université hassan II - aïn chock

faculté des lettres

filière: Études françaises

s6: option enseignement

ain: chock- casablanca

mémoire de fin d'études

la pédagogie de projet pour promouvoir l'écrit

travail réalisé par: jaafari ahmed

encadré par: madame nejjary

sommaire

introduction

présentation de la pédagogie de projet………………………………………….. p5

la pédagogie de projet pour développer l'écrit chez les apprenants……………. p7

les limites du projet, en termes de contraintes…………………………………. p9


développement


volet théorique:

le projet en question………………………………………………………….… p10

le cadrer du projet……………………………………………………… …. p10

les parties prenantes dans l'élaboration du projet………………………….. p12

choix du type de projet…………………………………………………...... p13

les modalités du projet………………………………………………………… p15

les étapes…………………………………………………………………… p15

le contrat…………………………………………………………………… p16

le planning………………………………………………………………… p18

l'évaluation………………………………………………………………… p20

démonstration………………………………………………………………….. p21

présentation de la classe visée…………………………………………………. p21

le programme officiel et le profil de sortie……………………………………. p22

la lecture……………………………………………………………………. p22

langue/communication…………………………………………………….. p23

production écrite…………………………………………………………… p23

la mise en pratique……………………………………………………………… p23


conclusion


synthèse……………………………………………………………………….. p30

limites…………………………………………………………………………. p31

formation……………………………………………………………………… p33


bibliographie……………………………………………………………………….. p36

annexe……………………………………………………………………………… p37

remerciements

je tiens à témoigner du profond respect que j'ai envers notre illustre professeur madame nejjary, dont le savoir encyclopédique, la rigueur et la gentillesse, nous ont tous comblés.

merci infiniment.

a monsieur firachine, et tous mes professeurs, madame iraqi, madame berrada, madame hseine, madame nejjary, madame lamkhanter, à monsieur akka, monsieur ghazouani, monsieur yamlahi, monsieur saouri et monsieur arnous,

merci infiniment.

a mes parents,

mes frères et soeurs,

a ma femme et mon fils,

que j'aime énormément.

introduction:

présentation de la pédagogie de projet:

la pédagogie de projet est la dernière née, dans l'univers de la didactique. elle se propose d'apporter une solution aux lacunes laissées, aussi bien par la pédagogie par objectifs que par la pédagogie par compétences. elle n'est pas un dépassement de ces deux démarches, mais un aboutissement, puisqu'elle leur servira de cadre de réalisation, en leur donnant un sens.

comme son nom l'indique, cette pédagogie s'inscrit dans la visée du projet. héritage du monde des affaires, où le projet signifie réussite, elle emprunte au domaine, la motivation d'un résultat que l'intéressé planifie et auquel il a participé.

cependant, s'il est vrai que la méthode s'inspire du marketing, il n'en demeure pas moins qu'elle a ses propres fondements théoriques, enracinés dans la tradition de la didactique.

en effet, dès la moitié du xx siècle, les tenants du renouveau de l'éducation, vont élaborer des pratiques visant l'inscription du projet dans le processus d'apprentissage.

john dewey 1(1859-1952) est philosophe et psychologue américain. il est l'initiateur des méthodes actives en pédagogie. il préconise que chaque individu essaie d'atteindre ses meilleures performances, et c'est à l'école que revient le devoir de lui en fournir les moyens. son crédo est learning by doing, apprendre en faisant, et non en écoutant tel que le pratique l'école traditionnelle .l'enfant doit agir et interagir, construire des projets, les accomplir, vivre ses expériences et apprendre à prendre de l'écart et à les interpréter.

ovide decroly 2(1871-1932): est médecin, psychologue et pédagogue belge. il souligne que l'intérêt de l'enfant constitue la source de son développement. il donne une grande importance à la dimension affective de l'enfant. aimer faire pour savoir faire .lorsque l'enfant est motivé, il donnera lui-même un sens à ce qu'il a découvert et expérimenté. la dite motivation facilite l'intégration de cette connaissance.

célestin freinet 3(1896-1966):selon lui, rendre un enfant actif, est primordial. pour cet instituteur, un bon système d'apprentissage doit intégrer trois dimensions:

une classe organisée en coopérative;

les connaissances doivent s'élaborer dans des projets (d'action ou de recherche);

l'école diffuse ses propres instruments de travail (ex.: de journal scolaire)

d'autres chercheurs vont aussi, contribuer à consolider les bases de la pédagogie de projet. le constructivisme a eu son apport aussi. jean piaget4 met l'accent sur l'activité du sujet: les connaissances» sont construites par l'individu, par l'intermédiaire des actions qu'il accomplit sur les objets.

il ne faut pas omettre non plus de citer la contribution du cognitivisme, lequel stipule que c'est en confrontant ses représentations avec les nouvelles informations, que l'apprenant les transforme, et s'approprie ainsi de nouvelles connaissances.

ainsi découle de ce qui a été énoncé, que dans la visée de la pédagogie de projet, un apprenant puise dans son environnement, cible ses recherches, met en relation, les nouvelles connaissances avec celles qu'il possède, interagit avec les autres apprenants dans une dynamique de groupe, et arrive à modifier ses représentations initiales; ce qui lui permettra de se faire une meilleure idée du monde qui l'entoure.

le projet en lui-même, porte la motivation nécessaire à sa réalisation. l'apprenant qui adhère au projet, vit activement toutes les étapes qui conduisent à sa réalisation.

signalons enfin, que parallèlement au projet lui-même, d'autres dimensions s'ouvrent, à savoir, la maîtrise de la gestion des contraintes économiques et temporelles. les élèves apprennent à optimiser leurs ressources. le rapport enseignant-enseigné s'en trouve modifié par la dimension de la complicité et la complémentarité où les rôles classiques changent, puisque l'enseignant fait partie du groupe, et reçoit du groupe autant qu'il donne.

l'intérêt que les apprenants accordent au projet, renouvelle leur intérêt pour l'école elle-même. le projet peut, enfin s'ouvrir aux autres, dans le cadre d'un partenariat. cette implication à la vie collective, permet une formation à la vie civique.

la pédagogie de projet pour développer l'écrit chez les apprenants:


selon le glossaire des termes de technologie éducative édité par l'unesco, le projet est une activité pratique signifiante, à valeur éducative, visant un ou plusieurs objectifs de compréhension précis. elle implique des recherches, la résolution des problèmes et souvent l'utilisation d'objets concrets. une telle activité est planifiée et menée à bien par les élèves et l'enseignant dans un contexte naturel et vrai.

au regard de cette définition, le projet doit s'intéresser à un aspect particulier, et cibler des savoirs ou des savoir-faire précis, tout en respectant la dimension générale du projet.

ainsi, ayant constaté l'échec de nos apprenant face à l'écrit, nous avons opté pour un travail par projet pour remédier à cet état de choses. en effet, nos apprenants, ont beau bien comprendre et bien parler, ils baissent les bras quand il s'agit d'écrire. les activités de l'écrit qui sont planifiées, à raison d'une par semaine, ne sont pas suffisantes, d'autant plus que les sujets proposés ou suggérés par les thèmes étudiés sont souvent démotivants. ceci quand nous parlons de la production écrite en tant que telle. mais il ne faut pas oublier que les élèves sont évalués à l'écrit, que ce soit dans la compréhension du texte, ou la grammaire, que dans la production écrite proprement dite. finalement, l'épreuve que passent les élèves, comportent autant d'écrit que de questions posées. et nos élèves manifestent une faiblesse incommensurable, quand ils écrivent.

le choix de la démarche de projet, nous paraît une solution dans la mesure où elle peut réconcilier l'élève avec l'écrit. en effet , proposer à l'apprenant un petit exercice d'écrit, à la fin de chaque séance, permet tout d'abord de réinvestir immédiatement les acquis de chaque leçon, dans une petite situation de l'écrit, dans ce sens où l'exercice d'application traditionnel, proposé en phase finale, coupé de tout ancrage, devient une situation de créativité qui a un sens où l'élève, tout en s'inscrivant dans un tissu narratif, ou descriptif, ou argumentatif, réactive ce qu'il vient de voir dans les activités subsidiaires. cette contrainte à laquelle il fera face, lui permet de s'approprier la notion étudiée, et de faire preuve de créativité.

l'idéal serait bien sûr, que les leçons qui s'enchaînent, donnent lieu à des séquences de l'écrit qui s'enchaînent. c'est dans cette visée que l'idée d'un récit qui s'étale sur une grande partie du programme, voire un semestre, a vu le jour.

les élèves sont invités à développer un récit au jour le jour, à raison de deux ou trois phrases par jour, en se pliant aux contraintes du programme, du temps et des pré-requis. l'objectif étant d'abord, de contracter l'habitude d'écrire.

les limites du projet en termes de contraintes:


si l'idée du projet repose au départ sur une situation-problème à résoudre, dans notre cas, cette dimension de contraintes, s'est posée, d'abord pour l'enseignant en premier lieu. quand nous avons décidé de recourir à cette démarche pour revaloriser l'acte éducatif, nous avons été amenés à prendre en considération deux facteurs dont l'impact n'est pas des moindres. le premier étant le volume horaire réduit à quatre heures par semaine, pour une classe au collège, et qui ne favorise guère une aire confortable d'opportunités d'apprentissage. des élèves qu'on voit une heure, quatre fois par semaine, ont beaucoup de mal à s'inscrire dans une perspective de continuité. d'autant plus qu'à chaque heure, il faut compter au moins dix minutes de temps perdu, avant de rejoindre les salles, de s'asseoir, de se calmer et de se remettre dans le bain du projet.

la deuxième contrainte, pour les élèves du niveau troisième année du collège, c'est l'examen régional, qui leur impose à ingérer et à régurgiter un contenu, au terme du deuxième semestre. le flot de notions qu'ils sont censés acquérir, pour répondre au profil de sortie de cette étape, les places dans une attitude de récepteurs du quantitatif au détriment du qualitatif.

toutefois, le problème étant ce qu'il est, il vaudrait mieux tabler sur une sélection de notions bien ciblées, que l'élève peut appréhender, et savoir investir, que sur un foisonnement qui le désarme. c'est le principe :projet contre contenu

de ce point de vue, la démarche de projet paraît légitime, et se permet de braver les contraintes, pour donner un sens à l'apprentissage, loin de la hantise de l'examen.

dans cet exposé, nous allons accompagner, pas à pas, les étapes par lesquelles notre projet est passé, de la conception à l'aboutissement, malgré les contraintes évoquées plus haut.

notre démarche convoquera les tenants et les aboutissants de cette expérience. elle comportera un volet pratique de démonstration, où l'investissement des acquis répondra dans une juste mesure aux exigences institutionnelles.

avant de conclure, l'évaluation viendra clore le développement.


développement:

i- volet théorique.

le projet en question:


le cadre du projet:

depuis 1989, des instructions émanant du ministère, incitent les établissements scolaires à s'investir dans la pédagogie de projet, mais sous forme d'un projet d'établissement. l'objectif de ce projet est d'améliorer les performances scolaires de chaque élève en fonction des directives nationales, académiques et de circonscription. le projet d'école apparaît alors comme une interface entre la commande ministérielle et la réalité du terrain.

cependant, plusieurs contraintes surgissent, puisque le projet revêt une dimension beaucoup plus ambitieuse, du fait qu'il intègre tous les acteurs qui ont trait, de près ou de loin, à l'école. d'où sa faiblesse, puisque les chefs d'établissement en font une sorte d'activité parallèle visant à promouvoir leur image de marque, dans le cadre des apports culturels de chaque établissement, ou , surtout un cahier de charge à présenter en vue de s'octroyer la tutelle d'une structure privée, qui s'investirait ,dans le cadre d'un partenariat, à prendre en charge les besoins de l'établissement. toujours est-il que l'élève est absent dans ce processus, qui est destiné à gagner un marché.

toutefois, quelques acteurs pédagogiques, en l'occurrence des inspecteurs, prenant à coeur le souci de remédier aux faiblesses des élèves, encouragent, régulièrement, les enseignants à faire preuve de créativité, de souplesse et d'initiative, afin de mettre à jour des techniques susceptibles d'améliorer leur rendement. mais la rareté des rencontres pédagogiques d'une part, et l'emprise de la pratique routinière, de l'autre, favorisent chez les enseignants l'exécution mécanique des programmes, selon les rythmes de la progression semestrielle.

dans notre circonscription, nous avons la chance d'avoir un inspecteur ouvert d'esprit, et ayant beaucoup pratiqué, il s'est fait le devoir de relever le défi de venir en aide aux enseignants, en les encourageant à réfléchir sur leur pratiques, et à être attentifs aux mécanismes qui régissent la relation enseignant-enseigné d'une part, et enseignant- savoir à transmettre, de l'autre. toutes les propositions susceptibles d'apporter un plus à l'élève sont tolérées, à condition qu'elles soient pensées et justifiées.

c'est au cours d'une réunion, après les examens du premier semestre, où les résultats entaient particulièrement alarmants au niveau de l'écrit, que le débat s'est arrêté sur l'urgence de chercher des solutions pour promouvoir l'écrit chez nos apprenants. pour ma part, j'ai proposé à m. firachine abderrahmane, notre inspecteur, de travailler, à la fin de chaque séance, une petite activité de l'écrit, qui serait le prolongement des séances, de n'importe quelle matière. c'est une pratique que j'utilisais avec une classe de l'école privée où les élèves travaillent dans des manuels de la mission française .il a beaucoup apprécié et m'a encouragé dans ce sens.

il a fallu après, repenser la proposition dans un cadre plus généralisé. l'idée de petites productions éparpillées ne me satisfaisait pas beaucoup. c'est alors que m'inspirant du manuel, qui propose, une heure par quinzaine pour un projet d'écriture, j'ai choisi de donner à ma contribution la dimension d'un projet dans lequel on s'investirait quotidiennement. l'idée devenait ainsi, plus cohérente .il fallait ensuit communiquer aux élèves l'idée du travail par projet.


les parties prenantes dans l'élaboration du projet:

la pédagogie de projet, qui a pour point de départ les souhaits et les envies des élèves, est une construction de l'expérience à travers l'implication de l'enseignant et des apprenants ici et maintenant dans la même action. cependant, au-delà du besoin de l'enseignant de se réaliser dans une tâche qui le motive, il faut de prime abord s'intéresser à la motivation des apprenants, du fait qu'ils sont les premiers impliqués par cette démarche du projet.

l'élève est marqué par deux tendances qui s'entremêlent: la nécessité de satisfaire ses propres besoins d'épanouissement, puis poussé par la famille et l'école, l'obligation de répondre aux besoins d'ordre social. cependant, la motivation de l'élève est bien sûr différente de celle de l'adulte. il ne peut avoir un réel souci d'amélioration personnelle. peut-être, la curiosité, l'envie de réussir, ou de relever un défi seraient plutôt des facteurs auxquels la pédagogie de projet peut faire appel pour le motiver. l'entreprise est épineuse, surtout lorsqu'il s'agit de faire face au métier d'élève. en effet, la plupart des élèves ne rechignent pas à faire un travail, même lorsqu'il est répétitif et ennuyeux. ils s'intéressent à des tâches fragmentaires, sans s'en rendre compte. pour eux travailler sous le regard de l'enseignant, et aussi des autres apprenants, est suffisant pour assumer leur devoir.

une semaine était nécessaire pour déconstruire toutes les représentations mécaniques des programmes, que les élèves avaient l'habitude d'exécuter. il a fallu leur expliquer ce que veut dire un projet, qui n'est guerre différent dans les autres domaines, notamment le commerce. ensuite, faisant référence à la progression du programme, je m'efforçais de les rassurer concernant les contenus, certes abordés différemment, mais dans les délais, pour qu'ils soient prêts pour passer l'examen académique - je rappelle ici, que ce sont des élèves de la troisième année du collège qui doivent passer un examen de certification- , et leur promettre que le travail allait être passionnant , dans le sens où il permettra d'apprendre tout en s'amusant en quelque sorte.

une dernière recommandation restait à faire, c'était de leur demander d'informer leurs parents – surtout pour les élèves dont les parents, éveillés, suivent le travail de leurs enfants - que la démarche correspond parfaitement à ce qu'on attend de ce niveau scolaire. j'étais à leur disposition, si quelqu'un voulait venir s'enquérir sur le changement de méthode.

mes élèves me faisaient confiance, et ils ont manifesté leur désir d'entreprendre quelque chose de nouveau. c'est cette motivation qui va donner le coup d'envoi du projet. car il serait impensable d'imposer quelque activité qui doit être faite par plaisir.


choix du type de projet:

le projet pédagogique de l'enseignant est le cadre théorique qui permettra à l'enseignant de gérer le projet des élèves de façon cohérente. ses composantes indispensables sont:

une réflexion sur le déclencheur du projet

la formulation du projet des élèves

la programmation du projet dans le temps

les apprentissages visés

les séquences détaillées découlant de la programmation

l'évaluation.

l'apport des élèves doit être signifiant dès la première étape qui consiste en le choix du projet lui-même. ce moment crucial qui est le déclencheur et la mise en projet est une phase préliminaire indispensable qui conditionne la réussite du projet. pour que ce dernier soit relié au vécu des élèves l'enseignant doit attendre une suggestion des élèves, ou faire subtilement créer un besoin pour la classe, ou encore adroitement faire naître une envie. tous les moyens devraient être bons à condition de sentir que les élèves adhèrent au projet. il est important de prendre en compte les idées, bien souvent intéressantes, que peuvent avoir les élèves. car, il ne faudrait surtout pas leur donner le sentiment que tout est préparé à l'avance. cette attitude condamnerait tout effort d'imagination et d'inventivité chez les apprenants, et leur implication s'en trouvera réduite.

donc, l'enseignant qui a déjà préparé les grandes lignes de son projet, à savoir les différentes activités qui y figureront, les savoirs et les savoir-faire à acquérir, doit provoquer chez ses élèves l'idée du projet en question. une discussion bien orientée, finit par amener les élèves à opter pour un choix adéquat.


les modalités du projet:

1- les étapes

la mise en oeuvre d'un projet nécessite une forte anticipation de la part de l'enseignant et une cohérence de l'ensemble du projet. pour s'assurer de l'efficacité du projet, il est recommandé de suivre une méthodologie rigoureuse qui requiert un déroulement précis suivant des étapes bien déterminées, aux objectifs clairement identifiés.

