royaume du maroc

ministère de l'education nationale,

de l'enseignement supérieur, de la formation

des cadres et de la recherche scientifique

ecole normale supérieure

département du français

tétouan



section de la formation des enseignants du cycle secondaire qualifiant

mémoire de fin de formation

spécialité: langue française

l'exploitation pédagogique

du barbier de séville

de beaumarchais

préparé par: encadré par:

barnakchi atika n° 11 m. brahim aÏt brahim

amaayach siham n° 7

année de formation: 2008/2009

remerciements

nous tenons à remercier notre professeur m. brahim aÏt brahim pour le soutien considérable, les conseils précieux et pertinents donnés durant la phase de préparation de ce modeste travail.

a lui et à toutes les instances pédagogiques, nous ne cesserons de «réciter» le chant de la reconnaissance.

dédicace

a lala zouhra guechchani

a nos chers parents

a nos professeurs

a nos amis

nous dédions ce modeste travail.

sommaire

introduction…………………………………………………………………….6

première partie: le cadre historique et littéraire du barbier de sévillede beaumarchais……………………………..……………………7

la biographie de beaumarchais……………………………………………………….8

le xviiie siècle………………………………....……………………………………8

le contexte politique……………………………………………………….....8

le contexte culturel…………………………………………………………....9

un esprit de contestation…………………………………………....9

le renouveau des genres……………………………………………10

-le renouvellement du roman………………………………………10

-l'autobiographie……………………………………………...........10

-le renouvellement du théâtre………………………………………10

définition de la comédie……………………………………………………………10

résumé de la pièce………………………………………………………………….11

les caractéristiques de la pièce……………………………………………………...11

la structure de la pièce…………………………………………………………….12

les cadres dramaturgiques………………………………….….12

l'espace…………………………………………...………………………………12

le temps...…………………………………………………………………………12

les personnages……………………………………………………...…………...12

figaro………………………………………………………………13

le comte almaviva………………………………………………...13

bartholo…………………………………………………………….13

rosine……………………………………………………………...13

bazile………………………………………………………………14

deuxième partie: l'acte de lire et les applications des stratégies de lecture………………………………….…………………………………..…15

l'acte de lire………………………………………..……………………….16

lecture méthodique.…………………………………………………………………..17

groupement de textes ……………………………………………...………………....17

lecture analytique……………………………………………………………………..18

lecture linéaire ……...………………...………………………………………...........18

lecture sélective……………………………………………………………………….18

application des stratégies de lecture sur le barbier de séville de beaumarchais………………………………………………………………...19

première séance: lecture méthodique….. ……………………………………………..20

deuxième séance: groupement de textes………………………………………………28

troisième séance: lecture analytique…………………………………………………..38

quatrième séance: lecture linéaire……...……………………………………………..44

cinquième séance: lecture sélective…………………………………………………....48

sixième séance: lecture méthodique……………………………………………………53

conclusion……………………………………………………………..…..….58

résumé du mémoire………………………………………………..…………...60

les mots-clés du mémoire…………………………………………...………….61

bibliographie…………………………………………….………….………….63

webographie…………………………………………………..………………..63

introduction:

le ministère de l'education nationale a doté l'enseignement du français dans le cycle secondaire qualifiant d'une importante marge de liberté et de créativité.

dans cette perspective, l'enseignant est capable d'opérer des choix et d'innover dans le cadre des projets pédagogiques. ces projets sont réalisés dans des séquences didactiques et des séances. toutes les activités acquiescent à la loi du décloisonnement qui à la fois encourage l'implication et l'autonomie des apprenants.

afin de réussir un projet, il est primordial de clarifier les objectifs à atteindre et de les rendre concrets sous forme de tâches à réaliser.

dans cette optique, la nouveauté prônée par les textes officiels se manifeste dans l'assouplissement des horaires impartis aux diverses activités. chaque projet donne la priorité à une activité précise. le notre privilégiera l'activité de lecture axée sur différentes compétences et capacités.

en vue de concrétiser ce que nous venons de dire, nous élaborerons un projet pédagogique centré sur le barbier de séville de beaumarchais. cette pièce de théâtre sera destinée aux apprenants du tronc commun. notre exploitation pédagogique se présentera comme suit:

dans un premier lieu, nous commencerons par le cadre historique et littéraire du barbier de séville de beaumarchais où nous évoquerons la biographie du dramaturge, le siècle des lumières et les caractéristiques de la pièce.

dans un second lieu, nous appréhenderons l'acte de lire et les applications des stratégies de lecture. dans cette phase nous présenterons notre exploitation pédagogique consacrée entièrement à l'activité de lecture. elle comporte les objectifs, les extraits, la durée de chaque séance, les stratégies adoptées, les compétences et les capacités. ces éléments vont figurer dans nos fiches pédagogiques.

première partie

le cadre historique et littéraire du barbier de séville de beaumarchais


la biographie de beaumarchais: (1732-1799)

né à paris, pierre augustin caron de beaumarchais est issu d'un milieu modeste. cet ambitieux connaît une ascension sociale fulgurante. horloger du roi, il épouse une riche veuve de la cours et enseigne la harpe aux filles de louisxv. anobli en 1761, il devient le seigneur de beaumarchais.

malgré sa vie agitée, beaumarchais réussit sa carrière d'homme d'affaires ainsi bien que celle d'homme de lettres.

après quelques courtes pièces populaires appelées «parades» et plusieurs drames totalement inaperçus, beaumarchais crée le barbier de séville ou la précaution inutile. suite à une première version réussite en 1773, il remanie sa pièce et triomphe en une semaine. fort de ce succès, le dramaturgeprépare le mariage de figaro ou la folle journée. cette dernière est aussitôt interdite par le roi puis jouée à la comédie-française en 1784. elle remporte un succès sans précédent, y compris à la cour. furieux, louisxvi emprisonne beaumarchais puis le libère sous la pression de l'opinion publique.

le xviiie siècle: siècle des lumières

le xviiie siècleou le siècle des lumières est une époque de remise en question sur tous les niveaux: politique, économique, religieux et social. que le lecteur se plonge dans le roman, dans le théâtre ou dans la poésie, il se voit confronté à un véritable chamboulement de la société. en effet, les penseurs de l'époque (rousseau, voltaire, diderot ou montesquieu…) donnent lieu à plusieurs interrogations sur la justice, la monarchie absolue et le mode de vie occidental. une oeuvre comme l'encyclopédie est un vrai répertoire qui met l'accent sur les préoccupations des philosophes contemporains.

contexte politique:

au «despotisme noir» de louis xiv décédé en 1715, succède le «despotisme éclairé» de deux bourbons: louis xv et louis xvi.

le règne de louis xv (1715-1774) se caractérise par une sorte de détente favorisant l'ouverture sur l'étranger (surtout sur l'angleterre). cependant mal conseillé, le roi surnommé le «bien-aimé» se discrédite peu à peu auprès des parlements qui contestent de plus en plus les décisions royales. a sa mort, le royaume se trouve affaibli.

louis xvi (1774-1792) s'entoure de conseillers compétents, et tente de résoudre la crise du régime. mais il échoue à imposer les réformes nécessaires pour rétablir les finances du pays, ce qui débouche sur sa décapitation.

la révolution françaiseéclate en mai 1789 et dure 10 ans (jusqu'à 1799). elle bouleverse profondément l'histoire de france et renverse la monarchie pour mettre en place la première république en france. la révolution exporte aussi ses principes d'égalité et de démocratie dans le reste de l'europe.

contexte culturel:

un esprit de contestation:

dès la fin du règne du roi soleil, émergent les vagues de contestation qui s'attaquent à toutes les institutions, prolongeant ainsi un débat ouvert à la fin du siècle moribond. en l'occurrence, la fameuse querelle entre les anciens et les modernes. ce grand débat oppose lesmodernes qui prônent une indépendance dans l'invention et les anciens qui revendiquent une stricte imitation de l'antiquité. l'ampleur de la querelle souligne un changement important dans les mentalités. ce qui marque l'existence d'une contestation sous-jacente. laquelle contestation est encouragée par le contexte de libéralisation qu'offre le libertinage d'une société à peine libérée de l'absolutisme classique. c'est ce que reflètent les oeuvres de l'époque: celles de l'abbé prévost, de marivaux ou de montesquieu.

l'eurocentrisme n'est donc plus de mise. on commence à découvrir d'autres univers comme l'orient (zadig; candide de voltaire). l'esprit relativiste et cosmopolite s'impose alors.

tous ces éléments transforment la littérature en une machine de guerre contre toutes les formes de l'inégalité: esclavage, privilèges ou emprisonnement…c'est aux contes, aux dictionnaires, aux pamphlets et aux romans épistolaires de se renouveler pour mettre en cause l'ensemble de ces injustices.

le renouveau des genres:

l'évolution des mentalités et du goût entraîne le renouveau de genres littéraires qui correspondent mieux à la sensibilité du temps et à la classe sociale naissante: la bourgeoisie. dans cette perspective roman, poésie et théâtre sont les miroirs d'une société où le pragmatisme coexiste avec l'utopie et le rêve.

le renouvellement du roman:

malgré le discrédit dans lequel tombait encore le roman, le xviiie siècle lui assigne la peinture réaliste de la société. cette peinture se manifeste dans les aventures des «picards» héros des romans picaresques issus de la littérature espagnole. ces romans présentent la formation d'un jeune héros inexpérimenté mais qui peut faire une ascension sociale grâce à ses qualités de débrouillard et de malin. (gil blas de satillane de lesage et le paysan parvenude marivaux).

l'autobiographie:

outre l'aspect matériel de la société, le xviiie siècle privilégie l'analyse des sentiments. cet élan sensible est perceptible dans les confessions de jean jacques rousseau source d'inspiration pour les romantiques du xixe siècle.

le renouvellement du théâtre:

le théâtre est un genre qui connaît un grand succès même si les conditions des lecteurs sont encore précaires. la tragédie n'est plus guère à la mode, hormis certains succès remportés par voltaire. c'est la comédie qui plaît, bientôt doublé par le drame bourgeois. marivaux et beaumarchais sont parmi les précurseurs de ce genre.

définition de la comédie

en prenant ses distances avec la tradition aristotélicienne très présente au xviiie siècle dont les aspirations sont tournées vers l'imitation de la nature et la recherche de la vraisemblance, beaumarchais préfigure un peu cette dramaturgie de la distanciation que prônera brecht.

la comédie de beaumarchais inscrit dans un genre. elle possède des scénarios-types comme les reconnaissances, les mariages contrariés ou les déguisements générateurs de quiproquos. les personnages sont des couples convenus: maîtres et domestiques, jeunes amants et barbons grincheux…

dans cette optique, les lumières privilégient le mouvement et promeuvent la comédie de situation. marivaux donne à voir les complexités psychologiques et la difficulté à distinguer le naturel de l'artifice. beaumarchais conçoit ses comédies comme un mécanisme dynamique. il adapte la comédie aux moeurs d'un siècle en constante évolution. a travers figaro, beaumarchais conteste l'ordre social qui ne reconnaît pas le talent et ne le rétribue pas à son juste mérite. il remet en question les caractères constitués une fois pour toutes.

