UNIVERSITE HASSAN ii- mohammedia

faculte des lettres et sciences humaines- ben m'sik

département des etudes françaises

Master litteratures et cultures francophones et comparées

La chasse à l'audimat à travers le scoop et la théorie des actes de langage utilisés dans le JT de nos deux chaînes francophones marocaines RTM et 2M


Présenté par: AMAAYACH Siham

Encadré par: M. DAKKACH

Introduction:

Les médias sont devenus aussi familiers et indispensables que d'autres outils ou objets domestiques. A ce propos, la télévision est ce spectacle d'un genre particulier à destination d'un public large, anonyme et hétérogène. Elle présente une programmation assurant une offre quasiment en continu d'images de genres et de statuts différents1. C'est ainsi que dans la télévision, la distinction est nette entre ce qui relève de l'information et ce qui relève du reste des programmes. C'est le cas du Journal Télévisé qui prétend présenter une information « objective».

Le sujet que nous avons élu a pour intitulé «la chasse à l'audimat à travers le scoop et la théorie des actes de langage utilisés dans le JT de nos deux chaînes francophones marocaines RTM et 2M». Avant de présenter notre hypothèse de travail, il serait judicieux de commencer par définir chacune des composantes y relatives, à savoir les notions d'audimat, descoop, d'acte de langage et, enfin, le cadre de communication Journal Télévisé (JT désormais).

La notion d'audimat

La notion d'audimat est une mesure du taux d'audience dont bénéficient les différentes chaînes. A travers ce procédé nous avons une connaissance très précise de ce qui passe et de ce qui ne passe pas. Cette mesure est devenue le jugement ultime du journaliste. L'audimat est la préoccupation majeure de tous les gestionnaires et acteurs des organes médiatiques télévisuels (directions générales, salles de rédaction,) et, naturellement, les annonceurs. Partout, on se met à penser en termes de potentiel prouvé d'accès aux cibles commerciales, ce à tel point que le marché est reconnu comme instance légitime de légitimation. Par l'audimat, c'est la logique du commercial qui s'impose aux productions culturelles.2

La notion de scoop

Le scoop est la logique d'un champ orienté vers la production de ce bien hautement périssable que sont les nouvelles. La concurrence pour la clientèle tend à prendre la forme d'une concurrence pour la priorité, c'est-à-dire pour les nouvelles les plus nouvelles et cela d'autant plus d'évidence que l'on est plus proche du pôle commercial. Donc, c'est une contrainte terrible que celle qu'impose la poursuite du scoop. Pour être le premier à voir et à faire quelque chose, on est prêt à peu près à tout et à n'importe quoi, et comme on se copie mutuellement en vue de devancer les autres, de faire avant les autres, ou de faire autrement que les autres, on finit par faire tous la même chose, à savoir la recherche de l'exclusivité qui, ailleurs, dans d'autres champs, produit l'originalité ou la singularité, mais aboutit à l'uniformisation et à la banalisation.3

La notion d'actes de langage

La notion d'actes de langage prend son point de départ dans la conviction que l'unité minimale de la communication humaine est l'accomplissement sous forme de «performance» de certains types d'actes langagiers. Prenant pour objet d'analyse le langage ordinaire, le théoricien anglais John L. Austin 4 prend le contrepied des philosophes qui considèrent les phrases comme représentant des états de choses qui peuvent être vrais ou faux. Unacte de langageselon lui est un moyen mis en oeuvre par un locuteur pour agir sur son environnement par ses mots: il cherche à informer, inciter, promettre (à), demander, convaincre, etc. son ou ses interlocuteurs par ce moyen.

Cette théorie insiste en particulier sur le fait qu'outre le contenu sémantiqued'une assertion «sa significationlogique, indépendante du contexte réel5», un individu peut s'adresser à un autre dans l'idée defairequelque chose, à savoir de transformer les représentations de choses et de buts d'autrui, plutôt que de simplementdirequelque chose : on parle alors d'un énoncéperformatif, par contraste avec un énoncéconstatif. Contrairement à celui-ci, l'énoncé performatif n'est ni vrai ni faux. On peut alors modéliser l'acte de langage comme n'importe quel autre type d'acte: il a un butaussi appelé «intention communicative», un pré-requis, un corps«c'est-à-dire une réalisation» et un effet. Il existe différents types d'actes de langage que l'on catégorise généralement selon leur but: citer, informer, conclure, donner un exemple, distinguer, émouvoir, minimiser, railler, rassurer, rectifier, etc. L'identification de l'acte de langage conditionne largement l'interprétation du message délivré et, au-delà, la compréhension de son contenu sémantique.


