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المدرسة العليا للأساتذة

ecole normale supérieure -meknès



département : langue et littérature françaises niveau : 5 ème année

mémoire pour l'obtention

du diplôme de l'ecole normale supérieure


enseignement d'une oeuvre intégrale au lycée
support : jacques le fataliste de diderot


préparé par : sous la direction : leftouhi safae m. mohammed faraji

année universitaire : 2010/2011.

remerciements

je tiens à exprimer mes remerciements les plus vifs à mon professeur m. mohammed faraji pour le soutien considérable , les conseils pertinents donnés durant la phase de préparation de ce modeste travail.

je remercie également mme mina sadiqui pour l'encadrement pratique et pour m'avoir guidé durant la préparation de ce travail.

j' adresse un grand remerciement pour tous mes enseignants et mes collègues que j'ai eu le plaisir de côtoyer pendant cette formation.


dédicace

je dédie ce modeste travail à :

  • mes chers parents pour tout l'amour qu'ils m'ont réservé et leur sacrifice pour mon éducation.
  • mes chers frères.
  • tous mes amis du département du français en particulier nadia essabery.
  • a tous ceux, que j'aime.

sommaire

introduction …………….5. première partie : pourquoi jacques le fataliste et son maître …………….6. premier chapitre : une oeuvre plurielle ……………….7.
deuxième chapitre : comment exploiter jacques le fataliste ……………..10. deuxième partie : la séquence didactique .............. 14 .
troisième partie : les contraintes de l'exploitation pédagogique ……… 54 . premier chapitre : une composition hybride et labyrinthique………..55. deuxième chapitre : un processus exécuté dans des cadres rigides…..60.

conclusion …………………… 63.

bibliographie……………… .64 .

introduction

etudier jacques le fataliste dans le lycée marocain est une tâche très complexe non seulement pour l'enseignant mais aussi pour l'apprenant. la difficulté émane du fait qu'il est question d'une oeuvre hybride où plusieurs genres se croisent. cette pluralité romanesque est une arme à double tranchant : d'un côté, elle permettrait d'élargir les horizons de l'élève par « l'acquisition d'un savoir littéraire culturel, l'ouverture à d'autres modes d'expression culturelle » 1 ainsi que le développement de la compétence communicative. de l'autre côté, elle pourrait déstabiliser l'élève dans son parcours de lecture et crée chez lui un sentiment d'embarras voire d'incompréhension. de plus, cette exploitation pose d'énormes problèmes au niveau de la gestion temporelle et la progression thématique.

le travail que nous envisageons d'élaborer se penchera sur une exploitation didactique qui s'inscrit dans la réforme de notre lycée. en effet, l'oeuvre intégrale constitue l'unité de base de toutes les activités et la clef de voûte de cette réforme visée par le ministère de l'éducation : ce support vise non seulement la compréhension des valeurs humaines en les actualisant avec le changement mondial et national mais aussi l'acquisition d'un savoir théorique et son fonctionnement dans des situations-problèmes (en classe ou en dehors de la classe).

le présent travail choisit comme centre d'étude le voyage de jacques et son maître et son intérêt pour le roman. ce choix de cette thématique nous permet de bien élucider les intentions de diderot : c'est le moyen par lequel il remet en question les procédés romanesques, parodie d'autres genres et imite le hasard de l'existence. ce qui va permettre à l'élève d'associer et de comparer le voyage comme choix esthétique et le voyage réel et ses variations dans la vie personnelle.

la première partie de ce travail est réservée à la justification du choix de l'oeuvre. le premier chapitre met en évidence les caractéristiques de ce roman pluriel. le deuxième s'articule autour de son exploitation pédagogique : l'intérêt de l'oeuvre et les stratégies adoptées.

la deuxième partie sera consacrée à l'analyse de la séquence afin de répondre à notre projet de lecture.

la troisième partie traite les contraintes de cette exploitation au niveau interne (genre, le cadre et la structure) et au niveau extérieur (le temps et la progression).
première partie : pourquoi jacques le fataliste et son maître

premier chapitre : une oeuvre plurielle :

  1. au niveau littéraire:

il est évident que l'oeuvre de jacques le fataliste constitue à la fois une rupture et une anticipation de l'esthétique romanesque de son temps. en effet, l'oeuvre embrasse plusieurs genres littéraires : du roman il a la longueur, du conte la mise en perspective morale et philosophique des événements, du théâtre la forme dialogique. d'où ce désir de rompre avec la conception traditionnelle du genre dont il est une critique, une parodie et une tentative de renouvellement.

cela se traduit davantage dans le statut du lecteur fictif qui entretient avec le narrateur un dialogue dès l'incipit. cette intrusion du lecteur à une double visée : la première montre que le lecteur est au centre des préoccupations de l'auteur quand il écrit, même s'il ne s'agit pas pour l'auteur de satisfaire ses désires. la deuxième consiste à donner une autre dimension au roman qui ne se contente plus de raconter une histoire mais de s'interroger sur le nouveau rôle de l'oeuvre littéraire. autrement dit, le lecteur n'est qu'un moyen pour anticiper les réactions de son lecteur, à répondre à ses opposants et dévoiler cette recherche romanesque qui a duré presque vingt ans. dès lors, ce dialogue fictif est en parallèle avec le dialogue de jacques et son maître. cette forme dialogique est une arme chez diderot pour produire chez son lecteur une impression de « la vérité » et renforce son pouvoir de persuasion, parce que « la vérité » se réalise dans un échange polémique et n'est pas offerte toute faite. par ailleurs, cette relation entre le narrateur et le lecteur permet à l'auteur d'aborder d'autres sujets qui déroutent le lecteur en feignant de donner à sa lecture un axe linéaire par le biais des digressions, l'enchâssement, … … etc.

ces interruptions mettent en évidence le désir de provoquer la curiosité de son public : ce fait est lisible à travers le choix où s'interrompt l'action, à l'occasion d'un « suspens » narratif, ou événementiel, ou bien d'un questionnement du lecteur que diderot fait appel à ses commentaires.

  1. au niveau philosophique :

outre sa dimension littéraire, l'oeuvre de diderot est un roman philosophique qui traite la question du fatalisme et ses variations : la liberté, le mal, l'existence de dieu, la responsabilité, les notions de cause. ainsi, ce fatalisme moderne, où s'inscrit diderot, juge que l'homme est déterminé par toute sorte de causes. parmi ces causes sont le caractère inné et les modifications subies par l'éducation. dans la même perspective, les châtiments et les récompenses participent à cette modification en le déterminant à respecter les lois et l'ordre social. pour cette doctrine, le châtiment est la légitime défense de la société, moyen nécessaire du maintient de l'ordre public. ce mouvement étaye l'idée que si l'homme est absolument libre, il aurait impossible de le changer par les lois. en un mot, le fatalisme est le seul garant de la stabilité sociale.

le fatalisme diderotien a un tout autre sens, celui du matérialisme déterministe :

« il croyait qu'un homme s'acheminait aussi nécessairement à la gloire ou à l'ignominie, qu'une boule qui aurait la conscience d'elle-même suit la pente d'une montagne ; et que, si l'enchaînement des causes et des effets qui forment la vie d'un homme depuis le premier instant de sa naissance jusqu'à son dernier soupir nous était connu, nous resterions convaincus qu'il n'a fait que ce qu'il était nécessaire de faire. » 1

ce matérialisme déterministe est un monisme : chaque cause a un effet. il s'agit donc d'un fatalisme biologiste où la sensibilité et la matière sont présentes.

cette illustre figure de lumière met en scène une doctrine complexe et se sert par des outils narratifs permettant une présentation concrète et vivante. dans ce propos, jean fabre disait que :

« dans jacques le fataliste au lieu de trouver un procédé mis au service du roman, nous voyons le roman mis au service d'un procédé, lequel est mis lui-même au service d'une quête philosophique » 2

  1. au niveau social :

cette construction binaire entre pensée esthétique et pensée philosophique pose plusieurs problèmes. ces deux problématiques majeures abordées par diderot sont la liberté et la moralité. la négation de la liberté pousse l'homme à l'inaction, à l'indifférence, à l'irresponsabilité, voire une sorte d'assujettissement total aux forces extérieures. selon jacques, il y a des gens qui sont « heureusement nés » et d'autres qui sont « malheureusement nés » 3 . ce raisonnement montre que l'homme est un pantin qui suit son destin. il ne peut ni échapper au malheur ni utiliser la raison. dès lors, le mal et le bien sont vides de sens et même n'existe pas. l'homme n'est pas coupable des méfaits qu'il commet, et donc, il est impossible de le juger. dans le même ordre des idées, le bonheur et le malheur ne dépendent pas de l'homme mais tout ce qui lui arrive était marqué sur « le grand rouleau ». il s'agit d'une question de chance. le destin se transforme en une véritable loterie. cette résignation au fatalisme et au déterminisme exclut la responsabilité et nuit à l'organisation de la société.