le dramaturge fonde son esthétique théâtrale sur le principe de la «disconvenance» sociale, c'est-à-dire l'absence de rapport logique entre la personnalité supposée d'un individu et sa façon de réagir à une situation inadaptée à son état. ainsi bartholo le jaloux agit contre ses intérêts en confiant son trousseau de clefs à son barbier. enfin, beaumarchais critique par l'exemple une foule de vices et d'abus.

résumé de la pièce

le barbier de séville met en scène cinq personnages dont les intérêts varient.

le comte almaviva et figaro forment une alliance pour atteindre un objectif: libérer la jeune et belle rosine. laquelle rosine est victime de bartholo, un barbon jaloux rusé et amoureux de sa pupille.

en même temps la jeune rosine est éprise du comte qui se déguise sous différents masques pour conquérir le coeur de la belle. ses travestissements prennent la forme tantôt d'un soldat ivre tantôt d'un élève de bazile, maître de musique, doublement corruptible. la pièce s'achève par un dénouement heureux: le mariage de rosine avec le comte almaviva.

les caractéristiques de la pièce

ecrire au temps de beaumarchais c'est remettre en question les fondements antiques de la pensée au milieu des structures immobiles d'un monde très vieux.

en effet, il appartient aux lumières de tirer toutes les conséquences de l'idée que dans l'humanité le donné naturel n'est pas le groupe mais l'individu que glorifie le destin d'un figaro. nul ne croit plus dépendre de la société par une attache nouée à jamais dès la naissance: le privilège perd toute légitimité.

grand d'espagne ou barbier tout homme en vaut un autre. tel est le message impérissable du siècle de voltaire. beaumarchais s'en souvient au théâtre.

l'essor des lettres a permis au théâtre, caisse de résonance des aspirations et des combats du siècle, de devenir le miroir d'une société affamée de bonheur.

la structure de la pièce

dans le barbier de séville, la structure actantielle est des plus simples:

une seule «quête» celle d'almaviva.

un seul objet pour sa quête: épouser rosine.

un seul adjuvant: figaro.

un seul obstacle: bartolo.

a cela s'ajoute un instrument de facilité propre à la dramaturgie de beaumarchais, un personnage double qui est susceptible de changer de volonté à tout instant: bazile personnage éminemment corruptible.

la pièce est aussi riche en péripéties comme il sied dans une excellente comédie d'intrigue. chaque «mais» indique une péripétie. ceci est repérable tout au long de la pièce.

les cadres dramaturgiques:

l'espace

l'unité de lieu est rompue puisque il y a deux lieux successifs: la rue, devant la maison de bartholo puis l'intérieur de bartholo.

ce cadre n'est ni «princier» ni «antique». s'opposant au palais de la tragédie, il est censé être bourgeois contemporain: réaliste et comique.

un autre élément commun unifie visuellement les deux lieux: la jalousie. par son nom comme par ses deux positions possibles«ouverte»,«fermée» elle est hautement symbolique des sentiments en jeu (amour, jalousie, ruse, méfiance) et de l'action elle-même (un enlèvement projeté).

le temps

l'unité de temps est respectée: l'action commence tôt le matin par une aubade à rosine. elle s'achève dans la soirée de la même journée, à la nuit tombée et aux flambeaux.

beaumarchais aspire à faire du théâtre un spectacle total: le temps devient partie intégrante du spectacle. l'action consiste en une course de vitesse entre les adversaires.

les personnages

almaviva, figaro et bartholo crées par le même dramaturge ont des points communs troublants.

tous trois excellent à feindre et à jouer la comédie. ils appartiennent à une gent de porteurs de robe: bartholo est médecin, figaro a été vétérinaire et déguise le comte en vétérinaire. ces personnages sont donc un peu médecins, chacun à sa façon .le trio incarne le génie de la comédie: le déguisement.

figaro

figaro personnage «éponyme» donne à la pièce son titre à travers son état de barbier. ce valet est donc aussi important qu'almaviva.

figaro est une création originale de beaumarchais qui se compose des traits empruntés:

a la tradition des valets fourbes de la comédie italienne.

aux personnages du roman picaresque, picaro, doté d'un passé tumultueux. il erre en espagne, vivant d'expédients et exerce milles métiers dont celui de barbier guitariste.

l'originalité de ce valet de comédie est précisément de n'être plus valet!

le domestique est devenu un homme libre qui peut se faire librement le complice du comte et agir avec lui sur un pied d'égalité.

le comte almaviva

dans l'univers de la comédie d'intrigue, le comte est original par le fait qu'il est noble et même grand d'espagne. de sa condition, almaviva tient son air grand seigneur, son élégance, sa désinvolture et son autorité.

cet amant de comédie possède une seconde originalité. il veut être aimé pour lui-même et non pour ses titres ou sa fortune. il adopte la principale revendication de la philosophie des lumières.

bartholo

bartholo est le barbon de la comédie italienne. il est jaloux, despotique et rétrograde. a la différence de tous ses frères, bartholo est intelligent, rusé, d'une lucidité étonnante.

du point de vue dramaturgique, il est un obstacle particulièrement résistant. c'est ainsi que beaumarchais s'ingénie à rendre le personnage l'artisan de son propre malheur.

rosine

son esclavage l'excuse mais rosine ment à son tuteur du début à la fin de la pièce et le trompe toutes les fois que l'éternelle défiance du barbon le permet.

elle est la digne héritière des isabelle de la comédie italienne, douées pour l'intrigue. rosine préfigure au féminin le déluré et charmant chérubin du mariage de figaro.

bazile

en digne fils de tartuffe, cet hypocrite est un personnage de drame plus que de comédie. vénal et corruptible, il est le type du traître.

bazile est un personnage double, c'est-à-dire susceptible de changer à tout instant sa volonté pour la volonté contraire. c'est pour cette raison que beaumarchais accommode son traître à l'univers de la comédie. de plus, le dramaturge le réduit à une simple caricature bouffonne(ah! ah!) semble la réplique favorite de cet éternel étonné, toujours étranger à la situation.

deuxième partie

l'acte de lire et les applications des stratégies de lecture

depuis toujours l'école s'est trouvée confrontée à un problème de lecture. en effet, lire pour la plupart des élèves consiste à dégager le sens du texte ou à traduire quand il s'agit d'une langue étrangère. or, l'acte de lire n'est pas un déchiffrement gratuit, c'est une prise d'indices et une anticipation en fonction du sens et du contexte. pour remédier à ce problème, les recherches en didactique de la lecture ont essayé de développer des approches et des stratégies relatives à cette activité.

pour ce faire, on va essayer dans un premier lieu de définir l'acte de lire. dans un second lieu on va citer les stratégies de la lecture au cycle secondaire qualifiant selon les orientations pédagogique générales de 2006.

l'acte de lire

l'acte de lire est conçu comme un décodage d'un message écrit et comme une reprise d'indices auxquels on assigne un sens. il est donc une attribution volontaire d'une signification à l'écrit.

lire est un acte pragmatique(quand lire c'est faire). la lecture exerce un pouvoir considérable sur les hommes. le texte peut nous faire rire, pleurer ou s'indigner…

selon la théorie de la réception, le texte est un potentiel d'actions qui est actualisé au cours du processus de la lecture. cette théorie rejette la conception ancienne qui met en relation le texte/auteur et favorise une autre relation: le texte/lecteur.

en somme, le texte est le produit d'une activité de lecture. il a un aspect virtuel mais il peut s'actualiser par la lecture. dans cette optique, les orientations pédagogiques pour l'enseignement du français au cycle secondaire qualifiant de l'année 2006 ont privilégié l'activité de lecture, «pratique qui devra permettre d'appréhender une entité littéraire sous ses multiples facettes». cette activité est mise en oeuvre via un ensemble de stratégies qui vont servir à la découverte et à l'analyse de l'oeuvre objet de notre étude.

1. la lecture méthodique:

d'emblée, il est important de se poser la question suivante: qu'est-ce qu'une lecture méthodique?

' c'est une lecture réfléchie qui permet aux élèves d'élucider, de confirmer ou de corriger leurs premières réactions de lecteurs'.1

la lecture méthodique marie observation et interprétation. ceci correspond à l'objectif de l'approche par les compétences qui vise la participation de l'élève à la construction du sens.

construction du sens  Éléments puisés dans le texte  une méthode claire aux démarches identifiables.

la lecture méthodique s'articule autour de quatre étapes:

identification du texte

formulation des hypothèses de lecture

définition des axes de lecture qui guideront l'analyse du texte (vérification des hypothèses)

synthèse de lecture (bilan de l'étude)

2. le groupement de textes:

cet exercice s'appuie sur la confrontation de textes appartenant au même genre ou à des genres apparentés pour la mise en évidence des significations. les élèves seront invités à voir plusieurs modèles et selon le groupement choisi, une compétence naîtra pour dégager le sens adéquat.

c'est ainsi que le groupement de textes participe à l'élargissement de l'horizon culturel des élèves et les pousse à être sensibles à tout ce qui touche la diversité linguistique et francophone.

les étapes du groupement sont:

mise en situation des passages.

axes de lecture.

synthèse.

3. la lecture analytique:

la lecture analytique est une étude faite sur un texte en vue de discerner ses différentes parties. elle prône l'analyse des techniques d'écriture (les indices lexicaux, stylistiques et syntaxiques) pour dégager le sens.

lecture analytique  etudier des techniques d'écriture  dégager le sens.

la lecture analytique suit les mêmes étapes de la lecture méthodique (sauf que la première s'identifie par une étape d'analyse où sera question d'une étude détaillée des techniques d'écriture).

identification du texte

analyse du texte (identification des axes de lecture).

elaborer une synthèse.


la lecture linéaire:

cette stratégie privilégie une analyse linéaire du texte. ses étapes sont les suivantes:

identification du texte.

situation du texte.

compréhension globale.

synthèse.

la lecture sélective:

cette lecture permet à l'apprenant de dégager des informations propres à son projet de lecture:

questions de compréhension.

demander aux apprenants de prendre des notes en repérant et en sélectionnant les idées essentielles.

analyser ces idées essentielles.

donner une synthèse.

application des stratégies de lecture sur le barbier de séville de beaumarchais

dans le cadre de l'étude intégrale de la comédie de beaumarchais intitulée le barbier de séville, le projet pédagogique que nous proposons sera axé essentiellement sur l'activité de lecture pour familiariser les apprenants avec le théâtre en tant que forme d'expression multiple et en tant que genre littéraire.

pour mener à bien ce projet, nous avons fixé comme objectifs:

général: initiation à la lecture du discours théâtral avec ses principales composantes.

spécifiques:

doter les élèves de moyens techniques et culturels nécessaires à l'étude autonome d'une comédie.

reconnaître les différentes phases et composantes de la progression dramatique.

identifier les différents registres utilisés.

etudier la psychologie des personnages et leurs motivations.

dans cette perspective, nous avons conçu la progression suivante:

lecture méthodique

lecture analytique

lecture sélective

groupement de texte

-l'incipit: acte i, scènes 1-2

-l'excipit: acte iv, scène 8

acte ii, scène 12

acte iii, scène 8

-acte i, scène 6, le barbier de séville, beaumarchais

-acte iii, scène 1, le jeu de l'amour et du hasard, marivaux

première séance

fiche n° 1

module: le barbier de séville de beaumarchais

semestre: 1

durée: 2heures

niveau: tronc commun

activité: lecture

stratégie: lecture méthodique

support: «acte i, scène 1-2»: la scène d'exposition du barbier de séville de

beaumarchais.

moyens didactiques à utiliser: la pièce, le tableau, les cahiers des élèves.

compétencevisée: etre capable d'étudier une pièce de théâtre (une comédie)

capacités visées: -déterminer la fonction d'une scène d'exposition.