Le Journal Télévisé

Le JT est une émission de télévision diffusée tous les soirs, sauf exception, à la même heure, ou à peu près, à partir d'un studio de télévision. Cette émission est un produit qu'on appelle programme de flux, c'est-à-dire ne connaissant qu'une seule diffusion. Les thèmes qui peuvent y être abordés relèvent principalement de l'actualité (nationale et internationale), politique, économique, sociale, culturelle, sportive ou encore de faits divers. Les proportions de ces différents domaines pouvant être différentes d'un JT à l'autre. Bref, il s'agit d'émissions relativement courtes, entre 15 et 30 minutes - sauf exception. Quant au monde d'organisation, il consiste en une alternance de parole prononcée sur le plateau, par un locuteur que l'on voit à l'écran.6


Après avoir défini les notions autour desquelles s'articule notre sujet, il est temps de préciser notre hypothèse de travail. Elle consiste à apprécier le cadre de communication médiatique JT à l'aune des deux contraintes de la chasse à l'audimat et du scoop, et ce, en mobilisant les acquis de la théorie des actes de langage. Le cadre de communication médiatique JT retenu pour notre modeste article correspond aux deux chaînes francophones marocaines RTM et 2M. C'est ainsi qu'on peut formuler les deux questions suivantes:

1) comment le marché, via l'imperium de l'audimat, peut-il imposer aux journalistes une pensée jetable basée sur l'uniformisation, la banalisation etla recherche effrénée du scoop ? 2) Comment la théorie des actes de langage peut-elle aider à rendre compte de cette réalité dans les éditions francophones des JT de nos deux chaînes publiques: RTM et 2M?

Dans le développement qui va suivre, nous commencerons par expliciter la relation entre le marché et la chasse à l'audimat dans le JT. Nous aborderons dans un deuxième temps la relation du JT avec la pensée rapide manifestée par le souci lancinant du scoop tout en montrant comment la théorie des actes de langage peut elle aider à rendre compte de cette orientation discursive. Pour terminer, nous ferons ressortir à travers l'étude du corpus (annexé) le profil discursif des journaux télévisés des deux chaînes francophones marocaines, à savoir RTM et 2M.


Développement:

1. la relation entre le marché et la chasse à l'audimat dans le JT

Le monde actuel est devenu une jungle hyperconcurrentielle. En effet, «séduire» et «chasser» les téléspectateurs et les annonceurs sont deux opérations qui garantissent la vie des médias. C'est ainsi qu'en régime concurrentiel (l'audience) reste au centre des préoccupations. Les producteurs sont donc sous le joug de la rentabilité: les émissions doivent être regardées, et tout doit être mis en oeuvre pour qu'elles plaisent au plus grand nombre d'auditeurs.

A ce propos, faire le programme du JT de midi, suppose la lecture des titres du 20 heures de la veille et les quotidiens du matin. Ceci fait partie des exigences tacites du métier. Ces pratiques sont à la fois pour être dans le coup et pour se démarquer et souvent par des différences infimes, auxquelles les journalistes accordent une importance fantastique et qui passent complètement inaperçues du téléspectateur. On fait, par référence aux concurrents, des choses que l'on croit faire pour mieux s'ajuster aux désirs des clients.7

En effet, les conditions de production des contenus sont dépendantes des enjeux économiques. A partir de ce constat, la lecture de la grille des programmes s'effectue à travers le prisme de cette réalité économique: les émissions les moins fédératrices sont programmées tardivement voire évincées des grilles; c'est souvent le cas des émissions qualifiées de «culturelles». Les chaînes principales sont dépendantes de la publicité et sont en rivalité permanente. Cette concurrence est en partie responsable de l'uniformisation du paysage audiovisuel.8