malgré cette dépendance, l'homme a une conscience par laquelle il échappe à la soumission absolue et opte à une morale relative. le recours à des personnages différents de la société révèle l'intention de diderot de montrer que l'homme est incapable de choisir le bien ou le mal. ce fait est illustré à travers des personnages inconstants dans leurs relations avec les autres : gousse est très généreux et serviable envers ses amis mais dur envers sa famille ; le cas de mlle d'aisnon comporte plusieurs interprétations : le maître juge illégitime de cacher au marquis des arcis qu'elle est une prostituée avant le mariage. or, diderot nuance la conduite de cette dernière « peut-on la blâmer de son horrible aversion pour un état infâme » 4 . ces exemples dénotent non seulement l'impossibilité de juger moralement ces personnages mais aussi la difficulté d'établir une liste de valeurs. alors, l'oeuvre s'inscrit dans une ambition réaliste.

deuxième chapitre : comment exploiter jacques le fataliste :

  1. l'intérêt de l'oeuvre :


dans les « orientations pédagogiques », le projet doit être réalisé dans des séquences et des séances qui se convergent et se complètent. de ce fait, l'enseignant doit déterminer dans quel but les élèves étudieront l'oeuvre, pour acquérir quels savoirs et surtout quels savoir-faire.

le projet pédagogique « donne au professeur les moyens de piloter plus efficacement son action et qu'en même temps il permet aux élèves d'en mieux comprendre la signification » 5 . d'où le besoin d'une bonne gestion de ce dernier qui doit prendre en considération les niveaux réels des élèves, les facteurs affectives et psychologiques, les valeurs nationales universelles qu'il faut savoir exploiter.

dans cette optique, jacques le fataliste croise les objectifs fondamentaux proposés par le ministère qui demande et oriente vers un travail éclectique.

cette oeuvre permet aux enseignants et en particulier les élèves de faire un coup de roi :

d'un côté, ce roman constitue pour l'élève une crise dans son parcours scolaire, car ce roman n'adhère à aucun genre, ce qui va permettre à l'enseignant de tester les connaissances des élèves concernant les conventions romanesques(les personnages, le temps, la description et la linéarité du récit) et de les retravailler d'une manière intelligente (la simplicité pour toucher l'objectif).

et ensuite, cette oeuvre plurielle contribue non seulement à développer chez l'élève une compétence lectorale où la forme et le sens s'interpellent pour montrer les intentions de l'auteur, mais en outre à préparer les élèves pour les études supérieures surtout pour les classes littéraires !

tous ces objectifs ne peuvent se réaliser que dans les évaluations, qu'elles soient diagnostiques, formatives ou sommatives. ces évaluations présentent un double enjeu : le premier donne l'élève une image fidèle de ce qu'il sait et ce qui lui reste à acquérir en dépassant le problème de la note. le deuxième permet à l'enseignant de requestionner son travail et de le réadapter selon les résultats.

de l'autre côté, la notion des valeurs est une composante primordiale dans le processus éducatif. on peut y trouver en substance :

    • la formation d'un citoyen autonome par le biais d'une appropriation des

des valeurs civiques et humaines universelles.

    • la compréhension et l'assimilation des différents changements et

développements de la civilisation. 6

on est donc face à un système éducatif fondé sur les valeurs, parce que l'une des compétences visées de l'école nationale est la socialisation des apprenants.

d'où le choix de jacques le fataliste qui présente des valeurs humaines. mais cela n'exclut pas la sélection de certaines idées qui ne sont pas en homogénéité avec notre répertoire culturel.

ainsi l'oeuvre diderotienne véhicule plusieurs leçons : une morale relative, un appel à l'action, à être soi même…. en effet, ces réflexions sur la liberté et la morale montrent son but social.

premièrement, il prône pour la liberté humaine fondée sur la morale avec autrui, et cette relation permet la construction des lois utiles et réalistes, loin du fatalisme absolu et la liberté excessive. secondement, il adresse aux lecteurs un appel à la sagesse modérée : une harmonie entre la raison et l'état sensible.

  1. les stratégies adoptées :


puisque l'oeuvre proposée est un roman pluriel et ouvert. le projet pédagogique que nous proposons prendra comme appui les méthodes préconisées par le texte officiel :

pour l'activité de lecture, nous limiterons notre travail à la lecture méthodique et le groupement de textes « la synthèse ».

  • lecture méthodique :

« le lecture méthodique, c'est choisir ses entrées dans un texte, et construire peu à peu un sens. » 7

« la lecture méthodique cherche à construire une signification par une analyse de la situation de discours et par une attention constante à la forme. » 8

le choix de cette lecture consiste à approfondir les outils d'analyse de chaque type de texte. en un mot, sensibiliser l'élève à cette relation étroite avec les outils et les intentions de chaque auteur.

didactiquement parlant, cette démarche méthodologique doit prendre en considération trois points essentiels : le niveau des élèves, les objectifs qu'il vise et surtout la pertinence du texte.

  • le groupement de texte :

pour réussir ce type d'exercice, l'enseignant doit initier l'élève petit à petit à respecter les étapes suivantes:

  • la lecture globale des trois textes : lire texte par texte.
  • la lecture analytique : relever les idées principales de texte pour une reformulation nette.
  • l'établissement du plan de synthèse : dresser par écrit le plan précis qui rapproche les idées. le plan est la clé d'une synthèse rigoureuse et réussite.
  • la recherche d'un centre de perspective.
  • la rédaction doit prendre en considération ces points pratiques :

  • trouver une phrase courte qui annonce le thème traité et serve d'introduction.
  • marquer clairement les moments d'une progression cohérente.
  • etre concis et objectif. 9

ce qui concerne l'activité de production orale, nous proposons des travaux encadrés et exposés sur les thèmes les plus récurrents comme : le fatalisme, le déterminisme, le roman picaresque ainsi que l'organisation des débats autour des problématiques posées par le texte.

enfin, l'activité de production écrite, nous choisirons deux pratiques :

  • la réécriture : ce type d'exercice nous permet de demander aux élèves de combler les actions brisées par l'auteur.
  • la rédaction créative s'articule autour des sujets qu'on a déjà travaillés ensemble pendant les autres activités.


deuxième partie : la séquence didactique autour du voyage :

lire jacques le fataliste et son maître de diderot au lycée.
i) le cadre conceptuel :

- public /cible : 2 ème année du cycle secondaire qualifiant.

-support : jacques le fataliste et son maître de denis diderot.

-moment de l'année : premier semestre

-durée de la séquence : 6 semaines (21 séances).

-compétences visées :

- amener l'élève à identifier quelques spécificités de l'écriture didrotiènne.

-amener l'élève à contextualiser une oeuvre littéraire , en l'occurrence un roman philosophique.
ii) le dispositif didactique :

  1. interroger le titre et ses diverses représentations ainsi que le rôle de la préface.

  1. projet de lecture : quel est l'intérêt du voyage dans l'oeuvre étudiée ?

tableau présentatif de la séquence :

semaine

activités de classe

i

lecture : la préface les éléments paratextuels.

lecture : 1h incipit(43,46).

centres d'intérêts :

  1. le caractère insolite de l'entrée.
  2. les éléments traditionnels
  3. une réflexion philosophique et sociale.

langue : 1h le discours rapporté.

travaux encadrés : le roman au xviiième siècle.

ii

lecture : 1h (56,57).

axes de lecture :

  1. un récit discontinu
  2. les attentes déjouées du lecteur.

langue : 1h la relative.

travaux encadrés : le roman picaresque.

production écrite : imaginez la suite de l'histoire en respectant la tradition picaresque.

iii

lecture : 1h (95)

axes de lecture :

  1. l'errance du voyage de jacques et son maître.
  2. l'errance de la lecture.

t. encadrés : 2h. le fatalisme et le déterminisme. pour discuter la question suivante : jacques est-il fataliste ? (à partir de citations tirées de l'oeuvre.)

p. e : croyez-vous que l'homme est libre ou guidé par une force supérieure ?

iv

lecture : 2h groupement de textes autour de l'eglise.

axes de lecture :

i. une image dépréciative des moines :

  1. au niveau des moeurs.
  2. au niveau des croyances.

ii. la satire de l'eglise :

  1. les valeurs humaines sont bafouées.
  2. la dénonciation du fanatisme et de l'intolérance.

activité orale : débat autour de l'hypocrisie sociale.

production écrite : la religion et la vie sociale.

v


lecture : 2h l'excipit (354,361) / un tableau comparatif entre l'incipit et l'excipit. centres d'intérêt :
  1. un narrateur désinvolte.
  2. un roman a fin multiple.

a. orale : débat autour de la communication. p. écrite : 1h « le voyage forme t-il les jeunes ? ».

vi

a. orale : 1h discussion autour du projet de lecture : pourquoi diderot a-t-il choisi de faire voyager jacques et son maître ?
evaluation : 1 h un passage cours .

p. écrite : 1h une question en relation avec le projet de lecture : quel est l'intérêt du voyage dans le roman ? réfléchissez méthodiquement sur cette question en s'inspirant de votre lecture de l'oeuvre étudiée.
correction : 1h pour les deux évaluations.


séance 1 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité de lecture : cours dialogué. durée : 1heure. support d'étude : la préface de jacques le fataliste les éléments paratextuels. objectifs : -déduire le rôle de la préface. -etudier les éléments paratextuels. -formuler le projet de lecture.


contrainte : donner le travail à l'avance.
  • les questions posées :

  1. qui est l'auteur de cette oeuvre ? diderot.
  2. qu'évoque le titre de cette oeuvre ?

