l'identité migratoire

dans un été à stokholme de khatibi

réalisé par: mourad oukessou
voir de nouveau ailleurs, traverser de nombreux pays, se déplacer entre différentes villes, nous entraînent sans aucun doute vers des espaces, des atmosphères et des univers où l'aventure, l'énigme, le mystère, l'exquis, le singulier prônent et fascinent, attisent les curiosités et appellent à l'aventure, montrent la différence et enseignent le relatif. en ce sens, le voyage en tant que signifié et signifiant peut être tout cela, comme il peut dépasser cette perspective plus ou moins définitoire dans la mesure où le voyage renvoie illico presto au voyageur, lequel, dans ce cas, s'avère être une source inéluctable du savoir et de la connaissance. de là, le voyage tisse visiblement des liens solides avec l'acte d'écriture. acte qui va donner naissance à une personne qui, de son mouvement a travers les divers espaces, s'interroge, médite et s'étonne de ce qu'il peut paraître, à ses yeux, dans l'ordre du saugrenu voire de l'hétéroclite. ainsi, une écriture singulière voit le jour, une écriture qui s'intéresse désormais à rapporter d'une manière scientifique et objective les spécificités des lieux visités. une écriture, de cette démarche, va donner jour à la littérature de voyage. laquelle assume en quelque sorte le rôle prépondérant d'être documentaire. cette littérature jette, par conséquent, la lumière sur un voyageur curieux et féru de nouveauté voire fervent et passionné pour la découverte d'autres espaces et d'autres univers. bref, le voyageur s'ouvre sur les richesses des autres cultures. a cela une lecture réfléchie d'un été à stockholm nous mène, certes, dans les girons de cette littérature et dans son atmosphère singulière. mais, la trame sémantique de cette oeuvre, le caractère moral de ce voyageur, la manière dont les différents lieux et espaces sont présentés suscitent des interrogations, attisent les curiosités, et font paraître l'étonnement des lecteurs avisés voire perspicaces. en ce sens, un été à stockholm présente un espace au lieu d'être décrit objectivement et d'une façon scientifique, il est imagé, tout au long de l'oeuvre, par des procédés où le féerique, le merveilleux et le rêve dominent. on est alors, selon le terme de hassan wahbi, en plein géo-poétique1. parler, dans ce cadre, d'un espace géo-poétique, exige de ne pas oublier sa source ou plutôt le responsable de son échafaudage. il s'agit bel et bien du voyageur dans la mesure où grâce au regard de cette personne nous parvenons à appréhender la diversité culturelle, la particularité géographique et la spécificité sociopolitique de l'autre espace. ce dernier est assujetti, qu'on le veuille ou non, au regard subjectif du voyageur. celui-ci dans un été à stockholm dévoile une personne singulière, un caractère exquis et une perception unique de l'univers. le voyageur, dans cette optique, est prêt à pénétrer les espaces exotiques sans condition, à accepter les particularités de l'espace autre sans peur et sans rejet. somme toute, cette personne arbore une volonté inexorable d'assumer la différence de l'ailleurs. cela évoque immédiatement, d'après erikson2, le sentiment d'identité impartial qui dénie, par là, l'existence de l'identité pure. la subjectivité et la poétique de l'espace suédois a parcourir un été à stockholm, il va de soi qu'il s'agit d'un récit de voyage. un récit qui devrait, en ce sens, rapporter toutes les nouveautés des espaces visités par le voyageur. lequel est tenu de donner par le menu détail les spécificités de ces nouveaux lieux. des spécificités touchant essentiellement au géographique, au culturel voire au social. et plus exactement, un été à stockholm serait normalement pourvu d'un caractère instructif. cette instruction passerait généralement comme le précise sylvie requemora par:

'les inventaires ethnographiques, géographiques, zoologiques etc. et par la taxinomie de tous genres. la faune, la flore, les moeurs des peuplades rencontrées sont analysées tout au long du séjour du voyageur, des chapitres consacrés aux mariages, aux lois, à la religion, aux us et coutumes en général, faisant des relations de véritables répertoires anthropologiques. »3 or, cela n'est plus évident dans l'oeuvre de khatibi, où le voyageur professionnel ne s'évertue point à faire l'inventaire d'objets observés au sein de cet espace exotique ou s'éreinter à assumer le rôle d'un véritable reporter- photographe. au contraire, nous sommes visiblement face à un voyageur poète ou devant un visionnaire dans le sens que segalen4 donne à ce terme. ce visionnaire s'avise de concilier le réel avec l'imaginaire par le biais du rêve. autrement dit, le voyageur est un « constructeur (…) dans l'imaginaire, conjureur de ces matériaux impondérables et gonflants les mots »5. a ce propos, la suède, aux yeux de ce voyageur professionnel, jouit d'une beauté singulière. laquelle se manifeste dans l'oeuvre khatibienne par un style poétique. un style dont la construction métaphorique concourt à engendrer des images romantiques de ce pays exotique, des images où l'imaginaire se marie avec le réel. le pays nordique est qualifié de silencieux et d'une beauté exquise. la suède est captée dans une perspective poétique; une perspective qui exclut le regard sec, objectif voire scientifique. l'espace suédois, par conséquent, semble être un poème à lire pour interpréter sa portée poétique et même thématique. la suède, somme toute, s'habille d'une aura de beauté et même d'un mystère qui laisse désirer la conquête et la découverte:

« a travers la vitre, j'observais la beauté de ce pays silencieux. beauté grave et voilée par un effort de concentration sur soi, selon un rite de dévotion énigmatique qui m'avait été révélée par cet été suédois. » p.23
dans cette perspective, la ville de stockholm, emblème de cet espace exotique, est présentée, tout au long de l'oeuvre, par des images poétiques et romantiques. celles-ci décèlent un art de décrire où le lyrisme, en tant que mode d'expression, domine. cela dit il n'y a nulle place pour les descriptions abondantes, minutieuses voire détaillées. le paysage du récit et sa description est un paysage psychique, intériorisé : « le paysage bien contemplé, n'est pas autre lui-même, que la peau -trouée par le sens- de l'immense visage humain. »6 ainsi, la présentation de stockholm s'empare d'une grande part de l'imaginaire aux dépens du réel. cette ville froide transgresse les lois de la description minutieuse et contrarie l'aspect traditionnel et formel d'un espace urbain. elle devrait normalement, dans ce cas, être présentée par le biais de ses infrastructures, lesquelles seraient détaillées au point que nous assistons à un inventaire d'objets observés sous-tendant ,dés lors , montrer l'architecture de cette ville . de là, tout lecteur avisé d'un été à stockholm s'interrogeraapparemment tant sur la subjectivité de l'espace suédois que sur son observateur. une panoplie de questions surgissent à ce propos : pour quelle raison la ville de stockholm est poétisée ? ne semble-t-elle pas comme n'importe quelle ville? l'atmosphère féerique de la suède n'émane-t-elle pas d'un voyageur soi-disant lyrique ? et si nous avons affaire à un autre voyageur que celui-là, manifeste-il les mêmes sentiments et les mêmes impressions vis-à-vis de stockholm? l'espace subjectif est intimement lié au regard subjectif du voyageur et dévoile son attachement à une vérité intérieure. une vérité trouvant vraisemblablement écho dans un dehors précis et particulier. a cet égard, rome, ville rêvée de la modification7de michel butor, devient prétexte à une interrogation sur l'histoire. c'est ainsi que le voyageur delmont s'avise au sein de cette oeuvre singulière à mettre la lumière sur une rome ancestrale voire glorieuse. cela à l'aide d'une armature de lieux connus tels que le temple de marc ultor, les fontaines de bernini, les thermes de caracalla…etc. de même que rome, et grâce à ce voyageur épris, séduit par la beauté de la suède, stockholm, la ville romantique par excellence, s'inscrit dans un univers poétique. un univers où les descriptions laissent place aux métaphores et aux allégories. ainsi, elle est tantôt une belle plante, tantôt elle prend la forme d'une femme. en d'autres termes, il est bien évident que ce voyageur se donne à la marche à pied. ce qui lui permet de connaître vraiment les images fugitives et d'entrer en communion sereine avec le paysage observé.