.Émergence de l'idée:

que faut-il résoudre ?

a quels besoins faut-il répondre ?

quelle(s) production(s) atteindre ?

recherche d'informations

. analyse de la situation:

quel(s) objectif(s) atteindre (en termes de savoirs, savoir-faire, savoir-être) ?

quelles ressources employer (humaines, matérielles, financières) ?

quelles contraintes prendre en compte ?

quelles stratégies, quelles pistes envisager ?

qui ? quoi ? où ? quand ? comment ? combien ?

outils de résolution de problème

fiche de faisabilité

. définition du projet:

quel plan d'action adopter ?

s'accorde-t-il avec l'objectif ?

est-il réaliste ?

quel contrat établir avec les élèves ?

comment faire adhérer les élèves au projet (comment éveiller leur curiosité, les sensibiliser à la démarche de projet) ?

. montage et planification du projet:

quelles sont les étapes (d'expérimentation, de résolution, de mise en commun, de confrontation des acquis, de consolidations, d'évaluation) ?

comment les organiser : acteurs (rôle, responsabilité), volume horaire ?

comment les hiérarchiser ?

quelle évaluation prévoir ?

document descriptif du projet

planning

. mise en oeuvre du projet:

comment suivre le projet ?

quels indicateurs de réussite choisir ?

quelle régulation, quels ajustements apporter ?

comment garantir la cohérence entre la mise en oeuvre et les objectifs ?

travail en équipe

bilans intermédiaires

. Évaluation:

comment évaluer le projet (qualité et démarche) ?

comment évaluer les compétences développées par les élèves ?

comment rendre compte du projet : déroulement, résultats ?

fiche d'appréciation collective du projet

synthèses écrites

formalisation des objectifs, inventaire des stratégies, étude de la faisabilité du projet.

le contrat :

la pédagogie ne saurait se concevoir sans la mise en place d'un contrat entre les différents acteurs d'un projet.

il est indispensable de définir avec précision l'objectif à atteindre, et, au terme de l'activité ou du projet, de mesurer s'il a été atteint, si le contrat a été rempli.pour ce faire, il est nécessaire de se munir d'outils : cahier de bord, fiche de suivi de projet, fiche d'évaluation du projet... ces outils doivent permettre à tous les acteurs du projet de mesurer si les objectifs ont été atteints.ce contrat doit permettre de motiver l'élève, de le responsabiliser vis-à-vis du groupe comme de lui-même. il contribue à l'apprentissage de l'autonomie dans une perspective de participation à la vie collective et, en ce sens, elle participe aussi à la formation à la vie civique.

ce contrat, écrit noir sur blanc, doit porter au moins trois signatures : celle de l'élève, celle de l'enseignant et enfin celle des parents. plus le projet est grand, plus il comporte de signatures:celles du directeur, de l'inspecteur, du président de l'association des parents d'élèves, de l'économe, d'un partenaire externe à l'école…le dit contrat, officialise le travail et responsabilise les élèves. il n'y a pas de modèle précis, mais une forme standard, comportant assez d'éléments qui éclairent l'objet du contrat, ferait l'affaire. nous produisons ici, un formulaire de contrat, à titre d'exemple:

contrat

le …../……./…………

cette année, notre classe a décidé de s'inscrire dans la pédagogie de projet.

nous avons choisi comme projet:

l'élaboration d'un récit. nous serons mes camarades et moi, à même de produire une petite nouvelle, à la fin de l'année.

ainsi, moi………………………………….élève de le 3ac/…., je m'engage à participer sérieusement à cette activité éducative par le biais de laquelle je vais acquérir de nouvelles compétences qui m'aideront à m'exercer davantage, en production écrite.

vous, mes parents, je vous invite à vous y impliquer aussi, d'une manière effective et constructive. signatures:

elève: parents: enseignant:

le contrat est indispensable, cependant, il n'est pas obligatoire qu'il soit écrit. parfois la parole suffit. et dès que le projet se met en place, surtout s'il couvre toutes les activités de l'apprentissage, tous les élèves sont obligés d'y adhérer .

le planning:

si le contrat peut ne pas prendre la forme de l'écrit, il en est autrement en ce qui concerne le planning.

en effet, le planning des activités revêt une importance capitale. il faut synchroniser les activités, échelonner les objectifs, préciser les modalités, et délimiter le temps imparti à chaque activité. le tout s'étalant sur une durée significative, ni trop courte ni trop longue. un mois, en l'occurrence, est une durée idéale pour concrétiser des acquis qui aient un sens, en termes de contenus et de cohérence. plus exactement, quatre semaines, la cinquième étant réservée à la régulation et à l'évaluation. nous parlerons de l'évaluation plus en détails dans un chapitre qui lui sera consacré.

le planning doit être mis sur papier et photocopié. l'enseignant en donnera une copie à chaque élève. ce dernier la collera sur son cahier, et la consultera la veille de chaque séance. il devra préparer les textes dont les numéros de pages sont indiqués dessus, et jeter un coup d'oeil sur les autres activités mentionnées.

le mérite du planning est de préciser l'intention qui doit être définie dès le début. la démarche est alors l'ensemble organisé et cohérent des moyens pour réaliser l'intention. le concept de planning ne se résume pas en une suite linéaire d'actions visant à atteindre un but, mais plutôt à un ensemble d'actions et de moyens interdépendants. il doit rendre l'élève acteur de ses apprentissages. il apprend en faisant. il planifie les actions à mener, identifie les contraintes, et au-delà, devient sensible à la progression recherchée.

nous allons donner ici un exemple de configuration de planning. il va sans dire qu'il n'y a pas de modèle à suivre, mais qu'il faut tenir compte de plusieurs facteurs. comme à chaque projet, on peut opter pour un autre type de planning.

exemple de planning, qui correspond au travail d'un mois:

récit

jour

heure

classe

activité

1er moment:

contenu

2ème moment:

projet d'écriture

etat initiale

lun

…...

8-9

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

mar

……

4-5

3ac…

lang.

……………

…………….

………………………….

jeu

……

9-10

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

ven

……

3-4

3ac…

écrit

……………

…………….

………………………….

l'incident

lun

……

8-9

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

mar

…….

4-5

3ac…

lang

……………

…………….

………………………….

jeu

……

9-10

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

ven

……

3-4

3ac…

écrit

……………

…………….

………………………….

la naissance d'un héros

lun

…….

8-9

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

mar

……

4-5

3ac…

lang

……………

…………….

………………………….

jeu

……

9-10

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

ven

……

3-4

3ac…

écrit

……………

…………….

………………………….

les opposants

lun

8-9

3ac…

lect

……………

…………….

………………………….

mar

…….

4-5

3ac…

lang

……………

…………….

………………………….

jeu

……

9-10

3ac…

lect

……………

…………….

………………………….

ven

……

3-4

3ac…

écrit

………………….

…………………..

……………………………………..

l'évaluation:

quoi évaluer ?

le projet, les étapes du projet

les productions des élèves

les compétences

l'implication des élèves dans le projet

comment ?

en amont du projet : évaluation diagnostique

elle se fait en début d'apprentissage. elle évalue les savoirs et savoir-faire d'un élève avant le projet ; elle permet aussi de mesurer les écarts entre ce que les élèves savent déjà et ce qu'ils devront connaître en fin d'apprentissage.

en cours de projet : évaluation formative

fréquente et immédiate, elle permet à l'apprenant de remédier à ses erreurs et à ses lacunes peu de temps après leur apparition et avant que ne s'engage un processus cumulatif et de comparer sa performance à un seuil de réussite fixé à l'avance.

en aval du projet : évaluation sommative

l'enseignant évalue les compétences acquises : il établit le degré d'atteinte des objectifs et vérifie l'effectivité de l'apprentissage dans un contexte différent (par des exercices écrits, par une verbalisation des acquis individuels, par la demande de conception d'aide mémoire ou de fiches récapitulatives).

a présent, nous allons voir comment cette pédagogie du projet s'est réalisée dans une expérience personnelle, concluante.


ii- démonstration:

présentation de la classe visée:

cette année, je travaille avec trois classes de la deuxième année du collège et trois classes de la troisième année. avec les deuxièmes années, j'ai travaillé un projet de théâtre. mais c'est aux troisièmes années que nous allons nous intéresser. ce sont des adolescents de quatorze à dix-sept ans, suivant leur parcours scolaire qui peut avoir accusé un retard quelque part. ce sont des classes mixtes. chaque classe se compose d'une moyenne de trente élèves, où les filles confirment leur habitude d'élèves soigneuse et studieuses. les garçons le sont mois, d'autant plus que le niveau général de la classe est plutôt assez moyen, si ce n'est l'émergence de deux ou trois élèves brillants, dans chaque classe.

ces élèves, qui ont déjà passé deux ans au collège, doivent avoir vu et plus au moins acquis, au niveau de la première année, les notions les plus simples du récit, à sa voir la typologie du texte, et les foncions du texte narratif. dans le deuxième semestre, ils abordent la description avec ses deux volets, objectif et subjectif, et enfin, terminent avec une synthèse où le récit et la description se rejoignent.

au cours de la deuxième année, le programme les initie aux divers aspects du texte informatif dans la presse, et ils bouclent l'année avec un semestre consacré au théâtre.

le programme officiel et le profil de sortie:

au niveau de la troisième année, le premier semestre est consacré à la correspondance et le récit de vie. le deuxième semestre est réservé au récit romanesque.

notre travail qui s'est inscrit dans la visée de la pédagogie du projet, correspond à ce deuxième semestre. et pour illustrer ce que nous allons présenter, un aperçu du programme s'impose.

les programmes officiels, au niveau de la troisième année du collège imposent les contenus suivants:

la lecture:

consacrée à une oeuvre intégrale adaptée, elle met l'accent, sur l'identification du schéma narratif avec ses cinq parties, à savoir:

l'état initial,

l'incident ou élément perturbateur,

les péripéties,

le dénouement,

l'état final.


langue/ communication:

il y a la coordination, les propositions indépendantes: principales et subordonnées. les subordonnées de: la cause, la conséquence, l'antériorité, la simultanéité, la postériorité, le but, la comparaison, la concession, la condition.

il faut aussi savoir faire une concession dans un acte de communication: concéder puis réfuter, raisonner à partir d'hypothèses (avec l'emploi du subjonctif passé, aussi), et persuader.

la production écrite:

cette activité déroule les exercices suivants: adopter le point de vue du narrateur, la complication(ou l'incident), récit avec retour en arrière, du récit au dialogue, du dialogue au récit, raconter à partir d'un tableau ou d'un support iconique. les péripéties. les rebondissements, le dénouement et/ ou l'état final.

le profil de sortie serait un élève sachant rédiger un récit au passé, qui correspondrait un schéma narratif.

la mise en pratique

la première étape consiste en une formalisation de ces contenus sous forme de planning, qui sera distribué aux élèves. en ce qui concerne le mois de février, le planning était le suivant: manuel passerelle

(pour plus de commodité, nous n'allons mentionner qu'une seule classe)


récit

jour

heure

classe

activité

1er moment:

contenu

2ème moment:

projet d'écriture

etat initiale

lun

9/2/09

8-9

3ac8

lect.

chap. i p.93

état initial: lieu, temps,

mar

10/2/09

4-5

3ac8

lang.

la cause.p.107

personnages

jeu

12/2/09

9-10

3ac8

lect.

chap.ii p.98

l'imparfait

ven

13/2/09

3-4

3ac8

écrit

reprendre les 3 2èmes moments

les articulateurs affinement

l'incident

lun

16/2/09

8-9

3ac8

lect.

chap.iii. 104

l'incident = passé simple

mar

17/2/09

4-5

3ac8

lang

la conséquence

p.115

le dialogue = temps du discours

jeu

19/2/09

9-10

3ac8

lect.

chap. iv p.111

adopter le point de vue d'un narrateur

ven

20/2/09

3-4

3ac8

écrit

les 3 2èmes moments

les articulateurs affinement

la naissance d'un héros

lun

23/2/09

8-9

3ac8

lect.

chap.v p.113

naissance d'un héros

mar

24/2/09

4-5

3ac8

lang

le temps

montrer une qualité chez le héros

jeu

26/2/09

9-10

3ac8

lect.

chap. vi p.120

faire preuve d'intelligence et de courage

ven

27/2/09

3-4

3ac8

écrit

les 3 2èmes moments

les articulateurs affinement

les opposants

lun

2/3/09

8-9

3ac8

lect

chap. vii 129

présenter son projet

mar

3/3/09

4-5

3ac8

lang

le but

déclarer son projet

jeu

5/3/09

9-10

3ac8

lect

chap. vii 129

affronter les opposants

ven

6/3/09

3-4

3ac8

écrit

les 3 2èmes moments

les articulateurs affinement

pour faciliter l'approche de l'oeuvre proposée au programme, en l'occurrence, la célèbre l'île au trésor de son auteur robert louis stevenson, nous avons visionné un film classique, aussi célèbre, qui a essayé une adaptation assez réussi. l'essentiel, est que les élèves, étant plus au moins faibles, aient une vision de l'histoire qui puisse leur rendre le texte accessible.

dans la séance de la lecture, les élèves ayant déjà lu le texte chez eux et essayé de répondre aux questions proposées dans le manuel, n'ont pas beaucoup de mal à suivre la logique du planning, et aller droit au but, lequel est de dégager les structures de sens ou de langue qui serviront de modèle pour notre projet. ainsi, au fur et à mesure que les séances se succèdent, notre récit commence à pousser, au rythme de trois ou quatre phrases par séance, suivant le besoin. parfois, pour la leçon de langue, une phrase suffit, d'autant plus qu'il est difficile de suivre la logique du récit et d'utiliser la leçon étudiée. bien sûr, le rôle de l'enseignant est d'anticiper et de toujours avoir en réserve, des propositions si les élèves n'y arrivent pas. il lui faudra encore savoir amener les élèves à formuler ces propositions, à force de suggestions, pour leur donner l'impression qu'ils les ont réellement trouvées. ce qui n'est pas totalement faux.

a présent, nous allons voir un extrait de ce travail, qui correspond aux objectifs assignées dans le planning de février. le texte intégral sera proposé en annexe. ce qui sera en rouge représentera les leçons de langue ou de communication, d'où nous avons choisi les expressions que les élèves n'ont pas l'habitude d'utiliser. des indications se rapportant aux objectifs de la production écrite, et qui sont liés à ceux de la lecture, seront mises entre parenthèses.

voici le texte:

(situation initiale = les verbes à l'imparfait)

en 2000, à casablanca, vivait une famille de condition modeste. le père exerçait un petit métier qui lui permettait d'envoyer ses quatre enfants à l'école. la mère, quant à elle, grâce à la broderie qu'elle pratiquait, elle complétait les besoins de la maison. mohcine et moussa étaient des jumeaux. mohcine venait de passer au lycée avec juste la moyenne mais moussa avait doublé cette année. l'échec de ce fils faisait un nuage dans la vie tranquille des khairs. en effet, moussa commençait à détester l'école.


(l'incident = le passé simple)


ce jour- là, justement, il ne se leva pas à l'heure. sa mère vint alors le secouer:


(dialogue dans le récit= temps du discours)


-moussa, debout avant qu'il ne soit trop tard!

ouvrant les yeux, il lui répondit:

-maman, s'il te plaît, laisse-moi me reposer. je suis trop fatigué pour sortir. et sous prétexte qu'il avait déjà le programme, il informa sa mère qu'il allait s'absenter ce jour-là.

la mère avait trop de choses à faire c'est pourquoi elle le laissa et partit préparer la petite nada qu'elle devait déposer à la maternelle du coin! tout en vérifiant le gouter de la petite, la mère ne cessait de se demander ce qui avait bien pu changer dans sa petite maison, après tout, heureuse!un garçon qui ne voulait plus aller à l'école, un autre qui plongeait de plus en plus dans la prière et la solitude!heureusement, rachid,lui, était un bon élève et ses résultats faisait la fierté de son père.

en rentrant, la maman trouva sa voisine qui l'attendait sur le pas de la porte. celle-ci lui dit:


(dialogue dans le récit = temps du discours)


-alors nejma, tu as déposé nada? je crois que tu as un peu de temps pour voir un tissu que je voudrais broder?

la maman lui demanda de lui accorder un moment pour remettre de l'ordre chez elle avant de la rejoindre! et ajouta qu'elle voulait aussi la voir car elle avait quelques soucis à lui raconter!

une heure plus tard, chez la voisine, un vert de thé à la main, nejma commença son récit:


(adopter le point de vue d'un narrateur)


« Écoute lalla khadija, tu es comme ma soeur et je vais me décharger du poids qui commence à peser sur mon coeur! mon fils moussa ne veut plus aller à l'école, et ali, mon mari n'en sait rien encore, et je tremble à l'idée qu'il apprenne cela. et puis, mohcine, qui normalement a réussi et doit être content de la vie, et bien, je ne sais pas ce qui lui arrive. il est devenu un vrai pratiquant de la religion et même un peu trop! il prie plus qu'il ne vit. l'autre jour, un certain yahya est venu le chercher. j'étais étonnée de voir ce jeune homme barbu qui demande après mon fils. et quand je lui ai demandé de me donner des explications, il m'a juste répondu que c'était désormais son seul et vrai ami! que dois-je faire?je sens que ma maison va partir en ruine!»