  1. au niveau des personnages ?

  • le titre évoque deux personnages différents : le premier est le valet présenté avec une double détermination :

son prénom « jacques » est à la fois une identité et un état modeste. son caractère est fataliste. le deuxième, le maître est désigné seulement par son statut social.
  1. au niveau du thème ?

un thème philosophique : le fatalisme. un thème social : la relation maître/ valet.
  1. après la lecture de la préface, que nous apprend-elle ?
  • la préface met l'accent sur la vie de l'auteur, les sources(les inspirations), la parution et l'écriture. dès lors, la première fonction de la préface est explicative :

origine de l'oeuvre, expliquer le thème et la technique utilisée.

synthèse :

l'originalité formelle du roman est redoublée par l'originalité du parcours du roman. a la fois novateur et ouvert, jacques le fataliste correspond à son auteur dans la mesure où il en reflète l'inventivité et l'éclectisme.

cette première activité nous permettra d'élaborer le projet de lecture : ce projet de lecture est le fil conducteur de la séquence afin d'assurer la cohérence et faciliter la compréhension aux apprenants.

séance 2 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité de lecture : lecture méthodique durée : 1heure. support d'étude : incipit : p. 43,46. objectif : l'originalité 10 de l'incipit.

contrainte : demandez aux élèves de lire l'incipit :



comment s'étaient-ils rencontrés ? par hasard, comme tout le monde. comment s'appelaient-ils ? que vous importe ? d'où venaient-ils ? du lieu le plus prochain. où allaient-ils ? est-ce l'on sait où l'on va ? et que disaient-ils ? le maître ne disait rien, et jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal était écrit là-haut. le maître : _ c'est un grand mot que cela. jacques : _ mon capitaine ajoutait que chaque balle qui partait d'un fusil avait son billet. le maître : _ et il avait raison….. après une courte pause, jacques s'écria : « que le diable emporte le cabaretier et son cabaret !» le maître : pourquoi donner au diable son prochain ? cela n'est pas chrétien. jacques : _ c'est que, tandis que je m'enivre de son mauvais vin, j'oublie de mener nos chevaux à l'abreuvoir. mon père s'en aperçoit ; il se fâche. je hoche de la tête : il prend un bâton et m'en frotte un peu durement les épaules. un régiment passait pour aller au camp devant fontenoy, de dépit je m'enrôle. nous arrivons ; la bataille se donne… le maître : _ et tu reçois la balle à ton adresse. jacques. _ vous l'avez deviné ; un coup de feu au genou ; et dieu sait les bonnes et mauvaises aventures amenées par ce coup de feu. elles se tiennent ni plus ni moins que les chaînons d'une gourmette. sans ce coup de feu, par exemple, je crois que n'aurais été amoureux de ma vie, ni boiteux. le maître : _ tu as donc été amoureux ? jacques. _ si je l'ai été ! le maître. _ et cela par un coup de feu ? jacques._ par un coup de feu. le maître. _ tu ne m'en jamais dit un mot. jacques. _ je le crois bien. le maître. _ et pourquoi cela ? jacques. _ c'est que cela ne pouvait être dit ni plus tôt ni plus tard. le maître. _ et le moment d'apprendre ces amours est-il venu ? jacques. _ qui le sait ? le maître. _ a tout hasard, commence toujours….. jacques commence l'histoire de ses amours. c'était l'après-dîner. il faisait un temps lourd, son maître s'endormit. la nuit les surprit au milieu des champs ; les voilà fourvoyés. voilà le maître dans une colère terrible et tombant à grands coups de fouet sur son valet, et le pauvre diable disant à chaque coup : « celui-là était apparemment encore écrit là-haut. » vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin, et qu'il ne tiendrait qu'à moi de vous faire attendre un an, deux ans, trois ans, le récit des amours de jacques, en le séparant de son maître et en leur faisant courir à chacun tous les hasards qu'il me plairait. qu'est-ce qui m'empêcherait de marier le maître et de le faire cocu ? d'embarquer jacques pour les îles ? d'y conduire son maître ? de les ramener tous les deux en france sur le même vaisseau ? qu'il est facile de faire les contes ! mais ils en seront l'un et l'autre pour une mauvaise nuit, et vous pour ce délai.

la progression du cours :
mise en situation :

  • ce début vous paraît-il normal ?
  • cet incipit ressemble-il aux autres incipit précédents ?

non, on constate que l'auteur nous met dans le coeur de l'événement. on appelle ce début in mediares. axes de lecture :

axe 1 : le caractère insolite de l'entrée.

  • par quoi le texte s'ouvre t-il ?

par des questions rapides.
  • quel est le rôle traditionnel du narrateur ?

le narrateur ne se contente pas de raconter d'une manière classique mais il mène un dialogue séduisant.
  • comment peut-on analyser sa présence dans l'incipit ?

ce dernier jouit d'une importance particulière.
  • que fait-il entendre par cette interpellation suivante : « vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin, et qu'il ne tiendrait qu'à moi de vous faire attendre un an,… »

cette interpellation souligne non seulement une attitude autoritaire mais également une attitude narquoise. d'où l'emploi du conditionnel.
  • quel est le caractère prédominant du récit ?

c'est un récit abrupt, discontinu à cause de l'imbrication des différents niveaux de récits.
  • combien y a-t-il des voix ?

il y a quatre voix : jacques et son maître ; le narrateur et son lecteur fictif. axe 2 : les éléments traditionnels.
  • quels sont les personnages de ce passage ?

jacques et son maître.
  • la présence du maître jouit-elle d'une importance ?

le maître est présenté comme silencieux.
  • combien y a-t-il des histoires dans ce passage ?

il y a deux histoires : la première est celle du voyage mené par jacques et son maître, la deuxième consiste dans le récit amoureux de jacques.
  • combien y a-t-il de narrateurs ? et pourquoi ?

le premier narrateur est celui qui interpelle le lecteur. le second est jacques racontant ses propres aventures. axe3 : une réflexion philosophique et sociale.
  • comment expliquez-vous la récurrence du mot « hasard » ?

cette présence du hasard révèle le caractère aléatoire des événements, de la vie, de tout ce qui atteint les êtres et les choses.
  • pourquoi jacques dit-il que « tout ce qui nous arrive était écrit là haut » que représente t-il ?

l'homme est lié à des forces majeures.
  • cherchez, dans le texte, d'autres phrases qui se réfèrent à la même idée ?
  • le narrateur respecte t-il les règles de la narration ?

non, le narrateur se présente comme tout-puissant, capable de faire ce qu'il veut, et donc libre de ses choix. synthèse collective :

le début du roman est sarcastique et inattendu. en apparence, c'est la rupture et l'incohérence qui dominent. en réalité, cette entrée met en exergue les thèmes et les formes principales du roman ainsi que les interrogations philosophiques.

séance 3 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître, diderot. activité de langue : le discours rapporté. durée : 1heure. support d'étude : les phrases tirées de l'oeuvre. objectif :- reconnaître et analyser le discours rapporté (discours direct et indirect). - connaître les valeurs et les effets de ces deux discours.
pré-requis : les élèves savent déjà la transformation du discours direct à l'indirect mais cela n'exclut pas un petit rappel. corpus : p.1 : « …jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal était écrit là-haut. » p.2 : « … jacques dit à cet interlocuteur indiscret : « de quoi te mêles-tu » » p.3 : « … le maître dit à son valet : « eh bien, jacques, où en étions-nous de tes amours. » » p.4 : «...tu dors, lui dit-il, tu dors, maroufle, au moment le plus intéressant de mon histoire !.. » réflexion sur le corpus :
  • dites-moi de quoi il s'agit ?
  • quelle est la différence entre ces phrases ?

type de discours

exemples

caractéristiques


discours direct

2, 3, et 4


* des guillemets précédés de deux points. * verbes introducteurs comme (dire…). * temps des verbes du discours : présent de l'indicatif.

discours indirect

1


* des propositions subordonnées introduites par un système du type : dire que.

  • quelle est la fonction du d.d et i dans un texte ?

la fonction du discours d et i est une source de crédibilité. conceptualisation :
appropriation :
  • complète comme il convient les phrases transcrites au discours indirect.

