Nom et prénom :Elasfouri Azeddine

Matière : La comédie en France aux 17ème et 18ème siècles

Exposé : Etude comparative sur la situation de la femme dans l'école des femmes de Molière et l'école des mères de Marivaux

Sous la direction :Madame Guennoun

Filière : Master: Représentation de monde: Arts et littératures

Année scolaire : 2011-20

L école des femmes de Molière et l'école des mères de Marivaux s'inscrivent dans un débat théorique très chaleureux sur la condition de la femme aux 17ème et 18ème siècles .ces deux pièces ont en commun la thématique de la situation féminine. Dans la première pièce, le personnage principal, Arnolphe, élève sa très jeune pupille, Agnès, dans le but d'en faire sa femme; il la veut totalement innocente et soumise.son échec l'amènera à la folie. En outre, chez Marivaux, la comédie devient une peinture de l'amour délicate. L'intrique de sa pièce réside dans l'autorité exercée par Madame Argante sur sa fille Angélique. Cette dernière a reçu une éducation passive. Madame Argante ne veut lui laisser que la liberté du bien, et c'est elle qui juge de ce bien. Elle veut la marier à un homme de soixante anspour éviter l'inconstance d'un jeune mari; cela rend sa fille malheureuse parce qu'elle a un amant, Eraste, mais elle n'ose pas l'avouer à sa maman.les deux pièces, en question, abordent la question féminine sous ses aspects à la fois religieux, moraux et sociaux. Nous allons voir comment Molière et Marivaux, à travers l'écriture dramatique de la comédie, participent à des débats épineux comme le mariage forcé, l'éducation des filles et les rapports entre les hommes et les femmes tels qu'ils sont conçus aux 17ème et 18ème siècles.

Le rôle des femmes dans l'école des femmes de Molière et l'école des mères de Marivaux

Les deux personnages féminins de ces deux pièces, en question, Agnès et Angélique sont représentés comme des victimes de tout un système qui marginalise le sexe féminin.ils souffrent de la frustration de leurs sentiments et d'un mariage forcé loin de l'entente, de compréhension et de l'amour. Dans l'école des femmes de Molière , Arnolphe qui bien que se vantant du contraire ,a toujours craint d'être cocu pour dépasser son obsession du cocuage et de tromperie ,il envisage de se marier sa pupille ,Agnès, qu'il a fait élever ,dés l'âge de 4 ans, dans un couvent en prenant soin de la priver de toute instruction(dans un petit couvent /loin de toute pratique/je la fis élever selon ma politique/C'est –à-dire ordonnant quels soins on emploierait .).Cette citation montre bel et bien le personnage d'Arnolphe en train d'enseigner et d'inculquer quelques renseignements de la femme type préférée dans la société; c'est une éducation basée sur la soumission et l'obéissance. Marivaux de son coté fait appel au personnage d'Angélique qui souffre du mariage arrangé par Madame Argante, la mère d'Angélique. En effet, madame Argante a accoutumé sa fille à l'obéissance passive. Elle ne veut lui laisser que la liberté du bien, et c'est elle qui est juge de ce bien. Elle la tient cloitrée, l'habille mal et veut la marier à un homme de soixante ans. Cela rend sa fille, Angélique, malheureuse de cet arrangement. Lorsqu'elle la voit triste, elle croit que c'est son caractère d'être ainsi; elle la questionne à ce sujet, mais elle lui dicte ses réponses de la meilleure foi du monde (ce mariage ne vous plait pas?-Non.-Mais il ne vous déplait pas?-Non.-vous n'avez pas de la volonté: c'est bien, j'en aurai pour vous. j'en aurai si vous voulez).les deux pièces ont une fin heureuse .D'abord, Agnès va épouser Horace tandis que Arnolphe lui est anéanti. De plus, Angélique se mariera à Eraste. Molière nous présente un souci du 17ème siècle, celui de la tromperie .Selon Arnolphe, le mari est en général dupé, trahi et victime des manigances et des complots de sa femme.il est hypnotisé par l'idée qu'il va être trahi, pour ceci, il prend ses précautions(je sais les tours rusés et les subtiles trames ,dont pour nous en planter, savent user les femmes .p.32).la femme à l'époque est dite dotée d'une nature diabolique ,une pécheresse et une tentatrice .les rapports hommes/femmes ont été toujours aussi polémiques qu'aujourd'hui, ceci se traduit dans les différentes souches sociales(la femme est le potage de l'homme. p.56).En effet, Agnès, visage de grâce et de naïveté, représente fidèlement pour son tuteur cette fille prête pour le mariage. Elle voit en elle la parfaite image de la future épouse soumise et passive destinée à être la subordonnée, voire le servante de son mari.(bien qu'on soit deux moitiés de la société/Ces deux moitiés pourtant n'ont point l'égalité /l'une est moitié suprême ,et l'autre subalterne/l'une en tout est soumise à l'autre qui gouverne .p.76).l'esprit de l'époque pousse les hommes à déniaiser la femme sans pour autant l'éduquer. C'est pour cela, Arnolphe, suit le même modèle dans sa tentative de priver Agnès de tous les moyens d'éducation et les outils d'écriture, car il y voit une manière d'être cocu. Angélique, en outre, est l'image d'une fille passive qui n'a pas ni de la voix ni d'opinion, c'est sa maman, Argante, qui choisit à sa place. Dans les deux pièces, la femme subit les actions, elles n'agissent pas; il s'agit d'un être-muet que l'autre décide à sa place.