Poussée par la concurrence, les télévisions recourent de plus en plus aux vieilles ficelles des journaux à sensation, donnant la première place aux faits divers ou aux nouvelles sportives. C'est ainsi que l'ouverture du JT est consacrée aux résultats du championnat de football ou à tel ou tel autre événement sportif, programmé pour faire irruption dans le journal du soir, ou à l'aspect le plus anecdotique et le plus ritualisé de la vie politique (visite de chefs d'Etat étrangers, ou visites du chef de l'Etat à l'étranger, etc.) sans parler des catastrophes naturelles, des accidents, des incendies, bref de tout ce qui peut susciter un intérêt de simple curiosité et qui ne demande aucune compétence spécifique préalable, politique notamment.9

Donc, la télévision via le JT subit plus que tous les autres univers de production culturelle, la pression du commerce par l'intermédiaire de l'audimat. Le monde de la télévision et surtout celui JT est un secteur où on a l'impression que les agents sociaux, tout en ayant les apparences de l'importance, de la liberté, de l'autonomie, sont des marionnettes de l'audimat et du marché.

Pour conclure, le traitement de l'actualité dans le JT n'échappe évidemment pas à la logique du marché qui impose des «détournements» de la réalité. Ce détournement, dans le cas du JT, change le sens d'un propos ou d'une situation. C'est ainsi que même la météo peut être orientée en fonction de considération d'intérêts touristiques voire économiques. Alors, la télévision régie par l'audimat contribue à faire peser sur le consommateur, supposé libre et éclairé, les contraintes du marché qui s'éloignent de l'expression démocratique d'une opinion objective éclairée et rationnelle.

Après avoir vu la relation étroite entre la logique du marché et l'esprit de l'audimat dans le JT, produit accessoire, vu la valeur de tous ce qui peut être mesuré en termes de vente et de gain, il est temps maintenant de démontrer le rapport de ce produit( JT) avec la pensée dans la hâte assurée par le scoop et corroborée par la théorie des actes de langage.

2. le rapport du JT avec la pensée rapide soutenue par le scoop et consolidée par la théorie des actes de langage

Né le 29 juin 1949 à l'initiative du journaliste Pierre Sabbagh, le journal télévisé a d'abord beaucoup ressemblé aux actualités filmées. On y trouve l'importance accordée au sport, aux cérémonies du pouvoir, aux événements mondains et festifs. En peu d'années pourtant, le JT va découvrir et utiliser ses spécificités à savoir le présentateur, le reportage et le direct. Il ne s'agit plus de mettre l'accent sur l'aspect scénarisé du monde mais d'aller à la recherche d'une certaine «vérité» des choses et des êtres. Le direct mène vers une nouvelle identité. A la représentation différée des actualités filmées, le JT vise l'instantanéité. 10

Néanmoins sur la télévision, l'audimat exerce un« pouvoir» tout à fait particulier: il se traduit par l'urgence. En effet, La concurrence entre les journaux télévisés prend la forme d'une concurrence temporelle pour le scoop qui permet d'être le premier détenteur d'une nouvelle. Ainsi, en donnant la parole «aux spécialistes» qui sont censés raisonner à vitesse accélérée, le JT se condamne à n'avoir que des fast thinkers qui pensent rapidement par des idées reçues, banales et communes.11

Tout au plus, la théorie des actes de langage est présente dans le JT car ce dernier brille par l'usage des marques de la subjectivité langagière dans ses formes verbales, non-verbale, iconiques ou sonores. Partant du principe que la théorie des actes de langage postule que l'on peut faire des choses fort diverses par la simple profération d'énoncés langagiers, tous les énoncés possèdent intrinsèquement une valeur d'acte. Ainsi,« les informations» qui ne se contentent pas de faire savoir au téléspectateur l'état du monde visent à orienter d'une manière ou d'une autre sa manière de voir ce monde. Dans ce cas,« l'information- orientation» fonctionnerait comme un acte destiné à abêtir le téléspectateur pour mieux le détourner de ce qu'on ne veut pas lui dire en le conditionnant à suivre ce qu'on a choisi pour lui.

En somme, le scoop appelle les agents dotés de dispositions professionnelles à placer toute la pratique journalistique sous le signe de la vitesse et du renouvellement permanent. Dispositions sans cesse renforcées par la théorie des actes de langage qui influence, détourne ou conditionne le téléspectateur. Cependant, la temporalité de la pratique journalistique oblige à valoriser l'information en fonction de son actualité. Par conséquent, elle favorise une sorte d'amnésie permanente qui juge les producteurs et les produits selon l'opposition du nouveau et du dépassé.12

Après avoir souligné le rapport du JT avec la pensée rapide créée par le scoop et étayée par les actes de langage, passons maintenant à l'étude comparative du corpus des deux journaux télévisés de nos deux chaînes francophones: RTM et 2M.