  1. la voisine demanda : « qui prend une tasse de café ».
  • la voisine demanda…….une tasse de café.
  1. l'homme affirma : « je ne l'ai pas revu depuis mon enfance ».
  • l'homme affirma ….. pas revu …… enfance.
  1. il s'assit et dit qu'ils : « nous allons parler affaires ».
  • il s'assit et dit qu'ils …… parler affaires.
  1. le commissaire me demanda : « avez-vous reconnu cet individu ».
  • le commissaire me demanda ………. cet individu.

application :
  • relevez le discours direct et indirect et dites quel est l'intérêt de cet emploi ?

irène se transporte à grands frais en epidaure, voit esculape dans son temple, et le consulte sur tous ses maux. d'abord, elle se plaint qu'elle est lasse et recrue de fatigue ; et le dieu prononce que cela lui arrive par la longueur du chemin qu'elle vient de faire. elle dit qu'elle est le soir sans appétit ; l'oracle lui ordonne de dîner peu. elle ajoute qu'elle demande pourquoi elle devient pesante, et quel remède ; l'oracle répond qu'elle doit se lever avant midi, et quelquefois se servir de ses jambes pour marcher. elle lui déclare que le vin lui nuisible : l'oracle lui dit de boire de l'eau, qu'elle a des indigestions, et il ajoute qu'elle fasse diète. « ma vue s'affaiblit, dit irène. _ prenez des lunettes, dit esculape. _ je m'affaiblis moi-même, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que j'ai été. _ c'est, dit le dieu, que vous vieillissez. _ mais quel moyen de guérir de cette langueur ? _ le plus court, irène, quel conseil me donnez-vous ?....que m'apprenez-vous de rare et de mystérieux ? et ne savais-je pas tous ces remèdes que vous m'enseignez ? _ que n'en usiez-vous donc, répond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abréger vos jours par un long voyage ! ».
(la bruyère, les caractères)

séance 4 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : travaux encadrés. durée : 1heure. support d'étude : en relation avec l'oeuvre intégrale. objectif : -connaître le roman au xviiième siècle.

le plan que les élèves doivent respecter:


séance 5 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité de lecture : lecture méthodique. durée : 1heure. support d'étude : le même roman p. 56, 57. objectif : -montrer que diderot déjoue les attentes du lecteur, tout en parodiant d'autres genres.

contrainte : demandez aux élèves de lire le passage suivant :

comme ils en étaient là, ils entendirent à quelque distance derrière eux du bruit et des cris, ils retournèrent la tête et virent une troupe d'hommes armés de gaules et de fourches qui s'avançaient vers eux à toutes jambes. vous allez croire que c'étaient les gens, les valets et les brigands dont nous avons parlé. vous allez croire que le matin on avait enfoncé leur porte faute de clefs, et que ces brigands s'étaient imaginé que nos deux voyageurs avaient décampé avec leurs dépouilles. jacques le crut, et il disait entre ses dents : « maudites soient les clefs et la fantaisie ou la raison qui me les fit emporter ! maudite soit la prudence ! etc.etc. » vous allez croire que cette petite armée tombera sur jacques et son maître, qu'il y aura une action sanglante, des coups de bâton donnés, des coups de pistolets tirés, et il ne tiendrait qu'à moi que tout cela n'arrivât, mais adieu la vérité de l'histoire, adieu le récit des amours de jacques. nos deux voyageurs n'étaient point suivis. j'ignore ce qui se passa dans l'auberge après leur départ. ils continuèrent leur route, allant toujours sans savoir où ils allaient, quoiqu'ils sussent à peu près où ils voulaient aller ; trompant l'ennui et la fatigue par le silence et le bavardage, comme c'est l'usage de ceux qui marchent, et quelquefois de ceux qui sont assis.

il est bien évident que je ne fais point un roman, puisque je néglige ce qu'un romancier ne manquerait pas d'employer. celui qui prendrait ce que j'écris pour la vérité serait peut-être moins dans l'erreur que celui qui le prendrait pour une fable.

cette fois-ci, ce fut le maître qui parla le premier et qui débuta par le refrain accoutumé : « eh bien ! jacques, l'histoire de tes amours ?

jacques. _ je ne sais où j'en étais. j'ai été souvent interrompu, que ferais tout aussi bien de recommencer.

la progression du cours
mise en situation :

  • situez le passage ?

jacques et son maître ont repris leur route, après une nuit mouvementée où le valet a tenu en respect une douzaine de brigands. il a consigné les malfaiteurs dans l'auberge en emportant la clef de la chambre où il les avait enfermés. tout à coup, sur le chemin, une horde d'hommes en armes poursuit pour les tuer peut-être.

axes de lecture :

axe 1 : un récit discontinu.

  • par quoi le texte s'ouvre t-il ?

le texte s'ouvre sur un incident qui perturbe le voyage des héros.

  • quelles sont les conséquences de cette interruption sur jacques et le lecteur ?

jacques en reprendre son récit, il avoue en avoir perdu le fil et le lecteur a le même le sentiment.

  • comment peut-on analyser la réplique de jacques : « je sais où j'en étais. j'ai été souvent interrompu que je ferai tout aussi bien de recommencer ».

cette réplique décrit le déroulement du roman.

  • relever les indices qui montrent que les interruptions se répètent dans cet incipit ?

on a l'adverbe « souvent » et le préfixe « re ».

axe 2 : les attentes déjouées du lecteur.

  • quels sont les éléments qui rapprochent ce texte de la tradition picaresque ?

deux hommes à cheval se trouvent exposés aux hasards du chemin, livrés au risque d'une mauvaise rencontre.
  • quelles sont les hypothèses du lecteur ?

les hypothèses sont « action sanglante », « coup de bâton », « pistolets tirés ».
  • jacques avance t-il dans son histoire amoureuse ?

il est soumis au bon vouloir du narrateur qui s'ingénie à le décevoir.
  • a qui ressemble ? au maître.

  • l'horizon d'attente est-il satisfait dans les deux cas ?

non, on assiste à une remise en question à ces traditions. bilan collectif : ce passage révèle le caractère déroutant du roman fondé sur le principe de l'interruption et de la déception. ces deux principes permettent à diderot de remettre en cause les principes du roman picaresque et du récit sentimental.

séance 6 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : langue. durée : 1heure. support d'étude : le même roman p. 56, 57. objectif : -reconnaître et analyser une subordonnée relative. -connaître les types de la subordonnée relative.
corpus :

p.1 « …ils retournèrent la tête, et virent une troupe d'hommes armés de gaules et de fourches qui s'avançaient vers eux à toutes jambes… » .

p.2 « …vous allez croire que c'étaient les gens de l'auberge, leurs valets et les brigands dont nous avons parlé… ».

p.3 « …j'ignore ce qui se passa dans l'auberge après leur départ ».

p.4 « …ils continuèrent leur route, allant toujours sans savoir où ils allaient ».

p. « j'ai été si souvent interrompu que je ferais tout aussi de recommencer… »

réflexion sur le corpus :

  • quel est le genre de ces phrases ?
  • quels sont les pronoms relatifs utilisés ?
  • quel est le rôle fonctionnel de ces pronoms ?
  • quel est le type de la phrase utilisée ?

conceptualisation :
appropriation :
  • inscris la fonction du pronom relatif :

  1. un livre a toujours été pour moi un ami dont (……..) j'ai du mal à me séparer.
  2. il ouvrit la cage d'où (……..) s'échappa un étrange animal.
  3. c'était son père qui (………) l'avait initié au théâtre.
  • la subordonnée soulignée est-elle une relative ? inscris oui ou non.

  1. j'ai horreur que quelqu'un me dérange à l'improviste . (…..)
  2. les photos que tu m'as envoyées sont très réussies . (…..)
  3. personne ne pouvait toucher l'os que le chien avait dans la gueule . (….)
  4. ma grand-mère est ravie que je sois venu lui rendre visite . (…..)

application :
  • dans les phrases suivantes, relevez et analyser les propositions relatives :
  • aujourd'hui la glace paraît épaisse ; les pierres que les enfants lancent sur elle ne l'entament pas ; elles bondissent et glissent loin avec un bruit qui ressemble à un gazouillis d'oiseau. (ch. vildrac, bridinette.)
  • a quelques pas, un torrent célèbre par où s'écoule le trop plein du lac vient tomber et s'écraser à cent mètres au-dessous, vaporisé par la hauteur. (p. morand, rien que la terre.)
  • la boutique étrangement parfumée était étroite et communiquait avec une vaste cuisine dans laquelle accroupie près de l'âtre se tenait adèle une bonne vieille au bonnet blanc tuyauté. (e. peisson, l'anneau des mers.)
  • a la même heure, le rapide de paris file vers le mans et s'étire, parallèle à sa fumée, à travers le bocage qui est si bien l'une des régions du monde où il y a le plus de vaches qui regardent passer le train. (h. bazin, vipère au poing)



séance 7 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : travaux encadrés. durée : 1heure. support d'étude : le même roman p. 56, 57. objectif : -connaître le roman picaresque.
les élèves sont invités à préparer des exposés en prenant en considération le canevas suivant :
i -définition :
  1. l'étymologie
  2. l'origine

ii-les caractéristiques :
  1. les personnages
  2. le but

séance 8 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître, diderot. activité : production écrite. durée : 1heure. support d'étude : le même texte p. 56, 57. objectif : -réécrire à partir d'une action inachevée.
  • les jalons de cette production :
  • une action sanglante.
  • des coups de bâton.
  • des coups de tirés.

séance 9 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité de lecture : lecture méthodique. durée : 1heure. support d'étude : le même roman p. 95. objectif : -rendre l'élève de saisir l'enjeu binaire du voyage : au niveau social et romanesque.
contrainte : donner à l'avance le texte suivant :

mais pour dieu, lecteur, me dites-vous, où allaient-ils ?...mais pour dieu, lecteur, vous répondrai-je, est-ce qu'on sait où l'on va ? et vous, où allez-vous ? faut-il que vous rappelle l'aventure d'esope ? son maître xantippe lui dit un soir d'été ou d'hiver, car les grecs se baignaient dans toutes les saisons : « esope, va au bain, s'il y a peu de monde nous nous baignerons. » esope part. chemin faisant il rencontre la patrouille d'athènes… « où vas-tu ?_ où je vais ? répond esope, je n'en sais rien. _ tu n'en sais rien ! marche en prison._ eh bien ! reprit esope, ne l'avais-je pas bien dit que je ne savais où j'allais ? je voulais aller au bain, et voilà que je vais en prison.

le déroulement de l'activité.

mise en situation :

  • quels sont les évènements qui précèdent de ce passage ?

jacques et son maître s'entretiennent de la méchanceté naturelle des moines. un convoi funèbre croise leur route. jacques croit reconnaître le cercueil de son capitaine, et il pleure sa mort.

axes de lecture :

axe 1 : l'errance du voyage de jacques et son maître :

  • qui parle ? le narrateur / a qui ? au lecteur.

