Compte-rendu de «Babouc», conte philosophique de Voltaire

Le genre du conte philosophique date du XVIIIème siècle. Il s'agit d'un récit fictif, court et plaisant, qui emprunte des traits aux contes et romans traditionnels, en s'y joignant les problématiques sérieuses de la philosophe. Cette alliance en apparence contre nature en fit une arme efficace dans l'engagement de Voltaire contre les injustices.

Babouc est envoyé par un génie pour observer les habitants de Persépolis, ville où règnent le luxe et les excès. Oscillant entre méfiance et fascination, le jeune homme découvre un monde de plaisirs, mais aussi de tromperie et de médisance. Or, de son compte rendu dépendra le sort de la capitale des Perses, capitale qui n'est pas sans en rappeler une autre... Avec une ironie mordante et une langue acérée, Voltaire dénonce les travers de son époque.

En effet Ituriel le génie qui préside le département de la haute Asie décide d'envoyer Babouc à Persépolis afin de faire un compte de ce qu'est cette ville. Car on apprend à Ituriel que les Perses sont atteints par un excès de folies. L'Eternel lui dit: « Babouc, les folies et les excès des Perses ont attiré notre colère: il s'est tenu hier une assemblée des génies de la haute Asie pour savoir si on châtierait Persépolis, ou si on la détruirait. Va dans cette ville, examine tout; tu reviendras m'en rendre un compte fidèle, et je me déterminerai sur ton rapport à corriger la ville, ou à l'exterminer».

Babouc en route rencontra l'armée persane qui allait combattre l'armée Indienne. Voltaire condamne ici la guerre et les guerriers. La guerre qu'il qualifie de féroce, les soldats eux ne savent plus leurs capitaines, ni les causes qui les pousse à faire la guerre. Ce qu'ils veulent c'est gagner leur vie. En arrivant à Persépolis Babouc dévoile la barbarie de l'ancienne entrée de la ville, il décrit aussi les habitants, ils sont sales et ignorants; alors que la ville est charmante, pour Ituriel il ne trouve aucune raison pour la détruire.

Malgré le charme de cette ville, elle est malheureusement en désordre. Les femmes des guerriers ont des amants avec lesquels elles passent des nuits en absence de leurs maris. Persépolis demeure l'enfer de l'envie et de la superstition. Et les gents qui occupent les grandes charges sont les fils des riches, alors ceux qui sont pauvres n'ont pas le droit à une fonction supérieure même s'elle a mérite par leur savoir et compétence; ce désordre mène Babouc à penser d'Ituriel qu'il a raison de songer à exterminer Persépolis; il ajoute que cette ville périra à cause de la détestable administration mise en place.

Entre les classes sociales, il y a un grand écart. Le mode de vie des rois et de la cour est différent de celui de la plèbe. Or la manière dont parle le roi est éloquente et harmonieuse, son allure est confectionnée. Babouc est en état d'incertitude de ce qu'il va décider de Persépolis. Il hésite entre condamnation et innocence, est à chaque fois son jugement est fondé sur des arguments. L'admiration de Babouc au spectacle qu'il a vu pendant le diner avec la dame pour laquelle son mari lui avait donné des lettres, le pousse à changer son avis sur le sort de Persépolis, en corrigeant son premier jugement sur la ville. Il disait en lui-même:«l'ange Ituriel se moque du monde de vouloir détruire une ville si charmante»

Les lettrés dans cette ville ne sont pas engagés dans les affaires de leur société. Ils sont occupés par la réalisation des portraits des femmes dont ils ignoraient l'utilité et qu'ils ne connaissent pas pourtant, au lieu de participer à l'éducation du peuple. En plus, ils s'enivrent réciproquement. Or «si quelqu'un d'eux disait un bon mot, les autres baissaient les yeux et mordirent les lèvres de douleur de ne l'avoir pas dit», ils ne sont pas ambitieux, ni leurs écrits, sont attirants. Babouc est déçu par ses lettrés car leurs productions sont détestables,« vous avez lu des choses méprisables» dit le sage lettré à Babouc. De là, Babouc conclut: dans les abus il y a des bonnes choses, par exemple le sage lettré; parmi les autres lettrés.

Le ministre d'après ce qu'il apparaît est un homme qui ne pense qu'à ses plaisirs. Il est entouré de femmes et de mages. Il est très riche, il faut attendre des heures pour le voir. Mais en réalité c'est quelqu'un de très pauvre et pitoyable qui exécute les ordres qui lui sont dictés du haut. Dans le monde comme il va, voltaire tente de réfléchir sur la problématique du mal qu'il trouve inexplicable. Tout on reconnaissant que le mal a été crée avec le monde, voltaire rejettes toutes les explications métaphysiques qui ont tenté de trouver une réconciliation entre l'existence du mal et la bonté de Dieu. Durant le conte voltaire ne cherche pas à travers Babouc à renier le mal, mais à savoir si le mal social mérite d'être châtier par le génie alors qu'il en est le créateur.