-reconnaître les caractéristiques de la scène d'exposition.

déroulement de la séance

lecture magistrale

i. identification

questions:

d'où sont extraites ces deux scènes? quel acte? quelle oeuvre? quel genre? elles sont extraites des scènes 1 et 2 de l'acte i du barbier de séville. c'est une pièce de théâtre.

qui est l'auteur? qu'appelle-t-on l'auteur d'une pièce de théâtre? beaumarchais. on l'appelle un dramaturge.

a quel sous-genre appartient cette pièce de théâtre? elle appartient à la comédie. c'est quoi une comédie? c'est un genre dramatique qui a un dénouement heureux.

par conséquent, quel registre y prédomine? le registre comique.

qui parle dans ces scènes? le comte almaviva déguisé et figaro, son ancien valet de chambre

les personnages parlent-ils à eux-mêmes ou s'agit-il d'un dialogue? il s'agit de deux monologues (almaviva et figaro) et un dialogue entre les deux.

dans quel lieu sont situées les scènes? en espagne, la rue de séville auprès de la fenêtre de rosine.

quel temps? le temps est indéfini

situation des passages:

le comte almaviva, jeune seigneur espagnol, a quitté madrid et la cour pour suivre à séville une inconnue, la charmante rosine que son tuteur bartholo séquestre chez lui.«enveloppé d'un grand manteau brun, chapeau noir rabattu», il fait les cent pas sous la fenêtre de sa belle lorsqu'il rencontre figaro, son ancien valet à madrid, chantonnant une guitare sur le dos.

ii. hypothèses de lecture

pour encourager les élèves à formuler les hypothèses de lecture, le professeur pose des questions clés pour les guider :

comment appelle-t-on la ou (les) première (s) scène (s) d'une pièce de théâtre? une scène d'exposition.

quels rapports existent-ils entre les personnages? appartiennent-ils à une même souche sociale? il s'agit d'un rapport de maître et de valet. ils appartiennent à des souches sociales différentes.

qu'est-ce qu'un maître? c'est le seigneur. qu'est-ce qu'un valet? c'est l'esclave en quelque sorte.

quel niveau de langue triomphe dans la scène d'exposition? le niveau familier

qui des personnages parle plus? le personnage qui parle le plus est figaro. c'est ce qui justifie le titre de la pièce le barbier de séville.

qu'en déduisez-vous? il y a un écart de la norme. traditionnellement, c'est le maître qui prédomine. il peut s'agir d'une critique sociale.

que sait-on sur l'action? il s'agit des retrouvailles de figaro et son ancien maître: le comte almaviva. ce dernier vient chercher son amante rosine. alors que le valet s'est fait barbier en passant par de nombreuses épreuves.

le déguisement comme procédé comique existe-il? oui parce que le comte almaviva est déguisé.

alors, que peut-on dire sur la nature de ces scènes? elles sont très riches. elles nous permettent de savoir beaucoup de choses sur l'action, sur les personnages et sur la situation spatio-temporelle de l'intrigue.

a partir des éléments que vous avez évoqué, essayez de proposer les idées directrices des passages:

la richesse de la scène d'exposition.

la critique sociale.

le déguisement et le comique.

le professeur renchérit sur les propositions des élèves pour les affiner.

les rôles et la fonction de la scène d'exposition.

la satire politique et sociale.

le registre comique.

iii. axes de lecture

1. les rôles et la fonction de la scène d'exposition

grâce à un travail hors classe, les élèves ont déjà cherché la définition de la scène d'exposition.

définition de la scène d'exposition

une scène d'exposition est une scène fondamentalement essentielle. elle a pour fonction de démêler l'écheveau de l'action. traditionnellement, cette scène constitue la première rencontre entre le lecteur/spectateur et la pièce. son rôle est de l'informer sur les évènements (personnages, action) et de l'introduire dans l'univers spatio-temporel de l'intrigue. bref, la scène d'exposition est une sorte de seuil par lequel il faut absolument passer pour entrer dans l'histoire.

vérifions ensemble si les scènes en question répondent à la 'déontologie' de la scène d'exposition. autrement dit, s'agit-il d'une scène d'exposition traditionnelle ou nouvelle?

pour vérifier la justesse de cette hypothèse, les élèves se poseront des questions sur les scènes. les réponses à ces questions détermineront la nature de la scène d'exposition.

maintenant, déterminez les moyens utilisés par beaumarchais pour informer le lecteur/spectateur sur le lieu, l'espace, l'action et les personnages.

n.b: la rédaction des points à venir se fait collectivement.

pour renseigner le lecteur/spectateur sur l'action, beaumarchais utilise plusieurs 'prétextes'. on cite les monologues du comte almaviva et de figaro, leur rencontre et les didascalies à titre d'exemple.

-les didascalies externes aux scènes: indications scéniques de la part du dramaturge introduisant l'espace réel et virtuel «le théâtre représente une rue de séville, où toutes les croisées sont grillées».

-monologue1 (acte1, scène1): il introduit le premier personnage; le comte almaviva déguisé comme le signalent les didascalies externes«le comte, seul, en grand manteau brun et chapeau rabattu, tire sa montre en se promenant» auprès de la fenêtre de sa future amante. lassé des conquêtes amoureuses intéressées de la cour, ce noble quitte madrid et rejoint séville à la recherche du bonheur. le bonheur pour le comte est d'épouser la jeune rosine qui l'aime d'un amour désintéressé.

-monologue 2 (acte1, scène2): il introduit le deuxième personnage de la pièce: figaro. comme l'indiquent les didascalies externes «figaro, une guitare sur le dos, attaché en bandoulière avec un large ruban; il chantonne gaiement, un papier et un crayon à la main». les couplets en gestation qu'il chantonne présentent un personnage gaillard mais ne cachent pas la dimension tragique d'un artiste refoulé.

«bannissons le chagrin

il nous consume:

sans le feu du bon vin

qui nous rallume,

réduit à languir,

l'homme, sans plaisir,

vivrait comme un sot

et mourrait bientôt»

-la rencontre entre le comte almaviva et figaro (dialogue): une rencontre par hasard qui constitue des retrouvailles de deux personnages puisqu'ils se connaissaient avant. donc il s'agit d'une double rencontre: entre les personnages; et entre lecteur/spectateur et la pièce. par le biais de répliques sous forme de maximes et de tirades, entrecoupées par les questions et les interjections du comte, figaro raconte sa misère artistique et sociale. de madrid à séville, il y a tous les contretemps qui transforment figaro d'un artiste à un barbier navré.

vérification:

informés sur le lieu et l'action (abstraction faite du temps), nous pouvons affirmer qu'il s'agit d'une scène d'exposition traditionnelle.

2. la satire politique et sociale

dans un premier lieu, le professeur définit la satire.

la satire est l'un des procédés comiques les plus utilisés au xviiie siècle. elle caractérise les oeuvres qui raillent les vices et les ridicules de leur temps; à l'instar des comédies de molière qui prennent pour cible les travers de la société classique.

dans le barbier de séville, la satire semble être mimée surtout par figaro. profitant de la longueur de la scène d'exposition, beaumarchais déploie tout son art de critique pour battre en brèche et la politique et la société.

-relisez les répliques de figaro et relevez les éléments de la satire politique.

les éléments de la satire politique se manifestent au fur et à mesure que figaro raconte ses échecs au comte almaviva.

la satire politique:

par le biais d'un petit récit qui porte sur son ancien emploi (garçon apothicaire dans les haras d'andalousie). figaro est congédié à cause de son penchant pour les lettres. le personnage s'en prend à la politique représentée par le ministre: « [.]quand il a su que j'étais imprimé tout vif, il a pris la chose au tragique, et m'a fait ôter mon emploi sous prétexte que l'amour des lettres est incompatible avec l'esprit des affaires»

a la lumière de cette citation se joint une autre d'une acuité poignante:

«je me crus trop heureux d'en être oublié, persuadé qu'un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal»

-résumez la vision de figaro dans quelques phrases.

le ministre est une miniature de l'institution politique qui défavorise les pauvres rien que parce qu'ils sont pauvres.

la satire politique ébauchée s'ajoute à une autre encore plus ardente: la satire sociale.

la satire sociale:

-referez-vous au rapport entre figaro et son maître. qu'est-ce que vous remarquez? il s'agit d'un rapport vertical qui unit figaro au comte. les niveaux de langue utilisésdans les échanges verbaux (entre les protagonistes) l'attestent.

dans un tableau regroupant le comte et figaro, nous allons repérer les différents éléments lexicaux qui signalent le décalage entre les membres de ce duo.

le comte almaviva

figaro

eléments du décalage

-cette tournure grotesque

-je crois que c'est ce coquin de figaro

-maraud! si tu dis un mot…

-[..]je me souviens qu'à mon service tu étais un assez mauvais sujet.

-paresseux, dérangé…

-cet air altier et noble

-c'est lui-même, monseigneur.

-oui, je vous reconnais; voilà les bontés familières dont vous m'avez toujours honoré.

-eh! mon dieu, monseigneur, c'est qu'on veut que le pauvre soit sans défaut.

-aux vertus qu-on exige dans un domestique, votre excellence connaît-elle beaucoup de maîtres dignes d'être des valets?

-tournure/air, grotesque/noble

-ce coquin de figaro /monseigneur

-maraud/les bontés familières, honoré

-mauvais sujet, / monseigneur

-paresseux, dérangé/ votre excellence

-tutoiement/vouvoiement

-qu'est-ce que vous constatez? rédigez un paragraphe homogène qui constitue une synthèse partielle.

on constate que les répliques de figaro sont plus longues et plus détaillées que celles du comte. au registre familier et au tutoiement du comte s'opposent le vouvoiement et le ton ironiquement poli de figaro. la distance est donc de plus en plus grande entre le maître et le valet. une distance connotant l'injustice sociale. dans cette optique, le rapport maître-valet est renversé. c'est au valet de parler, et c'est au maître d'écouter.

3. le registre comique

le professeur définit le registre comique:

le registre comique est l'un des plus véhiculés par les auteurs à travers les époques. il recourt à plusieurs procédés comme l'humour, l'ironie ou la caricature.

dans la scène d'exposition, beaumarchais profite des retrouvailles des personnages et des récits de mésaventures de figaro pour persifler tout un système de valeurs qui préside à la société du xviiie siècle.

-relevez tout ce qui évoque le comique dans les scènes. concentrez-vous sur le lexique.

quelques propos comiques

1-«cet homme ne m'est pas inconnu.

eh non, ce n'est pas un abbé!cet air altier et noble..»

2-«te voilà si gros et gras…

que voulez-vous, monseigneur, c'est la misère»

3-«je vendais souvent aux hommes de bonnes médecines de cheval…»

4-«qui t'a donné une philosophie si gaie?

l'habitude du malheur. je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer».

-le tableau met en lumière plusieurs formes du comique, l'ironie et l'humour entre autres.

relevez les répliques qui coïncident avec ces deux formes de comique.

