hommage à bernard marie koltès

koltes

bernard-marie koltès (1948-1989)

rencontre-débat, lecture, projection, spectacle

dates: vendredi 6, samedi 7 et dimanche 8 février 2009

«… notre territoire est trop petit, les hommes sont trop nombreux, les incompatibilités trop fréquentes, les heures et les lieux obscurs et déserts trop innombrables pour qu'il y ait encore place pour la raison.» prologue

bernard-marie koltès n'est pas seulement le dramaturge français contemporain le plus joué au monde: c'est un écrivain à part entière, koltès c'est d'abord une langue. a la fois très littéraire et très urbain, son langage se lit comme une poésie moderne. koltès invente un langage à lui, il structure un équilibre original entre la langue parlée et la langue écrite. ainsi, la modernité du théâtre koltésien vient d'abord de la forme. mais koltès ne crée pas seulement une langue, il crée un univers: le théâtre de koltès est un théâtre mondialisé fondé sur des «déplacements». c'est un théâtre qui traverse les frontières, il n'est français ni par ses thèmes , plutôt universels , ni par ses personnages, toujours des étrangers, des exilés, des déracinés, ni par ses lieux, zones de transit, enclaves, no man's land, hangars…. le théâtre de koltès laisse entrevoir le lointain, l'étranger; il met en oeuvre ses images intérieures, leur fait subir une mutation, leur donne corps, chair et voix, et met en place des rituels de désir et de mort

organiser une rencontre théâtrale ainsi que diverses manifestations culturelles (projections, atelier, mise en voix, mise en scène) autour de l'oeuvre de bernard marie koltès, c'est lui rendre hommage, faire découvrir une écriture qui se fait le plus souvent en voyage et à propos de ces voyages, faire entendre des textes complexes qui posent des questions sur notre existence, le rapport à l'autre, le désir et l'abandon…

zohra makach

pourquoi koltèsà agadir?

«j'ai déjà plein de copains marocains, je suis amoureux de cette ville, mon hôtel donne sur la grand place (je ne dors pas beaucoup), et je travaille couché dans un champs d'oliviers. d'où me vient cette chance inouïe ?»

bernard-marie koltès, 25 octobre 1979, marrakech

il y a toujours mille raisons invoquées pour faire croire à un projet. je n'y échapperai pas. et je dirai pourtant que celles que je vais choisir, entre les mille, sont capitales, incontournables, obligatoires. on aura sans doute raison de penser que l'exagération est le propre de ceux qui veulent convaincre. et je n'aurai pas tort d'affirmer que ces raisons invoquées et choisies sont le fondement d'un projet koltÈs à agadir et au maroc.

d'abord, il y a le lien hasardeux entre la famille et ce pays: mes parents ont vécu au maroc pendant la guerre – ma mère, réfugiée de lorraine, mon père, militaire - à meknès, fès, midelt, et l'agdal de rabat où est né mon frère aîné. les souvenirs du maroc, que nous ne connaissions pas, ont bercé notre enfance et, en 1964, nous ont conduits à sillonner le pays pendant plusieurs semaines.

de 1956 à 1962, la guerre d'algérie était entrée de plein pied dans la ville de metz, en lorraine, où nous habitions. dans l'imaginaire des enfants –bernard avait alors entre8 et 14 ans -, la représentation que nous nous faisions du monde maghrébin était totalement déformée par l'atmosphère de guerre, d'attentats et, finalement, du ghetto qu'on avait dressé dans la ville pour les «arabes» à partir de 1961.

le voyage nous a fait connaître des gens que nous ne connaissions pas et, pour mes deux frères particulièrement, cette découverte a été facile. pour bernard, elle fut essentielle: c'est à 16 ans qu'est née sa conscience «politique» au sens large du terme: il existait un autre monde que celui de la ville de metz, et ce monde-là, très accessible et très ouvert dans un pays comme le maroc, était fermé et interdit à metz. la présence des immigrés en france devenait, encore à l'état de balbutiement, un des fondements de l'oeuvre future de l'écrivain.

cette présence s'est établie définitivement dans l'écriture de la nuit juste avant les forêts. puis elle a fait son chemin dans l'oeuvre, particulièrement dans l'altération de la langue française qui est un des centres d'intérêts de koltès pour l'écriture.

