Royaume du Maroc

Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur,

de la formation des cadres et de la recherche scientifique.

Université cadi ayad

Faculté des Lettres et Sciences humaines

Département de Langue et littérature françaises

MARRAKECH

Série : Langue et littérature françaises

Mémoire

Présenté en vue de l'obtention du diplôme de Licence

Filière : Littérature française

La description dans L'éducation Sentimentale de Gustave Flaubert

Présenté par : AOUBEID ABDERRAHIM

Dirigé par : M. Le Professeur MUSTAPHA BOUDJAFAD

Devant le jury composé de :

Examinateur : Mme MARIA JAWAD MAKHFI, professeur Université Cadi Ayad, Marrakech

Encadreur : MUSTAPHA BOUDJAFAD, professeur Université Cadi Ayad, Marrakech

Remerciements

J'exprime ici ma profonde reconnaissance à mon encadreur qui m'a dirigé et écouté patiemment et qui m'a prodigué une aide précieuse.

Je remercie également mon enseignant Brahim Wamou qui n'a jamais hésité à m'a encourager.

Qu'il me soit permis enfin de remercier tous les enseignants qui ont assuré ma formation, ma sœur Laila, mon père MOHAMED AOUBEID et ma meilleure amie Hind Chabanid à qui je dédie ce travail.

Introduction

La description, du mot grec euphraise, descriptio qui signifie la description d'un tableau, d'une image…etc. ; est en général donner à voir, nommer et caractériser un objet ou un lieu ou un temps ou un temps ou une personne en les rendant presque visible au lecteur. Dans le même sens, la grande Encyclopédie de XVIIIème siècle nous propose la définition suivante : « la description est une figure de pensée par développement qui au lieu d'indiquer simplement un objet le rend en quelque sorte visible par l'exposition vive et animée et des propriétés et des circonstances les plus intéressantes ». Le fidèle et Petit Robert définit la description en tant qu'activité exacte, et précise en distinguant deux sortes de définition: une définition dite littéraire qui signifie la mise en situation du lecteur dans un passage qui évoque le réalité concrète d'une manière soit vivante et pittoresque ou bien monotone et immobile selon la vision de l'auteur ;et une autre définition dite linguistique qui considère la description comme « une représentation des constituants de la phrase :les morphèmes et des lexèmes.

Pour les critiques littéraires, la description est terme polysémique qui n'a pas de véritable statut théorique parce qu'il n'a pas un statut sémantique unique, c'est pourquoi Charles Bally souligne qu' « il y a des expressions qu'on appelle pittoresque, sans qu'on puisse dire exactement ce que c'est le pittoresque(…).Ces expressions se laissent difficilement analyser. On les appelle souvent « descriptive »(…).On sait que dire quelle définition en donner »1.

Quant à Nicolas Boileau, la description est une panoplie du riche et du solennel en tant que deux critères majeurs de l'élégance :

Soyez vif et pressé dans vos narrations

Soyez riche et pompeux dans vos descriptions

C'est qu'il faut des vers étaler l'élégance.²

Autre conception de la description est celle proposée par Henry Blair : « la description est la pierre de touche de l'imagination du poète, et fait aisément distinguer le génie d'avec le copiste »3.Autrement dit, la description est le credo qui permettra de distinguer le talentueux du plagiste, et de s'approcher au monde fictif du primordial du poète pour transmettre son monde imaginaire à son lecteur. Tel est l'autre de Philippe Hamon où traite la description comme « un magasin mémoriel, un stock de savoir à réactualiser »4

En d'autres termes, c'est une pratique textuelle qui exige un énorme effort de mémoire de la par1t de descripteur en mettant en stock un savoir à réactualiser.

Elle est la succession de quatre étapes qui sont : Vouloir voir puis Savoir voir ensuite Pouvoir Voir et enfin Voir.

Autre est la vision de l'Ecole du Nouveau Roman représentée par Alain Robbe-Grillet qui donne une dimension philosophique au mot « description » : « se borner à la description écrit-il, c'est évidement récuser toutes les autres approches de l'objet : la sympathie comme irréaliste, la tragédie comme aliénante, la compréhension comme relevant du seul domaine de la science(…). Tout l'intérêt des pages descriptives c'est-à-dire la place de l'homme dans ces pages- n'est donc plus dans la chose décrite mais dans le mouvement même de la description »5.Cela veut dire que la condition sine qua non pour se borner à la description, est de rejeter toutes les diverses toutes les diverses approches de l'objet. Alain Robbe-Grillet souligne que l'intérêt des pages décrites ne réside pas le descriptif mais dans l'élan de décrire.

Ce concept phare, a donné une nouvelle conception de l'écriture romanesque, avec des écrivains impressionnistes comme : Stendhal, Balzac, Zola et Flaubert caractérisé par sa restitution objective du réel, par se force de l'observation et par son vouloir de « peindre le dessus et le dessous » selon Dominique Rincé.