« stockholm se ramifie partout comme une belle plante, perpétuellement irriguée. ses racines forment une île : gamla stan. en marchant, je sentais combien cette vielle ville protège sa viesecrète. tel un amoureux mobile, confondant le nom d'une ville avec celui d'une femme, je me laissais guider par ma seule langue d'amour et cette réceptivité émotive que nous connaissons lorsque notre espace de vie en vibre » p.83

le poétique s'impose alors à la faveur d'un exotisme aussi bien fascinant que salvateur. c'est dire que cet espace invite l'étranger à y venir et à être « libre dans sa pensée »8. d'où cette nouvelle perception des récits de voyage. lesquels délaissent l'inventaire et la photographie, en tant que procédés révolus, pour la sensation et la jouissance des spécificités de l'ailleurs.

l'état d'âme de l'étranger à l'intérieur de l'espace suédois :
voyager, se déplacer d'un espace à un autre semble être un acte lié intimement à une personne nomade ou tout simplement à un voyageur. celui-ci, tout au long de sa pérégrination, semble être soumis aux clauses kaléidoscopiques de ces lieux exotiques. dans cette perspective, ces derniers avec leurs spécificités culturelles, géographiques, politiques suscitent inéluctablement chez cet étranger, malgré lui, une variété de sentiments, d'impressions voire d'émotions lesquelles différent évidemment d'une personne à une autre. le for intérieur de l'étranger, en ce sens, va dévoiler une multitude d'état psychique. il peut accepter ces lieux avec leurs richesses culturelles comme il peut éprouver une hostilité sans égal vis-à-vis de cet espace autre. ainsi, nous nous interrogeons à propos de notre voyageur dans un été à stockholm, où peut-on l'inscrire ? par sa réaction à l'égard de cet espace étranger semble-t-il être un voyageur ordinaire ? tout lecteur d' un été à stockholm parvient promptement à comprendre le caractère moral de cet étranger professionnel au sein de l'espace suédois. un caractère d'une personne intellectuelle qui semble visiblement prête à accepter l'espace autre avec toutes ses différences. cette personne, bien qu'elle soit consciente de son statut d'étranger, éprouve des sentiments positifs à l'égard de cet espace exotique. des sentiments exempts d'hostilité et de haine. dans cette posture, simmel georg fait remarquer que 'l'unité de la distance et de la proximité, présente dans toute relation humaine, s'organise (…) en une constellation dont la formule la plus brève serait celle-ci: la distance à l'intérieur de la relation signifie que le proche est lointain, mais le fait même de l'altérité signifie que le lointain est proche. car le fait d'être étranger est naturellement une relation tout à fait positive'9. ainsi, stockholm constitue pour ce voyageur professionnel la terre du rendez-vous, un espace qui mérite d'être découvert, un lieu idoine pour un séjour serein et même placide. cette personne éprouve donc un amour proche du sacré vis-à-vis de cette ville où l'hiver domine au détriment des autres saisons. elle décèle, par là, une conduite unique du voyageur. un voyageur qui aime et ne craint plus l'ailleurs, qui cherche et n'exclut guère l'espace autre et qui désire le séjour et ne s'évade point des lieux exotiques :