puis est venu un temps où bernard est retourné seul au maroc, pour quelques semaines. dans un lieu indéfinissable, une maison à l'écart de toute agglomération, tard dans la nuit, il a assisté à une conversation entre deux jeunes gens qui semblaient discuter d'une affaire importante, en langue arabe, à laquelle, bien entendu, il ne pouvait rien comprendre. cette discussion a fait germer, quelques années plus tard, l'idée du texte qui, à présent, a fait le tour du monde: dans la solitude des champs de coton.

j'aurais pu évoquer les 997 autres raisons. celles-ci me semblent suffisantes. je crois qu'un retour de koltès dans un pays qui l'a profondément marqué dès l'adolescence, qui a ouvert son esprit sur le monde, est un juste choix.

françois koltès

françois koltès

françois koltès (architecte, réalisateur)

frère de l'auteur dramatique bernard-marie koltès, françois koltès est architecte, décorateur de cinéma, mais aussi réalisateur de films documentaires. il publie son premier roman, petit homme tu pleures, aux éditions galaade dans le cadre de la rentrée littéraire 2008

koltès: la quête de l'autre

1989: mort de koltès.

1992 ma première mise en scène de dans la solitude des champs de coton à nairobi (kenya) ; grenoble; théâtre de la bastille, paris ( france )

2009 vingt ans après. nécessité et désir de relire l'oeuvre.

l'esprit des choses, c'est l'homme. leur profondeur aussi. chaque artiste propose un monde pris dans le cercle enchanté des possibles, faisant de l'univers entier le chantier de l'humanité. l'invention du théâtre se déplace avec la naissance de chacun. c'est ce qu'il faut montrer par les textes, les lieux et les publics.

«ma rencontre avec l'écriture et l'univers crépusculaire de koltès est l'occasion inespérée de faire entendre le mouvement lumineux des corps dans l'obscur territoire où je suis né l'afrique .»

continuer à lire une oeuvre, c'est maintenir l'unicité de deux contraires, l'avenir et la mémoire. c'est cela mon lien indéfectible à koltès.

bernard-marie koltès nous convoque à ce précipité du langage, fait advenir une communauté, ce qui est l'essence même du théâtre et une langue forgée par l'usage du monde, partagé en commun.

ce qui peut paraître comme une réticence – pessimisme face au langage dans son incapacité à pouvoir tout dire – devient par sa pratique singulière des personnages et des langues (arabe, ouolof, quéchua, allemand ) l'ultime point de vue.

c'est cet alliage des temporalités multiples, ce métissage des corps et des langues qui, seuls, peuvent incarner l'universel.

«ce qui compte, c'est un minimum de vocabulaire; même pas: c'est le ton qui compte. d'ailleurs même pas, il suffit de se regarder tout court, sans parler.» léone, dans combat de nègre et de chiens.

c'est le passage à l'universel concret qui fait de chacun le miroir de l'autre. il y a une sous-conversation puisque avant même la parole, la présence d'autrui se mêle à la notre dans un rapport de constitution et non de façon accidentelle. la nature se laisse déborder faisant des corps les véhicules d'une culture autre. il ne sert à rien de se taire puisque exister c'est déjà trop parler.

«alors ne me refusez pas de me dire l'objet, je vous en prie, de votre fièvre, de votre regard sur moi, la raison, de me la dire; et s'il s'agit de ne point blesser votre dignité, et bien, dites-la comme on la dit à un arbre, ou face au mur d'une prison, ou dans la solitude d'un champs de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit…» le dealer, dans dans la solitude des champs de coton

koltès est notre contemporain, celui d'une génération, parce qu'il essaye de dire quelque chose à propos de ce qui résiste à toute parole: l'altérité.

le projet koltès la quête de l'autre s'inscrit dans un itinéraire théâtral entre la france et l'afrique avec quatre textes (accompagnés de présents artistiques): 1 . la nuit juste avant les fôrets 2. dans la solitude des champs de coton 3. tabataba 4.douze notes prises au nord

pour dire et traduire: l'état du monde, le langage du corps, la dramaturgie du vivant, koltès au temps de la science et de la mondialisation avec six acteurs, un musicien, un groupe d'amateurs, un metteur en scène, deux chorégraphes, un dramaturge, un assistant, un scénographe, huit acteurs japonais (quai ouest)..