Notons ici, que Flaubert est considéré comme le parangon de la modernité romanesque, ce qui donnait lieu au mythe d'un Flaubert « Pape du Réalisme » et même « prophète du Naturalisme ». A cet égard, on peut parler d'un prolongement de l'entreprise réaliste au niveau de l'affinement de l'observation et d'une rigueur accrue de la description, on a comme témoignage le roman mis en question intitulé L'éducation Sentimentale de Gustave Flaubert obsédé par l'exactitude de l'information et la minutie de l'expression.

Ce roman caractérisé par ses « descriptions microscopiques » que nous essayons d'étudier ; nous oblige à pencher sur trois axes primordiaux : le premier axe concerne la topographie (la description des lieux et des paysages) et la description des objets. Le second axe est consacré à la description du temps (chronotope) et le troisième s'attachera à étudier le portrait à la fois physique (prosopographie) et moral (éthoppée) des personnages. Mais cette description qui jalonne dans l'univers de L'éducation Sentimentale n'est pas gratuite, donc il nous appartient d'interpréter les détails décrits et de montrer les fonctions de la description flaubertienne.

I. La description de l'espace et des objets

a- La description de l'espace :

Du mot Grec « topos » qui signifie la description de l'espace ou du paysage. Selon le Petit Robert est « une partie d'un pays que la nature présente à un observateur », de même, Le Petit Larousse l'a défini comme « une étendue du pays qui présente une vue d'ensemble ».

Il est le2 matériel romanesque le moins bien connu car il est la notion voisine de la description exclue, honnie et bannie par les critiques de Gustave Flaubert. Ce dernier, est considéré par Jean Rousset comme « le grand romancier de l'inaction, de l'ennui, de l'immobile »6 qui a gaspillé des centaines de page de L'éducation Sentimentale à décrire l'espace avec sa diverse typologie :

a- L'espace du Haut :

Gustave Flaubert est un grand topographe par ses descriptions minutieuses. De ce fait, il décrit l'espace en général et le haut en particulier, ce qui révèle combien il tient à représenter un monde dont le sens reste à conquérir. Ainsi, dès le début du roman, il commence à nous donner une vision globale, totalisante comme le souligne le texte :

« Le soleil dardait d'aplomb ; en faisant reluire les gabillots de fer autour des mats…elle se coupait à la proie en deux sillon, qui se déroulaient jusqu'au bord des prairies…il y avait dans le ciel de petits nuages blanc arrêtés » (partie1, page : 22).

Pour nous décrire le Haut, Flaubert fait appel à tout son talent d'écrivain, et peut citer à ce propos le mot d'Alexandre Dumas le père « Flaubert est un géant qui abattait une forêt pour faire une boite »7 en jouant sur la métaphore intra-diégétique comme dans les exemples suivants :

« …ces nuages de roses en forme d'écharpe s'allongeaient au-delà de toits, on commençait à relever les tentes des boutiques…pleines d'amour » « La pluie sonnait grêle, sur la capote du cabriolet » « Comme la pluie tombait, il venait d'entrer dans le paysage Jouffroy… » Cette métaphore dite intra-diégétique, utilise comme comparant une figuration spatiale « la pluie tombait », « la pluie sonnait » textuellement antérieure ou postérieure à la comparaison.

De même, il emploie la technique du miroir comme le montre ostensiblement l'exemple qui suit : « La lumière était faible malgré les lampes posées dans les coins ; car les trois fenêtres grandes ouvertes dressaient parallèlement trois larges carrés d'ombre noire » où on notera la mise en miroir systématique explicitée par le texte lui-même « dressaient parallèlement, sans oublier la fenêtre - l'objet localisable de l'extra- texte du 19ème – qui joue le rôle du miroir dans cet exemple. Elle reflète l'intérieur à l'extérieur comme le montre le schéma suivant :

b-L'espace du bas:

A l'instar de l'espace du haut, la description de l'espace du bas a une place importante dans le roman où l'auteur ne laisse rien lui échapper ; c'est un esprit qui fait de L'éducation Sentimentale le miroir d'une réalité si minutieuse et si épique.

L'espace du bas est tout un monde de détail, décrit d'une manière rigoureuse, précise comme le prouve les deux exemples suivants :

« En-deçà, à l'intérieur, quatre mur à chaperon d'ardoises » (partie2, page : 273)

« Au milieu de la houle, par-dessus de têtes, on aperçut un vieillard »

Dans ces exemples, Flaubert introduit les repères spatiaux « en-deçà », « par-dessus », « à l'intérieur » pour situer l'élément décrit dans l'espace. De plus que cela, dans leur emploi dépend tout un art : un repère spatial comme « en-deçà » permet de toucher des détails qui nous paraissent des intercalations ayant pour but languir l'oeuvrealors qu'ils sont chargés de significations symboliques.