3. l'étude du corpus: (les journaux télévisés) des deux chaînes francophones marocaines RTM et 2M.

Afin de mieux cerner notre problématique de base à savoir la chasse à l'audimat à travers le scoop et la théorie des actes de langage exploités dans le JT de nos deux chaînes francophones marocaines. Il serait nécessaire d'analyser les journaux télévisés mentionnés dans notre corpus.

Notre étude porte sur six journaux télévisés de la RTM et de 2M. Ils ont pour date le Dimanche 20 Janvier 2013; le Lundi 21 Janvier 2013 et le Mardi 22 Janvier 2013.

Nous allons commencer par le JT du Dimanche 20 Janvier 2013 de la première chaîne marocaine. Il se qualifie par son caractère laconique. Certes les rubriques sont diversifiées (sport; économie; politique; art) mais l'analyse effectuée n'est pas appuyée par le point de vue des spécialistes. Le versant économique est le plus représenté (la semaine verte de Berlin). Dans ce JT, la notion du scoop est éclipsée car l'information représentée est déjà vendue par d'autres chaînes:( le cas du site gazier d'In Amenas). Le même JT a mis le doigt sur le fait national en évoquant la suspension du trafic maritime du port Tanger Med à cause des problèmes météo logiques. Il a aussi voulu jouer la carte du sensationnalisme par la mention d'un accident de route à Nador. Dans cette optique, la subjectivité langagière est présente car elle vise de fidéliser le maximum de téléspectateurs. Alors, comment peut-on qualifier le JT de 2 M?

Le JT de 2M parait plus captivant pour le téléspectateur car ses rubriques sont variées et commentées par des spécialistes. La politique est largement traitée par des invités qui se trouvent sur le plateau de la chaîne. Ce procédé obéit à la logique du marché: la vente de l'information. Dans ce cas, la diversité des sujets, l'emplacement stratégique des rubriques, les reportages, le choix du vocabulaire et les micros trottoirs participent à la chasse à l'audimat. Tout est calculé d'avance: il faut plaire pour vendre. Comment peut-on décrire les journaux télévisés qui se rapportent au Lundi 21 Janvier 2013?

Encore une fois le JT de la première chaîne francophone est bref. Il a évoqué trois rubriques: le sommet de Riyad, le jumelage institutionnel avec l'union européenne pour améliorer le secteur maritime et le projet« med mem». Ces trois rubriques vont être développées voire orientées par le truchement des reportages en direct et des reportages empruntés à d'autres chaînes. Donc, le JT ainsi exposé ne donne pas assez de détails sur les sujets traités à l'exception de la rubrique relative à l'économie qui parait la plus dominante par rapport aux affaires politiques, sociales ou culturelles.

Par contre, le JT de 2M se voit de plus en plus développé par rapport à celui de la RTM. Le sommet de Riyad est commenté par un reportage sur place. En plus, la situation politique au Mali est explicitée à la fois par le discours de François Hollande et par celui de l'ambassadeur de la France au Maroc. Afin d'expliquer l'état du site gazier à In Amenas, le JT a emprunté des informations de la chaîne algérienne«Annahar». Cette technique viserait la crédibilité du produit (information). A cet égard, l'affaire du jumelage, les précipitations à Oujda, les inondations à Tanger ou la violence scolaire à Essaouira ne font que chasser le maximum de téléspectateurs en renforçant l'illusion informative.Il ne faut pas oublier que le phénomène médiatique est un phénomène marchand. Quel est donc le profil des journaux télévisés du Mardi 22 Janvier 2013?

Les journaux télévisés des deux chaînes traitent à peu près les mêmes sujets avec quelques légères différences. Le JT de la RTM porte sur des rubriques restreintes. Les reportages effectués sont limités dans l'espace et dans le temps. La majorité des discours annoncés dans ce JT relève des propos des ministres marocains. Rares sont les reportages qui laissent l'occasion aux autres personnalités de s'exprimer (le seul cas est celui du discours de l'ambassadeur allemand au Maroc). Nous notons aussi l'absence des envoyés spéciaux surtout face aux événements de taille comme la Can 2013.