qu'il soit unique ou multiple, l'espace au théâtre a toujours fait l'objet de polémiques, c'est qu'il n'est pas seulement le cadre d'une fiction, mais aussi la résultante de choix philosophiques, éthiques, civiques et esthétiques permettant de lire une époque.

depuis le projet 2147 l'afrique,j'ai souhaité collaborer avec hubert colas – auteur et metteur en scène contemporain - pour nourrir une réflexion autour de l'espace – espace géographique et espace de la représentation - et notamment en lien avec l'afrique et le projet koltès la quête de l'autre.

comment incarner une idée au théâtre ou réaliser la parole du poète dans l'incarnation et le déploiement des corps, pour qu'advienne un sens qui soit la reprise du langage par des corps parlants?

voilà le problème qui se trouve au coeur de mon projet koltès la quête de l'autre.

moïse touré

notes africaines

1- pour la première fois quelqu'un, bernard-marie koltès, a su me ramener à l'afrique dans un ordre autre que celui du privé, me faisant passer vers ce territoire de l'étrangeté comme s'il s'agissait d'une très ancienne mythologie.

2- koltès- cristallisation comme le noeud et le prolongement de mon interrogation sur moi-même, sur mon rapport au théâtre, depuis mon séjour en haïti pour la villa médicis hors-les-murs, depuis toujours sûrement. parole donnée à ceux qui ont été vaincus de tous temps aussi.

3- ma mission de metteur en scène est de faire entendre la parole d'un auteur, surtout celui-là. en relisant les premières interviews au début de mon travail sur koltès, il y a des choses comme cela :

“j'aurais pas voulu crever avant d'avoir donné à entendre cette voix”. il y a toujours en moi cette nécessité urgente et vitale de faire entendre ces textes.

4- lecture propre à me restituer une pensée, une conscience. une pensée qui ne me laisse pas tranquille, me ramène à mes zones d'ombres, à ce que je voulais garder pour moi, qui me renvoie inéluctablement vers l'afrique.

5- pour moi il n'y a pas d'évidence du théâtre. koltès dit cela très bien : la nécessité et l'inutilité du théâtre.

6- la première étape fut cet atelier avec des étudiants de paris viii, avant tout plateau, avant toute mise en scène. la découverte par ces gens d'un matériau vivant qui leur parlait d'une profondeur cachée sous la simplicité de la fable. j'ai pu ainsi vérifier la capacité de ces textes à entraîner ceux qui se les appropriaient vers de plus en plus de complexité, vers eux-mêmes en fait. cela a bouleversé leur vie, avec des moments de rire, des moments de colère, des moments où grâce à cette parole, l'acteur s'éclairait lui-même.

7- ecriture qui a comme substance la lumière, l'irradiation lumineuse par la force des mots. comment éclairer la lumière? parfois j'ai pu dire aux acteurs : “il faut être dans l'ombre pour dire ça”. un acteur est un être qui appelle la lumière et qui peut se briser dans cet appel.

8- terminant très tard la nuit à saint-denis - j'allais dans les derniers bars ouverts, ceux de barbès, dans des bistrots arabes où j'allais manger et boire un thé en écoutant oum khalsoum, avec ceux qui se couchent au matin, je me suis dit plus tard qu'inconsciemment dans ces dérives j'avais dû croiser les traces de koltès.

9- voyage intérieur, voyage initiatique. pas de compromis possible avec cette écriture qui fragilise et rend radicalement fort dans le même temps. travail physique qui m'a épuisé, exigeant tout, une présence absolue, un état spirituel dépassant toutes les catégories.

10- arrivé à nairobi au kenya, on a organisé un atelier avec les acteurs de la solitude et des comédiens kenyans. on s'est immergé dans la vie africaine, travaillant ensemble malgré la très grande difficulté que nous avions, en tant qu'occidentaux, à nous inscrire dans leur temps. eux de leur côté se sont aperçus qu'ils étaient confrontés, par le biais de cette oeuvre, à quelque chose d'essentiel.

11- l'afrique m'a appris qu'un dialogue comme celui de dans la solitude des champs de coton procédait par argumentation. lors de la présentation de la pièce, une chose drôle est arrivée. instinctivement dans le dispositif scénique que j'avais établi, les noirs sont allés dans la lumière, sur la scène, et les blancs dans la salle, dans l'ombre. avant que cela ne commence, tout était déjà là. a chaque fois que le dealer ou le client disait une chose, les noirs qui riaient se révoltaient, réagissaient comme à un match de boxe, ne se demandant pas si ce qui avait été dit était bien ou mal, mais qu'est-ce qu'allait bien pouvoir répondre l'autre à ce nouveau défi. la parade à trouver n'est plus morale, mais dans la capacité à répondre à un argument.

