FICHE DE LECTURE

Introduction à l'esthétique

Le Beau

G.W. F. Hegel


PAR:

HANAE ABDELOUAHED


Auteur: Georg Wilhelm Friedrich Hegel Hegel Titre: Introduction à l'esthétique Le Beau. (382 pages). Premier volume. Traduction: S. Jankélévitch Maison d'Edition: Flammarion. Date de publication: 1979. Lieu d'Edition: Paris. Autres ouvrages: Journal critique de la philosophie (avec Schelling), 2 vol., Tübingen, 1802 Phénoménologie de l'esprit, Bamberg et Würzburg, 1807 La Science de la logique, 3 vol., Bamberg, 1812-1816 Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé, Heidelberg, 1817 (1re édition), 1827 (2e édition), 1830 (3e édition). Courant critique, idéologie, méthode:

Hegel est un penseur allemand. Il adopte une démarche comparative. Hegel enseigne son système de philosophie, en développant d'autres parties de son Encyclopédie des sciences philosophiques: non seulement la philosophie du droit, mais également la philosophie de l'histoire, l'esthétique ou philosophie de l'art, la philosophie de la religion ou l'histoire de la philosophie. Thèse:

Il s'agit pour Hegel d'appréhender une «signification» en étudiant «l'esthétiquedu beau» que l'auteur adopte pour la création de son oeuvre. Cultivé historien de la philosophie, il a su construire un système regroupant tant les connaissances de son temps que celles de ses prédécesseurs. Postulat: Partant du postulat que l'oeuvre d'art est une création humaine qui mime celle divine, Hegel accorde à la sensibilité la place qu'il confère à l'esthétique dans sa théorie de la conscience.

Introduction à l'esthétique est un ouvrage à trois volumes. Jankélévitch traduit le texte d'après l'édition allemande de 1835: G.W.F Hegel's Werke. La question est abordée selon une dichotomie: art\ nature.

Structure de l'ouvrage.
L'ouvrage est constitué de deux parties. La première intitulée «introduction à l'esthétique». La deuxième s'intéresse à «l'idée du beau». Chaque partie est subdivisée selon le plan dialectique si cher à Hegel. Synthèse:

La partie I: introduction à l'esthétique: elle est divisée en trois chapitres. Chapitre premier: la conception objective de l'art.
L'art relève pour Hegel de la conscience et non simplement de l'habileté technique. Pour cela il établit un rapport entre le beau artistique et le beau naturel. L'esthétique est la philosophie, la science du beau, le beau artistique par rapport au beau naturel. «Le beau artistique est supérieur au beau naturel» (p.10). L'esprit est, alors, supérieur à la nature. Il est spirituel, vrai. Le beau artistique trouve sa beauté à travers son essence; une beauté substantielle. Le beau naturel ne réussit sa beauté que s'il passe par l'Esprit, il n'y a pas d'arbitraire. Le beau dans l'art quête le sublime, l'essence des idées, le vrai, l'originel d'où sa dimension philosophique via ontologique. L'art c'est l'identité des peuples, le moyen de peindre sa conscience, de «comprendre la sagesse et la religion de beaucoup de peuples» (p.12). L'art prend désormais un aspect figuratif de représentation. L'oeuvre est une expression de la conscience, une façon que la conscience humaine a de se manifester. « L'universalité du besoin d'art ne tient pas à autre chose qu'au fait que l'homme est un être pensant et doué de conscience…. L'oeuvre d'art est un moyen à l'aide duquel l'homme extériorise ce qu'il est. » L'art est donc universel La genèse de l'esthétique:
Elle s'affiche en tant qu'une science sa basant essentiellement sur deux points: le fait que tel objet existe, le fait de savoir ce qu'il est. Il s'agit d'un travail de «démonstration». Le problème de cette définition trouve solution auprès de la philosophie «la philosophie de l'art». En tout cas l'art est une manifestation de l'esprit, c'est une forme et un contenu «un concept d'un résultat démontré» (17). L'homme construit sa conception de l'art à travers des idées et des représentations. La beauté artistique ou les Beaux-arts, sont liés étroitement au sens, à la sensation. Or, ce qui semble difficile à manier est l'arbitraire, l'anarchiste dans la nature. Le beau; prononcer un jugement de goût éprouvée de la perception de chacun de l'objet. Le beau est régulier à une nature transcendantale universelle. La philosophie kantienne pose le problème de la découverte du beau dans la nature. La beauté c'est la vertu de l'objet sensible et signifiant en qui l'être s'identifie à la valeur. Hegel parle de la mort de l'art c'est-à-dire la substitution du vrai au beau lorsque l'Idée se pense elle-même. L'avènement du savoir absolu pour la conscience moderne n'est plus le savoir de soi de l'esprit, mais c'est le savoir de la négation absolue, de la mort. Chapitre II: les théories empiriques de l'art:
Anciennement, pour produire une oeuvre d'art à caractère humain, il faut qu'il soit conforme à des règles. C'est ce qu'on appelle les beaux-arts. Après, l'on a découvert que l'oeuvre d'art n'obéit pas à des règles canoniques précises. L'oeuvre d'art est «le produit d'une activité générale formelle abstraite et mécanique». Sa réalisation exige du «génie», «du talent», soumis à la volonté personnelle mais aussi à l'influence extérieure. Il est d'une base expérimentale. L'art de la peinture a besoin d'une dextérité manuelle à la différence de la musique par exemple qui s'investit des mouvements de l'âme. L'oeuvre ne s'enracine pas dans la particularité même si elle est bien aussi d'un temps et d'un lieu. Mais elle a toujours un sens universel. Goethe lisait dans la littérature chinoise l'universelle humanité : dans ses Conversations avec Eckermann, il note des affinités entre un roman chinois et son ouvrage Hermann et Dorothée. Goethe espère la formation d'une littérature universelle qui réaliserait cette vocation universelle de l'art : « Les efforts des meilleurs poètes et écrivains en esthétique de toutes les nations se sont tournés, depuis déjà un certain temps, vers ce qui est universellement humain. ». L'art n'est donc pas un simple document reflétant son époque L'esthétique de Kant.
Le jugement esthétique est donc subjectif; c'est un jugement réfléchissant, susceptible de varier d'un sujet à l'autre, et qui s'oppose par là au jugement logique déterminant. Le plaisir est-il dès lors le seul critère du Beau? Le Beau est immanente à la forme elle-même: elle ne suppose aucune fin qui pourrait être située hors de l'objet; c'est donc une «finalité sans fin». L'Idée esthétique nous révèle le libre jeu de l'imagination. L'art «doit avoir l'apparence de la nature, bien que l'on ait conscience que c'est de l'art». La critique du jugement:
Elle ouvre l'époque moderne de l'esthétique; Schiller décèle en l'art une puissance infinie, susceptible d'embrasser dans «l'illimité» du jeu, toutes les tentatives humaines. Schlegel considère l'ironie comme moyen efficace à l'«affirmation d'une force capable de surmonter la distinction entre sérieux et non- sérieux, entre fini et infini». D'une part, l'art nous ancre dans la Nature et réconcilie celle-ci avec l'Esprit; d'autre part, l'art est supérieur à la philosophie, parce qu'il représente l'Absolu dans l'Idée, tandis que la philosophie ne l'offre que dans son reflet. Hegel pense également qu'il existe un devenir historique et logique à la fois de l'Absolu, quant à l'art, il doit s'insérer dans ce devenir. Il faut qu'il émerge de la Nature, et qu'il représente, par rapport à celle-ci quelquechose d'idéal: il est «révélation de l'Absolu» sous sa forme intuitive, pure apparition. Mais il est une forme moins élevée de l'Esprit si on le compare à la religion et à la philosophie, car c'est seulement en celle a que l'absolu retourne en lui-même. On voit comment l'idée d'un développement historique de l'art constitue un retournement de la position de schelling car Hegel doit nécessairement conclure à la mort de l'art pour que la religion et la philosophie soient. C'est pourquoi «l'art dans sa plus haute destination est et reste pour nous un passé». La philosophie de Kant est fondée sur l'opposition «sensibilité» et «entendement» . La beauté est donc l'apparition sensible de l'Idée en tant que telle, elle requiert l'oeuvre d'art. Ce que reproche Hegel notamment pour Kant c'est de n'avoir fait de cette réconciliation de l'esprit et de la nature qu'une idée de la raison. Il les a réduit à une objectivité concrétisée. C'est chez le poète Schiller qu'il trouve une subjectivation et une abstraction de la pensée Kantienne en réalisant artistiquement l'unité et la réconciliation comme Vérité, du sensible et de l'intellectuel. Après, viendra Schelling qui va attribuer la prééminence de l'esthétique à la philosophie de l'art. La philosophie de la nature, devient pour lui, une esthétique de la nature Au profit d'une perspective essentiellement historique, la Nature qu'exaltaient Kant, schelling se trouve chez Hegel disqualifiée, et son esthétique est plus une philosophie de l'art qu'une théorie du beau. Schopenhauer se met aux antipodes de ce qu'enseigne Hegel «l'artiste nous prête à ses yeux pour regarder le monde»ce qui fait de l'art «l'épanouissement suprême de tout ce qui existe»1 Le suprême Idée pour Schopenhauer est celle de la musique le plus haut des arts car elle est une voie vers la volonté alors que les autres arts sont irrémédiablement liés à la phénoménalité et au sensible. Chapitre III: l'art envisagé du point de vue philosophique:
L'art exprime l'Idée sous une forme sensible, c'est l'absolu donné à l'intuition: le Beau est la manifestation sensible de l'Idée, mais sans en être une forme achevée. Il distingue trois arts: L'art symbolique ou oriental; il appartient au sublime «l'effort d'exprimer l'infini». Ce qui le caractérise, c'est qu'il a pour point de départ les intuitions puisées dans la nature, les formations naturelles. L'art classique: celui de la libre adéquation de la forme et du concept. Le sensible, le figuré cesse d'être naturel, mais son défaut est d'être un art «tout court». Cependant, l'art tend au sublime pour cela c'est «l'art romantique et chrétien» qui fait rupture entre réalité et Idée. C'est un art qui préconise l'unité du divin et de l'humain. Cette spiritualité est intériorisée «c'est un art qui sert à exprimer tout ce qui est en rapport avec les sentiments, avec l'âme». Ainsi, l'architecture permet de frayer le chemin à la réalité adéquate de Dieu. En outre ses matériaux sont visibles et concrets.