(naissance d'un héros)

plus tard, pendant que sa mère préparait le repas, moussa se demandait comment il pouvait communiquer à sa mère le projet qui commençait à grandir de plus en plus dans sa tête.


(présenter son projet)


partir à l'étranger, tenter sa chance là-bas, comme beaucoup de jeunes! mais comment sans papiers et sans argent? surtout l'argent! il avait quelques idées, mais pouvait-il parler? arrivé à la porte de la maison, moussa avait son idée et il était décidé à parler à sa mère. ainsi, dans la cuisine, et de crainte que sa mère ne le prenne mal, il commença par la maternelle:

-maman, je viens de passer devant la maternelle et cela m'a rappelé de beaux souvenirs.

sa mère, regardant l'heure sur l'étagère au dessus de l'évier, sursauta et dit:

-mais c'est l'heure d'aller chercher nada. mercredi, la maternelle ferme l'après-midi. moussa lui proposa alors de surveiller la cuisson du repas, car il n'avait pas le courage de revoir la vieille directrice.


(montrer une qualité chez le héros)


resté seul maître de la cuisine, moussa, tout en ayant un oeil sur le tajine dans sa phase final, eut l'idée de préparer une salade de crudités, qu'il savait d'ailleurs bien faire. en un tour de main, tous les légumes qui restaient y passèrent. quand nejma rentra, elle fut étonnée de voir le chef-d'oeuvre que son fils réalisa. et dès que les compliments furent faits, moussa profita de l'occasion pour attaquer:


(faire preuve d'intelligence et de courage)


-dis maman, tu sais comment les parents de majid ont acheté leur voiture?

sans se douter de quelque chose, nejma répondit:

-evidemment! c'est grâce à majid qui leur envoie de l'argent.

moussa rassembla son courage et lança:


(déclarer son projet)


- pourquoi alors, je ne ferais pas comme lui?

interloquée, nejma, croyant que cela ne valait pas la peine d'en parler, finit par lâcher:

-avant de savoir si ton père va accepter ou non, tu as pensé à l'argent qu'il faudrait?

moussa hésitant un peu, finit par lancer:


(affronter les opposants)


-et pourquoi tu ne vendrais pas ce petit morceau de terrain que tu as à la campagne?


(fin de la partie qui correspond au planning du mois de février).


après un mois de travail, une semaine d'évaluation soutien s'impose. bien sûr, l'évaluation est omniprésente dans le processus d'apprentissage: au début de chaque séance pour vérifier les acquis, et se remettre dans le bain, puis en cours de la leçon, et à la fin de chaque leçon. la dernière séance de la semaine réservée à l'affinement sert, surtout à une mise au point. cependant, il faut aussi faire une évaluation sommative. cette semaine sera articulée comme suit:


soutien / évaluation

lun

2/3/09

8-9

3ac8

lang

la cause

la conséquence

c'est au cours de ces séances, que nous revoyant en détails, les autres expressions de chaque leçon et qu'on avait juste survolées, pour n'en retenir que celles qui nous intéressaient pour notre projet.

mar

3/3/09

4-5

3ac8

lang

le temps

jeu

5/3/09

9-10

3ac8

lang

le but

ven

6/3/09

3-4

3ac8

contrôle continu

les résultats du contrôle permettent de rectifier le tir et de mieux préparer le planning qui suit.

après trois mois de travail, le récit était achevé, respectant trois plannings. le mois de mai était réservé à la description et à l'enrichissement. cette étape s'est déroulée sous forme de discussion et de propositions que je recueillais et que j'exploitais hors classe. chaque jour, j'apportais à mes élèves le texte obtenu d'après leurs suggestions.

À la fin, on a choisi un titre et j'ai donné au récit la forme d'un petit roman, (13,97/21,59).j'en ai fait trois exemplaires, et j'en ai offert un à une fille par classe, dédicacé ainsi: à …………. mon élève qui y a beaucoup participé. et ce n'était pas toujours la plus brillante, mais la plus impliquée.

conclusion:

synthèse:

meirieu 5conseille d'utiliser une pédagogie de projet pour donner du sens aux tâches des apprentissages. cette pédagogie intègre dans ses fondements aussi bien l'enseignement par objectifs, puisque l'enseignant doit toujours s'assigner des objectifs à atteindre, à court ou à long terme, que l'enseignement par compétences lequel est basé sur la notion de situation-problème, où une tâche ne peut être menée à bien qu'en surmontant un obstacle. le rôle de l'enseignant est de provoquer cette situation, mais aussi et surtout d'aider l'apprenant à la surmonter; non pas en l'aidant à la résoudre, mais en favorisant chez lui, l'apparition de cet esprit qui apprend à gérer les contraintes, pour en faire un moteur de recherche, et non un handicape ou un frein à l'acquisition des connaissances, ou plutôt du savoir-faire.

ce système de contraintes, habilement mené par l'enseignant, trouvera son sens dans une tâche plus globale et plus cohérente. le projet permet de répondre à ce besoin de se sentir impliqué dans une situation-action, qui est provoquée chez les apprenants. en effet, l'apprenant, qui est placé en situation de résolution de problèmes, c'est-à-dire, en situation de recherche-action, participe au processus d'apprentissage et peut s'approprier les savoirs plutôt que de les subir. la pédagogie de projet, en favorisant la centration de l'enseignant sur l'apprenant pour le rendre acteur, permet de sortir du cadre traditionnel de la transmission de savoirs. ce qui revient à dire que la préoccupation est beaucoup plus centrée sur la démarche d'apprentissage que sur l'objet à produire. pour schématiser, on peut dire:

au départ, projet du professeur: objectifs clairs mise en situation des élèves (porteuse de sens) obstacles (situation-problème) erreurs et tâtonnement apprentissage (source de résolution) résolution de problèmes = projet des élèves.

limites:

la pédagogie de projet est certes efficace, cependant on ne peut l'utiliser d'une façon systématique. il faut souligner que certaines activités ne peuvent figurer dans le cadre d'un projet. pour n'en citer que quelques unes, la conjugaison, l'orthographe, l'écriture, qui demandent un plus grand effort de la part du professeur, en termes de suivi et de contrôle individuel.

d'un autre côté, il faut savoir choisir les séquences qui servent vraiment le projet, et non pas investir quelques notions, sous prétexte qu'elles figurent au programme, et qui ne feront que l'alourdir.

enfin, puisque la classe n'est jamais homogène, un projet ne peut prétendre impliquer tous les apprenants, c'est pour cela qu'il faut prévoir, dans le souci de toucher un maximum d'apprenants dans leur diversité, des moments hors projet durant lesquels seraient mis en oeuvre d'autres modes de travail, qu'ils soient innovants ou même plus traditionnel( le fameux métier d'élève).

cependant, si beaucoup reprochent à la pédagogie de projet, de ne pas mettre les apprenants en situation d'abstraction, de part sa vocation de travailler sur de l'utile et du concret, il ne faut pas oublier de souligner que tous les apprentissages ne peuvent se faire dans le cadre d'un projet, comme nous l'avons déjà évoqué, d'autant que les phases du projet ne doivent représenter qu'une part infime du volume horaire. et que l'enseignant a largement le temps d'user des méthodes qu'il juge adéquates pour tel ou tel connaissances à traduire en savoir. il ne faut surtout pas faire du projet une fin en soi, où le produit est la seule finalité, au détriment des apprentissages et des relations humaines. comme le précise en effet françois muller6, le projet n'est pas une fin en soi, c'est un détour pour confronter les élèves à des obstacles et provoquer des situations d'apprentissages…il ne faut pas que les acteurs, maître et élèves, soient tentés de viser l'efficacité au détriment des occasions d'apprendre.

de même que le choix de telle ou telle pédagogie ne devrait en aucun cas être imposé à l'enseignant. en effet, ce dernier doit pouvoir choisir les outils qu'il utilise et les manier avec aisance. l'utilisation systématique d'une méthode entraine son dessèchement. chaque enseignant doit inventer sa propre méthode. le pédagogue est un chercheur, un créateur, discret mais réel; lui imposer un type d'enseignement serait très réducteur. l'alternance des méthodes présente des qualités et des avantages différents, à ne pas opposer mais plutôt à mêler. cette alternance, comme le dit pierre-yve artaud 7dans À propos de pédagogie, est un équilibre intéressant. un enseignant heureux enseigne autant ce qu'il est que ce qu'il sait, et un enseignant heureux est un bon enseignant.

formation:

pour terminer ce modeste travail, il serait très important de parler de la formation des enseignants. depuis, l'avènement de l'arabisation, le niveau du français au maroc est en perpétuel chute, malgré tous les efforts fournis pour redresser la situation.

les bons enseignants, formés et auto formés à l'ancien système, forgés à la tâche par des années de pratique et de bonne volonté, s'en vont en retraite, et laissent un affreux vide des enseignants de cette trempe sont irremplaçables.

il faudra donner beaucoup plus d'importance à la formation des enseignants, et la formation continue, pour compenser un tant soit peu ces départs.

ce qui a motivé ce travail c'est surtout, cette année de formation que j'ai suivie, à la faculté des lettres d'ain chok, dans la filière études françaises, option enseignement.

ce n'est pas tant le programme qui m'a poussé à m'inscrire dans la dynamique des cours, mais c'est surtout la présence d'illustres enseignants, dont la plupart étaient mes professeurs dans les années 80, avant que je ne quitte la faculté pour faire le cpr. mais j'étais loin de les apprécier à leur juste valeur.

cette année, avec le recul et l'expérience, aussi bien de la langue que du métier, j'ai été subjugué par leur savoir et leur façon d'être et de faire. le fait de les avoir approchés l'espace de ces courtes séances par semaine, m'a rendu meilleur. que ce soit dans les matières qui ont directement un rapport avec l'enseignement, que celles qui s'occupent de la littérature en général. assister à leur cours m'a, dès le départ permis de rectifier ma pratique en classe, et tout au long de l'année je n'ai cessé de mettre en exercice ce que j'apprenais en théorie.

la psychopédagogie, la didactique, le micro-enseignement, autant de matières, qui ont rapport au métier de l'école, et dont les professeurs méritent à juste titre d'être cités dans la bibliographie: madame nejjary8, monsieur akka9 et monsieur saouri10.

il ne faut pas oublier que les autres professeurs ont joué un très grand rôle dans le travail de l'écrit et de l'approche des textes: madame iraqi11, madame berrada12, madame hseine13, madame nejjary14, monsieur akka15, monsieur yamlahi16, et monsieur ghazouani17.

bibliographie


freinet célestin, pédagogie et émancipation, portraits d'éducateurs, hachette éducation, 1999.

meirieu philippe, apprendre oui, mais comment? esf éditeur, paris, 1989.

itinéraires des pédagogies de groupes. chroniques sociales.

artand pierre-yve, à propos de pédagogie. document pdf, en line.

decroly ovide, à propos de motivation, document pdf, en line.

dewey john, apprendre par l'action document pdf, en line.

muller françois, free. fr/ diversifier/index.htm. en line.

piaget jean, de la pédagogie, Éditions odile jacob, paris, 1988.


annexe

projet d'écriture

nejma

l'étoile filante

3ac/8; 3ac/9; 3ac/10

2008/2009

j.a

en 2000, à casablanca, dans un des quartiers les plus antiques, vivait une famille de condition modeste.

le père était plombier dans une société et son métier lui permettait d'envoyer ses quatre enfants à l'école. la mère, quant à elle, grâce à la broderie qu'elle pratiquait, complétait les besoins de la maison, et, elle arrivait même à gâter ses enfants à l'insu de leur père.

rachid âgé de quatorze ans, avait déjà toute une série de gadgets électroniques. le dernier était un ordinateur portable qu'une cliente avait cédé à sa mère, presque gratuitement. certes, la machine n'était pas performante mais elle était la bienvenue!

ses deux frères aînés ne manquaient de rien,non plus. ils avaient un ordinateur de bureau et des téléphones portables. c'étaient des jumeaux. mohcine et moussa.

ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, mais leurs parents faisaient tout pour les différencier. ainsi dès leur naissance, ils avaient opté pour le choix de noms distincts, résistant à la tentation des paires «hassan/hocine»«yassir/yassine»…

et surtout les vêtements. la mère en vraie économe, pensait que des vêtements différents offraient à ses enfants un éventail de combinaisons pour varier leur aspect vestimentaire. les enfants eux-mêmes apprirent à avoir un maintien différent. ils se coiffaient différemment et s'ingéniaient à marier leurs vêtements réciproques pour ne pas montrer que tel ou tel t-shirt appartenait à l'un ou à l'autre.

rachid ne pouvait d'ailleurs que se féliciter de ce garde- robes bien garni. les jumeaux avaient les cheveux et les yeux noirs comme ceux de leur père, dont ils tenaient d'ailleurs toute la physionomie, mais leur taille élancée venait de leur mère.

rachid ressemblait plutôt à sa mère, surtout ses cheveux châtain clair et ses yeux verts. nejma était blonde comme sa grand-mère.

a l'école, mohcine venait de réussir sa deuxième année du lycée avec juste la moyenne mais moussa avait doublé. l'échec de ce fils faisait un nuage dans la vie tranquille des khairs. en effet, moussa, comme ses parents, vivait mal cette dernière distinction, et ressentait cela comme une trahison. alors, il commençait à détester l'école, pour ne pas détester son frère. ce jour- là, justement, il ne se leva pas à l'heure. sa mère vint alors le secouer:

-moussa, debout avant qu'il ne soit trop tard!

ouvrant les yeux, il lui répondit:

-maman, s'il te plaît, laisse-moi me reposer. je suis trop fatigué pour sortir. sa mère était tellement surprise qu'elle crut qu'il était malade.mais il la rassura en lui disant que c'était mohcine qui l'avait réveillé très tôt le matin par le bruit de ses ablutions pour la prière d'el fajr, qu'il ne ratait plus depuis quelque temps. et sous prétexte qu'il avait déjà le programme, il informa sa mère qu'il allait s'absenter ce jour-là.

la mère avait trop de choses à faire, c'était pourquoi elle le laissa et partit préparer la petite nada qu'elle devait déposer à la maternelle du coin!avec ses trois ans , ses deux nattes blondes et ses yeux verts, la petite princesse faisait le bonheur de tout le quartier!

tout en vérifiant le gouter de la petite, la mère ne cessait de se demander ce qui avait bien pu changer dans sa petite maison, après tout, heureuse!un garçon qui ne voulait plus aller à l'école, un autre qui plongeait de plus en plus dans la prière et la solitude!heureusement, rachid,lui, était un bon élève et ses résultats faisait la fierté de son père.

en rentrant, la maman trouva sa voisine qui l'attendait sur le pas de la porte. celle-ci lui dit:

-alors nejma, tu as déposé nada? je crois que tu as un peu de temps pour voir un tissu que je voudrais broder?

la maman lui demanda de lui accorder un moment pour remettre de l'ordre chez elle avant de la rejoindre! et ajouta qu'elle voulait aussi la voir car elle avait quelques soucis à lui raconter!

une heure plus tard, chez la voisine, un vert de thé à la main, nejma commença son récit: « écoute lalla khadija, tu es comme ma soeur et je vais me décharger du poids qui commence à me peser sur le coeur! mon fils moussa ne veut plus aller à l'école, et ali, mon mari n'en sait rien encore, et je tremble à l'idée qu'il apprenne cela. et puis, mohcine, qui normalement a réussi et doit être content de la vie, et bien, je ne sais pas ce qui lui arrive. il est devenu un vrai pratiquant de la religion et même un peu trop! il prie plus qu'il ne vit. l'autre jour un certain yahya est venu le chercher. j'étais étonnée de voir ce jeune homme barbu qui demande après mon fils. et quand j'ai demandé à mohcine de me donner des explications, il m'a juste répondu que c'était désormais son seul et vrai ami! que dois-je faire?je sens que ma maison va partir en ruine!»

la voisine , du haut de ses soixante ans mais qu'une vie de sobriété et d'élégance, d'origine fassie, ne laissait rien voir de son âge, si ce n'étaient ses cheveux de plus en plus rares, quand il arrivait que son foulard glissait un peu, la rassura que les enfants sont tous comme cela, et qu'ils finissent toujours par reprendre leurs habitudes et qu'elle savait, elle, de quoi elle parlait puisqu'elle était plus âgée que nejma et qu'elle avait déjà marié un fils et une fille.

nejma souhaitait de tout son coeur que les paroles de lalla khadija soient justes, puis elle remercia, prit la nouvelle commande et rentra chez elle!

pendant que sa mère préparait le repas, moussa se demandait comment il pouvait lui communiquer le projet qui commençait à grandir de plus en plus dans sa tête: partir à l'étranger, tenter sa chance là-bas, comme beaucoup de jeunes! mais comment sans papiers et sans argent? surtout l'argent! il avait quelques idées, mais pouvait-il parler?