Molière et Marivaux comme représentants de la défense de la cause de la femme aux 17ème et 18ème siècles .

Molière et Marivaux se servent d'Agnès et d'Angélique pour tirer la sonnette d'alarme sur la situation catastrophique de la femme aux17ème et aux 18ème siècles.il s'agit d'une critique acerbe de leur sociétés.ils considèrent le mariage comme la base et le noyau de la société autour duquel que s'articule les autres institutions.les deux dramaturges mettent en cause l'institution du mariage attaché aux enseignements de l'église;c'est un acte de mariage qui ne repose ni sur la persuasion du moins ni sur la séduction ,mais uniquement sur la puissance et l'autorité.ils optent pour un lien solide loin d'être forcé ou arrangé ,mais repose uniquement sur le respect de l'ordre naturel ,en d'autres termes, sur l'accord des volontés et des coeurs. C'est par un coup de théâtre dans les deux pièces qui assure le dénouement par la révélation de la véritable identité d'Agnès et d'Angélique, reconnaissance qui les rend à Horace et Eraste et rassemble les quatre amoureux. Ainsi, Molière et Marivaux critiquent l'une des tares de leur siècle ,celle de la marginalisation de la femme.ils ont pour but de contribuer aux constructions des nouvelles moeurs et des nouvelles valeurs qui se basent sur les sentiments de l'amour qui apparait aux 17ème et 18ème siècles comme un sentiment choquant ,du coté de la jeunesse ,sur l'égoïsme des vieux despotes, à savoir, Arnolphe et Madame Argante dans l'école des femmes et l'école des mères.

Pour conclure, l'école des femmes de Molière et l'école des mères de Marivaux sont considérées comme une satire de l'utilisation hypocrite de la religion et de l'hégémonie masculine;c'est une valorisation de l'amour contre la brutalité et le despotisme des hommes .En introduisant la figure féminine dans leur pièces avec les personnages d'Agnès et d'Angélique,Molière et Marivaux donnent naissance à un type de femme écartée du monde.les deux dramaturges valorisent la passion de l'amour;c'est le triomphe des sentiments de l'amour sur le projet d'Arnolphe et Madame Argante. Les grandes dramaturges,Molière et Marivaux, ont réussi de mettre en cause les coutumes et les moeurs de leur sociétés;ils ont choisi une fin heureuses de leurs pièces, c'est Horace et Eraste qui vont vaincre Madame Argante et Arnolphe;cela indique laa réussite des deux dramaturges de déconstruire toute une mentalité stagnante mettant la femme comme un esclave de l'homme et de la société.



Pour citer cet article :
Auteur : elasfouri azeddine -   - Titre : Etude comparative sur la situation de la femme dans école des femmes de Molière et école des mères de Marivaux-mauf,
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