De plus, l'espace du bas est basée sur la fenêtre qui est selon Jean Rousset « un poste privilégié pour les personnages flaubertiens à la fois immobiles et portés à la dérive, englués dans leur inertie et livrés au vagabondage de leurs pensées dans le lieu fermé où l'âme moisit, voilà une déchirure par où se diffuser dans l'espace sans avoir à quitter son point de fixations ».6 Voilà pourquoi l'auteur consacre plusieurs moments dans le roman à décrire la fenêtre d'une grande rigueur précédé souvent la formule canonique « il y avait » pour donner une vraisemblance au texte, prenons comme exemple « au-dessus de la boutique d'Arnoux, il y avait au premier étage trois fenêtres éclairées chaque soir » (partie1 page : 40)

C- L'espace du proche :

La description de l'espace du proche est dominante dans le roman, car plus on approche du milieu décrit, plus sa description s'élargit . Autrement dit, être au plus près du milieu décrit permet de le voir minutieusement, c'est pourquoi, Flaubert lui a consacré une grande surface de L'éducation Sentimentale. Dès le début du roman, la machine flaubertienne de la description prend une allure vive et libérée par exemple : « Des gens arrivaient hors d'haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots ne répondaient à personne…et le tapage s'absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui…enveloppait tout dans une nuée blanchâtre… ».

L'auteur donne une conception bien explicitée du brouillage du Réel : d'abord le désordre ambiant, ensuite le manque de communication et enfin le bruit et le brouillage dans lesquels plonge la scène. Sans oublier, la force de style de cette description avoué par un jugement de Flaubert de son œuvre « c'est un roman qui se tiendrait par la force de son style ». Il faut ajouter que l'univers de L'éducation Sentimentale est un univers nocturne où le réalité plonge dans une obscurité toute symbolique : elle correspond à une réalité dont l'homme est égaré dans le monde par exemple : « Des meubles noirs à marqueterie de cuivre garnissaient la chambre à coucher, où se dressait sur une estrade couverte d'une peau de cygne, le grand lit à baldaquin et à plume d'autruche… » (partie2p.137).

Cette prédominance du noir symbole du chaos, révèle un sentiment de déception et de la vacuité du réel ; de même qu'elle nous le montre le caractère sombre et nébuleux de la réalité.

Si le roman, est comme le disait Giles Deleuze à propos de Proust, « une entreprise sémiologique de déchiffrement de signes, de la lecture du monde et de ses ambigüités » ; le roman mis en question est parsemé de signes symboliques « des vagues ruines, les arbres sans branches , l'eau sale dans les cours pleines d'immondices par les établissements de produits chimiques » qui révèlent la stérilité, la stagnation et l'immobilité des ruines qui ne présentent pas les traces d'un passé triomphant mais les signes d'une réalité qui n'a jamais pris forme.

D- L'espace du lointain :

Comme l'espace du proche, l'espace du lointain occupe une place importante dans le stade descriptif de Flaubert, car il permet de situer le lecteur dans un angle de vision panoramique.

La description de l'espace lointain est une sorte de préliminaire ayant pour but d'inscrire le lecteur dans le contexte spatial de l'oeuvre:

« Un peu plus loin, on découvrit un château à toit pointu avec des tourelles carrés » L'indicateur spatial « un peu plus loin » donne à cette description une sorte de minutie qui caractérise le mouvement Réaliste. En d'autres termes, les indicateurs spatiaux permettent de situer les lieux et les objets lointains à travers une description impressionniste.

2- La description des objets :

Un objet, étymologiquement, signifie chose existante en dehors de nous, jetée contre, avec un matériel. Il est selon le Petit Larousse « tout ce qui s'offre à la vue et affecte les sens ». C'est un élément fondamental de la modernité de Flaubert par la place qu'il occupe dans l'œuvre, il n'est pas un accessoire, que les besoin de la vraisemblance dicte au romancier mais le substitut d'un être qui manque d'envergure. Le roman consacre plusieurs endroits pour la description des objets qui appartiennent tantôt au domaine de l'art et de la culture tantôt à celui de l'univers bourgeois et aristocratique .Mais pourquoi cet intérêt quasi fétichiste pour les objets. Historiquement parlant, ils renvoient à un témoignage sur la mentalité d'une époque, et il est clairement marqué qu'ils sont un bien foncier chez les Arnoux, industriel chez les Dambreuse et culturel chez Pellerin.

a- Le bien foncier (Les Arnoux) :

Il y a toujours eu des objets dans les romans, mais il est bien rare aient pris au sérieux.

Au XIXème siècle, le mot objet est doté d'une grande importance à cause de la révolution industrielle, et Flaubert semble en avoir conscience. On peut discerner chez lui l'apparition d'un « nouvel équilibre entre les personnages et les objets » par exemple l'équilibre entre Mme Arnoux et son coffret qui est omniprésent dès la première visite de Frédéric chez les Arnoux « il y aurait contre la pendule, un coffret à fermoir d'argent » (Partie1 p.64). Il est l'expression emblématique de la réalité de la passion dans le roman, il passe entre trois mains et symbolise l'amour fidèle quand il est un bien de Mme Arnoux, mais dès qu'il passe dans la main de la Maréchale (Rosanette), il correspond à la souillure de l'adultère et voit sa fonction dégradée. Selon le roman, il est vendu aux enchères et n'a désormais de valeur que financière, ce qui lui fait perdre toute valeur symbolique.Chez les Arnoux, la description des objets « les globes recouverts d'une dentelle en papier », « le jour laiteux attendrissant, la couleur des murailles satin mauve », conduit le lecteur vers une ambiance intime qui n'est pas accessible à tout le monde.

b- L'industriel (Les Dambreuse)

Les objets des Dambreuse sont décrits d'une manière froide, impersonnelle et dénuée de toute signification. Prenons comme exemple, l'hôtel Dambreuse représenté comme une Temple d'argent, le buffet de Mme Dambreuse « ressemblait à un maitre-autel de cathédrale ou à une exposition d'orféverie, tant il y avait de plats, de cloches, de couverts et de cuillers en argent et en vermeil ; description éloquente qui révèle au même temps la richesse et l'idéologie qui l'entoure. Ainsi, la comparaison du buffet à un maitre-autel de cathédrale connote le caractère divin que la propriété prend à celle époque-là.