après avoir pris son petit déjeuner, moussa sortit faire une promenade pour bien y réfléchir. en passant devant la maternelle, il se rappela le temps où sa mère les déposait lui et mohcine. c'était le temps du bonheur. il y avait d'ailleurs majid, à peine plus âgé qu'eux qui remplissait la petite cour de ses cris. d'après les jeux qu'il inventait, il avait déjà l'esprit ailleurs.et surtout, il ne lâchait pas un ballon rouge.

ah!le football! c'était une belle époque. ils avaient beaucoup joué, plus tard. leur équipe gagnait tous les tournois des rues et ceux des collèges, grâce aux talents de majid. et plus tard le chanceux, trouva comment partir en europe où un club l'avait adopté… mais, lui moussa, qui pouvait l'aider? si seulement il pouvait partir? majid lui serait de bon secours.

arrivé à la porte de la maison, moussa avait son idée et il était décidé à parler à sa mère. ainsi, dans la cuisine, et de crainte que sa mère ne le prenne mal, il commença par la maternelle:

-maman, je viens de passer devant la maternelle et cela m'a rappelé de beaux souvenirs.

sa mère, regardant l'heure sur l'étagère au dessus de l'évier, sursauta et dit:

-mais c'est l'heure d'aller chercher nada. mercredi, la maternelle ferme l'après-midi.

moussa lui proposa alors de surveiller la cuisson du repas, car il n'avait pas le courage de revoir la vieille directrice.

resté seul maître de la cuisine, moussa, tout en ayant un oeil sur le tajine dans sa phase final, eut l'idée de préparer une salade de crudités, qu'il savait d'ailleurs bien faire. en un tour de main, tous les légumes qui restaient y passèrent. ses mains étaient aussi agiles que celles d'un grand chef. il ressentit quelque fierté et ne put s'empêcher de penser qu'il avait un talent qui pourrait un jour servir.

quand nejma rentra, elle fut étonnée de voir le chef-d'oeuvre que son fils réalisa. et dès que les compliments furent faits, moussa profita de l'occasion pour attaquer:

-dis maman, tu sais comment les parents de majid ont acheté leur voiture?

sans se douter de quelque chose, nejma répondit:

-evidemment! c'est grâce à majid qui leur envoie de l'argent.

moussa rassembla son courage et lança:

- pourquoi alors, je ne ferais pas comme lui?

interloquée, nejma, croyant que cela ne valait pas la peine d'en parler, lâcha:

-avant de savoir si ton père va accepter ou non, tu as pensé à l'argent qu'il faudrait?

moussa hésitant un peu, finit par lancer:

-et pourquoi tu ne vendrais pas ce petit morceau de terrain que tu as à la campagne?

la mère était trop choquée pour répondre. cela était donc sérieux.

les jours qui suivirent, moussa dormait mal et n'arrivait pas à croiser les yeux de sa mère. il perdit même l'appétit mais il mangeait avec courage car il pensait qu'il aurait besoin de toutes ses forces pour l'aventure.

cependant la maman, elle, ne mangeait presque plus et passait les nuits à réfléchir à la situation dans laquelle son fils voulait la mettre. elle décida d'en parler à son mari. mais en attendant que l'occasion se présente, elle commença à rendre des visites de plus en plus fréquentes, à lalla noufissa, la mère de majid, pour laquelle elle avait d'ailleurs beaucoup brodé, ces derniers temps.

peu à peu, nejma commençait à être convaincue. elle se sentait suffisamment courageuse pour parler à son mari, mais chaque fois qu'elle essayait, elle ne pouvait s'empêcher de penser que l'idée de sacrifier la terre n'allait attirer que des problèmes.

elle jugea bon d'en parler à lalla noufissa:

«nous avons hérité, mes frères et moi d'une terre, que nous n'avons pas encore partagée. ma part est toute petite, et je n'ose pas la réclamer à mes frères. mais, lalla noufissa, je ne t'ai pas dit que moussa voudrait partir à l'étranger comme ton fils; et que cette terre est notre seule ressource.»

lalla noufissa, voyant en moussa un futur compagnon de son fils, à l'étranger, proposa à nejma de lui prêter l'argent nécessaire au voyage, et qu'elle la mettrait même en contact avec les gens qui avaient aidé son fils à quitter clandestinement le maroc.

au fur et à mesure que lalla noufissa parlait d'une voix aigue de petite fille qui contrastait avec son obésité naissante, nejma imaginait déjà moussa à l'étranger.

le lendemain, nejma parla à son mari. la réaction ne se fit pas attendre. si ali explosa d'une colère qu'on ne lui avait jamais vue. et si ce n'était la présence de nada, il aurait crié à casser les vitres.

il fit appeler moussa pour entendre de sa bouche de quoi il s'agissait. chose étrange, moussa trouva le courage de vider son coeur, sans toutefois lever les yeux. si ali eut la sagesse de ne pas l'interrompre jusqu'à ce qu'il ait terminé ce qu'il avait à dire.

le père se leva alors lentement, et se retira dans sa chambre. son front s'était assombri et on aurait dit qu'une ride venait d'y naître, lui donnant l'air d'être plus vieux.

il se promit de réfléchir à tous ces bouleversements qu'il commençait à pressentir depuis quelque temps, dans les comportements de ses garçons, en train de devenir peu à peu des hommes, sans qu'il y fasse attention, laissant tout le soin et la responsabilité à la douce et courageuse nejma.

nejma qui ne s'était jamais plainte de quoi que ce soit. brodant la vie de la petite famille ainsi qu'elle embellissait les tissus qui, passés entre ses mains, se transformaient en étoffes dignes d'être portées par des princesses.

mais, où pouvait-elle puiser sa force et sa sagesse?était-ce dans ses origines berbères?dans ce petit hameau niché au creux des montagnes?les belles montagnes du sud du maroc.cela faisait longtemps qu'ils n'y étaient pas allés.la frères de nejma sont vraiment hospitaliers.

mais comment moussa pouvait-il penser le moindre instant que sa mère pourrait se séparer de cette terre bénie?

si ali, bercé par les souvenirs du dernier voyage qui les y avait emmenés sa femme et lui, lors de la disparition de son beau-père, se souvint alors que nada n'était pas encore née, et qu'ils n'avaient emmené, avec eux, que le petit rachid. cela expliquerait peut-être pourquoi moussa ne s'en souciait guère. leur dernier voyage, tous ensemble, au sud, remontait à huit ans. il n'en gardait qu'un souvenir vague.

et lui-même si ali, à quand remontait son dernier congé? il ne s'en souvenait plus. il a toujours préféré travailler. même le dimanche, cela l'ennuyait de rester à la maison .etait-ce cela l'origine des problèmes? il se disait chaque soir qu'il devait faire quelques recommandations à mohcine à propos de sa façon d'aborder la religion, mais cette fois, moussa venait de lui tirer la sonnette d'alarme.

toutes ces réflexions donnèrent à si ali l'envie de prendre quelques jours de congé .il en avait le droit. pas plus d'une semaine. juste ce qu'il fallait pour remettre les choses en ordre. il en avait une petite idée. il ne savait pas exactement comment, mais il savait précisément où? c'était au sud. au pays de la réconciliation. au contact de la bonne terre qui avait vu nejma voir le jour. au milieu des oliviers et des amandiers. là où le temps coulait au rythme du ruisseau qui serpentait la vallée et qui chantait la douce mélodie du vent et faisait danser les épis de blé.

c'était des thèmes qu'on retrouvait dans les chansons berbères qu'il aimait beaucoup, étant lui aussi de la région mais de l'autre côté de la montagne, du versant le plus aride.de telle sorte que la plaine de nejmaétait un paradis.

il se souviendrait toujours du jour où il l'avait vue pour la première fois, riant au milieu des coquelicots, fleur parmi les fleurs: était-ce pour cela qu'elle affectionnait la broderie? se représentait-elle ce paradis perdu qu'il ne voudrait jamais oublier?

mais au fait, c'était bientôt les vacances du printemps. et c'était l'occasion de faire un voyage en famille? un pèlerinage aux sources? c'était décidé. il emmènerait ses enfants au sud pour voir leurs origines.cela permettrait une petite halte pour faire le point et sauver le bonheur de la petite famille.

si ali appela nejma et lui en parla.la joie qui se lisait alors dans les yeux de sa femme était déjà une récompense et un bon présage de ce que ce voyage allait être.

quand si ali demanda un congé à son patron, celui-ci accepta même s'il y avait beaucoup de travail dans le chantier de construction. c'était vrai que le patron était surpris cependant il ne demanda aucune justification.

la famille avait cinq jours pour se préparer. le début du congé du père coïncidait avec le premier jour des vacances des enfants.

la veille du départ, nejma alla rendre un travail fini à lalla noufissa; et là ce fut la surprise. majid était à la maison!

le samedi avant la rentrée, moussa, fatigué du voyage, s'endormit, en repensant à ce que lui avait dit majid la veille du voyage. majid que la blessure à la cheville, condamnait à rentrer définitivement au maroc:«si tu veux vraiment partir, il te faudra au moins avoir ton bac!»…pourvu qu'il n'ait pas déjà déçu ses parents, il ferait tout pour réussir.

le lendemain, toute la famille était réunie autour du portable de rachid pour regarder les photos du voyage. c'était à qui commenterait ces beaux moments immortalisés:

«regardez rachid! il a l'air ridicule à dos d'âne!»

«et là, c'est moi!»«oh! ma petite, tu es une fleur au milieu de ces beaux champs!»

«mes tantes et mes oncles sont vraiment sympa! et je n'oublierai jamais le goût de ce tajine, que nous avons dévoré jusqu'à la dernière bouchée!»

mohcine regardait, lui aussi, les photos en souriant, car il avait retrouvé le sourire. il avait compris que l'islam, c'est de la communication et du partage; c'était l'esprit sportif qu'il avait remarqué chez ses cousins, travaillant dur, jouant des matches et ne ratant jamais l'heure de la prière!

si ali, un peu en retrait, emmitouflé dans un burnous, sa dernière acquisition au marché du village, savourait ces moments de repos en famille, avant la reprise du travail. il était satisfait. ce qu'il avait projeté avait abouti. il demanderait bien à nejma de lui mettre une plus grande bouteille de miel pour son cher patron.


aujourd'hui, neuf ans plus tard, avec un c.v bien valorisé, diplômes et expériences, moussa postule pour une place de chef-cuisinier, dans un hôtel trois étoiles. pour rien au monde, il ne laisserait son pays puisque, même une formation de trois mois en suisse n'a pas éveillé en lui l'ancien rêve d'adolescent, qui a failli détruire sa vie. il a même réussi à convaincre majid de faire l'école hôtelière: et il s'est retrouvé dans la pâtisserie.

mohcine, ayant suivi une formation en réseaux et communication, occupe un bon poste dans une société de publicité. son dynamisme et sa créativité font de lui un élément indispensable sur qui repose la réussite de l'entreprise. des rumeurs circulent déjà qu'on pourrait lui confier la direction d'une filiale qui va bientôt voir le jour. ses collègues sont heureux pour lui, même s'ils ne pourront pas se passer de sa bonne humeur.

la seule fois où il a eu une pensée pour yahya, c'était lors des attentats qui ont secoué casablanca, le 16 mai 2003. ce jour-là il s'était félicité d'avoir tourné à jamais une page sombre de son passé.

quant à rachid, qui a vingt-trois ans, il termine sa dernière année à l'institut agronomique.ingénieur d'application est, pour lui, une première étape qui lui permettra de réaliser son rêve. ce rêve qu'il berce depuis neuf ans déjà. il s'y est préparé. car lui, il avait toujours la tête sur les épaules et savait exactement ce qu'il voulait faire. son père, mis en confidence, approuve sans la moindre hésitation, son projet. et comment peut-il en être autrement? rendre la vie à la terre de ses grands-parents en y expérimentant un nouveau système d'irrigation, est une bénédiction. et la terre ne manque pas puisque si ali n'a qu'une soeur et leur père leur a laissé une terre qui s'étend à perte de vu

a la veille de la retraite, si ali, les cheveux grisonnant, le corps montrant déjà l'usure du temps, aimerait bien se retirer dans le pays de son enfance.

et surtout emmener nejma prendre du repos, au contact de la nature qui avait longtemps nourri son inspiration, jusqu'à ce que la dernière étoffe qu'elle a brodée épuise définitivement ses yeux. l'opération qu'elle vient de subir pour la deuxième fois n'a fait que prouver ce qu'elle répète à ses enfants, qui se préparent à l'emmener à l'étranger pour être examinée par les plus grands spécialistes.

elle savait depuis deux ans que ses yeux commençaient à s'éteindre .et elle acceptait, ce qu'elle concevait comme son destin. elle a tout vu et emmagasiné assez d'images pour vivre le restant de sa vie. et même nadala petite, elle a treize ans, maintenant. précoce, elle a déjà les traits d'une jeune demoiselle, et nejma sait exactement quelle belle jeune femme elle sera quand sonnera l'heure de son mariage. bien sûr, après avoir décroché les plus beaux diplômes. nada sera une femme moderne. elle, elle choisira son mari. nejma ne regrettait rien.si ali a toujours été là pour elle. mais c'est dans l'air du temps. bien des choses ont changé d'ailleurs.

a présent sa petite maison, située au premier, semble bien vide après le mariage de mohcine, tout de suite après celui de moussa. rachid, lui, ses études à rabat lui permettent à peine de rentrer un week-end sur deux.

d'ailleurs, la tradition familiale veut que les dimanches se passent en famille. la petite maison se transforme alors en pouponnière où le petit karim fils de moussa et la petite maha fille de mohcine s'en donnent à coeur joie, aux jeux des bambins, rappelant aux deux frères une certaine petite maternelle, rachetée et transformée en une boulangerie, celle de majid:«le ballon rouge». c'est son nom.la vieille directrice, devenue caissière chez majid, qui a beaucoup grossi et a perdu le dernier de ses cheveux roux, se plait à raconter, sans se lasser, l'histoire de ce nom.


rabha, la bonne qui a été engagée par moussa pour aider sa mère, voilà deux ans, fait partie de la famille. veuve sans enfant, elle semble ne pas avoir d'âge, mais ne demande qu'à s'intégrer.

et quand tout le monde s'est retiré, nejma demande à rabha de lui placer son fauteuil dans la chambre des enfants, devant la fenêtre du sud. elle respire alors un grand bol d'air et pensant à l'étoile qu'elle avait l'habitude de contempler de ce côté, elle a une pensée à lalla khadija qui s'est éteinte il y a deux ans, et à lalla noufissa qui l'a rejointe l'année dernière. elle expire doucement et ferme les yeux.

où vont toutes ces étoiles qui brillent le temps d'une vie et disparaissent à tout jamais? nejma, étoile du sud, étoile filante que l'on aperçoit le temps d'un souhait. le temps que ses enfants réalisent leurs rêves.


fin

1 dewey est l'initiateur du hands-on learning (apprendre par l'action). il crée une école laboratoire loin de l'autorité habituelle où le maître est un guide et où l'élève apprend en agissant. dewey souhaite réconcilier esprit et action, travail et loisir, intérêt et effort. il pense que l'enfant doit agir plutôt que d'écouter. il est un des principaux pédagogues du mouvement d'éducation neuve

2 la démarche pédagogique de decroly a des bases scientifiques et intellectuelles dans laquelle la théorie et la pratique se mêlent intimement. la théorie n'a de sens que si la pratique la confirme. ainsi il pense que l'éducation doit se faire à partir des intérêts de l'enfant. il dira que le développement de l'enfant est le résultat de sa croissance biologique et de son expérimentation active dans le milieu où il se trouve.

3 instituteur, freinet proposait à ses élèves pour le journal de classe différents sujets puisés dans

leur quotidien. il s'agissait d'un recueil de textes libres réalisés et imprimés au jour le jour. ce journal constituait

donc un projet collectif. les élèves étaient alors amené à gérer leur projet au travers de la coopérative, c'est-à-dire à :

1. recueillir des idées : émergence du projet

2. mettre au point le contenu : choix du projet

3. élaborer des textes et les corriger : réalisation du projet

4. organiser la diffusion : réalisation du projet

5. évaluer le travail : évaluation du projet

4 pour piaget, l'enfant apprend par l'action. c'est par l'expérience avec l'objet qu'il construit son savoir. a partir d'un noyau initial de schèmes d'action, l'assimilation de l'environnement est possible, progressivement, en raison des problèmes nouveaux que pose l'environnement, le sujet entreprend de modifier sa structure cognitive.

5 philippe meirieu : apprendre oui, mais comment ? esf éditeurparis, esf, 1989.

6 françois muller, agrégé d'histoire, enseignant d'histoire et de géographie, formateur, puis responsable de formation ; en 1997, consultant en formation continue, puis depuis 2000, coordonnateur du pôle de soutien à l'innovation pédagogique

7 pierre-yves artaud, né le 13 juillet 1946 à paris, est un flûtiste classique français premier prix de flûte et de musique de chambre du conservatoire de paris, il mène une triple carrière de concertiste, de chercheur et de pédagogue.