  • quel est l'intérêt de cette histoire ?

le narrateur raconte son histoire pour justifier son refus de dire où vont ses personnages.
  • comment se termine t-il la sortie d'esope ?

esope se trouve à la prison.
  • quel est le champ lexical prédominant dans le passage ?

c'est le champ lexical du voyage (la route, le chemin et le verbe « aller » ; répété plusieurs fois)
  • comment expliquez-vous l'emploi massif des modalités interrogatives ?

l'emploi de ces modalités montre le dérèglement de la conduite humaine.
axe 2 : l'errance de la lecture :
  • pour quelle raison le narrateur raconte-t-il l'apologue ?

diderot ne peut informer ses lecteurs du lieu où vont ses personnages.
  • quel objectif, à votre avis, vise l'auteur ?

la lecture incertaine.
  • peut-on considérer le hasard comme technique choisie par l'auteur ?

oui, parce qu'il assure la diversité de la narration : variété des lieux et des rencontres.
  • cet apologue peut-il fonctionner comme un avertissement ? et pourquoi ?

cet apologue apparaît comme un pacte de lecture pour éviter les questions du lecteur. bilan collectif :

cet apologue vise une double interrogation : la première consiste dans l'incompréhension de l'homme de son destin : il ignore son chemin, mais il continue en acceptant les aléas du hasard. d'où l'emploi du champ lexical du voyage. de plus, le dérèglement de la conduite est renforcé par le recours aux modalités interrogatives. la deuxième consiste dans l'égarement du lecteur dans l'écriture : le hasard est une technique choisie par l'auteur afin de mener les évènements sa guise. enfin, le romancier tente de faire vivre au lecteur cette errance de jacques et son maître.

séance 10 :



le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : travaux encadrés. durée : 2heures. support d'étude : des citations tirées de l'oeuvre étudiée. objectif : -etre capable de distinguer le fatalisme du déterminisme.
- etre capable d'analyser le comportement de jacques.
      • la première phase est théorique :


* le plan du travail : -qu'est ce que le fatalisme ? - qu'est ce que le déterminisme ? - quelle est la différence entre les deux notions ?
  • deuxième phase est pratique :

* confrontation des citations au moyen d'un tableau comparatif : -après avoir écrit les phrases en désordre au tableau, l'élève doit être capable de classer ces phrases en suivant la question suivante : * notez dans le tableau les phrases qui montrent que jacques est fataliste ou ce dernier ne réagit pas en véritable fataliste, et dites quelle conclusion vous pouvez en tirer ?

jacques est fataliste

jacques ne l'est pas

_ « tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut. »

_ « notre destinée est écrit là-haut, et ce que nous croyons être un effet de notre volonté, de notre désir, n'est en fait que la suite logique de ce qui a été prévu et un homme ne fait que ce qu'il était nécessaire de faire. »

_ « il y a des gens qui sont heureusement nés et d'autres qui sont malheureusement nés. »

_ « vous me parliez sans le vouloir et je vous répondrais sans le vouloir. »


_ « l'homme injuste est modifié par le bâton. »

_ jacques enferme les brigands dans leur chambre et emporte la clé pour ralentir leur éventuelle poursuite. »

_ « suivez les chaînons de votre gourmette. »


conclusion :

_ jacques est paradoxal dans ses réactions. sa croyance reste théorique, loin de la pratique.

_ malgré cette dépendance, l'homme a une conscience par laquelle il peut échapper à la soumission.


séance 11 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : production écrite. durée : 1heure. support d'étude : le même texte. objectif : -exprimer et défendre son point de vue.
la première phase: orale
  • lire le sujet.
  • reformuler le sujet par les élèves pour tester le degré de compréhension.

la deuxième phase: ecrite
  • elaborer le plan ensemble.

consignes pratique:
  • l'emploi des connecteurs logiques:( l'addition, la conséquence, la mise en valeur et surtout la concession..).

la troisième phase: rédaction
  • demander aux apprenants de r é diger le texte.
  • aider les apprenants en difficult é s.
  • faire lire certaines r é dactions.
  • r é diger un produit collectif ou non.

séance 12 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité de lecture : groupement de textes. durée : 2 heures. support d'étude : deux passages tirés de l'oeuvre étudiée et un extrait de candide , voltaire. objectif : - amener l'élève à la confrontation de plusieurs textes.
-développer chez l'élève l'esprit de la synthèse.
contrainte : donner à l'avance le groupement suivant :
texte 1 :

il (frère jean) était actif, intelligent chicaneur, c'était l'avocat consultant du village. c'était l'avocat consultant du village. il savait lire et écrire, et dès sa jeunesse, il s'occupait à déchiffrer et à copier de vieux parchemins. il passa par toutes les fonctions de l'ordre, successivement portier, sommelier, jardinier, sacristain, adjoint à procure et banquier ; du train dont il y allait, il aurait fait notre fortune à tous. il est marié deux de nos soeurs et quelques autres filles du village. il ne passait pas dans les rues que les pères, les mères et les enfants n'allassent à lui et ne lui criassent : « bonjour, frère jean ; comment vous portez-vous, frère jean ? ». il est sûr que quand il entrait dans une maison la bénédiction du ciel y entrait avec lui, et que s'il avait une fille, deux mois après sa visite elle était mariée. le pauvre frère jean ! l'ambition le perdit. le procureur de la maison, auquel on l'avait donné pour adjoint, était vieux. les moines ont dit qu'il avait formé le projet de lui succéder après sa mort, que pour effet il bouleversa tout le chartrier. (….). les pères démêlèrent la ruse du frère jean et son objet ; ils prirent la chose au grave, et frère jean, au lieu d'être procureur comme il s'en était flatté, fut réduit au pain et à l'eau, et discipliné jusqu'à ce qu'il eût communiqué à un autre la clef de ses registres. les moines sont implacables.

( jacques le fataliste , diderot, p.87, 88)
texte 2 :

« après un moment de silence, (…) jacques reprit brusquement : « ces vieux moines tinrent conseil entre eux et résolurent à quelque prix et par quelque voie que ce fût de se défaire d'une jeune barbe11 qui les humiliait. savez-vous ce qu'ils firent ?...mon maître, vous ne m'écoutez pas.

le maître. _ je t'écoute, je t'écoute, continue.

jacques. _ ils gagnèrent le portier qui était un vieux coquin comme eux. ce vieux coquin accusa le jeune père d'avoir pris des libertés avec une de ses dévotes dans le parloir, et assura par le serment qu'il l'avait vu. peut-être cela était-il vrai, peut-être cela était-il faux, que sait-on ? (…). en conséquence de cette calomnie ou médisance du portier, on se crut autorisé à faire mille diableries, mille méchancetés à ce pauvre père ange, dont la tête parut se déranger. alors, on appela un médecin qu'on corrompit et qui attesta que ce religieux était fou et qu'il avait besoin de respirer l'air natal. s'il n'eût été question que d'éloigner ou d'enfermer le père ange, c'eût été une affaire bientôt faite, mais parmi les dévotes dont il était coqueluche, il y avait de grandes dames à ménager. on leur parlait de leur directeur avec une commisération hypocrite : « hélas ! ce pauvre père, c'est bien dommage ! c'était l'aigle de notre communauté. »

( jacques le fataliste , diderot, p.90, 91)

texte3 :

« après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de lisbonne, les sages du pays n'avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au peuple un bel autodafé ; il était décidé par l'université de coîmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler.

on avait en conséquence saisi un biscayen convaincu d'avoir épousé sa commère, et deux portugais qui en mangeant un poulet en avaient arraché le lard ; on vint lier après le dîner le docteur pangloss et son disciple candide, l'un pour avoir parlé, et l'autre pour avoir écouté avec un air d'approbation… »

( candide , voltaire, p.29)

le déroulement de l'activité

  • la première heure sera consacrée :

  • À l'étude globale et analytique, texte par texte pour relever les idées principales sous forme d'un tableau :

texte 1

texte 2

texte 3


_ allusion à la vie débauchée des prêtres.