Si l'accumulation des objets pour les classes inférieurs est un moyen d'accomplir les besoins fonctionnels ou encore de promotion sociale, elle est pour les classes bourgeoises un moyen de prolongement et de développement de leur statut économique. Ainsi, Flaubert nous parait conscient du rang de l'objet et de la valeur meme symbolique d'une « éthique de protection » selon l'expression d'Eric le Calvez et témoigne la place qu'occupe le vernis dans la description de l'objet d'ordre industriel « parquets luisants », « parquets cirés », « vernis des beaux meubles » et « craquelures du vernis ».

Du coup, la description de l'objet des Dambreuse est vidée de tout sens symbolique, son signification se réduit à des objets décoratifs qui symbolisent le rang social desDambreuse , en-deçà de la valeur humaine qui fait de l'objet un être vivant reflétant son propriétaire.

C- Le culturel (Pellerin) :

La description de l'objet d'ordre culturel est chargée de significations, la dimension esthétique de la description de l'objet d'ordre culturel est ostensiblement marquée dans le roman, comme le traduit la description des deux tableaux de peinture, l'un représente la démence Nabuchodonosor, et l'autre L'incendie de Rome par Néron ; posés comme le souligne le roman « ça et là, faisant sur la toile branche des taches de brun, de rouge et de bleu ». Ils sont deux objets culturels qui s'inscrivent dans le domaine de la peinture, ils sont décrits minutieusement et dont la compréhension est assurée par ce passage « un réseau de lignes à la craie s'étendait par-dessus, comme les mailles vingt fois reprises d'un filet ; il était impossible d'y rien comprendre ». Si l'objet d'ordre industriel ne représente que la valeur de son prix, l'objet d'ordre culturel est le cadre de référence de son propriétaire. Autrement dit, on ne peut pas juger ces deux tableaux de peinture sans se référer à Pellerin qui exprime son existence à travers la création artistique.

II- La description du temps

Du mot Latin « Tempus », le temps est défini par le Petit Larousse comme « une notion fondamentale conçue comme milieu infini dans lequel se succède le3s événements et souvent ressentie comme une force agissante sur le monde, les êtres ».

Pour Michael Bakhtine, la description du temps (chronotpe) « est ce qui se traduit littéralement par temps-espace, la corrélation essentielle des rapports spatio- temporels, telle qu'elle a été assimilée par la littérature ». De ce fait, Flaubert a traité le temps sous forme d'indices significatifs majeurs qui sont : Lumière, Obscurité et la gestion par les techniques de l'Arialepse et du Prolepse.

1- Lumière :

La description du jour est connotative dans le roman, il es décrit d'une manière nocturne dominée par l'ombre, ce qui révèle le caractère de l'univers de L'éducation Sentimentale ;donc la réalité perçue est largement marquée par le noir.

En effet, la prédominance du noir dans la description du jour renvoie à un monde que la lumière de raison a déserté et que la pensée n'arrive plus à saisir. Ainsi, on assiste à une véritable obsèques ; lorsque Frédéric désespérant de son amour « remontait lentement les rues…des ombres glissaient au bord des trottoirs…la brume tombait, il lui semblait que les ténèbres humides, l'enveloppant, descendaient indéfiniment dans son cœur ». Cette description pessimiste de la lumière liée à la psychologie du personnage révèle combien le jour flaubertien est dominé par l'obscurité. D'abord des ombres, ensuite la brume et enfin les ténèbres humides ; ce qui représente le chaos que vit l'anti - héros de L'éducation sentimentale Frédéric Moreau.

2-Obscurité :

La description de la nuit a gagné de l'ampleur en faveur du jour, parce que le roman nous dirige de déceptions en défaites, d'attentes en lassitudes. L'omniscience de la description du noir se réfère à la réalité nimbée d'une brume , dont la valeur est de signifier l'absence d'une clarté, les signes du monde ne sont déchiffrés ni pour Frédéric ni pour les autres protagonistes, malgré qu'il est le lecteur des signes dans le roman.

De même que la description de l'Obscurité permet au lecteur de cerner la conception flaubertienne de la réalité dominée par le noir pour nous dire qu4e l'ère du roman héroïque est révolu, tout personnage doit subir son destin et on peut témoigner le propos d'Henry Michelet « dès 1848, on a cherché le héros et on a trouvé le peuple, tout héros est avoué à l'échec »9. Ce qui fait de L'éducation sentimentale un roman d'absence à la fois du sujet et de l'objet.