La deuxième partie: l'idée du Beauest répartie en analogon à trois chapitres. Chapitre I: l'idée.
La notion de l'«Idée» est liée étroitement à l'esprit absolu, la «totale vérité suprême». Le beau artistique n'existe pas dans la nature. La beauté qui vient de l'esprit absolu est finie quant à celle de l'art, elle est en évolution puisque l'homme aspire toujours à «une satisfaction immédiate». La philosophie est le moyen qui permet de s'introduire à l'intérieur «des déterminations contradictoires» qui permettent de chercher la vérité. L'Idée comme elle est concrète, particulière et subjective. Elle le varie en soi et pour soi. Elle devient ainsi un idéal: l'incarnation de l'Idée comme l'a déjà avancée Platon et son successeur Plotin. Chapitre II: l'idéal.
Toutes les réalités se développent donc par ce processus qui est un déploiement de l'Esprit absolu dans la religion, dans l'art, la philosophie et l'histoire. Hegel ne croit qu'à l'Idée des idées; la Vérité, la Beauté; c'est en quoi le général et le particulier, le genre et l'individu sont inséparablement unis qu'ils le sont dans le corps des dieux. L'Idée du Beau est Esprit Absolu. L'absolu devient l'objet de l'Esprit, de l'intuition et de la sensation. C'est le lieu des contraires. Chapitre III: le beau artistique ou l'idéal.
Le beau ne sera jamais pour lui la beauté naturelle puisque la simple appréhension sensible ne peut être vraiment immédiate et se caractérise par son évanescence. L'immédiat s'évanouit au profit de la médiation. La pensée hégélienne est donc la compréhension de l'histoire de ce qu'il appelle l'Idée, Idée qui, après s'être extériorisée dans la nature, revient en elle-même en niant cette altérité pour s'intérioriser, s'approfondir et se réaliser dans des formes culturelles. Le Beau est une Idée; il est donc Vérité. En tant que Vérité, elle n'a pas d'existence sensible et extérieure. Elle réelle seulement dans la sphère de la pensée. Or, elle doit s'incarner dans une réalité extérieure individuelle. Le beau est l'apparence sensible de l'Idée. Telle est l'esthétique de Hegel.

1 Le Monde à volonté et représentation 1er édition 1819 2e édition, 1844.



Pour citer cet article :
Auteur : Hanae Abdelouahed -   - Titre : Fiche de lecture Introduction à esthétique Le Beau de G.W. F. Hegel,
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publié : 2011-02-07

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