-les répliques de figaro sont-elles toujours comiques? observez la réplique (4).

que pouvez-vous dire?

les élèves résument leurs réponses dans un paragraphe. cela se fait en concertation avec le professeur.

le comique oscille entre l'humour (1,3) suscité par la drôle de rencontre entre les protagonistes et les mots par lesquels ils se désignent. l'ironie (2) consiste à dire le contraire de ce que pensent les personnages, de manière à briser l'horizon d'attente du lecteur/spectateur. cette situation comique est étayée par le procédé du déguisement que concrétise le comte en entrant à séville. cependant, le comique tourne au tragique (4). le rire est devenu un prétexte pour détourner le tragique de l'existence. figaro est donc une figure emblématique de toute une génération qui rit non pas pour se divertir mais pour échapper au «mal du siècle».

finalement les réactions des élèves, vis-à-vis des textes, donnent lieu à une synthèse générale.

iv. synthèse:

pour récapituler, nous pouvons affirmer que les scènes étudiées répondent vraiment aux critères de base de la scène d'exposition. il faut signaler également que la scène d'exposition annonce les éléments emblématiques de la pièce et entame la critique politique et sociale. et ce, en versant le tout dans un moule comique. l'exercice de l'effet du comique permet aux personnages de communiquer leurs préoccupations. donc, la fonction essentielle d'une scène d'exposition est plus qu'informer, c'est annoncer ce qui va venir.

deuxième séance

fiche n° 2

module: le barbier de séville de beaumarchais

semestre: 1

durée: 2heures

niveau: tronc commun

activité: lecture

stratégie: groupement de textes

support: acte i, scène 6, le barbier de séville, beaumarchais. acte iii, scène 1,

le jeu de l'amour et du hasard, marivaux

moyens didactiques à utiliser: la pièce, le tableau, les cahiers des élèves.

compétencevisée: etre capable de confronter deux textes

capacités visées: -repérer les caractéristiques de chaque texte

-apprendre à analyser

déroulement de la séance

support du groupement

texte 1

le comte: qu'ai-je entendu?demain il épouse rosine en secret?

figaro: monseigneur, la difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre.

le comte: quel est donc ce bazile qui se mêle de son mariage?

figaro: un pauvre hère qui montre la musique à sa pupille, infatué de son art, friponneau, besogneux, à genou devant un écu, et dont il sera facile de venir à bout, monseigneur…(regardant la jalousie.) la v'la, la v'la.

le comte: qui donc?

figaro: derrière sa jalousie, la voilà, la voilà. ne regardez pas, ne regardez donc pas?

le comte: pourquoi?

figaro: ne vous écrit-elle pas: chantez indifféremment?c'est à dire: chantez comme si vous chantiez…seulement pour chanter. oh! la v'la, la v'la.

le comte: puisque j'ai commencé à l'intéresser sans être connu d'elle, ne quittons point le nom de lindor que j'ai pris; mon triomphe en aura plus de charmes. (il déploie le papier que rosine a jeté) mais comment chanter sur cette musique? je ne sais pas faire de vers, moi.

figaro: tout ce qui vous viendra, monseigneur, est excellent: en amour, le coeur n'est pas difficile sur les productions de l'esprit…et prenez ma guitare.

le comte: que veux-tu que j'en fasse? j'en joue si mal!

figaro: est-ce qu'un homme comme vous ignore quelque chose? avec le dos de la main; from, from, from…chanter sans guitare à séville!vous seriez bientôt reconnu, ma foi, bientôt dépisté.

figaro se colle au mur, sous le balcon.

le comte chante en se promenant, et s'accompagnant sur sa guitare.

premier couplet

vous l'ordonnez, je me ferai connaître.

plus inconnu, j'osais vous adorer;

en me nommant, que pourrai-je espérer?

n'importe, il faut obéir à son maître.

figaro, bas. fort bien, parbleu! courage, monseigneur!

deuxième couplet

je suis lindor, ma naissance est commune;

mes voeux sont ceux d'un noble bachelier;

que n'ai-je, hélas!d'un brillant chevalier

a vous offrir le rang et la fortune!

figaro: et comment, diable!je ne ferais pas mieux, moi qui m'en pique.

le comte.

troisième couplet

tous les matins, ici, d'une voix tendre,

je chanterai mon amour sans espoir;

je bornerai mon plaisir à vous voir;

et puissiez-vous en trouver à m'entendre!

figaro. oh ma foi, pour celui –ci!...

il s'approche et baise l'habit de son maître

le comte. figaro!

figaro. excellence!

le comte. crois-tu que l'on m'ait entendu?

rosine, en dedans, chante.

(air du maître en droit)

tout me dit que lindor est charmant,

que je dois l'aimer constamment…

on entend une croisée qui se ferme avec bruit.

figaro. croyez-vous qu'on vous ait entendu, cette fois?

le comte. elle a fermé sa fenêtre; quelqu'un apparemment est entré chez elle.

figaro. ah! la pauvre petite! comme elle trouble en chantant! elle est prise, monseigneur.

le comte. elle se sert du moyen qu'elle a même indiqué. tout me dit que lindor est charmant. que de grâces! que d'esprit!

figaro. que de ruse! que d'amour!

le comte. crois-tu qu'elle se donne à moi, figaro?

figaro. elle passe à travers cette jalousie que d'y manquer.

le comte. c'en est fait, je suis à ma rosine…pour la vie.

figaro. vous oubliez, monseigneur, qu'elle ne vous entend plus.

le comte. monsieur figaro!je n'ai qu'un mot à vous dire: elle sera ma femme; et si vous vous servez bien mon projet en lui cachant mon nom…tu m'entends, tu me connais....

figaro. je me rends. allons, figaro, vole à la fortune, mon fils.

le comte. retirons-nous, crainte de nous rendre suspects.

figaro, vivement. moi, j'entre ici, où, par la force de mon art, je vais, d'un seul coup de baguette, endormir la vigilance, éveiller l'amour, égarer la jalousie, fourvoyer l'intrigue, et renverser tous les obstacles. vous, monseigneur, chez moi, l'habit de soldat, le billet de logement, et de l'or dans vos poches.

le comte. pour qui. de l'or?

figaro, vivement. de l'or, mon dieu, de l'or: c'est le nerf de l'intrigue.

le comte. ne te fâche pas, figaro, j'en prendrai beaucoup.

figaro. s'en allant. je vous rejoins dans peu.

le comte. figaro?

figaro. qu'est-ce que c'est?

le comte. et ta guitare?

figaro revient. j'oublie ma guitare, moi!je suis donc fou!

il s'en va

le comte. et ta demeure, étourdi?

figaro revient. ah! réellement, je suis frappé!-ma boutique à quatre pas d'ici, peinte en bleu, vitrage en plomb, trois palettes en l'air, l'oeil dans la main: consulio manuque, figaro.

il s'en fuit.

actei, scène 6, le barbier de séville, beaumarchais

texte 2

arlequin. hélas! monsieur, mon très honoré maître, je vous en conjure…

dorante. encore!

arlequin. ayez compassion de ma bonne aventure; ne portez point guignon à mon bonheur qui va son train rondement; ne lui fermez point le passage.

dorante. allons donc, misérable!je crois que tu te moques de moi; tu mériterais cent coups de bâton.

arlequin. je ne les refuse point, si je les mérite, mais quand je les aurai reçu, permettez-moi d'en mériter d'autres. voulez-vous que j'aille chercher le bâton?

dorante. maraud!

arlequin. maraud, soit; cela n'est point contraire à faire fortune.

dorante. ce coquin!quelle imagination lui prend!

arlequin. ce coquin est encore bon; il me convient aussi; un maraud n'est point déshonoré d'être appelé coquin; mais un coquin peut faire un bon mariage.

dorante. comment, insolent!tu veux que je laisse un honnête homme dans l'erreur et que je souffre que tu épouses sa fille sous mon nom?écoute; si tu me parles encore de cette impertinence-là, dès que j'aurai averti m. orgon de ce que tu es, je te chasse; entends-tu?

arlequin. accommodons-nous; cette demoiselle m'adore, elle m'idolâtre. si je lui dis mon état de valet, et que, nonobstant, son tendre coeur soit toujours friand de la noce avec moi, ne me laisserez-vous pas jouer les violons!

dorante. dès qu'on te reconnaîtra, je ne m'en embarrasse plus.

arlequin. bon; je vais de ce pas prévenir cette généreuse personne sur mon habit de caractère. j'espère que ce ne sera pas un point de couleur qui nous brouillera ensemble, et que son amour me fera passer à la table en dépit du sort qui ne m'a mis qu'au buffet.

acteiii, scène 1, le jeu de l'amour et du hasard, marivaux

lecture silencieuse.

questions:

- de quels textes s'agit-il? quels actes? quelles scènes? sont-ils tirés du même ouvrage? du même dramaturge? du même siècle? que sait-on sur marivaux?

-les deux textes relèvent-ils de la comédie? qui sont les personnages? appartiennent-ils au même rang social?

-comment définit-on le statut de chaque personnage? les niveaux de langue sont-ils les même? de quoi parlent-ils?

-quelle est la situation (événementielle) des scènes en question?

n.b: le professeur a donné le corpus aux élèves auparavant. c'est évident qu'ils ont déjà fait des recherches sur marivaux et sur le jeu de l'amour et du hasard. le professeur écoute les réponses des élèves et en choisit les meilleures pour mettre en situation les passages en question.

i. mise en situation des passages:

texte 1:

après avoir su que bartholo a l'intention d'épouser rosine, almaviva décide de rencontrer son amante en vue de la courtiser. pour faciliter cette rencontre, figaro propose une démarche très ingénieuse. la présente scène est la concrétisation de cette démarche.

texte 2:

la scène en question est tirée de l'acte iii du jeu de l'amour et du hasard; comédie en trois actes de marivaux. c'est un dramaturge et un romancier du xviiie siècle au même titre que beaumarchais.

silvia s'inquiète du mariage de convenance que son père, monsieur orgon, lui a ménagé avec dorante. elle décide de changer de costume et de rôle avec sa femme de chambre lisette pour examiner en toute liberté son prétendant. cependant, dorante a eu la même idée: il arrive avec l'habit de son valet arlequin, qui de son côté le remplace. ainsi, les deux couples, maîtres et valets, s'aiment et ne peuvent pas s'avouer leur vraie identité. dans cette scène, arlequin vient conjurer dorante pour lui permettre d'épouser la pseudo maîtresse: lisette. un conflit ardent se déchaîne entre les deux.

d'après la compréhension et la mise en situation des textes, les élèves relèveront avec, l'aide du professeur, les idées essentielles des passages:

il s'agit de deux personnages principaux: le maître et le valet.

les passages mettent en scène deux types du rapport maître valet. le premier rapport est l'alliance, le deuxième est le conflit.

les personnages s'entretiennent de l'amour qui concerne une tierce personne absente (rosine et silvia).

le comique est suscité par le déguisement.

le relevé des idées essentielles n'est qu'un pas vers la 'confection' des axes de lecture. c'est aux élèves de les découvrir et c'est au professeur de les affiner.

ii. axes de lecture

1. le rapport maître valet dans les textes.

2. la signification du travestissement.