3-La gestion du temps :

a- Arialepse :

C'est une technique qui permet de retourner à des événements antérieurs en respectant le point de vue interne du personnage, de suivre le désordre apparent de ses souvenirs, plus crédible qu'une biographie artificiellement ordonnée, et on peut citer à titre d'exemple « Frédéric était venu plein d'humeur contre Cisy, sa sottise l'avait désarmé, mais ses gestes, sa figure, toute sa personne lui rappelant le diner du café anglais, l'agaçait du plus en plus, et il écoutait les remarques désobligeantes que faisait à demi-voix le cousin Joseph, un brave garçon sans fortune, amateur de classe et boursier »(partie2p.243).

Dans cet exemple, l'auteur réactualise la scène du duel de Frédéric avec de Cisy auquel il met en évidence le caractère creux de l'héroïsme auquel prétendent les protagonistes.

En plus, l'Arialepse a insisté sur le cycle de l'amitié (Frédéric-Deslauriers) dont leur rencontre au collège de Seine est partout dans le roman. Ils ont « manqué » leur vie (cycle sociale) ; ses echecs les dirigent vers « la maison de la Turque, conclusion ironique de cycle amoureux dont le meilleur aura tété l'expérience inachevée de la prostitution ».

b- Prolepse :

C'est un retour des événements postérieurs pour donner une sorte de suspens au roman comme le témoigne l'exemple « un nouveau 89 se prépare ». Ils s'agit d'une allusion flaubertienne à la révolution à venir. Cette technique a pour but d'attirer l'attention du lecteur à un avènement qui a marqué l'Histoire du XIXème siècle qui est la révolution de 1848 ; c'est pourquoi Albert Thibaudet a dit que « L'éducation sentimentale est une chronique de 1848 comme le Rouge et le noir est une chronique de 1830 ».

Grosso modo, le Prolepse flaubertien est une sorte de prédiction au lecteur pour partager l'oeuvreavec lui, ce qui prouve bel et bien que Gustave Flaubert joue sur l'horizon d'attente de son lecteur.

III- La description des personnages :

Le personnage est un être de papier souvent considéré comme une personne par le lecteur, il est construit également par les lieux qu'il fréquente, les objets qu'il utilise et les actions qu'il mène. Sa prosopographie et son éthopée occupe une place considérable dans la description de Gustave Flaubert.

1- Frédéric Moreau :

C'est un bourgeois provincial du milieu du XIXème siècle, instruit, nanti d'une certaine aisance, donc d'une certaine liberté, qui reflète la vie de son époque. C'est un jeune homme de 18 ans avec des cheveux longs selon les mots du roman.

Malgré qu'il est le personnage principal dans le roman, il n'a pas de véritable portrait à l'instar des autres personnages parce qu'il est le lecteur des signes dans le roman.

Il est un homme honnête qui cherche à mener une vie heureuse pleine d'amour et de bonheur. Repoussé d'abord par sa faiblesse qui est une défaillance et sa timidité qui est une sorte de manque de raccord entre l'imagination et l'acte.

Frédéric est un impuissant ambitieux, un héros faible ayant énormément de plaisirs qu'il ne peut pas satisfaire. Il a noué des relations avec quatre femmes qui travaillent à son éducation sentimentale : une femme honnête qui aime éperdument (Mme Arnoux), une grande dame ( Mme Dambreuse), une expérience d'absurdité dont il se réveille avec dégout et mépris (Rosanette), une provinciale (Mlle la Vatnaz) et enfin une petite sauvage (Louise Roque).

Il est la figure définitive d'une génération marquée par le mouvement d'idées romantiques. Ainsi, il exalte la pureté de son amour pour Mme Arnoux qui l'empêche de choisir la moindre situation dans la société. Selon Marthe Robert Frédéric est « le bâtard-moyen » plein de rêve qui le détourne de l'action. Certes, Frédéric Moreau est un velléitaire, incapable de choisir, l'antihéros de L'éducation sentimentale, passif et sentimental ; ouvert à toutes les influences et ballotté par tous les courants.

2- Deslauriers :

Fils d'un huissier véreux qui a roué son fils de coup et essayé de lui voter la dot de sa mère. Aigri et ambitieux, il devient révolutionnaire par intérêt, pour prendre une place dans la société bourgeoise, il est mal traité par Mme Moreau car elle « crut savoir qu'il avait conduit son fils dans les lieux déshonnêtes ».

La révolution devient sa raison d'être « on vivait, dit-il dans ce là, on pouvait s'affirmer, prouver sa force de simple avocats commandaient à des généraux, des va-nu-pieds battaient les rois ».Deslauriers, est un personnage cuistre et fanatique, il est pour Frédéric ce que Françaois pour le Grand Meaulnes. Il éprouve une grande admiration à un aigri comme lui : Sénécal.