8 la psychopédagogie. s/5

9 micro enseignement. s/5

10 eléments de psychopédagogie et didactique. s/5

11 littérature comparée. s/6

12 littérature du monde. s/6

13 la sémiotique .s/5. s/6

14 culture générale et projet personnel. s/6

15 l'analyse du discours

16 la culture française

17 la didactique de la littérature.

université hassan ii - aïn chock

faculté des lettres

filière: Études françaises

s6: option enseignement

ain: chock- casablanca

mémoire de fin d'études

la pédagogie de projet pour promouvoir l'écrit

travail réalisé par: jaafari ahmed

encadré par: madame nejjary

sommaire

introduction

présentation de la pédagogie de projet………………………………………….. p5

la pédagogie de projet pour développer l'écrit chez les apprenants……………. p7

les limites du projet, en termes de contraintes…………………………………. p9


développement


volet théorique:

le projet en question………………………………………………………….… p10

le cadrer du projet……………………………………………………… …. p10

les parties prenantes dans l'élaboration du projet………………………….. p12

choix du type de projet…………………………………………………...... p13

les modalités du projet………………………………………………………… p15

les étapes…………………………………………………………………… p15

le contrat…………………………………………………………………… p16

le planning………………………………………………………………… p18

l'évaluation………………………………………………………………… p20

démonstration………………………………………………………………….. p21

présentation de la classe visée…………………………………………………. p21

le programme officiel et le profil de sortie……………………………………. p22

la lecture……………………………………………………………………. p22

langue/communication…………………………………………………….. p23

production écrite…………………………………………………………… p23

la mise en pratique……………………………………………………………… p23


conclusion


synthèse……………………………………………………………………….. p30

limites…………………………………………………………………………. p31

formation……………………………………………………………………… p33


bibliographie……………………………………………………………………….. p36

annexe……………………………………………………………………………… p37

remerciements

je tiens à témoigner du profond respect que j'ai envers notre illustre professeur madame nejjary, dont le savoir encyclopédique, la rigueur et la gentillesse, nous ont tous comblés.

merci infiniment.

a monsieur firachine, et tous mes professeurs, madame iraqi, madame berrada, madame hseine, madame nejjary, madame lamkhanter, à monsieur akka, monsieur ghazouani, monsieur yamlahi, monsieur saouri et monsieur arnous,

merci infiniment.

a mes parents,

mes frères et soeurs,

a ma femme et mon fils,

que j'aime énormément.

introduction:

présentation de la pédagogie de projet:

la pédagogie de projet est la dernière née, dans l'univers de la didactique. elle se propose d'apporter une solution aux lacunes laissées, aussi bien par la pédagogie par objectifs que par la pédagogie par compétences. elle n'est pas un dépassement de ces deux démarches, mais un aboutissement, puisqu'elle leur servira de cadre de réalisation, en leur donnant un sens.

comme son nom l'indique, cette pédagogie s'inscrit dans la visée du projet. héritage du monde des affaires, où le projet signifie réussite, elle emprunte au domaine, la motivation d'un résultat que l'intéressé planifie et auquel il a participé.

cependant, s'il est vrai que la méthode s'inspire du marketing, il n'en demeure pas moins qu'elle a ses propres fondements théoriques, enracinés dans la tradition de la didactique.

en effet, dès la moitié du xx siècle, les tenants du renouveau de l'éducation, vont élaborer des pratiques visant l'inscription du projet dans le processus d'apprentissage.

john dewey 1(1859-1952) est philosophe et psychologue américain. il est l'initiateur des méthodes actives en pédagogie. il préconise que chaque individu essaie d'atteindre ses meilleures performances, et c'est à l'école que revient le devoir de lui en fournir les moyens. son crédo est learning by doing, apprendre en faisant, et non en écoutant tel que le pratique l'école traditionnelle .l'enfant doit agir et interagir, construire des projets, les accomplir, vivre ses expériences et apprendre à prendre de l'écart et à les interpréter.

ovide decroly 2(1871-1932): est médecin, psychologue et pédagogue belge. il souligne que l'intérêt de l'enfant constitue la source de son développement. il donne une grande importance à la dimension affective de l'enfant. aimer faire pour savoir faire .lorsque l'enfant est motivé, il donnera lui-même un sens à ce qu'il a découvert et expérimenté. la dite motivation facilite l'intégration de cette connaissance.

célestin freinet 3(1896-1966):selon lui, rendre un enfant actif, est primordial. pour cet instituteur, un bon système d'apprentissage doit intégrer trois dimensions:

une classe organisée en coopérative;

les connaissances doivent s'élaborer dans des projets (d'action ou de recherche);

l'école diffuse ses propres instruments de travail (ex.: de journal scolaire)

d'autres chercheurs vont aussi, contribuer à consolider les bases de la pédagogie de projet. le constructivisme a eu son apport aussi. jean piaget4 met l'accent sur l'activité du sujet: les connaissances» sont construites par l'individu, par l'intermédiaire des actions qu'il accomplit sur les objets.

il ne faut pas omettre non plus de citer la contribution du cognitivisme, lequel stipule que c'est en confrontant ses représentations avec les nouvelles informations, que l'apprenant les transforme, et s'approprie ainsi de nouvelles connaissances.

ainsi découle de ce qui a été énoncé, que dans la visée de la pédagogie de projet, un apprenant puise dans son environnement, cible ses recherches, met en relation, les nouvelles connaissances avec celles qu'il possède, interagit avec les autres apprenants dans une dynamique de groupe, et arrive à modifier ses représentations initiales; ce qui lui permettra de se faire une meilleure idée du monde qui l'entoure.

le projet en lui-même, porte la motivation nécessaire à sa réalisation. l'apprenant qui adhère au projet, vit activement toutes les étapes qui conduisent à sa réalisation.

signalons enfin, que parallèlement au projet lui-même, d'autres dimensions s'ouvrent, à savoir, la maîtrise de la gestion des contraintes économiques et temporelles. les élèves apprennent à optimiser leurs ressources. le rapport enseignant-enseigné s'en trouve modifié par la dimension de la complicité et la complémentarité où les rôles classiques changent, puisque l'enseignant fait partie du groupe, et reçoit du groupe autant qu'il donne.

l'intérêt que les apprenants accordent au projet, renouvelle leur intérêt pour l'école elle-même. le projet peut, enfin s'ouvrir aux autres, dans le cadre d'un partenariat. cette implication à la vie collective, permet une formation à la vie civique.

la pédagogie de projet pour développer l'écrit chez les apprenants:


selon le glossaire des termes de technologie éducative édité par l'unesco, le projet est une activité pratique signifiante, à valeur éducative, visant un ou plusieurs objectifs de compréhension précis. elle implique des recherches, la résolution des problèmes et souvent l'utilisation d'objets concrets. une telle activité est planifiée et menée à bien par les élèves et l'enseignant dans un contexte naturel et vrai.

au regard de cette définition, le projet doit s'intéresser à un aspect particulier, et cibler des savoirs ou des savoir-faire précis, tout en respectant la dimension générale du projet.

ainsi, ayant constaté l'échec de nos apprenant face à l'écrit, nous avons opté pour un travail par projet pour remédier à cet état de choses. en effet, nos apprenants, ont beau bien comprendre et bien parler, ils baissent les bras quand il s'agit d'écrire. les activités de l'écrit qui sont planifiées, à raison d'une par semaine, ne sont pas suffisantes, d'autant plus que les sujets proposés ou suggérés par les thèmes étudiés sont souvent démotivants. ceci quand nous parlons de la production écrite en tant que telle. mais il ne faut pas oublier que les élèves sont évalués à l'écrit, que ce soit dans la compréhension du texte, ou la grammaire, que dans la production écrite proprement dite. finalement, l'épreuve que passent les élèves, comportent autant d'écrit que de questions posées. et nos élèves manifestent une faiblesse incommensurable, quand ils écrivent.

le choix de la démarche de projet, nous paraît une solution dans la mesure où elle peut réconcilier l'élève avec l'écrit. en effet , proposer à l'apprenant un petit exercice d'écrit, à la fin de chaque séance, permet tout d'abord de réinvestir immédiatement les acquis de chaque leçon, dans une petite situation de l'écrit, dans ce sens où l'exercice d'application traditionnel, proposé en phase finale, coupé de tout ancrage, devient une situation de créativité qui a un sens où l'élève, tout en s'inscrivant dans un tissu narratif, ou descriptif, ou argumentatif, réactive ce qu'il vient de voir dans les activités subsidiaires. cette contrainte à laquelle il fera face, lui permet de s'approprier la notion étudiée, et de faire preuve de créativité.

l'idéal serait bien sûr, que les leçons qui s'enchaînent, donnent lieu à des séquences de l'écrit qui s'enchaînent. c'est dans cette visée que l'idée d'un récit qui s'étale sur une grande partie du programme, voire un semestre, a vu le jour.

les élèves sont invités à développer un récit au jour le jour, à raison de deux ou trois phrases par jour, en se pliant aux contraintes du programme, du temps et des pré-requis. l'objectif étant d'abord, de contracter l'habitude d'écrire.

les limites du projet en termes de contraintes:


si l'idée du projet repose au départ sur une situation-problème à résoudre, dans notre cas, cette dimension de contraintes, s'est posée, d'abord pour l'enseignant en premier lieu. quand nous avons décidé de recourir à cette démarche pour revaloriser l'acte éducatif, nous avons été amenés à prendre en considération deux facteurs dont l'impact n'est pas des moindres. le premier étant le volume horaire réduit à quatre heures par semaine, pour une classe au collège, et qui ne favorise guère une aire confortable d'opportunités d'apprentissage. des élèves qu'on voit une heure, quatre fois par semaine, ont beaucoup de mal à s'inscrire dans une perspective de continuité. d'autant plus qu'à chaque heure, il faut compter au moins dix minutes de temps perdu, avant de rejoindre les salles, de s'asseoir, de se calmer et de se remettre dans le bain du projet.

la deuxième contrainte, pour les élèves du niveau troisième année du collège, c'est l'examen régional, qui leur impose à ingérer et à régurgiter un contenu, au terme du deuxième semestre. le flot de notions qu'ils sont censés acquérir, pour répondre au profil de sortie de cette étape, les places dans une attitude de récepteurs du quantitatif au détriment du qualitatif.

toutefois, le problème étant ce qu'il est, il vaudrait mieux tabler sur une sélection de notions bien ciblées, que l'élève peut appréhender, et savoir investir, que sur un foisonnement qui le désarme. c'est le principe :projet contre contenu

de ce point de vue, la démarche de projet paraît légitime, et se permet de braver les contraintes, pour donner un sens à l'apprentissage, loin de la hantise de l'examen.

dans cet exposé, nous allons accompagner, pas à pas, les étapes par lesquelles notre projet est passé, de la conception à l'aboutissement, malgré les contraintes évoquées plus haut.

notre démarche convoquera les tenants et les aboutissants de cette expérience. elle comportera un volet pratique de démonstration, où l'investissement des acquis répondra dans une juste mesure aux exigences institutionnelles.

avant de conclure, l'évaluation viendra clore le développement.


développement:

i- volet théorique.

le projet en question:


le cadre du projet:

depuis 1989, des instructions émanant du ministère, incitent les établissements scolaires à s'investir dans la pédagogie de projet, mais sous forme d'un projet d'établissement. l'objectif de ce projet est d'améliorer les performances scolaires de chaque élève en fonction des directives nationales, académiques et de circonscription. le projet d'école apparaît alors comme une interface entre la commande ministérielle et la réalité du terrain.

cependant, plusieurs contraintes surgissent, puisque le projet revêt une dimension beaucoup plus ambitieuse, du fait qu'il intègre tous les acteurs qui ont trait, de près ou de loin, à l'école. d'où sa faiblesse, puisque les chefs d'établissement en font une sorte d'activité parallèle visant à promouvoir leur image de marque, dans le cadre des apports culturels de chaque établissement, ou , surtout un cahier de charge à présenter en vue de s'octroyer la tutelle d'une structure privée, qui s'investirait ,dans le cadre d'un partenariat, à prendre en charge les besoins de l'établissement. toujours est-il que l'élève est absent dans ce processus, qui est destiné à gagner un marché.

toutefois, quelques acteurs pédagogiques, en l'occurrence des inspecteurs, prenant à coeur le souci de remédier aux faiblesses des élèves, encouragent, régulièrement, les enseignants à faire preuve de créativité, de souplesse et d'initiative, afin de mettre à jour des techniques susceptibles d'améliorer leur rendement. mais la rareté des rencontres pédagogiques d'une part, et l'emprise de la pratique routinière, de l'autre, favorisent chez les enseignants l'exécution mécanique des programmes, selon les rythmes de la progression semestrielle.

dans notre circonscription, nous avons la chance d'avoir un inspecteur ouvert d'esprit, et ayant beaucoup pratiqué, il s'est fait le devoir de relever le défi de venir en aide aux enseignants, en les encourageant à réfléchir sur leur pratiques, et à être attentifs aux mécanismes qui régissent la relation enseignant-enseigné d'une part, et enseignant- savoir à transmettre, de l'autre. toutes les propositions susceptibles d'apporter un plus à l'élève sont tolérées, à condition qu'elles soient pensées et justifiées.

c'est au cours d'une réunion, après les examens du premier semestre, où les résultats entaient particulièrement alarmants au niveau de l'écrit, que le débat s'est arrêté sur l'urgence de chercher des solutions pour promouvoir l'écrit chez nos apprenants. pour ma part, j'ai proposé à m. firachine abderrahmane, notre inspecteur, de travailler, à la fin de chaque séance, une petite activité de l'écrit, qui serait le prolongement des séances, de n'importe quelle matière. c'est une pratique que j'utilisais avec une classe de l'école privée où les élèves travaillent dans des manuels de la mission française .il a beaucoup apprécié et m'a encouragé dans ce sens.

il a fallu après, repenser la proposition dans un cadre plus généralisé. l'idée de petites productions éparpillées ne me satisfaisait pas beaucoup. c'est alors que m'inspirant du manuel, qui propose, une heure par quinzaine pour un projet d'écriture, j'ai choisi de donner à ma contribution la dimension d'un projet dans lequel on s'investirait quotidiennement. l'idée devenait ainsi, plus cohérente .il fallait ensuit communiquer aux élèves l'idée du travail par projet.


les parties prenantes dans l'élaboration du projet:

la pédagogie de projet, qui a pour point de départ les souhaits et les envies des élèves, est une construction de l'expérience à travers l'implication de l'enseignant et des apprenants ici et maintenant dans la même action. cependant, au-delà du besoin de l'enseignant de se réaliser dans une tâche qui le motive, il faut de prime abord s'intéresser à la motivation des apprenants, du fait qu'ils sont les premiers impliqués par cette démarche du projet.

l'élève est marqué par deux tendances qui s'entremêlent: la nécessité de satisfaire ses propres besoins d'épanouissement, puis poussé par la famille et l'école, l'obligation de répondre aux besoins d'ordre social. cependant, la motivation de l'élève est bien sûr différente de celle de l'adulte. il ne peut avoir un réel souci d'amélioration personnelle. peut-être, la curiosité, l'envie de réussir, ou de relever un défi seraient plutôt des facteurs auxquels la pédagogie de projet peut faire appel pour le motiver. l'entreprise est épineuse, surtout lorsqu'il s'agit de faire face au métier d'élève. en effet, la plupart des élèves ne rechignent pas à faire un travail, même lorsqu'il est répétitif et ennuyeux. ils s'intéressent à des tâches fragmentaires, sans s'en rendre compte. pour eux travailler sous le regard de l'enseignant, et aussi des autres apprenants, est suffisant pour assumer leur devoir.

une semaine était nécessaire pour déconstruire toutes les représentations mécaniques des programmes, que les élèves avaient l'habitude d'exécuter. il a fallu leur expliquer ce que veut dire un projet, qui n'est guerre différent dans les autres domaines, notamment le commerce. ensuite, faisant référence à la progression du programme, je m'efforçais de les rassurer concernant les contenus, certes abordés différemment, mais dans les délais, pour qu'ils soient prêts pour passer l'examen académique - je rappelle ici, que ce sont des élèves de la troisième année du collège qui doivent passer un examen de certification- , et leur promettre que le travail allait être passionnant , dans le sens où il permettra d'apprendre tout en s'amusant en quelque sorte.

une dernière recommandation restait à faire, c'était de leur demander d'informer leurs parents – surtout pour les élèves dont les parents, éveillés, suivent le travail de leurs enfants - que la démarche correspond parfaitement à ce qu'on attend de ce niveau scolaire. j'étais à leur disposition, si quelqu'un voulait venir s'enquérir sur le changement de méthode.

mes élèves me faisaient confiance, et ils ont manifesté leur désir d'entreprendre quelque chose de nouveau. c'est cette motivation qui va donner le coup d'envoi du projet. car il serait impensable d'imposer quelque activité qui doit être faite par plaisir.


choix du type de projet:

le projet pédagogique de l'enseignant est le cadre théorique qui permettra à l'enseignant de gérer le projet des élèves de façon cohérente. ses composantes indispensables sont:

une réflexion sur le déclencheur du projet

la formulation du projet des élèves

la programmation du projet dans le temps

les apprentissages visés

les séquences détaillées découlant de la programmation

l'évaluation.

l'apport des élèves doit être signifiant dès la première étape qui consiste en le choix du projet lui-même. ce moment crucial qui est le déclencheur et la mise en projet est une phase préliminaire indispensable qui conditionne la réussite du projet. pour que ce dernier soit relié au vécu des élèves l'enseignant doit attendre une suggestion des élèves, ou faire subtilement créer un besoin pour la classe, ou encore adroitement faire naître une envie. tous les moyens devraient être bons à condition de sentir que les élèves adhèrent au projet. il est important de prendre en compte les idées, bien souvent intéressantes, que peuvent avoir les élèves. car, il ne faudrait surtout pas leur donner le sentiment que tout est préparé à l'avance. cette attitude condamnerait tout effort d'imagination et d'inventivité chez les apprenants, et leur implication s'en trouvera réduite.

donc, l'enseignant qui a déjà préparé les grandes lignes de son projet, à savoir les différentes activités qui y figureront, les savoirs et les savoir-faire à acquérir, doit provoquer chez ses élèves l'idée du projet en question. une discussion bien orientée, finit par amener les élèves à opter pour un choix adéquat.


les modalités du projet:

1- les étapes

la mise en oeuvre d'un projet nécessite une forte anticipation de la part de l'enseignant et une cohérence de l'ensemble du projet. pour s'assurer de l'efficacité du projet, il est recommandé de suivre une méthodologie rigoureuse qui requiert un déroulement précis suivant des étapes bien déterminées, aux objectifs clairement identifiés.