1. le rapport maître valet

pour comprendre ce rapport, les élèves sont appelés à distinguer les statuts des personnages dans les deux textes conjointement.

les maîtres:

le comte almaviva

dorante

-il pose beaucoup de questions à figaro en signe de consultation: «qui donc? pourquoi?crois-tu que l'on m'ait entendu?»

-il a toujours besoin du savoir-faire de son valet pour agir: «mais comment chanter sur cette musique?je ne sais pas faire de vers, moi. que veux-tu que j'en fasse?j'en joue si mal.»

-il tutoie figaro, mais à un moment donné il l'appelle monsieur et le vouvoie: «monsieur figaro!je n'ai qu'un mot à vous dire; elle sera ma femme; et si vous servez bien mon projet en lui cachant mon nom… [..]»

-il agresse son valet, l'insulteet juge que ses comportements sont loin de la bienséance:

«allons, donc, misérable [...] tu mériterais cent coups de bâtons,»

«maraud, coquin, comment insolent»

-il met toujours l'accent sur le décalage entre les couches sociales: «comment, insolent!tu veux que je laisse un honnête homme dans l'erreur»

-pas de vouvoiement, le tutoiement est toujours présent.

les valets:

figaro

arlequin

-il guide almaviva à travers la scène, il lui donne des conseils «un pauvre hère qui montre la musique à sa pupille […] à genou devant un écu, et dont il sera facile de venir à bout, monseigneur», «ne vous écrit-elle pas: chantez indifféremment?c'est à dire: chantez comme si vous chantiez…seulement pour chanter»

-il se montre sage, pensif et très vigilant «monseigneur, la difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre.»

«tout ce qui vous viendra, monseigneur, est excellent: en amour, le coeur n'est pas difficile sur les productions de l'esprit…et prenez ma guitare».

-il est comparé à un sorcier qui arrive à métamorphoser le monde grâce à sa baguette magique«moi, j'entre ici, où, par la force de mon art, je vais, d'un seul coup de baguette, endormir la vigilance, éveiller l'amour, égarer la jalousie, fourvoyer l'intrigue, et renverser tous les obstacles»

-il vouvoie toujours son maître

-il est en état de prière devant son maître

«monsieur, mon très honoré maître, je vous en conjure», «ayez compassion de ma bonne aventure; ne portez point guignon à mon bonheur qui va son train rondement; ne lui fermez point le passage».

-il se montre soumis «voulez-vous que j'aille chercher le bâton?»

-il utilise un lexique qui rime avec son statut social«[…] ne portez point guignon à mon bonheur qui va son train rondement»

-il vouvoie toujours son maître

pour aider les apprenants à commenter les tableaux, le professeur pose quelques questions directrices:

que remarquez-vous?

comment pourriez-vous expliquer les oppositions qui figurent dans les tableaux?

quelles conséquences tirez-vous du rapport maître valet?

quand est-ce qu'on peut parler de révolution et de soumission?

y'a-t-il un rapprochement à faire entre les deux rapports? ou sont-ils catégoriquement différents?

répondez aux questions en rédigeant deux paragraphes comparatifs.

les deux scènes mettent en lumière deux images différentes du rapport maître valet. beaumarchais s'éloigne de l'image traditionnelle. en effet, le valet n'est plus un pur esclave. ainsi, figaro donne des conseils à almaviva, l'oriente et va même jusqu'à se moquer de lui: «est-ce qu'un homme comme vous ignore quelque chose?» question oratoire posée pour remettre en question les stéréotypes de la domination du maître et de la soumission du valet. donc, le rapport entre almaviva et figaro représente une révolution.

le deuxième passage consacre un rapport différent. en effet, arlequin est insulté, rudoyé voire sur le point d'être agressé par dorante. marivaux illustre donc une relation de soumission. mais il y a lieu à nuancer ce rapport qui n'est pas tout à fait traditionnel. ce faisant, arlequin est tellement conscient de cette 'compartimentation sociale' qu'il veut s'en libérer. c'est surtout l'image de la table et du buffet qui l'exprime. arlequin arrive également à lancer des considérations sur le bonheur«maraud, soit; cela n'est point contraire à faire fortune, ce coquin est encore bon […]mais un coquin peut faire un bon mariage». les prémices de la révolution sont donc le revers de la soumission.

n. b: sur le plan symbolique, le professeur peut évoquer le rapport maître valet qui unit almaviva et rosine. l'amour fait du comte le valet de rosine.

2. la signification du travestissement:

pour analyser cette thématique, le professeur attire l'attention de ses élèves sur les points suivants:

les personnages gardent-ils leurs identités ou sont-ils déguisés?

quel rapport existe-il entre travestissement et comique?

y a-t-il un rapport entre travestissement et amour?

comment peut-on agencer tous ces éléments?

essayez de trouver un lien logique qui peut les unir.

par le biais d'un tableau explicatif, le groupe classe (en concertation avec le professeur) essaiera de tirer la signification du travestissement.

personnages travestis

signification du travestissement

-le comte almaviva «je suis lindor, ma naissance est commune, […] ne quittons point le nom de lindor que j'ai pris»


-c'est un moyen pour échapper à la censure du médecin bartholo.

-le chemin pour trouver l'amour désintéressé

-le moyen pour gagner le coeur de rosine.

-adoption d'un statut social différent «ma naissance est commune»

-arlequin«[…] et que je souffre que tu épouses sa fille sous mon nom,[…] dès que j'aurai averti m. orgon de ce que tu es»

-il a pris le nom de son maître: dorante

-un service rendu par arlequin à dorantepour tester l'amour de silvia.

-un obstacle à l'amour entre arlequin et la pseudo-silvia.

-c'est un 'habit de caractère' comme le dit arlequin. c'est-à-dire qu'en se déguisant, on change de caractère comme on change de veste.

les élèves auront l'occasion de rationaliser les significations du travestissement dans une synthèse partielle.

le travestissement semble être un élément de base dans le corpus. non seulement il représente un procédé comique, mais il influence de façon irrévocable la destinée des personnages. tantôt il est un chemin droit vers l'amour, tantôt il est un obstacle.

iii. synthèse générale

les élèves, en compagnie du professeur, feront la synthèse générale du travail accompli.

le corpus proposé est d'un intérêt extrême. les deux textes traitent les mêmes problématiques mais différemment. le rapport maître valet est d'une part, un moyen de révolution, d'autre part un outil de soumission simulée. le travestissement est tantôt un adjuvant, tantôt un opposant qui entrave les projets des protagonistes. ainsi, les passages étudiés sont d'une richesse dramatique irréfutable.

troisième séance

fiche n° 3

module: le barbier de séville de beaumarchais

semestre: 1

durée: 1heure

niveau: tronc commun

activité: lecture

stratégie: lecture analytique

support: acte ii, scène 12

moyens didactiques à utiliser: la pièce, le tableau, les cahiers des élèves.

compétencevisée: etre capable de repérer les spécificités du texte théâtral

capacités visées: -reconnaître quelques procédés théâtraux.

-s'initier à l'analyse thématique.

déroulement de la séance

lecture magistrale de la scène.

i. identification:

questions de compréhension:

-d'où est extrait le texte? de quelle scène s'agit-il? quel acte?

-quel type? où? quand? de quoi s'agit-il?

-quels sont les personnages actualisés dans la scène?

-se connaissaient-ils déjà, ou c'est pour la première fois qu'ils se voient? le comique y est pour quelque chose?

-dans quel contexte (événementiel) pouvez-vous situer cette scène?

les réponses à ces questions donnent naissance aux caractéristiques de la scène.

caractéristiques de la scène:

-type: dialogue, scène 12 acte ii

-lieu: dans la maison de bartholo

-personnages: almaviva déguisé en uniforme de cavalier, bartholo et rosine

-temps:la nuit puisque le comte voudrait passer la nuit chez bartholo

2. situation de la scène:

pendant que bazile s'emploie à achever, le jour même, les préparatifs du mariage entre le barbon et sa pupille, figaro rencontre rosine en cachette et reçoit d'elle une lettre destinée au comte. informé du zèle de celle-là pour l'amour, almaviva s'introduit chez bartholo; déguisé en officier de cavalerie.

ii. pistes de lecture

la réponse aux questions précédentes est une invitation à la réflexion sur les pistes de lecture. les élèves sont les vrais moteurs de cette opération.

le professeur pose des questions-clés pour attirer l'attention des élèves sur quelques aspects emblématiques du texte:

-la scène est-elle comique? oui, la scène est comique. elle suscite le rire

-observez surtout les mots et les expressions utilisés par almaviva. de quel type du comique s'agit-il? le comique de mots.

-quels sont les événements qui suggèrent le comique dans la scène? citez-les. l'ivresse et le déguisement du comte, l'embarras de bartholo.

- de quel type du comique s'agit-il? le comique de situation.

-la présence du comte est-elle souhaitée? non pour bartholo, oui pour rosine.

-comment fait le comte pour s'introduire dans le domicile de bartholo? il est déguisé en uniforme de cavalier et il feint d'être ivre.

-quelle est la réaction des autrespersonnages? bartholo cherche à identifier cet intrus, alors que rosine reconnaît en lui son amant, l'écoute et essaie de distraire le barbon.

-qu'appelle-t-on donc cela? référez-vous au titre de l'ouvrage. il s'agit d'une précaution inutile.

ainsi, les élèves formulent les pistes suivantes:

les manifestations du comique.

le thème de la précaution inutile.

les manifestations du comique:

de situation ou de mots, le comique semble être le vrai protagoniste de la scène. en effet, beaumarchais fait progresser l'action en utilisant plusieurs types de comique. la scène en question met l'accent sur quelques-uns.

le comique de situation:

-outre les éléments cités ci-dessus, repérez tout ce qui contribue au comique de situation.

-que fait le comte en entrant? il chante

-dans le théâtre, quelle est la 'tierce personne'qui écoute les répliques des acteurs? le public. s'il s'agissait d'une lecture de la pièce, de quoi devrait-on parler? du lecteur.

-la destination des répliques est-elle donc unilatérale ou bilatérale? qu'appelle-t-on cela? elle est généralement bilatérale. cela s'appelle la double destination ou la double énonciation.

-par quels moyens beaumarchais active-t-il la double destination? quels sont ses signes? la voix basse et l'aparté.

-faites le repérage de tous les éléments qui indiquent la voix basse et l'aparté et déterminez leurs fonctions.

«je suis lindor» révèle l'identité simulée du comte.«rosine, à part. il parle de lindor» permet au public (la tierce personne) de connaîtrela visée de l'héroïne.

les élèves réorganisent leurs réponses pour donner lieu à un paragraphe homogène. le professeur intervient pour affiner les expressions et harmoniser le contenu.

analyse:

c'est précisément l'entrée en scène du comte almaviva, pour la première fois dans le domicile de bartolo, qui suscite le comique. le déguisement et l'ivresse simulés du personnage annoncent la tonalité comique: «le comte, en uniforme de cavalier, ayant l'air d'être entre deux vins, et chantant: 'réveillons-la, etc.'». surveillé par bartholo, almaviva ne pourrait assurer l'accomplissement de l'action qu'en se déguisant et qu'en chantant «réveillons-la».

le chantcorrespond à la première version de la pièce qui relève de l'opéra-comique. il semble un élément moteur qui tire les personnages de l'embarras où ils faillent tomber.

autre source de comique, c'est la double destination.

parmi les caractéristiques du personnage théâtral, c'est qu'il adresse les paroles, en même temps, à un autre personnage ou au public. la destination se fait donc double; surtout lorsqu'il s'agit du «bas à tel ou à tel autre» ou d'aparté. dans les deux cas, le public est le complice des acteurs. il agit de connivence avec un ou plusieurs personnages et rit malicieusement de la niaiserie des autres. c'est le cas dans le passage étudié:

-(à rosine, bas) d'almaviva est destiné à rosine et au public. elle contient une didascalie interne (indication scénique du dramaturge au sein de la réplique)«bas». elle a pour fonction de révéler l'identité simulée du comte «je suis lindor».