12- souvenirs d'enfance où quand les sages du village se réunissaient pour juger d'une faute commise, le fautif était mis en demeure de trouver dans le langage l'astuce qui allait expliquer son geste, selon l'adage qui dit : “quand l'eau est versée en terre, on ne peut la ramasser”.

13- le choix, de venir avec koltès en afrique, est d'évidence politique. l'homme est une figure complexe et une totalité transversale avec, réunis en lui, l'économique, le social, l'affectif, le collectif. si un acte artistique est pertinent, il est forcément politique.

moïse tourémoïse tourÉ

metteur en scène, directeur artistique de la compagnie les inachevés.

moïse touré a créé la compagnie les inachevés, en 1983, à grenoble. il poursuit son parcours en france et à l'étranger. voyageur, il multiplie les collaborations artistiques. il fait halte au maroc, au japon, au niger, en bolivie, en république dominicaine, au mali, au brésil, au sénégal, en caraïbes. en apportant dans ses bagages des textes de duras, sartre, koltès, le clézio, il crée des mises en scène en bambara, en arabe dialectale, en espagnol, en berbère, en créole. en avril 2007, il était en résidence au ccf henri matisse pour la pièce 2147, l'afrique créée avec jean-claude gallotta, rokia traoré et seydou boro pour la danse et les auteurs boubacar boris diop, dieudonné niangouna et hubert colas.

tabataba

ce que nous savons de cette pièce aujourd'hui:

tabatabaest une pièce à trois personnages, ou plutôt c'est de leurs relations que naîtra ce monologue mélancolique, cette rêverie de l'altérité. comme aux échecs, ce ne sont pas les pièces (abstraction faite de leur valeur propre) qui ont de l'importance, mais l'échiquier, l'ensemble des cases où elles se distribuent. même chose pour le foot, c'est le terrain qui est important, c'est-à-dire la distance qui sépare les joueurs entre eux, chaque joueur au ballon, etc.…

le problème c'est que la distance dans tabataba est un espace intime (non pas psychologique) qui fait que la pièce est structurée comme un rêve. prenons un des personnages, la moto. partout ailleurs elle est synonyme de vitesse (elle l'est pour maimouna), mais, dans la pièce, elle se nie en tant que moyen de locomotion. avec quel profit? pas celui qu'ont les objets transitionnels de renvoyer au monde entier (une poupée, un chiffon, n'importe quel objet que l'enfant a choisi pour lui signifier l'univers); pour petit abou, c'est en elle- même qu'elle prend sens comme une histoire de vitesse pétrifiée, comme sa propre histoire (celle de petit abou), prise en instantané.

chaque personnage, empêché à sa place (la moto de circuler, de se précipiter dans le monde pour maimouna ou d'en sortir pour petit abou) attend des autres un signe, non pour rompre le sortilège, mais pour qu'il atteigne l'incandescence de la vérité.

fascination à double, triple foyer où le plus court chemin de soi à soi passe par l'autre,avec cette économie de transport que seul le rêve permet. cette intimité «charnelle» et sans distance qui semble tisser de nouveaux liens, c'est l'intériorisation de l'altérité (harley davisson est le devenir-objet des deux autres personnages; le monde est chassé de la relation frère-soeur, mais la croyance subsiste, qu'ailleurs «dans sa représentation», elle (la relation) résoudra le conflit des consciences)

c'est donc, d'une image déclassée dont il s'agit ( elle ne renvoie pas à une situation réelle) et cette caisse de réflexion , véritable trio au sens formation d'orchestre va jouer sa petite musique: aussitôt apparus, les rôles se dénoncent; reste ce rapport enchanté des personnages entre-eux, fait de connivence et de non-savoir ( non pas d'ignorance, mais de défiance vis-à-vis du monde et de ses évidences ), reste cet état suspensif où les êtres et les choses vont exister différemment, autrement jusqu'à une nouvelle aurore.