_ l'ambition démesurée : pour obtenir le poste qu'il convoite au convent, il n'hésite pas à falsifier les registres ou à les brûler.

_ la chute du frère jean est due à la jalousie des autres moines.

_ un vocabulaire dépréciatif pour caractériser les moines.


_ le père ange est lui-même haï par le fait qu'il séduit les dévotes.

_ les moines pratiquent la délation et la manipulation.

_ ils séquestrent leurs semblables.

_ ils sont malhonnêtes .


_ critique de l'inquisition qui organise un autodafé.
_ intolérance du catholicisme à l'égard des autres religions _ tyrannie de l'eglise.
_ croyances irraisonnées et irrationnelles.
_ dénonciation de l'arbitraire religieux et l'absurdité des superstitions. _ le recours à la tonalité ironique.

  • a la construction d'un plan collectif :

les axes :
i. une image dépréciative des moines :
  1. au niveau des moeurs.
  2. au niveau des croyances irraisonnées.

ii. la satire de l'eglise :
  1. les valeurs humaines sont bafouées.
  2. la dénonciation du fanatisme et de l'intolérance.


  • la deuxième heure sera méthodologique et pratique :

  • la rédaction de la synthèse suit trois étapes : introduction, développement et conclusion. cette dernière est très difficile pour les débutants, d'où la nécessité d'un travail collectif au sein de la classe.

séance 13 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : production orale. durée : 1 heure. support d'étude : débat autour de l'hypocrisie sociale. objectif : - exprimer et défendre son point de vue.

  • les jalons de la discussion :

  • partagez-vous l'opinion de don juan ? pourquoi ?
  • pensez-vous que l'hypocrisie est la bonne solution pour conserver les relations amicales ?
  • quelle place, donnez-vous, à la sincérité et la franchise ?

séance 14 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : production écrite. durée : 1 heure. support d'étude : la religion et la vie sociale. objectif : - exprimer et argumenter son point de vue.

démarche : - phase orale : * insinuer à l'élève qu'il aura à recourir à des arguments tant qu'il s'agit d'un texte argumentatif. * défendre un point de vue présuppose qu'il doit donner avant un point de vue et le défendre ensuite. - phase écrite : * signaler que, au cours de son écrit, l'élève a à suivre un schéma dialectique (introduction, développement et conclusion). - phase de rédaction : la rédaction se fera collective tout en s'attachant aux exigences de la consigne.

séance 15 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité de lecture : lecture méthodique.

durée : 2heures.

support d'étude : l'excipit, p. 354,355 12 .

objectif : -rendre l'élève capable de saisir l'originalité de l'excipit.

donner aux élèves de lire de l'excipit

et moi, je m'arrête, parce que je vous ai dit de ces deux personnages tout ce que j'en sais._ et les amours de jacques ? jacques a dit cent fois qu'il était écrit là-haut qu'il n'en finirait pas l'histoire, et je vois que jacques avait raison. je vois, lecteur, que cela vous fâche ; eh bien, reprenez son récit où il l'a laissé et continuez-le à votre fantaisie, ou bien faites une visite à mlle agathe, sachez le nom du village où jacques est emprisonné, voyez jacques, questionner-le, il ne se fera pas tirer l'oreille pour vous satisfaire, cela le désennuiera. d'après des mémoires que j'ai de bonnes raisons de tenir pour suspects, je pourrais peut-être suppléer ce qui manque ici, mais à quoi bon ? on ne peut s'intéresser qu'à ce qu'on croit vrai. cependant comme il y aurait de la témérité à prononcer sans un mûr examen sur les entretiens de jacques le fataliste et son maître, ouvrage le plus important qui ait paru depuis le pantagruel de maître françois rabelais, et la vie et les aventures du compère mathieu, je relirai ces mémoires avec toute la contention d'esprit et toute l'impartialité dont je suis capable, et sous huitaine je vous en dirai mon jugement définitif, sauf à rétracter lorsqu'un plus intelligent que moi me démontrera que je me suis trompé.

l'éditeur s'ajoute : la huitaine est passée. j'ai lu les mémoires en question. des trois paragraphes que j'y trouve de plus que dans le manuscrit dont je suis possesseur, le premier et le dernier me paraissent originaux, et celui du milieu évidemment interpolé. voici le premier qui suppose une seconde lacune dans l'entretien de jacques et de son maître.

le déroulement de l'activité
mise en situation :

  • situez le passage ?

le maître de jacques tue son adversaire et s'enfuit. jacques est arrêté et il est accusé de l'assassinat du chevalier de saint-ouin qui venait précisément ce jour-là voir son fils.
  • comment appelle t-on le passage qui clôt une oeuvre ?

l'excipit (situation finale) axes de lecture : axe 1 : un narrateur désinvolte :
  • quelle image le narrateur donne t-il de sa présence ?

une nouvelle revendication de sa liberté.
  • combien y-il de dénouements ? lesquels ?

il y en a trois : la première : denise, ne se croyant pas aimé de jacques, pleure, celui-là la console et ils finissent par tomber les bras l'un de l'autre.

la deuxième : denise, s'approche de jacques, en pansant son genou, ce dernier la prend dans ses bras.

la troisième : jacques est libéré de prison par les brigands, et, enfin il épouse denise en devenant concierge.

  • que faut-il entendre par la phrase suivante : « voici le second paragraphe, copié de la vie de tristam shandy … » : c'est un narrateur plagiaire.

axe 2 : la relation lecteur / narrateur

  • quel est l'intérêt de ces trois fins ?

le narrateur laisse le lecteur choisir entre les trois fins.

  • quel est le statut du lecteur ?

c'est un actant actif.

  • le narrateur impose t-il le dénouement ?

on lui délègue la narration : il a le droit de choisir une fin à sa guise.

axe 3 : un roman a fin multiple :

  • ce dénouement ressemble t-il aux dénouements classiques ?

non, il est inachevé.

  • pourquoi le narrateur propose t-il plusieurs fins ?

il propose ces trois fins pour montrer la richesse de son imagination.

  • quel est l'objectif de cet inachèvement ?

d'une part, il interdit la consommation passive. d'autre part, il impose une réflexion même après la fin de la lecture.

bilan collectif :

la fin du roman est ouverte. rien n'interdit de penser que d'autres sont possibles. le lecteur est libre d'imaginer la suite à sa guise.

  • comparaison entre l'incipit et l'excipit :


* où réside l'originalité ? notez dans le tableau les éléments du texte et dites quelle conclusion vous pouvez en tirer.

l'originalité

l'incipit

l'excipit

_ un incipit inattendu : le refus de présenter le cadre de l'histoire.

_ le lecteur est confronté à quatre instances dont deux au moins sont inattendus.

_ le narrateur qui brise le principe du narrateur omniscient.

_ le narrataire qui est interpellé à tout moment.

_ une entrée en matière philosophique : la liberté et le déterminisme.

_ un narrateur désinvolte.

_ la relation lecteur/ narrateur est particulière.

_ plusieurs voix s'interpellent : narrateur/ auteur/ lecteur.

_ un roman ouvert : trois dénouements.

_ absence de fin.



remarques :
  • une mise en évidence des particularités du voyage dans le roman :

l'incipit : « d'où venaient-ils ? où allaient-ils ». l'excipit : absence de fin, un faux dénouement.
  • une mise en évidence des attentes déjouées du roman :

l'incipit qui interroge sans donner de réponse. interrogation sur la construction du roman : plusieurs fins sont proposées au choix du lecteur.


séance 16 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : production orale.

durée : 1heure.

support d'étude : débat autour de la communication.

objectif : -exprimer oralement son point de vue.

séance 17 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : production écrite.

durée : 1heure.

support d'étude : sujet à rédiger.

objectif : -donner son point de vue, argumenter et défendre ce point de vue.


la première phase : orale

  • lire le sujet.
  • souligner les mots-clés.
  • reformuler le sujet par les élèves pour tester le degré de compréhension.

la deuxième phase: ecrite
  • elaborer le plan ensemble.

consignes pratique: l'emploi des connecteurs logiques:( l'addition, la conséquence, la mise en valeur et surtout la concession..). la troisième phase: rédaction
  • demander aux apprenants de r é diger le texte.
  • aider les apprenants en difficult é s.
  • faire lire certaines r é dactions.
  • r é diger un produit collectif ou non.

séance 18 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : production orale.

durée : 1heure.

support d'étude : discussion autour du projet de lecture.

objectif : -amener l'élève à répondre à la problématique.

- corriger quelques lacunes avant le contrôle

  • la première phase : un rappel sur les différents textes étudiés.
  • la deuxième phase : écrire le projet de lecture dans le tableau.


  • ce qu'on attend :

  • le voyage est une stratégie :

* nouvelles rencontres et personnages. * pour insérer des récits cadres quand les personnages sont absents. * la diversité narrative.
  • une interrogation sur le sens du voyage : le rapport entre voyage ; fatalisme et liberté.