-(à rosine, lui montrant un papier) réplique secrète d'almaviva destinée à rosine et au public. elle a pour fonction d'informer rosine sur la nature du papier tendu «prenez cette lettre».

-l'aparté: «rosine, à part. il parle de lindor». seul le public/lecteur partage cette parole à part du personnage. le public pénètre l'esprit de l'héroïne et la plaint.

le comique de mots:

-faites le repérage du lexique comique. «balordo, barque à l'eau»

-quelle est sa nature? un comique de mots.

- sur quel personnage, précisément, porte le comique? sur bartholo.

les réponses des élèves constituent un paragraphe. le professeur est un simple médiateur qui guide les apprenants tout au long de la rédaction analytique.

rédaction:

le jeu de masques n'est pas le seul procédé comique véhiculé par beaumarchais. le dramaturge met en avant un champ lexical qui se conjugue avec la visée des personnages.

pour se cacher et détourner l'attention de bartholo, almaviva feint d'être soûl et utilise un lexique qui ridiculise le nom du barbon. il voit surtout le docteur 'en féminin'.

-qui de vous deux, mesdames, se nomme le docteur balordo.

-balordo, barque à l'eau; je m'en moque comme de ça. il s'agit seulement de savoir laquelle des deux.

le professeur demande aux élèves de faire une synthèse partielle, où ils mettent en exergue l'importance du comique par rapport à la progression de l'action.

le comique est un moyen subtil pour faire avancer l'action. le public/lecteur rit mais détient les ficelles de la comédie puisqu'il reconnaît le comte almaviva. donc, le comique n'est plus gratuit. il est au centre de la pièce.

le thème de la précaution inutile:

-résumez l'idée de la précaution inutile dans cette scène.

la scène se présente comme une illustration du thème de la précaution inutile. en effet, malgré les nombreuses précautions de bartholo pour emprisonner rosine, le comte arrive à pénétrer dans la maison du vieux et va jusqu'à donner une lettre à son amante.

-comment peut-on qualifier les actes d'almaviva? les actes d'almaviva sont audacieux.

- comment peut-on qualifier la réaction du vieillard? la réaction du vieillard est une précaution (inutile)

dans un tableau récapitulatif, les élèves vont recenser les manifestations de la précaution chez bartholo, et parallèlement les audaces du comte.

les précautions de bartholo

les audaces du comte

-mais que nous veut cet homme?un soldat! rentrez chez vous signora.

-rentrez donc, rosine; cet homme paraît avoir du vin.

-rentrez, rentrez; je ne suis pas timide.

-le comte chante «réveillons-la», et s'avance vers rosine.

-(à rosine, bas) je suis lindor.

-(à rosine, lui montrant un papier.) prenez cette lettre.

-observez la réplique de rosine«c'est pour cela, monsieur; vous êtes seul. une femme en impose quelquefois.». que remarquez-vous?

rosine semble conspirer avec le comte. elle cherche à induire son tuteur en erreur.

-la scène peut se lire autrement. essayez de l'interpréter en vous référant à votre quotidien.

la scène est une concrétisation de la précaution inutile. sur le plan symbolique, on peut dire que l'interdit (quelqu'en soit la nature) est toujours cherché. on le transgresse rien que parce qu'il est interdit. la scène est également le fruit d'un génie comique: figaro fait appel à toutes les ruses du monde pour aider les personnages à se rencontrer.

enfin de compte, les élèves confectionnent une synthèse générale de la scène. le professeur aide le groupe classe dans l'affinement des expressions.

iii. synthèse

la scène douze est concise. elle fait progresser l'action d'une manière très subtile. non seulement elle concrétise la précaution inutile, mais elle met en place un arsenal de procédés théâtraux comme le comique avec ses deux types (de mots et de situation), la double destination et le jeu de masques. enfin, la scène constitue le fruit d'un agent secret: figaro qui, malgré son absence matérielle de la scène, a tout fait pour que rosine et almaviva puissent se rencontrer et s'aimer.

quatrième séance.

fiche n° 4

module: le barbier de séville de beaumarchais

semestre: 1

durée: 1 heure

niveau: tronc commun

activité: lecture

stratégie: lecture sélective

support:acte iii, scène 8

moyens didactiques à utiliser: la pièce, le tableau, cahiers d'élèves

compétence visée: lire et étudier un texte théâtral

capacité visée: initier les élèves à repérer le comique via le procédé du

déguisement.

déroulement de la séance

i. identification du texte

1-mise en situation

le professeur demande aux élèves de préciser de quels personnages il s'agit? où se trouvent-ils et pourquoi?

les élèves répondent aux questions.

il s'agit de bartholo, le comte et rosine. les trois personnages se trouvent dans la maison de bartholo pour s'entretenir à l'insu du vieux médecin.

le professeur demande aux élèves de faire une situation de la scène par rapport à la pièce.

les élèves donnent des propositions affinées par le professeur.

la scène objet de notre étude souligne la réussite du comte déguisé en maître de musique.

il prétend s'appeler alonzo et vient selon la suggestion de bazile pour enseigner la musique à rosine. cette ruse a pour but de convaincre bartholo de la bonne foi d'almaviva.

dans cette optique, le comte montre au barbon la lettre de rosine remise par figaro. via ce procédé, l'intérêt dramatique culmine .le barbier s'entretient avec le médecin .les deux jeunes gens se rapprochent. figaro tente d'éloigner bartholo.

2-caractéristiques:

afin de caractériser l'extrait étudié, le professeur pose des questions qui portent sur le genre du texte, le type et la situation d'énonciation.

les élèves répondent à ces questions.

le passage est extrait du barbier de séville, pièce de théâtre de beaumarchais.

le type de texte est un dialogue comique basé sur le décalage des intentions et l'emploi des ruses: le comte veut tromper bartholo qui veut épouser rosine qui ne l'aime pas.

quant à la situation d'énonciation, la scène donne à voir trois personnages (bartholo, le comte et rosine) qui échangent des répliques à propos de la lettre de rosine remise par figaro au comte almaviva.

la visée de cette scène est de tromper bartholo .le comte s'est déguisé en maître de musique pour convaincre le médecin de sa bonne foi. cette astuce n'est qu'un motif pour s'entretenir avec la belle rosine.

ii. analyse

le professeur lit l'extrait à haute voix et demande à deux ou trois apprenants de lire le texte et de prendre des notes à partir de la consigne suivante: repérez et sélectionnez les idées essentielles du passage.

les élèves répondent à la consigne (avec l'aide du professeur).

les idées essentielles de la scène 8 acte iii sont:

figaro remet la lettre de rosine au comte almaviva.

le comte est déguisé en maître de musique pour tromper bartholo et pour s'approcher de rosine.

bartholo est trompé par le comte. il donne ses clefs au valet y compris la clef de la jalousie.

figaro a brisé les objets nécessaires à faire la barbe au médecin pour permettre aux amants de parler à l'insu de bartholo.

après avoir dégagé les idées essentielles de la scène, le professeur incite les élèves à l'étape suivante: l'analyse.

-chaque idée doit faire l'objet d'une analyse minutieuse.

-le professeur pose une série de questions. les élèves font des propositions affinées par l'enseignant.

1-quel est le personnage pivot de cette scène?

le personnage central de cette scène est figaro.

2-est-ce que figaro est présent dans la scène?

figaro n'est pas présent dans la scène mais les autres personnages parlent de lui.

3-comment bartholo qualifie figaro? pourquoi?

bartholo qualifie figaro de drôle car c'est lui qui a remis la lettre de rosine au noble almaviva.

4-pourquoi le comte qualifie figaro de fripon?

cette qualification est utilisée par le comte pour tromper bartholo et pour le convaincre de sa bonne foi.

5-qu'est ce qui fait dire que bartholo est trompé par le comte?

les propos de bartholo montrent qu'il a pris au sérieux les paroles du comte .la phrase suivante:«il ne m'attrapera plus» indique que le médecin confie un secret au comte.

en outre, bartholo confie au comte ses intentions«j'ai pensé qu'il était plus prudent de l'envoyer dans ma chambre que de le laisser avec elle». les deux phrases soulignent que le comte a gagné la confiance du vieux médecin.

6-qu'est ce qui montre que bartholo est trompé par le comte et par figaro?

ce qui montre que bartholo est trompé par les deux personnages c'est le fait de donner ses clefs à figaro y compris celle de la jalousie.

7-quels sont les indices du comique dans cette scène?

d'abord, le comte et bartholo échangent des paroles mais à voix basse. ensuite, figaro accomplit une action: briser les objets nécessaires pour faire la barbe à bartholo. enfin, la surprise de bartholo est manifestée en course.

8-comment parvient-on à relever les indices du comique?

on parvient à relever les indices du comique à partir des didascalies.

9-pourquoi figaro a brisé le nécessaire de bartholo?

figaro a brisé le nécessaire de bartholo pour permettre aux jeunes amants de parler à l'insu du vieux médecin.

10-quels sont les qualificatifs donnés à figaro? est ce qu'ils sont les même tout au long de la scène?

les qualificatifs donnés à figaro ne sont pas les même. au début de la scène il est qualifié par le 'drôle' car c'est lui qui a remis la lettre de rosine au comte almaviva .ensuite il est qualifié de 'fripon' pour renforcer l'idée de bartholo sur le valet qui passe son temps à tromper son maître .enfin, il est qualifié de ' cruel' parce qu'il a ruiné bartholo en cassant son nécessaire.

11-qu'est ce qui fait dire que la réplique de rosine a un double sens? pourquoi?

la réplique de rosine a un double sens: elle veut rester seule avec le comte afin de parler avec lui à l'insu de bartholo .rosine a choisi cette stratégie (le double sens) pour échapper à l'excessive (précaution) du barbon.

une fois l'étape de l'analyse est franchie, le professeur encourage les élèves à faire une synthèse. il s'agit d'un travail de groupe. le professeur n'est qu'un animateur.

iii.synthèse

la scène objet de notre étude rassemble trois personnages. le barbier, figaro, est absent de la scène mais présent par ses actes: la remise de la lettre et le bris du nécessaire.

en effet, la remise de la lettre a nécessité le déguisement du comte dans le but de gagner la confiance de bartholo. le barbon est trompé. il communique ses secrets et ses intentions à almaviva.

rosine via sa réplique à double sens tisse une stratégie pour communiquer avec son amant à l'insu du vieux. en somme, il s'agit d'une scène comique basée sur la tromperie et le déguisement.

cinquième séance

fiche n° 5

module: le barbier de séville de beaumarchais

semestre: 1

durée: 2heures

niveau: tronc commun

activité: lecture

stratégie: lecture linéaire

support: acte iv; scène 4

moyens didactiques à utiliser: la pièce, le tableau, les cahiers des élèves.

compétence visée: rendre l'apprenant capable d'accéder à une lecture

intelligente d'un monologue.

capacité visée: amener l'apprenant à découvrir les procédés d'écriture d'un

monologue.

déroulement de la séance

lecture magistrale du passage.

la première étape

elle est relative à l'identification et à la situation du passage.

a. identification du texte

le professeur pose une série de questions afin d'amener les apprenants à identifier le texte.