.Émergence de l'idée:

que faut-il résoudre ?

a quels besoins faut-il répondre ?

quelle(s) production(s) atteindre ?

recherche d'informations

. analyse de la situation:

quel(s) objectif(s) atteindre (en termes de savoirs, savoir-faire, savoir-être) ?

quelles ressources employer (humaines, matérielles, financières) ?

quelles contraintes prendre en compte ?

quelles stratégies, quelles pistes envisager ?

qui ? quoi ? où ? quand ? comment ? combien ?

outils de résolution de problème

fiche de faisabilité

. définition du projet:

quel plan d'action adopter ?

s'accorde-t-il avec l'objectif ?

est-il réaliste ?

quel contrat établir avec les élèves ?

comment faire adhérer les élèves au projet (comment éveiller leur curiosité, les sensibiliser à la démarche de projet) ?

. montage et planification du projet:

quelles sont les étapes (d'expérimentation, de résolution, de mise en commun, de confrontation des acquis, de consolidations, d'évaluation) ?

comment les organiser : acteurs (rôle, responsabilité), volume horaire ?

comment les hiérarchiser ?

quelle évaluation prévoir ?

document descriptif du projet

planning

. mise en oeuvre du projet:

comment suivre le projet ?

quels indicateurs de réussite choisir ?

quelle régulation, quels ajustements apporter ?

comment garantir la cohérence entre la mise en oeuvre et les objectifs ?

travail en équipe

bilans intermédiaires

. Évaluation:

comment évaluer le projet (qualité et démarche) ?

comment évaluer les compétences développées par les élèves ?

comment rendre compte du projet : déroulement, résultats ?

fiche d'appréciation collective du projet

synthèses écrites

formalisation des objectifs, inventaire des stratégies, étude de la faisabilité du projet.

le contrat :

la pédagogie ne saurait se concevoir sans la mise en place d'un contrat entre les différents acteurs d'un projet.

il est indispensable de définir avec précision l'objectif à atteindre, et, au terme de l'activité ou du projet, de mesurer s'il a été atteint, si le contrat a été rempli.pour ce faire, il est nécessaire de se munir d'outils : cahier de bord, fiche de suivi de projet, fiche d'évaluation du projet... ces outils doivent permettre à tous les acteurs du projet de mesurer si les objectifs ont été atteints.ce contrat doit permettre de motiver l'élève, de le responsabiliser vis-à-vis du groupe comme de lui-même. il contribue à l'apprentissage de l'autonomie dans une perspective de participation à la vie collective et, en ce sens, elle participe aussi à la formation à la vie civique.

ce contrat, écrit noir sur blanc, doit porter au moins trois signatures : celle de l'élève, celle de l'enseignant et enfin celle des parents. plus le projet est grand, plus il comporte de signatures:celles du directeur, de l'inspecteur, du président de l'association des parents d'élèves, de l'économe, d'un partenaire externe à l'école…le dit contrat, officialise le travail et responsabilise les élèves. il n'y a pas de modèle précis, mais une forme standard, comportant assez d'éléments qui éclairent l'objet du contrat, ferait l'affaire. nous produisons ici, un formulaire de contrat, à titre d'exemple:

contrat

le …../……./…………

cette année, notre classe a décidé de s'inscrire dans la pédagogie de projet.

nous avons choisi comme projet:

l'élaboration d'un récit. nous serons mes camarades et moi, à même de produire une petite nouvelle, à la fin de l'année.

ainsi, moi………………………………….élève de le 3ac/…., je m'engage à participer sérieusement à cette activité éducative par le biais de laquelle je vais acquérir de nouvelles compétences qui m'aideront à m'exercer davantage, en production écrite.

vous, mes parents, je vous invite à vous y impliquer aussi, d'une manière effective et constructive. signatures:

elève: parents: enseignant:

le contrat est indispensable, cependant, il n'est pas obligatoire qu'il soit écrit. parfois la parole suffit. et dès que le projet se met en place, surtout s'il couvre toutes les activités de l'apprentissage, tous les élèves sont obligés d'y adhérer .

le planning:

si le contrat peut ne pas prendre la forme de l'écrit, il en est autrement en ce qui concerne le planning.

en effet, le planning des activités revêt une importance capitale. il faut synchroniser les activités, échelonner les objectifs, préciser les modalités, et délimiter le temps imparti à chaque activité. le tout s'étalant sur une durée significative, ni trop courte ni trop longue. un mois, en l'occurrence, est une durée idéale pour concrétiser des acquis qui aient un sens, en termes de contenus et de cohérence. plus exactement, quatre semaines, la cinquième étant réservée à la régulation et à l'évaluation. nous parlerons de l'évaluation plus en détails dans un chapitre qui lui sera consacré.

le planning doit être mis sur papier et photocopié. l'enseignant en donnera une copie à chaque élève. ce dernier la collera sur son cahier, et la consultera la veille de chaque séance. il devra préparer les textes dont les numéros de pages sont indiqués dessus, et jeter un coup d'oeil sur les autres activités mentionnées.

le mérite du planning est de préciser l'intention qui doit être définie dès le début. la démarche est alors l'ensemble organisé et cohérent des moyens pour réaliser l'intention. le concept de planning ne se résume pas en une suite linéaire d'actions visant à atteindre un but, mais plutôt à un ensemble d'actions et de moyens interdépendants. il doit rendre l'élève acteur de ses apprentissages. il apprend en faisant. il planifie les actions à mener, identifie les contraintes, et au-delà, devient sensible à la progression recherchée.

nous allons donner ici un exemple de configuration de planning. il va sans dire qu'il n'y a pas de modèle à suivre, mais qu'il faut tenir compte de plusieurs facteurs. comme à chaque projet, on peut opter pour un autre type de planning.

exemple de planning, qui correspond au travail d'un mois:

récit

jour

heure

classe

activité

1er moment:

contenu

2ème moment:

projet d'écriture

etat initiale

lun

…...

8-9

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

mar

……

4-5

3ac…

lang.

……………

…………….

………………………….

jeu

……

9-10

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

ven

……

3-4

3ac…

écrit

……………

…………….

………………………….

l'incident

lun

……

8-9

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

mar

…….

4-5

3ac…

lang

……………

…………….

………………………….

jeu

……

9-10

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

ven

……

3-4

3ac…

écrit

……………

…………….

………………………….

la naissance d'un héros

lun

…….

8-9

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

mar

……

4-5

3ac…

lang

……………

…………….

………………………….

jeu

……

9-10

3ac…

lect.

……………

…………….

………………………….

ven

……

3-4

3ac…

écrit

……………

…………….

………………………….

les opposants

lun

8-9

3ac…

lect

……………

…………….

………………………….

mar

…….

4-5

3ac…

lang

……………

…………….

………………………….

jeu

……

9-10

3ac…

lect

……………

…………….

………………………….

ven

……

3-4

3ac…

écrit

………………….

…………………..

……………………………………..

l'évaluation:

quoi évaluer ?

le projet, les étapes du projet

les productions des élèves

les compétences

l'implication des élèves dans le projet

comment ?

en amont du projet : évaluation diagnostique

elle se fait en début d'apprentissage. elle évalue les savoirs et savoir-faire d'un élève avant le projet ; elle permet aussi de mesurer les écarts entre ce que les élèves savent déjà et ce qu'ils devront connaître en fin d'apprentissage.

en cours de projet : évaluation formative

fréquente et immédiate, elle permet à l'apprenant de remédier à ses erreurs et à ses lacunes peu de temps après leur apparition et avant que ne s'engage un processus cumulatif et de comparer sa performance à un seuil de réussite fixé à l'avance.

en aval du projet : évaluation sommative

l'enseignant évalue les compétences acquises : il établit le degré d'atteinte des objectifs et vérifie l'effectivité de l'apprentissage dans un contexte différent (par des exercices écrits, par une verbalisation des acquis individuels, par la demande de conception d'aide mémoire ou de fiches récapitulatives).

a présent, nous allons voir comment cette pédagogie du projet s'est réalisée dans une expérience personnelle, concluante.


ii- démonstration:

présentation de la classe visée:

cette année, je travaille avec trois classes de la deuxième année du collège et trois classes de la troisième année. avec les deuxièmes années, j'ai travaillé un projet de théâtre. mais c'est aux troisièmes années que nous allons nous intéresser. ce sont des adolescents de quatorze à dix-sept ans, suivant leur parcours scolaire qui peut avoir accusé un retard quelque part. ce sont des classes mixtes. chaque classe se compose d'une moyenne de trente élèves, où les filles confirment leur habitude d'élèves soigneuse et studieuses. les garçons le sont mois, d'autant plus que le niveau général de la classe est plutôt assez moyen, si ce n'est l'émergence de deux ou trois élèves brillants, dans chaque classe.

ces élèves, qui ont déjà passé deux ans au collège, doivent avoir vu et plus au moins acquis, au niveau de la première année, les notions les plus simples du récit, à sa voir la typologie du texte, et les foncions du texte narratif. dans le deuxième semestre, ils abordent la description avec ses deux volets, objectif et subjectif, et enfin, terminent avec une synthèse où le récit et la description se rejoignent.

au cours de la deuxième année, le programme les initie aux divers aspects du texte informatif dans la presse, et ils bouclent l'année avec un semestre consacré au théâtre.

le programme officiel et le profil de sortie:

au niveau de la troisième année, le premier semestre est consacré à la correspondance et le récit de vie. le deuxième semestre est réservé au récit romanesque.

notre travail qui s'est inscrit dans la visée de la pédagogie du projet, correspond à ce deuxième semestre. et pour illustrer ce que nous allons présenter, un aperçu du programme s'impose.

les programmes officiels, au niveau de la troisième année du collège imposent les contenus suivants:

la lecture:

consacrée à une oeuvre intégrale adaptée, elle met l'accent, sur l'identification du schéma narratif avec ses cinq parties, à savoir:

l'état initial,

l'incident ou élément perturbateur,

les péripéties,

le dénouement,

l'état final.


langue/ communication:

il y a la coordination, les propositions indépendantes: principales et subordonnées. les subordonnées de: la cause, la conséquence, l'antériorité, la simultanéité, la postériorité, le but, la comparaison, la concession, la condition.

il faut aussi savoir faire une concession dans un acte de communication: concéder puis réfuter, raisonner à partir d'hypothèses (avec l'emploi du subjonctif passé, aussi), et persuader.

la production écrite:

cette activité déroule les exercices suivants: adopter le point de vue du narrateur, la complication(ou l'incident), récit avec retour en arrière, du récit au dialogue, du dialogue au récit, raconter à partir d'un tableau ou d'un support iconique. les péripéties. les rebondissements, le dénouement et/ ou l'état final.

le profil de sortie serait un élève sachant rédiger un récit au passé, qui correspondrait un schéma narratif.

la mise en pratique

la première étape consiste en une formalisation de ces contenus sous forme de planning, qui sera distribué aux élèves. en ce qui concerne le mois de février, le planning était le suivant: manuel passerelle

(pour plus de commodité, nous n'allons mentionner qu'une seule classe)


récit

jour

heure

classe

activité

1er moment:

contenu

2ème moment:

projet d'écriture

etat initiale

lun

9/2/09

8-9

3ac8

lect.

chap. i p.93

état initial: lieu, temps,

mar

10/2/09

4-5

3ac8

lang.

la cause.p.107

personnages

jeu

12/2/09

9-10

3ac8

lect.

chap.ii p.98

l'imparfait

ven

13/2/09

3-4

3ac8

écrit

reprendre les 3 2èmes moments

les articulateurs affinement

l'incident

lun

16/2/09

8-9

3ac8

lect.

chap.iii. 104

l'incident = passé simple

mar

17/2/09

4-5

3ac8

lang

la conséquence

p.115

le dialogue = temps du discours

jeu

19/2/09

9-10

3ac8

lect.

chap. iv p.111

adopter le point de vue d'un narrateur

ven

20/2/09

3-4

3ac8

écrit

les 3 2èmes moments

les articulateurs affinement

la naissance d'un héros

lun

23/2/09

8-9

3ac8

lect.

chap.v p.113

naissance d'un héros

mar

24/2/09

4-5

3ac8

lang

le temps

montrer une qualité chez le héros

jeu

26/2/09

9-10

3ac8

lect.

chap. vi p.120

faire preuve d'intelligence et de courage

ven

27/2/09

3-4

3ac8

écrit

les 3 2èmes moments

les articulateurs affinement

les opposants

lun

2/3/09

8-9

3ac8

lect

chap. vii 129

présenter son projet

mar

3/3/09

4-5

3ac8

lang

le but

déclarer son projet

jeu

5/3/09

9-10

3ac8

lect

chap. vii 129

affronter les opposants

ven

6/3/09

3-4

3ac8

écrit

les 3 2èmes moments

les articulateurs affinement

pour faciliter l'approche de l'oeuvre proposée au programme, en l'occurrence, la célèbre l'île au trésor de son auteur robert louis stevenson, nous avons visionné un film classique, aussi célèbre, qui a essayé une adaptation assez réussi. l'essentiel, est que les élèves, étant plus au moins faibles, aient une vision de l'histoire qui puisse leur rendre le texte accessible.

dans la séance de la lecture, les élèves ayant déjà lu le texte chez eux et essayé de répondre aux questions proposées dans le manuel, n'ont pas beaucoup de mal à suivre la logique du planning, et aller droit au but, lequel est de dégager les structures de sens ou de langue qui serviront de modèle pour notre projet. ainsi, au fur et à mesure que les séances se succèdent, notre récit commence à pousser, au rythme de trois ou quatre phrases par séance, suivant le besoin. parfois, pour la leçon de langue, une phrase suffit, d'autant plus qu'il est difficile de suivre la logique du récit et d'utiliser la leçon étudiée. bien sûr, le rôle de l'enseignant est d'anticiper et de toujours avoir en réserve, des propositions si les élèves n'y arrivent pas. il lui faudra encore savoir amener les élèves à formuler ces propositions, à force de suggestions, pour leur donner l'impression qu'ils les ont réellement trouvées. ce qui n'est pas totalement faux.

a présent, nous allons voir un extrait de ce travail, qui correspond aux objectifs assignées dans le planning de février. le texte intégral sera proposé en annexe. ce qui sera en rouge représentera les leçons de langue ou de communication, d'où nous avons choisi les expressions que les élèves n'ont pas l'habitude d'utiliser. des indications se rapportant aux objectifs de la production écrite, et qui sont liés à ceux de la lecture, seront mises entre parenthèses.

voici le texte:

(situation initiale = les verbes à l'imparfait)

en 2000, à casablanca, vivait une famille de condition modeste. le père exerçait un petit métier qui lui permettait d'envoyer ses quatre enfants à l'école. la mère, quant à elle, grâce à la broderie qu'elle pratiquait, elle complétait les besoins de la maison. mohcine et moussa étaient des jumeaux. mohcine venait de passer au lycée avec juste la moyenne mais moussa avait doublé cette année. l'échec de ce fils faisait un nuage dans la vie tranquille des khairs. en effet, moussa commençait à détester l'école.


(l'incident = le passé simple)


ce jour- là, justement, il ne se leva pas à l'heure. sa mère vint alors le secouer:


(dialogue dans le récit= temps du discours)


-moussa, debout avant qu'il ne soit trop tard!

ouvrant les yeux, il lui répondit:

-maman, s'il te plaît, laisse-moi me reposer. je suis trop fatigué pour sortir. et sous prétexte qu'il avait déjà le programme, il informa sa mère qu'il allait s'absenter ce jour-là.

la mère avait trop de choses à faire c'est pourquoi elle le laissa et partit préparer la petite nada qu'elle devait déposer à la maternelle du coin! tout en vérifiant le gouter de la petite, la mère ne cessait de se demander ce qui avait bien pu changer dans sa petite maison, après tout, heureuse!un garçon qui ne voulait plus aller à l'école, un autre qui plongeait de plus en plus dans la prière et la solitude!heureusement, rachid,lui, était un bon élève et ses résultats faisait la fierté de son père.

en rentrant, la maman trouva sa voisine qui l'attendait sur le pas de la porte. celle-ci lui dit:


(dialogue dans le récit = temps du discours)


-alors nejma, tu as déposé nada? je crois que tu as un peu de temps pour voir un tissu que je voudrais broder?

la maman lui demanda de lui accorder un moment pour remettre de l'ordre chez elle avant de la rejoindre! et ajouta qu'elle voulait aussi la voir car elle avait quelques soucis à lui raconter!

une heure plus tard, chez la voisine, un vert de thé à la main, nejma commença son récit:


(adopter le point de vue d'un narrateur)


« Écoute lalla khadija, tu es comme ma soeur et je vais me décharger du poids qui commence à peser sur mon coeur! mon fils moussa ne veut plus aller à l'école, et ali, mon mari n'en sait rien encore, et je tremble à l'idée qu'il apprenne cela. et puis, mohcine, qui normalement a réussi et doit être content de la vie, et bien, je ne sais pas ce qui lui arrive. il est devenu un vrai pratiquant de la religion et même un peu trop! il prie plus qu'il ne vit. l'autre jour, un certain yahya est venu le chercher. j'étais étonnée de voir ce jeune homme barbu qui demande après mon fils. et quand je lui ai demandé de me donner des explications, il m'a juste répondu que c'était désormais son seul et vrai ami! que dois-je faire?je sens que ma maison va partir en ruine!»