3- Mme Arnoux :

Elle est le principal ornement de L'éducation sentimentale, elle représente la tentative flaubertienne d'évoquer la beauté autre que sensuelle. Physiquement, c'est une femme à des beaux yeux noirs « dont la sclérotique brillait, mouvait doucement sous leur paupières un peu lourdes, il y avait dans la profondeur de ses prunelles une beauté infinie ». La description de Mme Arnoux est celle d'un personnage qui ne pouvait inspirer d'autres sentiments que le respect, la sympathie et l'amour,suivant : « elle avait un large chapeau de paille, avec des rubons roses qui palpitaient au vent, derrière elle. Ses bandeaux noirs contournant la pointe des grands sourcils…Sa robe de mousseline claire tachetée de petits pois, et son nez droit, son menton… ». Moralement, Marie Arnoux est une femme honnête, engagée qui mène une vie pure et pieuse. Elle représente la beauté d'un caractère et celle d'une vie. De même, c'est la madone de L'éducation sentimentale , son idylle avec Frédéric correspond à une passion chérie et reniée qui demeure vivace malgré que le roman est l'histoire d' « une passion inactive ».

4- Mme Dambreuse :

C'est une femme bourgeoise, elle est la deuxième démarche de femmes de Frédéric ; elle a des cheveux « tirebouchonnés à l'anglaise ». Elle avait de « longues mains étroites, un peu maigres, avec des doigts retroussés par le bout ».Son comportement vestimentaire nous renvoie à sa classe sociale « elle portait une robe de moire grise, à corsage montant comme une puritaine ».

Moralement (éthopée), Mme Dambreuse est une femme puissante, une véritable mère de famille, aimable, compatissante quand elle fait sortir de pension une nièce de son mari qui est orpheline. C'est une femme de bon sens décrite d'une manière objective, positive et dénuée de toute passivité.

5-Rosanette (La Maréchale) :

C'est une femme « fraiche comme au sortir de bain, ella a des joues roses, les yeux brillants…ses cheveux tombèrent autour d'elle comme un tension ». C'est une demi-mondaine, elle est la troisième démarche de femmes de Frédéric. Elle a entretenue des relations avec tant d'hommes, ce qui la rend une femme impure vagabonde et errante qui court derrières ses plaisirs ce qui donne lieu à une autre Mme Bovary.

Du coup, Rosanette est une femme infidèle qui représente un type de femmes que la société française a pris longtemps dan son enceinte.

5-Mme Moreau :

Elle est la mère de Frédéric, la femme la plus respectée au village, issue d'une famille de gentilshommes. Elle a épousé un beibein mort d'un coup d'épée pendant sa grossesse « en lui laissant une fortune compromise ». Mme Moreau est une femme vertueuse qui a nourrit son fils d'une ambition soutenue. Elle n'apprécie pas entendre « blâmer le gouvernement par prudence anticipée ». Elle est une femme fraternelle par ses dons pour les pauvres. En plus, Mme Moreau est une femme sage et responsable qui connaît bien ses devoirs. Elle a fait tout ce qui lui a parut utile pour voir son fils Frédéric un jour, conseiller d'Etat, ambassadeur, ministre mais en vain puisque son fils a manqué sa vie ; il a tout perdu.

5- Les autres personnages :

a- M. Arnoux / M. Dambreuse

M. Arnoux est le mari de Mme Arnoux, c'est un « gaillard d'une quarantaine d'années, à cheveux crépus », il a une taille « robuste emplissait une jaquette de velours noirs, deux émeraudes brillaient à sa chemise et de batiste, et son large pantalon blanc tombait sur étranges bottes rouges, en cuire de Russie, rehaussées de dessins bleus » (page 21-22).

Son comportement vestimentaire nous révèle la classe sociale qu'il occupe ; il est un marchand de tableau parisien, il est le Don Juan de L'éducation sentimentale En trompant sa femme avec tant de femmes comme Rosanette et Mlle la Vatnaz. Pour M. Dambreuse, il s'appelait de son vrai nom le Comte d'Ambreuse, il a abondonné sa noblesse en tournant vers l'industrie. Il a fourré son nez dans tous les bureaux, la main dans toutes les entreprises « à l'affût des bonnes occasions ». Il est subtile et raffiné « comme un grec » et laborieux « comme un auvergnat, il avait amassé une fortune considérable ». En outre, il a été « officier de la légion d'honneur, membre du conseil général de l'Aube, député du peuple, pair de France un de ses jours ».

M. Dambreuse est un homme qui a gagné sa vie à l'aide d'une femme «que citaient les journaux de modes, présidait les assemblées de charité ».

b- Hussonnet / pellerin :

Ils remplissaient le fonction de liaison entre les personnages de L'éducation sentimentale , ils s'inscrivent dans le domaine de l'art et la culture. Hussonnet est le grand polémique du roman, il a noué avec Frédéric un lien de duel par sa déclaration au début de la troisième partie « ce peuple me dégoût » tandis que Frédéric a dit « le peuple est sublime ». Hussonnet est un personnage qui ne voit dans les émeutes qu' « une réplique dégradée de 1789 », alors que Frédéric n'y voit que « la répétition sublime de même rendez-vous historique ».