Cependant, ce conte de voltaire constitue un réquisitoire acerbe de la société française du XIXème siècle, il tient à la fois à satiriser les moeurs, la politique et le social. Cela va conformément avec Le fonctionnement du conte philosophique et notamment le conte voltairien: non seulement de plaire, mais de se distraire, de se consoler, de réfléchir, et de s'exprimer.

Voltaire se situe en premier lieu dans la lignée philosophique qui conçoit d'abord la raison comme une faculté propre à l'homme, celle qui lui permet d'établir des rapports entres les choses. Cette faculté innée, qui n'est donc pas issue de l'expérience, permet une connaissance réfléchie et autorise l'être humain à embrasser et à comprendre l'Univers. En revanche Voltaire ne suit pas certains philosophes qui, comme Montaigne, dénoncent les dangers de cette faculté qui nous permet de raisonner même hors de l'expérience, qui peut s'enfermer dans sa propre logique et n'avoir plus de contact avec la réalité. Pour l'auteur du monde comme il va, il s'agit plutôt de ce que nous appellerions le bon sens, cette propension à bien juger, à distinguer le vrai et le faux, à connaître le monde loin de tous les aveuglements qui ont nom imagination, passion ou folie. Il s'agit surtout d'une connaissance fondée sur l'expérience, sur l'usage des sciences par opposition à une vérité dogmatique révélée par la foi religieuse. Ce dernier aspect fonde essentiellement l'idéologie voltairienne.

Voltaire dans la majorité des ses écrits et notamment ses contes s'inspirent de la Bible. C'est le cas dans le monde comme il va, à savoir le récit de Babouc. Ce dernier est envoyé par un génie pour observer les habitants de Persépolis, ville où règnent le luxe et les excès. Oscillant entre méfiance et fascination, le jeune homme découvre un monde de plaisirs, mais aussi de fourberie et de médisance. Or, de son compte rendu dépendra le sort de la capitale des Perses. Avec une ironie mordante et une langue acérée, Voltaire dénonce les travers de son époque. D'après notre lecture nous remarquons que ce conte de voltaire prend comme point de départ l'histoire de Jonas et les habitants de Persépolis en faisant allusion à ceux de Ninive dans la Bible. En effet, le récit de Jonas raconte l'histoire de Dieu envoie Jonas à Ninive, capitale de l'empire assyrien. Afin que les habitants de Ninive n'aient pas l'occasion de se repentir, Jonas désobéit à Dieu et se rend à Jaffa pour prendre la fuite sur un bateau en direction de Tarsis. Durant le voyage, le bateau sur lequel se trouve Jonas essuie une tempête due à la colère divine consécutive à sa désobéissance. Les marins décident alors de tirer au sort pour connaître le responsable de ce malheur. Le sort désigne Jonas. Ils le prennent, le jettent par-dessus bord et à l'instant même la mer s'apaise. Il est recueilli dans le ventre d'un grand poisson, durant trois jours et trois nuits. Le poisson le recrache ensuite sur le rivage.

De là, Jonas gagne Ninive, en annonce la destruction, puis attend cette destruction. Cependant, les habitants de Ninive décident de jeûner et de se repentir. Dieu dans son amour décide de ne pas détruire la ville puisque toute la population se tourne vers Dieu et se détourne du péché. «Pourquoi Dieu ne détruit-il pas la ville, comme il l'avait annoncé?» se demande Jonas. Dieu décide alors de faire pousser une plante qui fera de l'ombre à Jonas. Puis, il fait mourir la plante, et Jonas souffre du soleil et se plaint. Dieu reproche alors à Jonas de se plaindre de la mort d'une simple plante. Pourquoi Dieu n'aurait-il pas pitié, lui, d'une ville entière? Dieu n'est-il pas libre à tout moment de pardonner au pécheur repentant quels que soient son origine et sa faute?

Par ailleurs, à travers ce conte voltaire dévoile comment le bien a fini par vouloir aux habitants de la ville maudite la protection de Babouc, de là le philosophe voit que la ville de Persépolis ne doit être pas frappé parce que les habitants ne sont plus méchants et ce serait injuste des les châtier pour un mal qu'ils n'ont pas commis.

En somme, à travers ce conte nous pouvons dire que voltaire critique la bible, mais aussi l'église de son époque. Philosophe qu'il est; il essaye de démontrer à quel point le message qu'enseigne la philosophie est plus respectable envers le genre humain que les enseignements de la bible. C'est ce qu'il a fait voltaire dans l'article philosophe du «dictionnaire philosophique» il dit:«le philosophe n'est point enthousiaste, il ne s'érige point en prophète, il ne se dit point inspiré des dieux»

Bakkou Mbarek/élève professeur



Pour citer cet article :
Auteur : Bakkou Mbarek -   - Titre : Compte-rendu Babouc (conte philosophique de Voltaire),
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/babouc-compte-rendu-voltaire.php]
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