(naissance d'un héros)

plus tard, pendant que sa mère préparait le repas, moussa se demandait comment il pouvait communiquer à sa mère le projet qui commençait à grandir de plus en plus dans sa tête.


(présenter son projet)


partir à l'étranger, tenter sa chance là-bas, comme beaucoup de jeunes! mais comment sans papiers et sans argent? surtout l'argent! il avait quelques idées, mais pouvait-il parler? arrivé à la porte de la maison, moussa avait son idée et il était décidé à parler à sa mère. ainsi, dans la cuisine, et de crainte que sa mère ne le prenne mal, il commença par la maternelle:

-maman, je viens de passer devant la maternelle et cela m'a rappelé de beaux souvenirs.

sa mère, regardant l'heure sur l'étagère au dessus de l'évier, sursauta et dit:

-mais c'est l'heure d'aller chercher nada. mercredi, la maternelle ferme l'après-midi. moussa lui proposa alors de surveiller la cuisson du repas, car il n'avait pas le courage de revoir la vieille directrice.


(montrer une qualité chez le héros)


resté seul maître de la cuisine, moussa, tout en ayant un oeil sur le tajine dans sa phase final, eut l'idée de préparer une salade de crudités, qu'il savait d'ailleurs bien faire. en un tour de main, tous les légumes qui restaient y passèrent. quand nejma rentra, elle fut étonnée de voir le chef-d'oeuvre que son fils réalisa. et dès que les compliments furent faits, moussa profita de l'occasion pour attaquer:


(faire preuve d'intelligence et de courage)


-dis maman, tu sais comment les parents de majid ont acheté leur voiture?

sans se douter de quelque chose, nejma répondit:

-evidemment! c'est grâce à majid qui leur envoie de l'argent.

moussa rassembla son courage et lança:


(déclarer son projet)


- pourquoi alors, je ne ferais pas comme lui?

interloquée, nejma, croyant que cela ne valait pas la peine d'en parler, finit par lâcher:

-avant de savoir si ton père va accepter ou non, tu as pensé à l'argent qu'il faudrait?

moussa hésitant un peu, finit par lancer:


(affronter les opposants)


-et pourquoi tu ne vendrais pas ce petit morceau de terrain que tu as à la campagne?


(fin de la partie qui correspond au planning du mois de février).


après un mois de travail, une semaine d'évaluation soutien s'impose. bien sûr, l'évaluation est omniprésente dans le processus d'apprentissage: au début de chaque séance pour vérifier les acquis, et se remettre dans le bain, puis en cours de la leçon, et à la fin de chaque leçon. la dernière séance de la semaine réservée à l'affinement sert, surtout à une mise au point. cependant, il faut aussi faire une évaluation sommative. cette semaine sera articulée comme suit:


soutien / évaluation

lun

2/3/09

8-9

3ac8

lang

la cause

la conséquence

c'est au cours de ces séances, que nous revoyant en détails, les autres expressions de chaque leçon et qu'on avait juste survolées, pour n'en retenir que celles qui nous intéressaient pour notre projet.

mar

3/3/09

4-5

3ac8

lang

le temps

jeu

5/3/09

9-10

3ac8

lang

le but

ven

6/3/09

3-4

3ac8

contrôle continu

les résultats du contrôle permettent de rectifier le tir et de mieux préparer le planning qui suit.

après trois mois de travail, le récit était achevé, respectant trois plannings. le mois de mai était réservé à la description et à l'enrichissement. cette étape s'est déroulée sous forme de discussion et de propositions que je recueillais et que j'exploitais hors classe. chaque jour, j'apportais à mes élèves le texte obtenu d'après leurs suggestions.

À la fin, on a choisi un titre et j'ai donné au récit la forme d'un petit roman, (13,97/21,59).j'en ai fait trois exemplaires, et j'en ai offert un à une fille par classe, dédicacé ainsi: à …………. mon élève qui y a beaucoup participé. et ce n'était pas toujours la plus brillante, mais la plus impliquée.

conclusion:

synthèse:

meirieu 5conseille d'utiliser une pédagogie de projet pour donner du sens aux tâches des apprentissages. cette pédagogie intègre dans ses fondements aussi bien l'enseignement par objectifs, puisque l'enseignant doit toujours s'assigner des objectifs à atteindre, à court ou à long terme, que l'enseignement par compétences lequel est basé sur la notion de situation-problème, où une tâche ne peut être menée à bien qu'en surmontant un obstacle. le rôle de l'enseignant est de provoquer cette situation, mais aussi et surtout d'aider l'apprenant à la surmonter; non pas en l'aidant à la résoudre, mais en favorisant chez lui, l'apparition de cet esprit qui apprend à gérer les contraintes, pour en faire un moteur de recherche, et non un handicape ou un frein à l'acquisition des connaissances, ou plutôt du savoir-faire.

ce système de contraintes, habilement mené par l'enseignant, trouvera son sens dans une tâche plus globale et plus cohérente. le projet permet de répondre à ce besoin de se sentir impliqué dans une situation-action, qui est provoquée chez les apprenants. en effet, l'apprenant, qui est placé en situation de résolution de problèmes, c'est-à-dire, en situation de recherche-action, participe au processus d'apprentissage et peut s'approprier les savoirs plutôt que de les subir. la pédagogie de projet, en favorisant la centration de l'enseignant sur l'apprenant pour le rendre acteur, permet de sortir du cadre traditionnel de la transmission de savoirs. ce qui revient à dire que la préoccupation est beaucoup plus centrée sur la démarche d'apprentissage que sur l'objet à produire. pour schématiser, on peut dire:

au départ, projet du professeur: objectifs clairs mise en situation des élèves (porteuse de sens) obstacles (situation-problème) erreurs et tâtonnement apprentissage (source de résolution) résolution de problèmes = projet des élèves.

limites:

la pédagogie de projet est certes efficace, cependant on ne peut l'utiliser d'une façon systématique. il faut souligner que certaines activités ne peuvent figurer dans le cadre d'un projet. pour n'en citer que quelques unes, la conjugaison, l'orthographe, l'écriture, qui demandent un plus grand effort de la part du professeur, en termes de suivi et de contrôle individuel.

d'un autre côté, il faut savoir choisir les séquences qui servent vraiment le projet, et non pas investir quelques notions, sous prétexte qu'elles figurent au programme, et qui ne feront que l'alourdir.

enfin, puisque la classe n'est jamais homogène, un projet ne peut prétendre impliquer tous les apprenants, c'est pour cela qu'il faut prévoir, dans le souci de toucher un maximum d'apprenants dans leur diversité, des moments hors projet durant lesquels seraient mis en oeuvre d'autres modes de travail, qu'ils soient innovants ou même plus traditionnel( le fameux métier d'élève).

cependant, si beaucoup reprochent à la pédagogie de projet, de ne pas mettre les apprenants en situation d'abstraction, de part sa vocation de travailler sur de l'utile et du concret, il ne faut pas oublier de souligner que tous les apprentissages ne peuvent se faire dans le cadre d'un projet, comme nous l'avons déjà évoqué, d'autant que les phases du projet ne doivent représenter qu'une part infime du volume horaire. et que l'enseignant a largement le temps d'user des méthodes qu'il juge adéquates pour tel ou tel connaissances à traduire en savoir. il ne faut surtout pas faire du projet une fin en soi, où le produit est la seule finalité, au détriment des apprentissages et des relations humaines. comme le précise en effet françois muller6, le projet n'est pas une fin en soi, c'est un détour pour confronter les élèves à des obstacles et provoquer des situations d'apprentissages…il ne faut pas que les acteurs, maître et élèves, soient tentés de viser l'efficacité au détriment des occasions d'apprendre.

de même que le choix de telle ou telle pédagogie ne devrait en aucun cas être imposé à l'enseignant. en effet, ce dernier doit pouvoir choisir les outils qu'il utilise et les manier avec aisance. l'utilisation systématique d'une méthode entraine son dessèchement. chaque enseignant doit inventer sa propre méthode. le pédagogue est un chercheur, un créateur, discret mais réel; lui imposer un type d'enseignement serait très réducteur. l'alternance des méthodes présente des qualités et des avantages différents, à ne pas opposer mais plutôt à mêler. cette alternance, comme le dit pierre-yve artaud 7dans À propos de pédagogie, est un équilibre intéressant. un enseignant heureux enseigne autant ce qu'il est que ce qu'il sait, et un enseignant heureux est un bon enseignant.

formation:

pour terminer ce modeste travail, il serait très important de parler de la formation des enseignants. depuis, l'avènement de l'arabisation, le niveau du français au maroc est en perpétuel chute, malgré tous les efforts fournis pour redresser la situation.

les bons enseignants, formés et auto formés à l'ancien système, forgés à la tâche par des années de pratique et de bonne volonté, s'en vont en retraite, et laissent un affreux vide des enseignants de cette trempe sont irremplaçables.

il faudra donner beaucoup plus d'importance à la formation des enseignants, et la formation continue, pour compenser un tant soit peu ces départs.

ce qui a motivé ce travail c'est surtout, cette année de formation que j'ai suivie, à la faculté des lettres d'ain chok, dans la filière études françaises, option enseignement.

ce n'est pas tant le programme qui m'a poussé à m'inscrire dans la dynamique des cours, mais c'est surtout la présence d'illustres enseignants, dont la plupart étaient mes professeurs dans les années 80, avant que je ne quitte la faculté pour faire le cpr. mais j'étais loin de les apprécier à leur juste valeur.

cette année, avec le recul et l'expérience, aussi bien de la langue que du métier, j'ai été subjugué par leur savoir et leur façon d'être et de faire. le fait de les avoir approchés l'espace de ces courtes séances par semaine, m'a rendu meilleur. que ce soit dans les matières qui ont directement un rapport avec l'enseignement, que celles qui s'occupent de la littérature en général. assister à leur cours m'a, dès le départ permis de rectifier ma pratique en classe, et tout au long de l'année je n'ai cessé de mettre en exercice ce que j'apprenais en théorie.

la psychopédagogie, la didactique, le micro-enseignement, autant de matières, qui ont rapport au métier de l'école, et dont les professeurs méritent à juste titre d'être cités dans la bibliographie: madame nejjary8, monsieur akka9 et monsieur saouri10.

il ne faut pas oublier que les autres professeurs ont joué un très grand rôle dans le travail de l'écrit et de l'approche des textes: madame iraqi11, madame berrada12, madame hseine13, madame nejjary14, monsieur akka15, monsieur yamlahi16, et monsieur ghazouani17.

bibliographie


freinet célestin, pédagogie et émancipation, portraits d'éducateurs, hachette éducation, 1999.

meirieu philippe, apprendre oui, mais comment? esf éditeur, paris, 1989.

itinéraires des pédagogies de groupes. chroniques sociales.

artand pierre-yve, à propos de pédagogie. document pdf, en line.

decroly ovide, à propos de motivation, document pdf, en line.

dewey john, apprendre par l'action document pdf, en line.

muller françois, free. fr/ diversifier/index.htm. en line.

piaget jean, de la pédagogie, Éditions odile jacob, paris, 1988.


annexe

projet d'écriture

nejma

l'étoile filante

3ac/8; 3ac/9; 3ac/10

2008/2009

j.a

en 2000, à casablanca, dans un des quartiers les plus antiques, vivait une famille de condition modeste.

le père était plombier dans une société et son métier lui permettait d'envoyer ses quatre enfants à l'école. la mère, quant à elle, grâce à la broderie qu'elle pratiquait, complétait les besoins de la maison, et, elle arrivait même à gâter ses enfants à l'insu de leur père.

rachid âgé de quatorze ans, avait déjà toute une série de gadgets électroniques. le dernier était un ordinateur portable qu'une cliente avait cédé à sa mère, presque gratuitement. certes, la machine n'était pas performante mais elle était la bienvenue!

ses deux frères aînés ne manquaient de rien,non plus. ils avaient un ordinateur de bureau et des téléphones portables. c'étaient des jumeaux. mohcine et moussa.

ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, mais leurs parents faisaient tout pour les différencier. ainsi dès leur naissance, ils avaient opté pour le choix de noms distincts, résistant à la tentation des paires «hassan/hocine»«yassir/yassine»…

et surtout les vêtements. la mère en vraie économe, pensait que des vêtements différents offraient à ses enfants un éventail de combinaisons pour varier leur aspect vestimentaire. les enfants eux-mêmes apprirent à avoir un maintien différent. ils se coiffaient différemment et s'ingéniaient à marier leurs vêtements réciproques pour ne pas montrer que tel ou tel t-shirt appartenait à l'un ou à l'autre.

rachid ne pouvait d'ailleurs que se féliciter de ce garde- robes bien garni. les jumeaux avaient les cheveux et les yeux noirs comme ceux de leur père, dont ils tenaient d'ailleurs toute la physionomie, mais leur taille élancée venait de leur mère.

rachid ressemblait plutôt à sa mère, surtout ses cheveux châtain clair et ses yeux verts. nejma était blonde comme sa grand-mère.

a l'école, mohcine venait de réussir sa deuxième année du lycée avec juste la moyenne mais moussa avait doublé. l'échec de ce fils faisait un nuage dans la vie tranquille des khairs. en effet, moussa, comme ses parents, vivait mal cette dernière distinction, et ressentait cela comme une trahison. alors, il commençait à détester l'école, pour ne pas détester son frère. ce jour- là, justement, il ne se leva pas à l'heure. sa mère vint alors le secouer:

-moussa, debout avant qu'il ne soit trop tard!

ouvrant les yeux, il lui répondit:

-maman, s'il te plaît, laisse-moi me reposer. je suis trop fatigué pour sortir. sa mère était tellement surprise qu'elle crut qu'il était malade.mais il la rassura en lui disant que c'était mohcine qui l'avait réveillé très tôt le matin par le bruit de ses ablutions pour la prière d'el fajr, qu'il ne ratait plus depuis quelque temps. et sous prétexte qu'il avait déjà le programme, il informa sa mère qu'il allait s'absenter ce jour-là.

la mère avait trop de choses à faire, c'était pourquoi elle le laissa et partit préparer la petite nada qu'elle devait déposer à la maternelle du coin!avec ses trois ans , ses deux nattes blondes et ses yeux verts, la petite princesse faisait le bonheur de tout le quartier!

tout en vérifiant le gouter de la petite, la mère ne cessait de se demander ce qui avait bien pu changer dans sa petite maison, après tout, heureuse!un garçon qui ne voulait plus aller à l'école, un autre qui plongeait de plus en plus dans la prière et la solitude!heureusement, rachid,lui, était un bon élève et ses résultats faisait la fierté de son père.

en rentrant, la maman trouva sa voisine qui l'attendait sur le pas de la porte. celle-ci lui dit:

-alors nejma, tu as déposé nada? je crois que tu as un peu de temps pour voir un tissu que je voudrais broder?

la maman lui demanda de lui accorder un moment pour remettre de l'ordre chez elle avant de la rejoindre! et ajouta qu'elle voulait aussi la voir car elle avait quelques soucis à lui raconter!

une heure plus tard, chez la voisine, un vert de thé à la main, nejma commença son récit: « écoute lalla khadija, tu es comme ma soeur et je vais me décharger du poids qui commence à me peser sur le coeur! mon fils moussa ne veut plus aller à l'école, et ali, mon mari n'en sait rien encore, et je tremble à l'idée qu'il apprenne cela. et puis, mohcine, qui normalement a réussi et doit être content de la vie, et bien, je ne sais pas ce qui lui arrive. il est devenu un vrai pratiquant de la religion et même un peu trop! il prie plus qu'il ne vit. l'autre jour un certain yahya est venu le chercher. j'étais étonnée de voir ce jeune homme barbu qui demande après mon fils. et quand j'ai demandé à mohcine de me donner des explications, il m'a juste répondu que c'était désormais son seul et vrai ami! que dois-je faire?je sens que ma maison va partir en ruine!»

la voisine , du haut de ses soixante ans mais qu'une vie de sobriété et d'élégance, d'origine fassie, ne laissait rien voir de son âge, si ce n'étaient ses cheveux de plus en plus rares, quand il arrivait que son foulard glissait un peu, la rassura que les enfants sont tous comme cela, et qu'ils finissent toujours par reprendre leurs habitudes et qu'elle savait, elle, de quoi elle parlait puisqu'elle était plus âgée que nejma et qu'elle avait déjà marié un fils et une fille.

nejma souhaitait de tout son coeur que les paroles de lalla khadija soient justes, puis elle remercia, prit la nouvelle commande et rentra chez elle!

pendant que sa mère préparait le repas, moussa se demandait comment il pouvait lui communiquer le projet qui commençait à grandir de plus en plus dans sa tête: partir à l'étranger, tenter sa chance là-bas, comme beaucoup de jeunes! mais comment sans papiers et sans argent? surtout l'argent! il avait quelques idées, mais pouvait-il parler?