Pour Pellerin, c'est le peintre Pellerin reconnue dans le roman par son dessin de la Maréchale en Vénitienne. Il représente le culturel, il entretient avec Frédéric une relation intellectuelle en discutant les divers thèmes de l'art et la culture. Il est le symbole de la peinture dans le roman. Ainsi, c'est un homme à la méthodologie lucide et au raisonnement limpide et dont l'action reste fidèle à la théorie.

C- Sénécal / Dussardier :

Sénécal est le fils d'un contre-maître , en a hérité le goût farouche de l'autorité et du commandement. Il est révolutionnaire par amour de la justice. Son fanatisme d'ordre le fait passer de la révolution à une place d'agent de police au service du coup d'Etat.

Pour Dussardier, il est le vrai révolutionnaire de 1848, il est la seule figure « fraîche et franche, belle et sympathique » qu'on rencontre dans L'éducation sentiemntale . C'est un révolutionnaire par amour de la patrie, par enthousiasme et par besoin de protéger les faibles. Il est tué par Sénécal le 2 décembre.

D- Mlle la Vatnaz :

C'est la féministe engagée, l'opposée de Rosanette. Elle pense que « les femmes étaient nées exclusivement pour l'amour ou pour élever des enfants, pour tenir u ménage ».

Bien qu'elle soit un personnage mineur dans le roman, par rapport à Mme Dambreuse ou Mme Arnoux ; elle a une importance capitale dans le roman puisque par ses opinions affirmées encourage Frédéric à se présenter aux élections.

IV- Interprétation des détails décrits :

Selon Eric le Calvez, les détails décrits dans L'éducation sentimentale sont à la fois descriptifs (tapisserie, étagères, tables…etc.) et narratifs (la situation des personnages) et on a à titre d'exemple la description du Palais des Tuileries qualifiée comme « syncrétique ». Pour nous décrire les détails, l'auteur a introduit au sein du Palais des Tuileries deux personnages : Frédéric Moreau et Hussonnet, qui jouent le rôle d'observer le peuple.

A la suite d'Eric le Calvez, cette description « impose au texte une rupture d'isotopie (intérieur vs extérieur) qui exige en toute logique, une justification narrative (comment introduire la place Carrousel au milieu d'un texte représentant l'intérieur des Tuileries). De plus, Flaubert a lié l'aspect aux personnages par le moyen de la focalisation et de fenêtre ». Avec L'éducation sentimentale qui offre une nouvelle conception du roman par Son traitement des détails ayant une épaisseur de symboles qui ont une valeur évocatrice.

En traitant le détail, Flaubert a joué sur la matière par exemple : « des taffetas de lilas », « des manches à crevés », « des bouillons de mousselines » pour noue révéler l'anéantissement de l'homme dans la matière qui n'est en réalité pour lui qu'une angoisse exprimée par Saint-Antoine comme suit : « je voudrais me diviser partout, être en tout, m'émaner avec les odeurs me développer comme les plantes vibrer comme le son, briller comme la lumière que blottir sous les formes, pénétrer chaque atome, circuler dans la matière, être moi- même pour savoir ce qu'elle pense ».

Egalement, la description flaubertienne a pris en charge la pluie de différentes manières :

« Une pluie fine tombait » p.104

« Pluie fouettait contre les vitres » p. 287

« La pluie fine qui avait mouillé l'asphalte »p.278

« Il entendait la pluie tombait » p. 283

« Comme la pluie tombait » p. 358

« La pluie fouettait les vasistas »

La pluie fine concentre dans sa fragilité, la totalité des angoisses de Frédéric échoué tout d'abord à ses études et ensuite à ses démarches de femmes. La description de la pluie est associée à la mort , ce qui montre ostensiblement que le recopiage de Flaubert sur deux pages les occurrences de la pluie a pour but de nous révéler le régression de l'état psychique du protagoniste qui a tout manqué et il ne lui reste que le désir frustré de mourir. Ainsi, le détail est une notion primordiale dans le stade descriptif flaubertien. Il n'est pas évoqué pour combler la place laissée vide par l'absence des éléments purement narratifs ; mais pour modifier la représentation des personnages.

V- Les fonctions de la description flaubertienne :

Si les théoriciens assignent à la description trois fonctions qui sont : la fonction mathésique (diffusion du savoir), la fonction mimétique (illusion de réel) et la fonction sémiosique (régulation du sens) ; Flaubert a pris en charge dans L'éducation sentimentale la fonction mathésique de la description qui consiste à disposer à l'intérieur du récit, les savoirs de l'auteur qu'ils émanent de ses propres lectures, et on peut témoigner les exemples suivants :

« Des mystères de Paris » d'Eugène Sue «Gaspard le pêcheur » qui est un mélodrame de Bouchadry dont la vogue durait alors depuis plusieurs années. Et les vers de Barthélémy : « elle reparaîtra, la terrible assemblée Dont, après quarante ans , votre tête est troublante, colosse qui sans peur marche d'un pas puissant »

Cette théâtralisation du savoir a pour but de justifier selon les différents niveaux :

*La délégation du savoir à un personnage spécialiste comme Frédéric, Hussonnet et Pellerin

*Le recours à un programme narratif du type visite du domaine du propriétaire du savoir, comme la visite de Frédéric à Pellerin qui le présente les deux tabeaux « La démence Nabuchodonosor » et « L'incendie de Rome par Néron ».

