.com

Dernier délai : 20 Mars 2019

Bibliographie sélective :

  • Tahar BEN JELLOUN, La Plus haute des solitudes, Seuil, 1977.

  • Michel de CERTEAU, L'Étranger ou l'union dans la différence, seuil, 2005.

  • Julia KRISTEVA, Étrangers à nous-mêmes, Fayard, 1988.

  • Amin MAALOUF, Les Identités meurtrières, éd. Grasset et Fasquelle, LGF, 1998.

  • Abdelmalek SAYAD, La Double absence, des illusions de l'émigré aux souffrances de l'immigré, (préface de Bourdieu), Seuil, 1999.

  • Alfred SCHÜTZ, L'Étranger, éditions Allia, Paris, (traduit de l'anglais par Bruce Bégout), 2003, 2017.

  • Emmanuel TODD, Le Destin des immigrés, Seuil, 1994.

  • Tzvetan TODOROV, L'Homme dépaysé, Seuil, 1996.

  • Bernhard Waldenfelds, Topographie de l'étranger, étude pour une phénoménologie de l'étranger.1, (traduction française), Van Dieren éditeur, coll. Par ailleurs Riponne, Paris, 2009.

1Alfred SCHÜTZ, L'Étranger, éditions Allia, Paris, (traduit de l'anglais par Bruce Bégout), 2003, 2017, p.56. L'article original « The Stranger, An Essay in social Psychology » a été publié la première fois en 1944 dans l'American Journal of Sociology, n°49, pp.499-507.

2Abdelmalek SAYAD, La Double absence, des illusions de l'émigré aux souffrances de l'immigré , (préface de Bourdieu), Seuil, 1999, p.165.

3Laurent GAUDé, Eldorado, Actes Sud, coll. j'ai lu, 2006, p.44.

4Amin MAALOUF, Les Identités meurtrières, éd. Grasset et Fasquelle, LGF, 1998, p.11.

5Ibidem.

6 Bernhard Waldenfelds, Topographie de l'étranger, étude pour une phénoménologie de l'étranger.1, (traduction française), Van Dieren éditeur, coll. Par ailleurs Riponne, Paris, 2009, p.17.

7Ibid, p.35.

8Michel de CERTEAU, L'Étranger ou l'union dans la différence, seuil, 2005, p.7.

9Ibid, p.16.

10Ibid, p.144.

11Amin MAALOUF, Les Identités meurtrières, op. cit, p.37.

12Kristeva définit justement l'étranger comme une cicatrice, une frontière entre ce qui est et ce qui n'est plus : « « Entre l'homme et le citoyen, une cicatrice : l'étranger. », Étrangers à nous-mêmes, Fayard, 1988, p.142.

13Julia KRISTEVA, Étrangers à nous-mêmes, Fayard, 1988, p.9.

14Jus solis, (droit du sol) attribue à l'enfant la nationalité de son lieu de naissance et jus sanguinis (droit du sang) lui garantit la nationalité de ses parents (filiation).

15Ibid, p.139.

16Ibid, p.21.

17Pierre BOURDIEU, préface de La Double absence, des illusions de l'émigré aux souffrances de l'immigré de Abdelmelek SAYAD, op.,cit., p.13.

18Ibid, p.39.

19Alfred SCHÜTZ, L'Étranger, op.cit., p.19.

20Ibid, p.37.

21Ibid, 42.

22Reproche qui peut donner lieu, dans les cas extrêmes, à ce que Bernhard Waldenfelds appelle Horror alieni, une hostilité envers l'étranger qui refuse de se laisser assimiler. in Topographie de l'étranger, op.cit., p.9.

23Ibid, p.36.

24C'est le titre original du deuxième article qui compose L'étranger et qui a été publié la première fois dans American Journal of Sociology, n°50, (1945), pp.363-376.

25« l'étrangeté, écrit Waldenfels, est [...] une blessure qui ne cicatrise jamais complètement. », in Topographie de l'étranger, op.cit., p.54.

26Alfred SCHÜTZ, L'Étranger, op.cit., p.64.

27Ibid, p.57.

28Ibid, p.42.

29Bernhard Waldenfelds, Topographie de l'étranger, étude pour une phénoménologie de l'étranger.1, op.,cit., p.15.

30Alfred SCHÜTZ, L'Étranger, op.cit., p.27.

31Cette idée est empruntée par Waldenfels à Gadamer, cf,Topographie de l'étranger, op.,cit., p.27.

32Bernhard Waldenfelds, Topographie de l'étranger, étude pour une phénoménologie de l'étranger.1, op.,cit., p.15.

33Amin MAALOUF, Les Identités meurtrières, op. cit, p.125.

34Bernhard Waldenfelds, Topographie de l'étranger, étude pour une phénoménologie de l'étranger.1, op.,cit., voir pp.106-109

35Idem, p.131

36Michel de CERTEAU, L'Étranger ou l'union dans la différence, op.cit., p.17.

37Ibid, p.142.





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