  • le voyage comme une aventure intellectuelle chez le lecteur :

* imitation de la réalité hasardeuse.

séance 19 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : production orale.

durée : 1heure.

support d'étude : un passage tiré du roman p. 116.

objectif : -l'élève doit être capable de répondre aux questions.

evaluation :

et voilà tout de suite la conversation tournée sur cet attachement singulier des femmes pour les animaux. chacun en dit son avis. le maître de jacques, s'adressant à jacques, lui dit: 'et toi, jacques, qu'en penses-tu ?

jacques demanda à son maître s'il n'avait pas remarqué que, quelle que fût la misère des petites gens, n'ayant pas de pain pour eux, ils avaient tous des chiens; s'il n'avait pas remarqué que ces chiens, étant tous instruits à faire des tours, à marcher à deux pattes, à danser, à rapporter, à sauter pour le roi, pour la reine, à faire le mort, cette éducation les avait rendus les plus malheureuses bêtes du monde. d'où il conclut que tout homme voulait commander à un autre; et que l'animal se trouvant dans la société immédiatement au-dessous de la classe des derniers citoyens commandés par toutes les autres classes, ils prenaient un animal pour commander aussi à quelqu'un. 'eh bien! dit jacques, chacun a son chien. le ministre est le chien du roi, le premier commis est le chien du ministre, la femme est le chien du mari, ou

le mari le chien de la femme; favori est le chien de celle-ci, et thibaud est le chien de l'homme du coin. lorsque mon maître me fait parler quand je voudrais me taire, ce qui, à la vérité, m'arrive rarement, continua jacques; lorsqu'il me fait taire quand je voudrais parler, ce qui est très difficile; lorsqu'il me demande l'histoire de mes amours, et que j'aimerais mieux causer d'autre chose; lorsque j'ai commencé l'histoire de mes amours, et qu'il l'interrompt: que suis-je autre chose que son chien? les hommes faibles sont les chiens des hommes fermes .

les questions de compréhension :

  1. quelle image de la hiérarchie sociale ce texte offre-il ?
  2. cette parabole dresse t-elle une image satirique de la société du xviii éme siècle ?
  3. quelle classe jacques présente t-il ?

séance 20 :


le public ciblé : 2 ème année bac module : etudier un roman philosophique : jacques le fataliste et son maître , diderot. activité : production écrite.

durée : 1heure.

support d'étude : une question en relation avec le projet de lecture.

objectif : -l'élève doit être capable de répondre méthodiquement à la question.

séance 21 :


cette dernière heure sera consacrée à la correction des deux devoirs surveillés : activité de lecture et l'activité de la production écrite.
troisième partie : les contraintes de l'exploitation pédagogique :
premier chapitre : une composition hybride et labyrinthique :
  • le genre :

d'emblée, la critique littéraire considère le genre comme un code interprétatif qui instaure une communication entre l'oeuvre et le lecteur. dans ce propos suleiman disait que :

(….) « la perception et la nomination du genre sont déjà des actes interprétatifs

et évaluatifs, qui indiquent, avant tout commentaire, une certaine attitude »13.

le genre apparait comme un pacte par lequel l'auteur crée un terrain d'entente avec le lecteur. ce dernier se sert de cet outil organisateur pour manifester son accord ou son désaccord. la notion du genre renvoie à l'ensemble des conventions à la fois internes (la forme) et externes (les modèles antérieurs). il permet de réaliser ce « contrat de lecture » qui lie entre le texte et le lecteur en respectant à la fois toutes les conventions constituantes, régulatrices et de tradition :

« les genres littéraires(…) constituent,(…), une sorte de code implicite à travers lequel, les oeuvres du passé et les oeuvres nouvelles peuvent être reçues et classées par le lecteur. c'est par le lecteur. c'est par rapport à des

modèles, à des « horizons d'attente » à toute une géographie variable, que les textes littéraires sont produits puis reçus qu'ils satisfassent cette attente ou qu'ils la transgressent et la forcent à se renouveler ». 14

mais, diderot rompt avec toute l'histoire du genre : il parodie tous les genres romanesques (le roman picaresque, réaliste, philosophique, sentimental et historique) sans jamais respecter aucune forme. pour lui, l'écriture des romans constitue non seulement une recette facile mais aussi évocatrice du mensonge « il est évident que je ne fais pas de roman, puisque je néglige ce qu'un romancier ne manquerait pas d'employer. celui qui prendrait ce que j'écris pour la vérité serait peut-être moins dans l'erreur que celui qui le prendrait pour une fable » 15 .

ce va et vient entre la parodie et son refus aux procédés romanesques crée un climat de l'illisibilité chez le lecteur, surtout chez le lecteur-élève d'une langue étrangère et handicape le processus interprétatif.

c'est pourquoi le professeur doit faire appel à deux questions essentielles : c'est le « comment » et le « pourquoi » afin de stimuler et guider l'élève vers une lecture réfléchie.

l'interprétation en situation scolaire est loin d'évoquer les problématiques liées à cette démarche mais son but est de simplifier la technique. en outre, d'autres problèmes peuvent naître dans ce stade : certains élèves impatients se désintéressent de l'interprétation ou bien trouvent des difficultés devant les types de texte proposés. dans cette perspective, on pourrait dire que la construction textuelle qui nuit à l'apprentissage de cette démarche.

    le cadre :


mieux encore, le cadrage générique participe lui aussi dans ce processus interprétatif. tout acte d'interprétation n'est réalisable qu'à partir d'un ensemble d'indices qui interpellent le public générique des éléments para textuels, intertextuels et hypertextuels contribuent à guider le parcours de la lecture.

de prime abord, les composantes paratextuelles regroupent l'ensemble des éléments entourant le texte (le titre, illustration…..) qui fournissent une série d'informations et constituent une première lecture.

le titre, dans jacques le fataliste, jouit d'une double fonction : la première est en rapport avec le texte parce qu'il revient dans l'incipit. de plus, l'illustration permet de construire une première hypothèse de lecture : s'agit-il d'un roman d'aventure ?

la deuxième est en rapport avec-soi même : ce dernier ouvre plusieurs pistes : une question philosophique(le fatalisme et la question de la liberté), et une question sociale voire politique (la relation maitre/ valet).

l'extrait de la quatrième page de couverture pose plusieurs interrogations concernant la trame romanesque et la progression discontinue :

« comment s'étaient-ils rencontrés ? par hasard, comme tout le monde.

comment s'appelaient-ils ? que vous importe ? d'où venaient-ils ? du

lieu le plus prochain. où allaient-ils ? est-ce l'on sait où l'on va ? et que

disaient-ils ? le maître ne disait rien, et jacques disait que son capitaine

disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal était écrit là-haut » 16 .

ce passage tiré de l'incipit interroge sans donner de réponse et remet en question le statut du personnage, les relations entre le maître et le valet « rencontré par hasard » et le statut du lecteur. de même, l'éditeur révèle le trait essentiel de l'oeuvre : une narration fragmentaire et inachevée. alors, cette première lecture est une arme à double tranchant : soit elle va inciter l'élève à lire le livre et faire interpeller les hypothèses pour créer son propre chemin de lecture ; soit l'élève va fuir cette lecture incertaine à cause du manque littéraire et culturel.

secondement, les indications intertextuelles sont présentes. en effet, le roman est né de la lecture que diderot fait de plusieurs auteurs comme sterne avec vie et opinions de tristam shandy, caylus avec son roman les confidences réciproques, molière avec ces deux pièces de théâtres les fourberies de scapain et l'avare …etc.

ces emprunts vont de pair avec le désir de la création. il voit dans la parodie des procédés romanesques la possibilité d'inventer des nouvelles formes qui servent à traiter sa problématique philosophique et sociale. c'est pour cette raison qu'il intercale ce qui va faire la matière clé du roman : le voyage, les histoires imbriquées, les discussions philosophiques suscitées par tel ou tel événement et les interventions de l'auteur.

d'où l'importance de l'étude des pratiques hypertextuelles pour montrer à l'élève que ce dysfonctionnement générique est en relation étroite avec l'histoire et l'idéologie du xviiième siècle. le romanesque se présente à la fois comme un objet de dérision (parodie) et comme un moyen d'expression des idées philosophiques. diderot cherche, à travers le roman, une forme d'expression, un outil de connaissance pour explorer le monde et l'âme humaine.

cette lourdeur textuelle rend particulièrement complexe les stratégies d'interprétations dans le milieu scolaire. avec ce roman, l'élève doit comprendre le rôle que joue le cadrage dans la construction du sens ainsi que les compétences culturelles.