1-d'où est tiré ce texte?

ce texte est un monologue tiré du barbier de séville de beaumarchais.

2-quel est le type de ce texte?

c'est un monologue qui rend compte de l'état d'âme de rosine .elle est triste. la pupille utilise la narration et la description car elle suppose que le comte l'a trahie.

3-qui parle dans le texte?

rosine est la seule qui parle dans ce texte. il s'agit d'un monologue.

4-rosine est-elle extérieure à l'action?

rosine est au coeur de l'action .elle est le personnage principal autour duquel

bartholo et le comte s'affrontent.

5-où se passe la scène?

la scène se passe dans la maison de bartholo et précisément près de la jalousie.

b. situation du texte

l'extrait objet de notre analyse, le monologue de rosine, est une suite logique de plusieurs événements qui obéissent au schéma narratif.

bartholo veut gagner le coeur de sa pupille malgré le refus de cette dernière. rosine est éprise du comte, déguisé, pour tisser une trame et libérer (rosine) du carcan du barbon.

le noble almaviva renverse la situation en montrant la lettre de rosine à bartholo .en outre, le comte informe le tuteur qu'il a donné cette lettre à une autre femme pour se moquer de la pupille .ce qui a engendré la stupéfaction et l'indignation de rosine, sentiments, exprimés par ce monologue.

la deuxième étape

elle est spécifique à la compréhension globale.

le professeur pose des questions qui vont orienter la compréhension du

monologue.

1-quel est l'événement principal dans ce monologue?

le monologue tourne autour d'un événement principal: la trahison du comte

almaviva.

2-quels sont les sentiments dominants dans ce monologue?

on assiste à plusieurs sentiments: la colère, l'indignation et la stupéfaction.

rosine est étonnée par «la trahison» du comte.

la troisième étape:

elle concerne l'analyse du monologue.

le professeur demande aux élèves de faire une lecture silencieuse du

monologue.

après avoir lu le monologue, le professeur pose des questions qui vont aider les

élèves à l'analyser.

1- que fait rosine dans ce monologue?

a travers ce monologue, rosine décrit son état d'âme .triste, malheureuse elle

est indignée par la bassesse du comte: sa trahison.

2-pourquoi, beaumarchais a choisi le monologue?

le monologue est une scène de théâtre où un personnage parle seul.

le choix de ce procédé permet à rosine d'exprimer ses sentiments qui oscillent

entre indignation et amour. c'est une réflexion à haute voix qui laisse libre cours à l'extériorisation des sentiments.

3-quels sont les outils qui ont permis au personnage d'exprimer ses

sentiments?

afin d'exprimer ses sentiments, rosine a commencé son monologue par une phrase exclamative. cette exclamation n'est pas gratuite mais elle signifie que l'héroïne est choquée.

juste après, une interrogation a vu le jour .cette utilisation insiste sur l'effet précédent: le choc.

dans les deux emplois (exclamation et interrogation), rosine utilise des adjectifs qualificatifs (malheureuse).

en plus des phrases exclamatives et interrogatives, rosine se sert des phrases affirmatives, stratégie, pour dévoiler le comte«je veux rester et feindre avec lui pour le contempler dans toute sa noirceur».

les deux verbes: vouloir et feindre expriment la stratégie de l'amante indignée qui veut connaître les vrais sentiments du comte.

même les interjections insistent sur la même idée:«ah! j'en ai grand besoin». cette phrase rassemble deux volets: les sentiments de la stupéfaction et la nécessité de connaître le vrai visage d'almaviva.

la description via des adjectifs comme (noble, doux, tendre) montre que rosine s'attache toujours au comte malgré sa trahison peinte par d'autres adjectifs (corrupteur, malheureuse). on remarque un contraste entre les traits distinctifs du comte et sa trahison. c'est pour cette raison que le monologue est né.

bref, le monologue utilise plusieurs procédés: les adjectifs, les verbes, les phrases exclamatives, les phrases interrogatives, les phrases affirmatives et les interjections…l'ensemble participe à peindre l'état d'âme du personnage stupéfié devant un acte ou un fait: la trahison du comte et son impact psychologique sur rosine.

4-quel est le rôle des didascalies dans le monologue?

les didascalies sont des instructions que le dramaturge donne à ses personnages pour interpréter une oeuvre théâtrale.

le monologue de rosine comporte deux didascalies: la première (elle met son mouchoir et s'abandonne aux larmes) montre l'état d'âme de la pupille. ses larmes sont le synonyme de la trahison de son amant.

la deuxième didascalie (elle se sauve). cette indication marque l'achèvement du monologue et prépare le spectateur pour la scène suivante (le comte et figaro).

5-quelle tonalité peut-on attribuer à ce monologue? pourquoi?

la tonalité de ce monologue est lyrique.rosine exprime ses sentiments: la stupéfaction et l'indignation .elle utilise la marque de la première personne du singulier, les adjectifs, les interjections et les exclamations.

même le rythme des phrases montre que l'amante est choquée .il s'agit de phrases courtes qui se succèdent (sans marquer une pause).

6-de quel thème peut-on parler dans ce monologue?

le thème principal de ce monologue est l'impact de la trahison du comte sur l'état d'âme de rosine. trahison qui a suscité plusieurs sentiments comme l'indignation, la stupéfaction et la tristesse.

la dernière étape

elle présente la synthèse.

après avoir effectué une analyse détaillée du monologue, le professeur incite les élèves à élaborer une synthèse.

les élèves font des propositions et le professeur choisit la plus fine et la plus adéquate. il s'agit d'un travail collectif, chaque apprenant participe à l'élaboration de la synthèse.

la synthèse

le monologue est une technique spécifique au théâtre .dans (la scène 4, acte iv) rosine est malheureuse à cause de la trahison du comte .le geste du noble almaviva a engendré l'indignation et la stupéfaction de la pupille. les adjectifs, les verbes, les interjections et les didascalies renforcent l'état d'âme de l'héroïne.

donc l'ensemble de ces procédés participe à la création d'un monologue qui revêt une fonction utilitaire dans la pièce.

n .b

au cours de cette activité, nous pouvons expliquer les mots difficiles mais le professeur éviterait que le cours se transforme en une leçon de vocabulaire.

sixième séance

fiche n° 6

module: le barbier de séville de beaumarchais.

semestre: 1

durée: 2heures

niveau: tronc commun

activité: lecture

stratégie: lecture méthodique

support: actevi, scène 8

moyens didactiques à utiliser: la pièce, le tableau, le cahier d'élève

compétence visée: lire et étudier un texte de théâtre.

capacité visée: amener les élèves à reconnaître le dénouement de la pièce.

déroulement de la séance

i. identification du texte

1-mise en situation

le professeur demande aux élèves de quels personnages s'agit-il, où se trouvent-ils et pourquoi?

les élèves répondent aux questions.

il s'agit de bartholo,un alcade ,des alguazils, des valets, le notaire , don bazile, le conte, rosine, figaro bref tous les personnages de la pièce.

les personnages se trouvent dans la maison de bartholo pour signer le contrat de mariage qui va lier rosine au comte almaviva.

2-caractéristiques

genre?

il est question d'une scène extraite de la pièce de théâtre: le barbier de séville de beaumarchais.

type de texte?

il s'agit des dialogues comiques (décalage entre les questions et les réponses)

enonciation?

qui parle? a qui? de quoi? visée?

les personnages échangent des dialogues à propos du mariage de rosine et le comte almaviva.

la visée: mettre bartholo devant le fait accompli et insister sur la réussite de la jeunesse incarnée par le comte.

ii. hypothèses de lecture

le professeur demande aux élèves de formuler des hypothèses de lecture.

les élèves arrivent à relever deux hypothèses. la première porte sur la réussite du jeune et noble amoureux. la deuxième met l'accent sur l'échec du barbon jaloux.

iii. axes de lecture

1. la réussite du jeune et noble amoureux (épouser rosine)

nous allons décortiquer cette hypothèse qui va constituer notre premier axe de lecture. la décortication est le fait de poser des questions qui vont faciliter la compréhension de la scène.

1-relevez de la scène les éléments qui soulignent la réussite du jeune et noble amoureux?

« la préférence que mademoiselle vient de m'accorder sur vous,en se donnant à moi volontairement,vous l'avez perdu en en abusant,elle vient de s'émanciper,mademoiselle est noble et belle, je suis homme de qualité,jeune,riche, elle est ma femme,elle n'est plus en votre pouvoir,le monsieur que vous avez amené la protégera contre la violence que vous voulez lui faire,quand la jeunesse et l'amour sont d'accord pour tromper un vieillard tout ce qu'il fait pour l'empêcher peut s'appeler la précaution inutile»

2-qu'est ce que vous remarquez?

on remarque que tous les éléments relevés ont un seul thème: la réussite du comte synonyme de son mariage avec rosine.

3-quels sont les moyens linguistiques utilisés pour peindre cette réussite?

les moyens linguistiques employés sont (les adverbes, les gérondifs, les adjectifs qualificatifs, les maximes ou proverbes).

4-quel est le rôle de ces procédés?

ces procédés donnent du poids au discours des personnages. ils participent à joindre l'utile à l'agréable c'est-à-dire la logique du raisonnement est liée harmonieusement à la beauté du style.

5-quel est le genre des adjectifs employés? (mélioratifs ou dépréciatifs), pourquoi?

les adjectifs employés sont mélioratifs car ils mettent en valeur la jeunesse du comte et la beauté de rosine, deux critères qui aident à caractériser un mariage, triomphe, contre la vieillesse de bartholo.

6-comment bartholo traite-il rosine?

bartholo traite rosine avec méfiance, autorité et violence.

7-quelle est la visée de la maxime:«quand la jeunesse et l'amour sont d'accord pour tromper un vieillard, tout ce qu'il fait pour l'empêcher peut bien s'appeler à bon droit la précaution inutile».

la maxime constitue la morale de la pièce.son emplacement est logique .elle clôt la pièce car on a affaire à une excipit.

8-le professeur demande aux élèves de faire une synthèse partielle en insistant sur la réussite de la jeunesse: le mariage du comte avec rosine.

pour effectuer cette synthèse il faut préciser que:

-bartholo est un vieux alors que le comte est jeune.

-le comte est amoureux de rosine alors que bartholo est un vieux qui se méfie de tout ce qui l'entoure.

-le comte a plusieurs qualités que bartholo ne possède pas.

-les qualités du comte (noble, amoureux, riche et jeune).ces qualités représentent la voie qui mène vers un dénouement heureux: le mariage.

a partir de ces éléments les élèves confectionnent aisément leurs synthèses partielles.

synthèse partielle

les indices relevés résument la réussite du comte sur le vieux bartholo. cette réussite est le synonyme du mariage du jeune et noble almaviva avec la belle rosine.

en effet, la noblesse, l'amour, la richesse et la jeunesse sont des critères qui participent à confectionner un dénouement heureux à savoir le mariage.