Ensuite la fonction mimétique qui traduit la volonté d'être au plus près de la réalité .Elle recrée pour cela l'illusion du réel et on peut citer à titre d'exemple : « Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la ville-de-Mottereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-bernard » Elle a pour but de mettre le cadre spatio-temporel dans lequel interagissent-les personnages, autrement dit, elle sert à construire l'espace-temps du récit, son chronotope selon Bakhtine, son autoréférence selon Arrivé et sa sociabilité à la suite de Duchette, de même qu'à représenter les acteurs de l'histoire.

Conclusion

Nous avons tenté de montrer comment L'éducation sentimentale est une œuvre purement descriptive où Flaubert a la pétrifiante idée de décrire d'une manière bien détaillée tout ce qui s'offre à la vue.

En effet, Flaubert a décrit l'espace avec sa diverse typologie (haut, bas, proche et lointain) d'une manière rigoureuse et précise sans oublier son traitement des objets qui sont des éléments essentiels dans la description flaubertienne. Ils occupent une place importante puisqu'ils renvoient aux personnages qui les possèdent. De même, il a décrit le temps en comptant sur deux concepts ambivalents majeurs qui ont marqué le roman : Lumière et Obscurité sans oublier la gestion du temps par les techniques de l'Arialepse et le Prolepse. Après l'évocation de l'espace, de l'objet et du temps ; on a fait une étude du portrait à la fois physique et moral des personnages où on sortie de l'idée que la description du personnage chez Flaubert est liée à leur psychologie. Mais l'étude de la topographie, de la description de l'objet, du chronotope, et du portrait nous oblige d'une part d'interpréter les détails décrits dont leur sens reste à conquérir, et de montrer la fonction mimétique et mathésique de la description flaubertienne.

Ainsi, Flaubert est vraiment le parangon de la modernité romanesque par son acuité du coup d'œil, la précision et la justesse de la description en faisant de L'éducation sentimentale une fleur éclose par ses descriptions ornementales qui sont qui sont le substitut de l'absence de l'élément purement narratif dans le roman. Alors, comment les passages descriptifs s'articulent avec les passages narratifs ? Et quel rôle joue les uns par rapports aux autres ?

BIBLIOGRAPHIE

1-oeuvre de l'auteur :

Gustave Flaubert, L'éducation sentimentale, Saint-Amand (cher), 1984

2-oeuvres critiques sur L'éducation sentimentale :

Albert Thibaudet, Gustave Flaubert, Paris, 1982

Emile Zola, Article sur L'éducation Sentimentale disponible sur le

net.

Eric le Calvez, Flaubert le topographe.

Jean Rousset, Forme et signification, Paris,1966

Petit jean André, Fonctions et fonctionnements des descriptions dans l'écriture réaliste : l'exemple des paysages, pratique N. 55, 1987.

3- Ouvrages généraux :

Dictionnaire des auteurs français.

Dictionnaire Le petit Larousse.

Dictionnaire Le Petit Robert.

La Grande encyclopédie de XVIIIème siècle

Sommaire

INTRODUCTION

I-La description de l'espace et des objets

1- L'espace

a- Du haut.

b- Du bas.

c- Du proche.

D- Du lointain.

2- Les objets.

a- Le bien foncier (les Arnoux).

b- L'industriel (les Dambreuse).

c- Le culturel (Pellerin).

II Les - La description du temps :

1- Lumière.

2- Obscurité.

3- La gestion du temps.

a- Arialepse

b- Prolepse.

III- La description des personnages (portrait physique et moral)

1- Frédéric Moreau

2- Deslauriers

3- Mme Arnoux.

4- Mme Dambreuse.

5- Rosanette (la Marchale).

6- Mme Moreau.

7- Les autres personnages.

a- M. Arnoux/ M. Dambreuse.

b- Hussonnet / Pellerin.

c- Sénécal / Dussardier.

d- Mlle la Vatnaz.

IV- Interprétation des détails décrits.

V- Les fonctions de la description flaubertienne.

Conclusion.

BIBLIOGRAPHIE.

1 Art poétique, Tome3 3 Leçons rhétorique et belles- Lettres, Tome 4 4 Du descriptif, Philippe Hamon, éd. Hachette livre, 1993 5Le nouveau roman, Alain Robbe-Grillet. 6 Jean Rousset, Formes et signification, éd. José Corti 7 Alexandre Dumas, Dictionnaire des auteurs. 8 Formes du temps et chronotpe dans le roman in esthétique et théorie du roman, Gallimard, 1978 9 Henry Michelet,(cite par Mitterrand dans son ouvrage, Texte littéraire et histoire littéraire, éd. Nathan



Pour citer cet article :
Auteur : AOUBEID ABDERRAHIM -   - Titre : Mémoire La description dans Léducation Sentimentale de Gustave Flaubert,
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/memoire-description-education-sentimentale-flaubert-aoubeid-abderrahim.php]
publié : 2011-08-19

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