jacques prunair (dramaturge )

jacques prunair, libraire, éditeur, dramaturge et conseiller littéraire. employé de librairie puis à la direction de la «librairie de l'université» à grenoble de 1968 à 1990, puis responsable du rayon sciences humaines et religion à la «librairie française» de rome (italie) de 1991 à 1997. editeur: création des éditions «la pensée sauvage» et «cynara» puis aux éditions verdier. conseiller littéraire et dramaturge de la compagnie de de moïse touré «les inachevés» depuis 1985.

a propos du spectacle

«de toute façon, j'avais besoin d'aller en afrique pour écrire tout, n'importe quoi... parce que pour moi l'afrique c'est [...] une découverte essentielle, essentielle pour tout. parce que c'est un continent perdu, absolument condamné. et puis, il y a un degré de souffrance ... quand on pense qu'il y a des mômes qui passent toute leur journée à faire l'aller jusqu'au puits et le retour du puits, on se dit : mais comment peut-on encore s'intéresser à des problèmes sentimentaux? [...]. ils passent leur journée à ça et ils meurent à la fin en ayant passé [...] leur vie entière à chercher de l'eau : je vous jure que ça vous remet ... à votre place.»

bernard-marie koltès

«blacks. me demander d'écrire une pièce ou un roman sans qu'il y en ait au moins un, même tout petit, même caché derrière un réverbère, ce serait comme de demander à un photographe de prendre une photo sans lumière.»

bernard-marie koltès

«j'ai seulement envie de raconter bien, un jour, ..., un lieu, de la lumière et des bruits, n'importe quoi qui soit un bout de notre monde et qui appartienne à tous.»

bernard-marie koltès

«les vrais ennemis le sont de nature, et ils se reconnaissent comme les bêtes se reconnaissent à l'odeur. il n'y a pas de raison à ce que le chat hérisse le poil et crache devant un chien inconnu, ni à ce que le chien montre les dents et grogne. si c'était de la haine, il faudrait qu'il y ait quelque chose avant, la trahison de l'un, la perfidie de l'autre; un sale coup quelque part; mais il n'y a pas de passé commun entre les chiens et les chats, pas de sale coup, pas de souvenir, rien que du désert et du froid. on peut être irréconciliables sans qu'il y ait de brouille; on peut tuer sans raison; l'hostilité est déraisonnable.»

bernard-marie koltès

les voix de koltès

atelier «trait d'union»

spectacle en amazigh, arabe dialectal, langues africaines et français.

le spectacle n'est pas une visite guidée à travers les fragments de l'oeuvre de koltès. on peut regarder le spectacle comme l'histoire de quelques figures dans leur rapport à l'autre, à l'espace, à la lumière, au bruit…. une occasion de faire se rencontrer les personnages de koltès si contemporains (mathilde, adrien, fak, claire, zucco, léone, alboury…) qui racontent bien avec les mots les plus simples, les choses les plus importantes de notre existence.

koltès ne crée pas de personnages mais plutôt des figures qui portent sa propre parole. il est présent dans chacune d'elles. il est l'arabe (aziz), le nègre (alboury), le français (adrien), il est même le chien…a travers des voix, des corps, un clair-obscur, le spectacle veut montrer ces figures, faire entendre les textes de koltès dans plusieurs langues, montrer que son théâtre fait dialoguer les cultures, un théâtre interculturel…

le spectacle jongle astucieusement entre monologues et répliques acérées, entre insultes au grand jour et confidence de la nuit, cette nuit qui annule les mensonges du jour pour laisser apparaître des coeurs brisés, des peurs, des solitudes, des êtres fragiles…

-- corpus du spectacle

le retour au désert (mathilde et adrien, monologue de adrien et celui de mathilde)

combat de nègre et de chien (alboury et léone, répliques de horn)

roberto zucco (monologue)

dans la solitude des champs de coton (quelques passages uniquement)

quai ouest (fack, clair, charles).

-- traduction en amazigh:

laarbi moumouch

-- traduction en arabe dialectal:

zohra makach

-- traduction en wolof:

etudiants de l'école isiam

-- dramaturgie:

zohra makach

-- scénographie et mise en scène:

zohra makach

-- musique:

said maloum




Pour citer cet article :
Auteur : Livret envoyé Zohra Makach (fac - Agadir) -   - Titre : Bernard Marie Koltès la quête de autre,
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/koltes-quete-autre-makach.php]
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