2. l'échec du barbon jaloux

la décortication de l'hypothèse (deuxième axe) de lecture va se faire via les questions suivantes:

1-relevez les indices qui justifient l'échec du vieux barbon?

«que dit –il rosine; il dit vrai d'où naît votre étonnement? que m'importe à moi?; plaisant mariage!; où sont les témoins? comment bazile! vous avez signé? je me moque de ses arguments; j'userais de mon autorité; la demoiselle est mineure; qui te parle à toi, maître fripon? jamais on ne me l'ôtera de mes mains; ils étaient tous contre moi; je me suis fourré la tête dans un guêpier; et moi qui leur ai enlevé l'échelle pour que le mariage fût plus sur! je me suis perdu faute de soins…»

2-pourquoi les marques de ponctuation à savoir l'interrogation et l'exclamation sont présentes dans ces indices?

les deux marques de ponctuations: l'interrogation et l'exclamation sont présentes pour insister sur l'étonnement et l'indignation du vieux médecin.

3- qu'est ce qui caractérise les phrases de bartholo? pourquoi?

les phrases de bartholo sont courtes, rythmées et rapides car le personnage est en colère .il est dépassé par les événements.

4-est-ce que bartholo accepte facilement son échec? qu'est ce qui le prouve?

bartholo n'accepte pas facilement son échec .il utilise tous les moyens pour récupérer rosine à savoir son autorité, de faux arguments«rosine est mineure; elle est déjà ma femme…».

5-quelle est la phrase qui montre que bartholo a échoué dans son entreprise: le mariage avec rosine?

la phrase qui montre que bartholo a échoué dans son entreprise est la suivante: «je me suis fourré la tête dans un guêpier».

6-quelle est la signification de cette phrase dans la pièce?

cette phrase signifie qu'il s'agit d'une position critique mettant en scène des personnages hostiles ou nuisibles. c'est le cas de bartholo qui a fait confiance à bazile, à figaro, au compte et à rosine, mais il s'est avéré que ces personnages sont des obstacles qui entravent l'accomplissement du dessein du vieux médecin.

7-quelle est la cause de l'échec du vieux médecin: perdre la belle rosine?

la cause de cet échec se manifeste dans deux choses: l'excessive précaution et la maladive méfiance.

8-quelle est la morale donnée par bartholo? comment peut-on l'expliquer?

la morale de bartholo est la suivante:« je me suis perdu faute de soins».

on peut expliquer cette morale par l'interprétation suivante: beaucoup de soins et beaucoup de précautions mènent nécessairement à la faute surtout lorsqu'il y a un décalage entre le projet envisagé et la manière de l'exécuter.

autrement dit, ce décalage est entre le mariage avec rosine et l'excès de méfiance de bartholo.

9-le professeur demande aux élèves de rédiger une synthèse partielle à partir de ces éléments:

-l'échec du vieux médecin difficilement accepté.

-les manifestations de la colère(les interrogations et les exclamations).

-la cause de l'échec de bartholo.

-les éléments doivent être agencés sous forme d'un paragraphe cohérent.

synthèse partielle

les propos de bartholo soulignent un échec difficile à accepter. ses exclamations et ses multiples interrogations montrent que le barbon a perdu l'objet aimé: rosine. vers la fin de la pièce, le vieux jaloux peint la cause de sa défaite: son excessive précaution.

pour achever l'activité de la lecture méthodique et après avoir rédigé les deux synthèses partielles .le professeur encourage les élèves à produire une synthèse générale qui souligne la réussite du jeune et montre la défaite du vieux en insistant sur les raisons de chaque pôle.

iv. la synthèse générale

la scène étudiée nous met devant deux modèles, c'est-à-dire devant deux personnages. le premier modèle est celui du jeune et noble almaviva qui tombe amoureux de rosine. le deuxième modèle réfère à bartholo, un vieux jaloux, qui veut se marier avec sa pupille.

evidemment, c'est le premier modèle qui va gagner le coeur de la belle car toutes les conditions sont favorables pour servir cette liaison: le mariage. lequel mariage est une sorte d'échec pour le vieux bartholo victime de «sa précaution inutile».

conclusion:

À l'instar des prises en charges et du micro enseignement, nous pouvons affirmer que l'exploitation pédagogique du barbier de séville est un tremplin pour entrer dans la vie professionnelle.

pour actualiser notre exploitation pédagogique, nous avons défini le contexte historique et littéraire de la pièce, convaincues que la mise en situation est une étape déterminante pour approcher une oeuvre. ce faisant, nous avons mis en exergue l'esprit de contestation prôné par le siècle des lumières en rapport avec le renouvellement des genres, éléments emblématiques, qui débouchent sur une définition du genre en question: la comédie. dans ce stade, une présentation des cadres dramaturgiques est capitale pour côtoyer l'univers des personnages, les dimensions spatio-temporelles et la structure de la pièce.

dans cette optique, nous avons privilégié une mise au point de l'acte de lire et des différentes stratégies de lecture: lecture méthodique, sélective, linéaire, analytique et groupement de textes. ces stratégies sont concrétisées par le biais des fiches pédagogiques.

ainsi, nous nous sommes efforcées de transposer les savoirs savants aux savoirs didactiques pour présenter une appréhension abordable et possible de la pièce. ce qui nous oblige, à chaque moment, de sacrifier le piédestal de l'étudiant universitaire pour nous mettre sous la bannière de l'enseignant.

cette nouvelle situation exige l'adaptation du savoir enseigné à l'apprenant, au choix des stratégies de lecture et surtout à la complexité du texte théâtral…ce qui nous a incité à mettre le point sur un problème épineux: la conception des fiches pédagogiques. le professeur étant «la pile» et les fiches «la face» de la même pièce de monnaie!

dans cette perspective, nous nous sommes évertuées à rendrel'analyse de la pièce parlante par le moyen d'une série de questions posées aux élèves en vue de démêler l'écheveau du texte, persuadées que «l'enseignement est l'art de poser les questions».

l'acte d'enseigner nous semble donc un acte compliqué. il interpelle le social, le culturel, le cognitif et enfin l'humain puisque c'est la personnalité du professeur qui est toujours aux prises avec la personnalité du groupe classe.

en outre, l'acte d'enseigner est une responsabilisation du professeur. choisir les extraits, leurs intérêts dramatiques ainsi que les stratégies pour accrocher l'attention des apprenants n'est pas une tache facile.

animées par le«zèle des convertis», nous nous sommes projetées dans la vie professionnelle via l'exploitation pédagogique du barbier de séville. excitées par le quotidien de l'enseignant, nous osons affirmer qu'il travaille 'en- saignant'!

résumé du mémoire:

notre mémoire a pour visée d'adapter la pièce de théâtre de beaumarchais intitulée le barbier de séville au niveau tronc commun du cycle secondaire qualifiant. pour actualiser ce projet, la lecture est considérée comme une activité reine de notre exploitation pédagogique.

afin de sensibiliser les apprenants aux divers enjeux de l'activité de lecture et ses stratégies, on a vu qu'il serait utile dans un premier lieu de présenter la biographie du dramaturge, de situer la pièce dans le contexte politique et culturel du siècle des lumières, de donner une définition de la comédie, de résumer la pièce et enfin aboutir à une contextualisation du barbier de séville dans l'espace et dans le temps tout en mentionnant les personnages.

dans un second lieu, nous avons jugé nécessaire de focaliser l'attention sur l'acte de lire et les différentes stratégies de lecture appliquées sur le barbier de séville. ces stratégies sont précédées de 'choix' de scènes. chacune des stratégies est régie par des étapes qui vont aider les élèves à 'déguster' le plaisir de l'extrait étudié. on note la lecture méthodique avec ses quatre phases (identification du texte, formulation des hypothèses, définition des axes de lecture et la synthèse). la lecture analytique est aussi exploitée. elle est centrée sur les techniques de lecture. en outre, la lecture sélective est une approche qui amène l'apprenant à faire des choix en relation avec son projet de lecture. enfin le groupement de textes est une activité qui favorise la rencontre de l'apprenant avec plusieurs textes. l'ensemble de ces stratégies tend à mobiliser une panoplie de compétences et de capacités chez l'apprenant.

en définitive, notre exploitation tenterait de semer la graine de la lecture dans l'esprit des apprenants.

les mots-clés du mémoire

apprenant

individu en situation d'apprentissage. le mot insiste sur l'acte d'apprendre. il place l'initiative du côté de celui qui apprend.

activité

une invitation pour rencontrer et accéder au sens des textes, étudier et employer des faits de langue, s'exprimer oralement et produire des textes par écrit. le but d'une activité est de mobiliser les ressources des apprenants pour résoudre des situations problèmes.

capacité

aptitude acquise ou à faire acquérir et à développer par l'apprentissage. elle permet à l'apprenant de réussir dans une activité intellectuelle.

compétence

c'est la possibilité pour un individu de mobiliser un ensemble intégré de ressources en vue de résoudre une situation problème qui appartient à une famille de situations.

exploitation pédagogique

une conception personnelle du professeur pour une oeuvre littéraire. cette conception est mise en pratique via des activités enchaînées selon le principe du décloisonnement. notre exploitation pédagogique du barbier de séville est axée sur l'activité de lecture.

fiche pédagogique

elle permet de tracer les différentes étapes par lesquelles doit passer un cours. le but de la fiche est de sortir du cadre virtuel pour une effective mise en pratique. une fiche bien détaillée ne garantit pas un cours réussi.

lecture

expérience humaine intime et discrète. lire est un acte de communication qui nous mène à découvrir et à partager les productions d'autrui.

module

un dispositif de mise en oeuvre du projet pédagogique. il porte aussi bien sur le développement de compétences transversales que sur l'acquisition de compétences disciplinaires relatives à l'apprentissage de la langue cible.

stratégie

art de combiner des actions dans un but déterminé. dans la didactique c'est une approche régie par une méthode pour aider les apprenants à acquérir une compétence.

bibliographie

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-cohen. i, mauffrey. a, vers une nouvelle pédagogie de la lecture, armand colin, paris, 1983.

-combeaud. b (professeur de chaire supérieure au lycée janson de sailly à paris), le barbier de séville (notes explicatives, questionnaires, bilans, documents et parcours thématique), paris.

-descotes. la lecture méthodique, de la construction du sens à la lecture méthodique, bertrand-lacoste et crdp, toulouse, 1990.

-lecherbonnier. b, rincé. d, mitterrand. h, collection henri mitterrand, littérature xviiie siècle, textes et documents, nathan, paris, 1986.

-ministère de l'education nationale, 2006, orientations pédagogiques pour l'enseignement du français dans le second cycle qualifiant.

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-encarta 2008

1la lecture méthodique, de la construction du sens à la lecture méthodique, descotes, ed.bertrand-lacoste et crdp de toulouse, 1990.



Pour citer cet article :
Auteur : Barnakchi Atika et Amaayach Siham -   - Titre : Mémoire exploitation pédagogique du Barbier de Séville de Beaumarchais,
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/memoire-siham-et-atika-exploitation-barbier-seville.php]
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