« grâce à ce séjour, j'allais découvrir stockholm, ville construite aux contours de l'eau pour une convivialité assouplie par la loi d'un hiver prolongé.» p.30

pour dire mieux , la présence pesante de la nature au sein de l'espace suédois métamorphose apparemment ce voyageur professionnel. il devient un poète romantique, une personne lyrique jouissant de la solitude en plein espace vert et donnant libre cours à l'exaltation de son moi. de là, la suède, par sa nature singulière, exhorte ce voyageur professionnel à mettre son moi en question voire en examen. cela mène à dire que ce voyageur solitaire, dans son for intérieur, est en quête d'une placidité et même d'un flegme difficile à obtenir. cette quête de soi apparaît par son refuge dans les girons de la nature à l'instar de lamartine et de rousseau. celui-ci, à travers son oeuvre autobiographique intitulée les rêveries d'un promeneur solitaire,10trouve refuge et sécurité au sein des forêts et des paysages verdâtres. lesquels constituent un espace ad hoc pour une introspection salvatrice et pour une méditation voire un mysticisme salutaire. cela vise essentiellement à tendre vers la sérénité. il va de même pour de lamartine qui, dans son célèbre poème l'isolement11, dévoile un moi exalté. un moi cherchant dans la nature un exutoire à ses agitations. de là, l'espace suédois, pour le voyageur gérard namir, est un espace de méditation par excellence. cette méditation se cristallise essentiellement autour des images qui sont à la fois le moi, l'existence et l'univers :

«assis dans son jardin, il m'arrive de contempler les arbres sans m'apercevoir qu'en eux se ramifie le dessin de notre ferveur et de notre sollicitude, lorsque tout semble se détacher de la pesanteur souterraine.» p.62

par ailleurs, ce voyageur, qui a visiblement une propension à se réfugier dans la nature taciturne de la suède, décèle implicitement avec une telle conduite son évasion de la vérité amère, du maudit paris, de sa femme denise la traîtresse, bref, et dans ce sens, de l'espace abject. « ce voyage à stockholm m'a rendu si fugitif. » p.142

l'atmosphère suffocante de cet espace suscite donc chez cette personne un trouble psychique, un déséquilibre abyssal voire un sentiment étrange de perte. somme toute, l'espace suédois, aux yeux de ce voyageur, constitue une véritable échappatoire, puisque l'espace origine s'inscrit dans une perspective inique voire partiale. pour tout cela, cet étranger professionnel semble fuir sa condition humaine. la question de l'identité individuelle en rapport avec les espaces visités :
le voyage offre bien un nouveau regard sur la société, un regard inversé qui devrait permettre au voyageur de se voir en tant qu'être pétri d'une culture qui n'est pas universelle. traverser l'espace exotique revient à prendre conscience de soi et de la relativité des coutumes. en ce sens, le voyage apprend à voir et à se voir, il est « le détour par autrui qui fait revenir à soi. »12 la lecture des récits de voyage conduit à reconnaître comme l'écrivait déjà montaigne, dans son célèbre chapitre « des cannibales » que « chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage »13. dans cette optique, le voyageur d'un été à stockholm s'inscrit évidemment parmi les héros de cette littérature documentaire, toutefois, comme nous l'avons déjà abordé, cette personne nomade diffère visiblement de ceux qui s'intéressent plus à faire l'inventaire des objets observés, en somme, des particularités des espaces visités. il est, grâce à son métier de traducteur, tenu de voyager d'une manière continue d'un pays à un autre, d'un espace à un autre, et d'une culture à une autre. en ce sens, c'est un étranger professionnel. de là, son attitude exige de lui le respect de certaines règles, en guise d'assurance, pour une rencontre réussite et une meilleure compréhension de l'autre. a lire un été à stockholm, il apparaît évident que cet étranger professionnel dévoile une conduite singulière vis-à-vis de l'ailleurs et de sa spécificité. une conduite qualifiée d'utopique et dont le trait dominant semble être l'amour. lequel prend un sens très profond. un sens propre à khatibi, fruit de fortes réflexions ; il s'agit assurément de l'aimance. ce dernier 'est une génération de la puissance du désir, fait constater hassan wahbi, et règle de transitivité dans l'échange et la passion dégrisée .c'est un travail de dépassement des dualités figées et de l'altérité viciée dans le but de donner vie aux affinités actives entre les êtres, entre les cultures ; c'est à la fois une langue d'amour et un art de la contiguïté libérée' 14. ainsi, la genèse d'un univers possible, harmonieux et paradisiaque semble être à la fois corollaire et rêve en quelque sorte de ce concept khatibien. d'où la volupté du voyageur, lequel, en ce sens, n'éprouve ni hostilité, ni animosité au sein de cet espace exotique. a ce propos, et dans le cadre de l'identité/altérité, l'étranger professionnel accepte la différence, aime l'ailleurs et tire profit de sa culture. ces lieux étrangers sont alors une source intarissable d'un plaisir féerique et d'un véritable mystère en attente de sa découverte :