après avoir pris son petit déjeuner, moussa sortit faire une promenade pour bien y réfléchir. en passant devant la maternelle, il se rappela le temps où sa mère les déposait lui et mohcine. c'était le temps du bonheur. il y avait d'ailleurs majid, à peine plus âgé qu'eux qui remplissait la petite cour de ses cris. d'après les jeux qu'il inventait, il avait déjà l'esprit ailleurs.et surtout, il ne lâchait pas un ballon rouge.

ah!le football! c'était une belle époque. ils avaient beaucoup joué, plus tard. leur équipe gagnait tous les tournois des rues et ceux des collèges, grâce aux talents de majid. et plus tard le chanceux, trouva comment partir en europe où un club l'avait adopté… mais, lui moussa, qui pouvait l'aider? si seulement il pouvait partir? majid lui serait de bon secours.

arrivé à la porte de la maison, moussa avait son idée et il était décidé à parler à sa mère. ainsi, dans la cuisine, et de crainte que sa mère ne le prenne mal, il commença par la maternelle:

-maman, je viens de passer devant la maternelle et cela m'a rappelé de beaux souvenirs.

sa mère, regardant l'heure sur l'étagère au dessus de l'évier, sursauta et dit:

-mais c'est l'heure d'aller chercher nada. mercredi, la maternelle ferme l'après-midi.

moussa lui proposa alors de surveiller la cuisson du repas, car il n'avait pas le courage de revoir la vieille directrice.

resté seul maître de la cuisine, moussa, tout en ayant un oeil sur le tajine dans sa phase final, eut l'idée de préparer une salade de crudités, qu'il savait d'ailleurs bien faire. en un tour de main, tous les légumes qui restaient y passèrent. ses mains étaient aussi agiles que celles d'un grand chef. il ressentit quelque fierté et ne put s'empêcher de penser qu'il avait un talent qui pourrait un jour servir.

quand nejma rentra, elle fut étonnée de voir le chef-d'oeuvre que son fils réalisa. et dès que les compliments furent faits, moussa profita de l'occasion pour attaquer:

-dis maman, tu sais comment les parents de majid ont acheté leur voiture?

sans se douter de quelque chose, nejma répondit:

-evidemment! c'est grâce à majid qui leur envoie de l'argent.

moussa rassembla son courage et lança:

- pourquoi alors, je ne ferais pas comme lui?

interloquée, nejma, croyant que cela ne valait pas la peine d'en parler, lâcha:

-avant de savoir si ton père va accepter ou non, tu as pensé à l'argent qu'il faudrait?

moussa hésitant un peu, finit par lancer:

-et pourquoi tu ne vendrais pas ce petit morceau de terrain que tu as à la campagne?

la mère était trop choquée pour répondre. cela était donc sérieux.

les jours qui suivirent, moussa dormait mal et n'arrivait pas à croiser les yeux de sa mère. il perdit même l'appétit mais il mangeait avec courage car il pensait qu'il aurait besoin de toutes ses forces pour l'aventure.

cependant la maman, elle, ne mangeait presque plus et passait les nuits à réfléchir à la situation dans laquelle son fils voulait la mettre. elle décida d'en parler à son mari. mais en attendant que l'occasion se présente, elle commença à rendre des visites de plus en plus fréquentes, à lalla noufissa, la mère de majid, pour laquelle elle avait d'ailleurs beaucoup brodé, ces derniers temps.

peu à peu, nejma commençait à être convaincue. elle se sentait suffisamment courageuse pour parler à son mari, mais chaque fois qu'elle essayait, elle ne pouvait s'empêcher de penser que l'idée de sacrifier la terre n'allait attirer que des problèmes.

elle jugea bon d'en parler à lalla noufissa:

«nous avons hérité, mes frères et moi d'une terre, que nous n'avons pas encore partagée. ma part est toute petite, et je n'ose pas la réclamer à mes frères. mais, lalla noufissa, je ne t'ai pas dit que moussa voudrait partir à l'étranger comme ton fils; et que cette terre est notre seule ressource.»

lalla noufissa, voyant en moussa un futur compagnon de son fils, à l'étranger, proposa à nejma de lui prêter l'argent nécessaire au voyage, et qu'elle la mettrait même en contact avec les gens qui avaient aidé son fils à quitter clandestinement le maroc.

au fur et à mesure que lalla noufissa parlait d'une voix aigue de petite fille qui contrastait avec son obésité naissante, nejma imaginait déjà moussa à l'étranger.

le lendemain, nejma parla à son mari. la réaction ne se fit pas attendre. si ali explosa d'une colère qu'on ne lui avait jamais vue. et si ce n'était la présence de nada, il aurait crié à casser les vitres.

il fit appeler moussa pour entendre de sa bouche de quoi il s'agissait. chose étrange, moussa trouva le courage de vider son coeur, sans toutefois lever les yeux. si ali eut la sagesse de ne pas l'interrompre jusqu'à ce qu'il ait terminé ce qu'il avait à dire.

le père se leva alors lentement, et se retira dans sa chambre. son front s'était assombri et on aurait dit qu'une ride venait d'y naître, lui donnant l'air d'être plus vieux.

il se promit de réfléchir à tous ces bouleversements qu'il commençait à pressentir depuis quelque temps, dans les comportements de ses garçons, en train de devenir peu à peu des hommes, sans qu'il y fasse attention, laissant tout le soin et la responsabilité à la douce et courageuse nejma.

nejma qui ne s'était jamais plainte de quoi que ce soit. brodant la vie de la petite famille ainsi qu'elle embellissait les tissus qui, passés entre ses mains, se transformaient en étoffes dignes d'être portées par des princesses.

mais, où pouvait-elle puiser sa force et sa sagesse?était-ce dans ses origines berbères?dans ce petit hameau niché au creux des montagnes?les belles montagnes du sud du maroc.cela faisait longtemps qu'ils n'y étaient pas allés.la frères de nejma sont vraiment hospitaliers.

mais comment moussa pouvait-il penser le moindre instant que sa mère pourrait se séparer de cette terre bénie?

si ali, bercé par les souvenirs du dernier voyage qui les y avait emmenés sa femme et lui, lors de la disparition de son beau-père, se souvint alors que nada n'était pas encore née, et qu'ils n'avaient emmené, avec eux, que le petit rachid. cela expliquerait peut-être pourquoi moussa ne s'en souciait guère. leur dernier voyage, tous ensemble, au sud, remontait à huit ans. il n'en gardait qu'un souvenir vague.

et lui-même si ali, à quand remontait son dernier congé? il ne s'en souvenait plus. il a toujours préféré travailler. même le dimanche, cela l'ennuyait de rester à la maison .etait-ce cela l'origine des problèmes? il se disait chaque soir qu'il devait faire quelques recommandations à mohcine à propos de sa façon d'aborder la religion, mais cette fois, moussa venait de lui tirer la sonnette d'alarme.

toutes ces réflexions donnèrent à si ali l'envie de prendre quelques jours de congé .il en avait le droit. pas plus d'une semaine. juste ce qu'il fallait pour remettre les choses en ordre. il en avait une petite idée. il ne savait pas exactement comment, mais il savait précisément où? c'était au sud. au pays de la réconciliation. au contact de la bonne terre qui avait vu nejma voir le jour. au milieu des oliviers et des amandiers. là où le temps coulait au rythme du ruisseau qui serpentait la vallée et qui chantait la douce mélodie du vent et faisait danser les épis de blé.

c'était des thèmes qu'on retrouvait dans les chansons berbères qu'il aimait beaucoup, étant lui aussi de la région mais de l'autre côté de la montagne, du versant le plus aride.de telle sorte que la plaine de nejmaétait un paradis.

il se souviendrait toujours du jour où il l'avait vue pour la première fois, riant au milieu des coquelicots, fleur parmi les fleurs: était-ce pour cela qu'elle affectionnait la broderie? se représentait-elle ce paradis perdu qu'il ne voudrait jamais oublier?

mais au fait, c'était bientôt les vacances du printemps. et c'était l'occasion de faire un voyage en famille? un pèlerinage aux sources? c'était décidé. il emmènerait ses enfants au sud pour voir leurs origines.cela permettrait une petite halte pour faire le point et sauver le bonheur de la petite famille.

si ali appela nejma et lui en parla.la joie qui se lisait alors dans les yeux de sa femme était déjà une récompense et un bon présage de ce que ce voyage allait être.

quand si ali demanda un congé à son patron, celui-ci accepta même s'il y avait beaucoup de travail dans le chantier de construction. c'était vrai que le patron était surpris cependant il ne demanda aucune justification.

la famille avait cinq jours pour se préparer. le début du congé du père coïncidait avec le premier jour des vacances des enfants.

la veille du départ, nejma alla rendre un travail fini à lalla noufissa; et là ce fut la surprise. majid était à la maison!

le samedi avant la rentrée, moussa, fatigué du voyage, s'endormit, en repensant à ce que lui avait dit majid la veille du voyage. majid que la blessure à la cheville, condamnait à rentrer définitivement au maroc:«si tu veux vraiment partir, il te faudra au moins avoir ton bac!»…pourvu qu'il n'ait pas déjà déçu ses parents, il ferait tout pour réussir.

le lendemain, toute la famille était réunie autour du portable de rachid pour regarder les photos du voyage. c'était à qui commenterait ces beaux moments immortalisés:

«regardez rachid! il a l'air ridicule à dos d'âne!»

«et là, c'est moi!»«oh! ma petite, tu es une fleur au milieu de ces beaux champs!»

«mes tantes et mes oncles sont vraiment sympa! et je n'oublierai jamais le goût de ce tajine, que nous avons dévoré jusqu'à la dernière bouchée!»

mohcine regardait, lui aussi, les photos en souriant, car il avait retrouvé le sourire. il avait compris que l'islam, c'est de la communication et du partage; c'était l'esprit sportif qu'il avait remarqué chez ses cousins, travaillant dur, jouant des matches et ne ratant jamais l'heure de la prière!

si ali, un peu en retrait, emmitouflé dans un burnous, sa dernière acquisition au marché du village, savourait ces moments de repos en famille, avant la reprise du travail. il était satisfait. ce qu'il avait projeté avait abouti. il demanderait bien à nejma de lui mettre une plus grande bouteille de miel pour son cher patron.


aujourd'hui, neuf ans plus tard, avec un c.v bien valorisé, diplômes et expériences, moussa postule pour une place de chef-cuisinier, dans un hôtel trois étoiles. pour rien au monde, il ne laisserait son pays puisque, même une formation de trois mois en suisse n'a pas éveillé en lui l'ancien rêve d'adolescent, qui a failli détruire sa vie. il a même réussi à convaincre majid de faire l'école hôtelière: et il s'est retrouvé dans la pâtisserie.

mohcine, ayant suivi une formation en réseaux et communication, occupe un bon poste dans une société de publicité. son dynamisme et sa créativité font de lui un élément indispensable sur qui repose la réussite de l'entreprise. des rumeurs circulent déjà qu'on pourrait lui confier la direction d'une filiale qui va bientôt voir le jour. ses collègues sont heureux pour lui, même s'ils ne pourront pas se passer de sa bonne humeur.

la seule fois où il a eu une pensée pour yahya, c'était lors des attentats qui ont secoué casablanca, le 16 mai 2003. ce jour-là il s'était félicité d'avoir tourné à jamais une page sombre de son passé.

quant à rachid, qui a vingt-trois ans, il termine sa dernière année à l'institut agronomique.ingénieur d'application est, pour lui, une première étape qui lui permettra de réaliser son rêve. ce rêve qu'il berce depuis neuf ans déjà. il s'y est préparé. car lui, il avait toujours la tête sur les épaules et savait exactement ce qu'il voulait faire. son père, mis en confidence, approuve sans la moindre hésitation, son projet. et comment peut-il en être autrement? rendre la vie à la terre de ses grands-parents en y expérimentant un nouveau système d'irrigation, est une bénédiction. et la terre ne manque pas puisque si ali n'a qu'une soeur et leur père leur a laissé une terre qui s'étend à perte de vu

a la veille de la retraite, si ali, les cheveux grisonnant, le corps montrant déjà l'usure du temps, aimerait bien se retirer dans le pays de son enfance.

et surtout emmener nejma prendre du repos, au contact de la nature qui avait longtemps nourri son inspiration, jusqu'à ce que la dernière étoffe qu'elle a brodée épuise définitivement ses yeux. l'opération qu'elle vient de subir pour la deuxième fois n'a fait que prouver ce qu'elle répète à ses enfants, qui se préparent à l'emmener à l'étranger pour être examinée par les plus grands spécialistes.

elle savait depuis deux ans que ses yeux commençaient à s'éteindre .et elle acceptait, ce qu'elle concevait comme son destin. elle a tout vu et emmagasiné assez d'images pour vivre le restant de sa vie. et même nadala petite, elle a treize ans, maintenant. précoce, elle a déjà les traits d'une jeune demoiselle, et nejma sait exactement quelle belle jeune femme elle sera quand sonnera l'heure de son mariage. bien sûr, après avoir décroché les plus beaux diplômes. nada sera une femme moderne. elle, elle choisira son mari. nejma ne regrettait rien.si ali a toujours été là pour elle. mais c'est dans l'air du temps. bien des choses ont changé d'ailleurs.

a présent sa petite maison, située au premier, semble bien vide après le mariage de mohcine, tout de suite après celui de moussa. rachid, lui, ses études à rabat lui permettent à peine de rentrer un week-end sur deux.

d'ailleurs, la tradition familiale veut que les dimanches se passent en famille. la petite maison se transforme alors en pouponnière où le petit karim fils de moussa et la petite maha fille de mohcine s'en donnent à coeur joie, aux jeux des bambins, rappelant aux deux frères une certaine petite maternelle, rachetée et transformée en une boulangerie, celle de majid:«le ballon rouge». c'est son nom.la vieille directrice, devenue caissière chez majid, qui a beaucoup grossi et a perdu le dernier de ses cheveux roux, se plait à raconter, sans se lasser, l'histoire de ce nom.


rabha, la bonne qui a été engagée par moussa pour aider sa mère, voilà deux ans, fait partie de la famille. veuve sans enfant, elle semble ne pas avoir d'âge, mais ne demande qu'à s'intégrer.

et quand tout le monde s'est retiré, nejma demande à rabha de lui placer son fauteuil dans la chambre des enfants, devant la fenêtre du sud. elle respire alors un grand bol d'air et pensant à l'étoile qu'elle avait l'habitude de contempler de ce côté, elle a une pensée à lalla khadija qui s'est éteinte il y a deux ans, et à lalla noufissa qui l'a rejointe l'année dernière. elle expire doucement et ferme les yeux.

où vont toutes ces étoiles qui brillent le temps d'une vie et disparaissent à tout jamais? nejma, étoile du sud, étoile filante que l'on aperçoit le temps d'un souhait. le temps que ses enfants réalisent leurs rêves.


fin

1 dewey est l'initiateur du hands-on learning (apprendre par l'action). il crée une école laboratoire loin de l'autorité habituelle où le maître est un guide et où l'élève apprend en agissant. dewey souhaite réconcilier esprit et action, travail et loisir, intérêt et effort. il pense que l'enfant doit agir plutôt que d'écouter. il est un des principaux pédagogues du mouvement d'éducation neuve

2 la démarche pédagogique de decroly a des bases scientifiques et intellectuelles dans laquelle la théorie et la pratique se mêlent intimement. la théorie n'a de sens que si la pratique la confirme. ainsi il pense que l'éducation doit se faire à partir des intérêts de l'enfant. il dira que le développement de l'enfant est le résultat de sa croissance biologique et de son expérimentation active dans le milieu où il se trouve.

3 instituteur, freinet proposait à ses élèves pour le journal de classe différents sujets puisés dans

leur quotidien. il s'agissait d'un recueil de textes libres réalisés et imprimés au jour le jour. ce journal constituait

donc un projet collectif. les élèves étaient alors amené à gérer leur projet au travers de la coopérative, c'est-à-dire à :

1. recueillir des idées : émergence du projet

2. mettre au point le contenu : choix du projet

3. élaborer des textes et les corriger : réalisation du projet

4. organiser la diffusion : réalisation du projet

5. évaluer le travail : évaluation du projet

4 pour piaget, l'enfant apprend par l'action. c'est par l'expérience avec l'objet qu'il construit son savoir. a partir d'un noyau initial de schèmes d'action, l'assimilation de l'environnement est possible, progressivement, en raison des problèmes nouveaux que pose l'environnement, le sujet entreprend de modifier sa structure cognitive.

5 philippe meirieu : apprendre oui, mais comment ? esf éditeurparis, esf, 1989.

6 françois muller, agrégé d'histoire, enseignant d'histoire et de géographie, formateur, puis responsable de formation ; en 1997, consultant en formation continue, puis depuis 2000, coordonnateur du pôle de soutien à l'innovation pédagogique

7 pierre-yves artaud, né le 13 juillet 1946 à paris, est un flûtiste classique français premier prix de flûte et de musique de chambre du conservatoire de paris, il mène une triple carrière de concertiste, de chercheur et de pédagogue.

8 la psychopédagogie. s/5

9 micro enseignement. s/5

10 eléments de psychopédagogie et didactique. s/5

11 littérature comparée. s/6

12 littérature du monde. s/6

13 la sémiotique .s/5. s/6

14 culture générale et projet personnel. s/6

15 l'analyse du discours

16 la culture française

17 la didactique de la littérature.



Pour citer cet article :
Auteur : Jaafari Ahmed -   - Titre : La pédagogie de projet pour promouvoir écrit,
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/memoire-pedagogie-projet-ecrit-sy9b-jaafari-ahmed.php]
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