  • la structure :

plus remarquable encore, l'oeuvre de diderot possède une structure complexe voire labyrinthique. sa composition est fondée sur quatre éléments fondamentaux : le voyage de jacques et de son maître, l'histoire des amours de jacques, les récits des personnages secondaires et les interventions de diderot.

en revanche, au lieu d'aborder ces éléments d'une manière linéaire et progressive en suivant l'importance de chaque récit. diderot s'ingénie à les combiner entre eux. le récit principal des amours de jacques est sans cesse interrompu soit au niveau de la narration ; quand le narrateur s'adresse au lecteur fictif, soit par des personnages du récit-cadre comme jacques, le maître, le marquis des arcis et l'hôtesse ou du récit enchâssé. de plus, quand jacques raconte sa propre histoire, il introduit également le récit des aventures de son frère et frère ange. diderot instaure d'autres récits comme l'histoire de la mort de socrate par le maître, l'histoire de la pâtissière et de son amant par gousse, la fable de gaine et le goutelet par jacques….etc. généralement, diderot intègre presque vingt récits.

cette pluralité narrative produit une polyphonie narrative. en effet, l'auteur instaure deux dialogues en parallèle : le premier entre jacques et son maître, le second fictif entre le narrateur et le narrataire. l'intervention de plusieurs personnages permet à ces derniers de prendre en charge un récit spécifique comme celui de l'hôtesse ou des arcis. ce qui permet de distinguer deux types de narrateur : le premier est un narrateur de premier degré qui raconte en focalisation zéro à un narrateur premier. cette même histoire(les amours de jacques) est racontée en focalisation interne par un narrateur second : jacques a un narrataire second : le second. de même, le narrateur du premier degré raconte d'autres histoires telle l'histoire de gousse et de prémonval. le deuxième type est les narrateurs du second et du troisième degré. le narrateur délègue la parole à des narrateurs de degré second comme jacques et le maître, lesquels rencontrent d'autres narrateurs du troisième degré comme l'hôtesse et le marquis des arcis.

cette pluralité de voix souligne à la fois la complexité et le brouillage des repères énonciatifs dans le discours. ce fait est lisible à travers la juxtaposition entre les différents niveaux de récits, ou, parfois il ya une interférence dans les niveaux de discours. ainsi, l'hôtesse fait le récit des amours de la marquise et en même temps elle répond à son mari et sa servante.

cette complexité énonciative pose deux problèmes majeurs : le premier consiste dans le choix du texte et son traitement avec les élèves. le deuxième consiste dans le fonctionnement de la grammaire.

deuxième chapitre : un processus exécuté dans des cadres rigides 17 :

  • la rigidité temporelle :

la gestion du temps dans la classe est une compétence superposable avec la gestion des séquences et des situations d'apprentissage. de ce fait, l'enseignant est obligé de planifier son travail pédagogique en suivant les horaires officiels qui indiquent le nombre d'heures à consacrer par semaine à chacun des enseignements.

voilà le tableau des horaires hebdomadaire s 18 :

filière et options

nombre d'heures par semaine

1ère année

2ème année

sciences économique / comptabilité

2

2


lettres et sciences humaines

option lettres

5


5


option sciences humaines


4


4


sciences mathématique

option math a



4


4


option math b


sciences expérimentale

option svt



4


4

option pc


option agro


sciences et technologies

electricité

4

4

mécanique

4

4

arts appliqués

4

4

enseignement originel

sciences juridiques


4

4

langue arabe



parmi les premières remarques qui s'imposent, on peut y trouver en substance :

  • le taux d'horaires est très réduit, ce qui va handicaper les objectifs chantés par les « orientations pédagogiques ».

  • intégrer le soutien pédagogique, la régulation et le contrôle continu, prendre en considération les vacances, les examens et également les grèves compliquent la tâche de la sélection des informations. dans ce cas, le professeur soit il sacrifie un grand nombre d'idées, soit il préfère mettre l'accent sur l'activité de lecture et de langue au détriment de la production écrite et orale.

tout au plus indique t-on que les trois oeuvres doivent être réalisé dans un projet et ce projet peut s'ouvrir sur d'autres activités artistiques et culturelles afin de développer l'esprit de l'élève ainsi que l'intégration de l'audiovisuel.

devant ces contraintes temporelles, enseigner jacques le fataliste dans le cycle secondaire qualifiant serait une entreprise très complexe (vu la complexité thématique, narratif et le répertoire socio-culturel) mais possible !

  • la progression :

l'enseignement suit des programmes qui présentent un certain caractère de généralités, mais chaque professeur devait en tirer un plan de travail ayant la forme bien définie. ce travail doit être caractérisé par la cohérence entre les différentes activités. ainsi, l'oeuvre intégrale se présente comme l'unité de base de l'enseignement, en ce qu'il est à la fois support et objet fonctionnel de toutes les activités.

comment assurer cette cohérence avec une oeuvre plurielle comme jacques le fataliste ?

comme nous l'avons signalé, le roman proposé fait appel à des différents genres romanesques, de leurs codes et de leurs conventions.

le problème fondamental consiste dans le choix des textes et le classement de ces derniers dans des activités qui varient en fonction des buts atteindre, des situations et des conventions sociales. la deuxième difficulté s'articule autour de la diversité narrative et la pluralité des voix, des narrateurs qui déstabilisent cette cohérence surtout au niveau de langue. parce que le texte constitue l'unité attestable de l'activité langagière. cette centration sur les textes nuit à l'oeuvre en générale : comprendre la finalité de cette remise en question des conventions nécessite un travail global sur plusieurs séquences qui se complètent !

conclusion

au terme de ce parcours, nous nous apercevons que la transposition des savoirs savants aux savoirs didactiques à travers jacques le fataliste et son maître est très ambitieuse : l'objet d'étude est lui-même complexe parce qu'il fait intervenir des savoirs différents, l'apprenant quant à lui, est obligé de se situer dans plusieurs espaces littéraires.

ce qui nous ramène à un vaste problème sur les savoirs et les compétences nécessaires pour la lecture de cette oeuvre plurielle, et en part la compétence en relation intertextuelle, qui ne s'acquièrent que par le quantitatif de lecture, et par des progressions judicieuses. c'est sans doute pour ces raisons que nous avons choisies le voyage comme centre d'étude afin d'assurer la diversité des textes simples et éviter les textes complexes. l'enjeu primordial est l'adaptation du savoir enseigné à l'apprenant tout en respectant son rythme.

l'expérience que nous avons vécue durant les stages dans nos classes marocaines, nous a permis d'apprécier personnellement les difficultés de la mise en oeuvre, de mieux comprendre la finalité du roman entier.

cette étude très riche de transfert ne peut réussir qu'avec une classe dynamique même si cette remarque est très relative. parce qu'il ne suffit pas de perfectionner une séquence au niveau méthodologique. mais, c'est le terrain qui démontre la réussite d'un travail.

bibliographie
corpus : diderot, denise(2000) jacques le fataliste et son maître, ed., poche, paris. _ burgos, martine (1992). « lecteur expert, lecteurs ‘convers' » in pratiques, n° 76.
_ canvat, karl (1992). « interprétation du texte littéraire et cadrage générique » in pratiques, n°76.
_ descotes, m., jordy, j., langlade, g., (eds.). (1993) le projet pédagogique en français . toulouse : bertrand-lacoste.
_ dolz, joaquim, gagnon, roxane (2008). « le genre du texte, un outil didactique pour développer le langage oral et écrit » in pratiques, n° 137/ 138.
_ lecointre, simone, le gaillot, jean (1974) jacques le fataliste et son maître . nancy : berger-levrault.
_ marchand, m., (1988) didactique du français, enseigner à l'école élémentaire. paris. delagrave.
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_ reuter, yves (1992) « comprendre, interpréter, expliquer des textes en situation scolaire » in pratiques, n° 76.
_ sadiqui, mina, « enseignement du fle et oeuvre intégrale : cas du français dans le cycle secondaire qualifiant au maroc » ens- meknès.


1>- les orientations pédagogiques, m.e.n, 2007, p. 7.

1 - denis diderot, jacques le fataliste et son maître , ed., poche, paris, 2000, p. 236.

2 -collectif, « jacques le fataliste et son maître », ed., berger-levrault, nancy, 1974, p. 22.

3 - jacques le fataliste , op.cit., p. 237.

4 -ibid., p. 198.

5 -le projet pédagogique, op.cit., p. 10.

6- o>. p, op.cit., p. 2.

7 - le projet pédagogique en français, op.cit., p.27.

8>- le projet pédagogique en français, op.cit., p. 28.

9 -louis-marie morfaux, résumé et synthèse de textes, ed., armand colin, paris, 2006, p.p. 156 jusqu'à 163.

10 -l'originalité est une notion pesante pour les élèves. il serait préférable de parler avec eux ce qui leur paraît être original dans ce début de roman, puis faire correspondre l'originalité à la remise en question des marques d'écritures traditionnelles.

11 -cette expression désigne le père ange. ce dernier était dévot et ambitieux comme le frère jean.

12 -l'apprenant doit lire les autres pages (356, 357, 358,360) pour répondre aux questions

13 -carl canvat, « interprétation du texte littéraire et cadrage générique » in pratiques, n°76, 1996, p. 33.

14 -ibid., p. 42.

15 -jacques le fataliste, op.cit., p. 57.

16 - jacques le fataliste et son maître, op.cit. p.43.

17 -j'emprunte cette expression de l'ouvrage didactique du français, enseigner à l'école élémentaire, marchand, f., ed., delagrave, 1988, p. 27.

18 -o.p, op.cit., 142.


Pour citer cet article :
Auteur : Leftouhi Safae -   - Titre : Mémoire pédagogique : enseigner Jacques le fataliste de Diderot au lycée,
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/memoire-enseigner-jacques-le-fataliste-lycee-leftouhi-safae.php]
publié : 2011-07-30

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