« voyager, changer de pays et de langue, excite ma pensée et mon surplus de plaisir. chaque fois que je traverse une frontière, j'ai le curieux pressentiment q'un secret va m'être livré. »p.27

néanmoins, cela n'empêche guère de relativiser la figure de cet étranger professionnel au sein des espaces exotiques. en effet et sans aucun doute, l' identité personnelle de gérard namir ne peut demeurer passive ou bien neutre face à la richesse culturelle des espaces autres. elle est appelée, par conséquent, à réagir, à se manifester et même à s'affirmer. or, il est à mentionner qu'il n'est point toujours aisé d'accepter la différence du dehors. il en va de même pour l'espace qui ne peut visiblement être toujours un espace accueillant et même accessible à cette identité migratoire. laquelle est également porteuse de nouvelles valeurs voire d'un héritage culturel singulier :

« ne suis-je pas un voyageur professionnel qui veut traverser les frontières avec une souplesse d'esprit ? souplesse qui ne m'est pas toujours accordée à chaque changement de climat, de pays, de langue, et, comment dire, à chaque croisement de regards et de paroles. »pp. 9,10

en ce sens, nous forçons notre raisonnement pour dire que cette personne nomade, au cours de son introspection, met en scène pendant des moments éphémères, un moi qui vit des interrogations existentielles voire troublantes. il est apparemment dans une quête perpétuelle de soi. une quête dont sa mobilité entre les différentes cultures et langues voire entre les nombreux pays et espaces visités semblent être de véritables raisons. c'est dire que ce jeune traducteur à force de vivre parmi les langues et les cultures, éprouve parfois ce sentiment de perte. une perte visiblement identitaire. il a donc pris conscience de sa condition humaine; du fait que le plaisir de la rencontre avec l'autre espace, l'autre langue et l'autre culture ne peut aucunement lui fournir cet équilibre abyssal et même protéger ses propres racines :

« je pense un moment à mon travail. une vie, toute une partie de ma vie à voyager ! comment revenir auprès de moi ? me recentrer sans perdre mes points d'équilibre ? je conçois ma naissance au monde en une vitesse qui me sépare de plus en plus de mon passé en le voilant, me détachant de ma ville natale et de ses racines grégaires, presque immobiles au bord d'une plage océanique. ah, mûrir sans succomber à cette distance.» p.10

en définitive, l'identité pure est un concept illusoire, dans la mesure où l'identité migratoire s'influence et influence de manière à ce qu'elle puisse, en ce sens, s'épanouir, mûrir et vivre en harmonie dans les espaces visités. lesquels sont présentés d'une façon singulière dans un été à stockholm aussi bien sur le plan descriptif que sur le plan de l'état psychique du voyageur. cela dit au lieu d'assister à une présentation objective de ces espaces exotiques; les lieux visités sont décrits visiblement comme des tableaux de peinture où le merveilleux triomphe sur le réel. autrement dit, un été à stockholm n'a rien à voir avec le récit de voyage calassique qui a pour objet l'entassement des données. au contraire, cette oeuvre khatibienne exhibe un processus de la reconnaissance de soi, lequel s'opère visiblement dans un référentiel ouvert. celui-ci, quoiqu'il s'inscrive dans la grille de l'utopie, révèle le caractère d'un voyageur qui désire retrouver le plaisir de l'ailleurs et savourer la beauté du monde. ce qui laisse à dire que cette personne n'est point ordinaire; elle jouit en revanche de qualités exquises. cet étranger professionnel s'est avisé, donc, d'accepter, de comprendre et de tirer profit de la culture de l'autre. bibliographie

1- corpus:
khatibi(abdèlkébir), un été à stockholm,ed.flammarion.coll.fiction française,paris,1992,313 pages.