Cependant, le JT de 2M n'adopte pas la même stratégie informative. Certes le produit est le même mais il demeure attrayant. Ce caractère «chatoyant» voit le jour à travers la réalisation des reportages sur place (le sommet de Riyad); (l'agression sexuelle de la jeune écolière); (les avis des spécialistes: psychologues et avocats); (le reportage en direct de Durban pour honorer la Can 2013). Ce relevé montre que le JT de 2M est le plus engagé dans la politique de la chasse à l'audimat car il concourt à orienter la conception du téléspectateur par la force du mot et de l'image. Le dire devrait être converti à la fidélisation de l'audimat.

Au vu des résultats de la comparaison, nous pouvons soutenir que du côté de l'audimat, nous assistons toujours à une concurrence entre le JT de la RTM et de 2M. En effet, l'étude comparative a montré que la part de l'audience du JT de 2M est à peu près plus importante par rapport à celle de la RTM. En revanche, les deux chaînes subissent une érosion en faveur des chaînes étrangères. Donc, le modèle télévisuel marocain semble montrer ses signes d'essoufflement dus au fait qu'il cherche à être le plus fédérateur possible. Suite à ce constat, l'information présentée par le biais du JT marocain se tourne prioritairement vers le détournement fruit des actes de langage et vers l'anecdotique corrélat du scoop afin d'obéir au pouvoir du marché.


Conclusion:

En guise de conclusion, la chasse à l'audimat à travers le scoop et la théorie des actes de langage exploités dans le JT de nos deux chaînes marocaines francophones RTM et 2M est une occasion pour mettre le doigt sur beaucoup de phénomènes médiatiques qui dépassent la conception du simple téléspectateur. Les médias jurent par le poids du marché. En effet, la chasse à l'audimat et l'esprit lucratif sont deux facteurs qui orientent les grilles des programmes et surtout celles du Journal Télévisé. Ce dernier ne présente pas une information objective mais sert aux téléspectateurs une pensée rapide corroborée par la théorie des actes de langage qui selon la nature de la rubrique, objet de l'analyse, influence, détourne ou conditionne le récepteur/ consommateur du produit médiatique.

A ce propos, l'étude comparative des journaux télévisés de nos deux chaînes marocaines a montré que ce programme tend vers l'anecdotique et l'émotionnel pour fidéliser les téléspectateurs et par la suite un nombre important de gain car le domaine médiatique est un phénomène marchand. Il est assujettit à l'impérium de plaire pour vendre.

En conséquence, ce modeste travail a opéré un changement au niveau de notre réception des médias. Ainsi, le mythe d'une information objective présentée dans le cadre d'un JT n'est qu'un leurre car le marché oriente voire détourne l'information et impose la concurrence. Cette dernière s'active par plusieurs moyens parmi eux le scoop et la théorie des actes de langage. Ces deux procédés «militent» pour faire des chiffres d'affaire. Ils homogénéisent le champ médiatique par la banalité des «exclusivités» et aveuglent le téléspectateur, excipient, de l'entreprise médiatique.


Bibliographie:

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Wolton, Dominique, L'autre Mondialisation, Paris, Flammarion, 2003.


Annexe: Corpus de six journaux télévisés de la RTM et de 2M.


1 D.Wolton, Eloge du grand public, p.65.

2 P. Bourdieu, Sur la télévision suivi de L'emprise du journalisme, p. 28.

3 P. Bourdieu, Ibid., p.20.

4 L. Austin, Quand dire, c'est faire, p.20.

5 L. Austin, Ibid., p.35.


6 P. Von Munchow, Les journaux télévisés en France et en Allemagne: plaisir de voir ou devoir de s'informer, p. 61.

7 P. Bourdieu, Op. Cit. , p.25.

8 C.Brachet, Peut on penser à la télévision?, p. 49.

9 T. Lancien, Le journal télévisé: de l'événement à sa représentation, p. 59.

10 T. Lancien, Ibid., p. 21.

11 P. Bourdieu, Op. Cit. , p.30.

12 P. Bourdieu, Ibid., p.86.



Pour citer cet article :
Auteur : AMAAYACH SIHAM -   - Titre : La chasse à audimat à travers le scoop et la théorie des actes de langage utilisés dans le JT de nos deux chaînes francophones marocaines RTM et 2M,
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