2- ouvrages cités: bachelard (gaston), la poétique de l'espace, paris, puf butor(michel), la modification, ed. minuit. coll. 10/18 de montaigne(michel), essais, l.l, ch.31, 'des cannibales'. heilbrunn(benoit),l'identité,poche,puf,coll.'quesais-je',paris, 2001,128pages. lamartine (alphonse).'l'isolement', ed.gallimard, paris, 1981,480 pages lestringant(frank), « avant-propos » dans «l'exotisme à la rennaissance,de rabelais àléry»,paris, 1997,p.5-16 requémera(sylvie),«l'espace dans la littérature de voyage», etudes littéraires volumes 34 n° -1-2 hiver.brasil, 2002, pp.249-275 rousseau (jean-jacques), les rêveries d'un promeneur solitaire,ed.le livre de poche.coll.classique de poche,paris,2001,223 pages segalen (victor), essai sur l'exotisme,edi.lgf-livre de poche,coll. biblio essais,paris,1999,165 pages. segalen(victor),equipée,ed.gallimard. coll. imginaire, 2001, 147 pages. segalen (victor), le double rimbaud, montpellier, fata morgana, 1979 segalen (victor), peinture, paris, gallimard, 1983 simmel, georg (1984) 'digression sur l'étranger' dans l'école de chicago. naissance de l'écologie urbaine (dir. y. grafmeyer et l.joseph), paris, aubier, pp.53-59 wahbi (hassan),'l'art d'aimer son lointain réflexion à propos de la question du voyage dans un été à stockholm', francofonia.cadix, 2000, pp.205-216

wahbi (hassan),'le site étranger ou le paradoxe du voyageur', dans littératures des immigrations, tome 2, exils croisé, éd.par charl bonn, paris l'hrmattan, 1995.

1 1 hassan wahbi, 'l'art d'aimer son lointain réflexion à propos de la question du voyage dans un été à stockholm', francofonia, 2000, p.207.

2 2 benoit heilbrunn,l'identité,poche,puf,coll.'que sais- je',paris, 2001,p.28.

33 sylvie requémera,«l'espace dans la littérature de voyage», etudes littéraires, volumes 34 n° -1-2 hiver 2002, p.260.

44 victor segalen, le double rimbaud, montpellier, fata morgana, 1979.

55 victor segalen, equipée, ed.gallimard.coll.imginaire,2001,p.19.

66 victor segalen, peinture, paris, gallimard, 1983, p.45.

77 michel butor, la modification, ed. minuit. coll. 10/18.

88 gaston bachelard, la poétique de l'espace, paris, puf.

99 georg simmel,'digression sur l'étranger' dans l'école de chicago. naissance de l'écologie urbaine (dir. y. grafmeyer et l.joseph), paris, aubier,1984, pp.53-59.

1010 jean-jacques rousseau, les rêverie d'un promeneur solitaire.ed.le livre de poche,paris,2001.

1111 alphonse de lamartine,'l'isolement',meditations poétiques,ed.gallimard,paris,1981.


12
12 frank lestringant, « avant-propos » dans «l'exotisme à la rennaissance,de rabelais àléry»,paris, 1997,p.3.

1313 michel de montaigne, essais, l.l, ch.31, 'des cannibales'.

1414 hassan wahbi, 'l'art d'aimer son lointain réflexion à propos de la question du voyage dans un été à stockholm', op. cit., p.206.



Pour citer cet article :
Auteur : Mourad Oukessou -   - Titre : Lidentité migratoire dans un été à Stokholme de Khatibi,
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/khatibi-un-ete-a-stokholm-Mourad-Oukessou.php]
publié : 2010-09-12

confidentialite