Accueil   études   Forum-études


 


enonciation et pragmatique dans les chambres de bois d'anne hébert


encadré par: monsieurdakkach


préparé par : siham amaayach

introduction:

anne hébert occupe, dans les lettres québécoises ,une place à part .poèmes ,nouvelles, romans et pièces de théâtre sont portés par une soif de vivre, et aussi par un langage immédiatement reconnaissable en raison de sa pureté et de sa force.

les écrits hébertiens sont marqués par une oscillation incessante entre deux pôles opposés: bien et mal, jour et nuit, passé et présent, vie et mort. de ces tensions jamais résolues ,nait l'écriture qui se transforme en oeuvre qui inspire la critique.

a ce propos, la cause d'anne hébert dans les chambres de bois est la comparaison ,moyen, qui permet le passage de l'illusion ( la captivité) vers la désillusion ( la liberté) de catherine, personnage principal, dans l'oeuvre.

notre corpus, les chambres de bois est un roman composé de trois parties . dans la première partie, on apprend que catherine est l'aînée de la famille et que l'on souhaite la marier. la soeur de son père, anita, voit bien que catherine fréquente michel de temps en temps, malgré le fait que celui-ci soit issu d'une classe sociale plus élevée. cet homme finit par la demander en mariage. catherine est alors encore jeune et rêveuse, ayant en tête des « histoires de prince charmant ».

dans la seconde partie, catherine habite chez michel. ils dorment dans des chambres obscures séparées d'un long couloir que l'on nommera dorénavant les chambres de bois. la jeune femme, changeant de milieu de vie, fait face à de nouvelles exigences. elle ne doit plus exécuter les différentes tâches domestiques auxquelles elle prenait part dans la demeure de son enfance, mais désormais lire et coudre, activités qui lui paraissent longues et ennuyeuses. a ce moment-là, la soeur de michel, lia, vient faire interruption dans la vie de catherine. celle-ci se sent prise dans la relation malsaine qu'il y a entre michel et lia. la jeune fille tombe malade et se referme, requérant les bons soins de la servante, aline.

dans la troisième et dernière partie, catherine décide de quitter michel et lia, avec la servante. elle rencontre alors bruno, pour qui elle éprouve une certaine attirance. mais catherine a changé et a gagné en maturité. elle n'aime plus comme avant et semble agir différemment. elle a retrouvé le goût de vivre. malheureusement, aline est morte. catherine annonce la nouvelle à lia et à michel.

dans les chambres de bois, anne hébert développe un discours ou le personnage principal ( catherine ) prisonnier de ses rêves finit par affronter l'adversité et puis se libérer. quand catherine décide de partir ,ce qu'elle quitte, ce n'est pas un homme qui n'a pas su l'aimer, c'est aussi le monde du rêve et de l'illusion. elle quitte les chambres de bois ,elle choisit la vie, ses odeurs, sa lumière voire la liberté.

donc, le passage de la captivité (l'illusion) à la liberté (la désillusion) assuré par la comparaison dans les chambres de bois d'anne hébert reste une hypothèse qui peut être dissociée comme suit: la captivité est elle synonyme de l'illusion de catherine? la liberté est elle une voie de la désillusion du personnage principal? comment la comparaison procédé de la rhétorique serait elle au service de la cause c'est- à- dire le passage de la captivité(l'illusion) à la liberté(la désillusion)?

cette cause extraite des chambres de bois d'anne hébert doit être insérée dans un cadre théorique général qui est la théorie de l'énonciation et puis dans un cadre théorique spécifique: la rhétorique. les deux cadres nécessitent des définitions.

l'énonciation est l'acte individuel par lequel un locuteur va produire un énoncé (oral ou écrit), adressé à un destinataire, dans une situation de communication.

les énoncés sont des propos tenus par un locuteur ,précédés et suivis d'un silence ,et qui à la différence de la phrase ,ne sont pas nécessairement descriptibles ou organisés. un énoncé représente le résultat d'un acte individuel et concret: l'énonciation.

sur le plan linguistique, l'énoncé peut coïncider avec un discours comme avec un fragment de mot. tout énoncé suppose un ancrage pragmatique: selon charles morris:(...)la pragmatique est cette partie de la sémiotique qui traite de l'origine ,des usages et des effets des signes à l'intérieur du comportement dans lequel ils apparaissent»charles morris,writings on the general theory of signs, la haye, ed mouton, 1971, p.302.

cette définition précise que l'analyse pragmatique du langage ne se concentre pas sur les signes en eux mêmes pris isolément, mais sur ceux qui les utilisent et sur les conséquences qu'ils engendrent dans le cadre de l'interaction communicationnelle de la vie réelle. l'énoncé est en effet prononcé par un sujet linguistique qui dit je, dans un endroit donné, qu'il désigne par ici, et dans un moment particulier, qu'il désigne par maintenant. ces trois facteurs ,le sujet parlant, et les circonstances spatio-temporelles de la parole ,constituent les paramètres de l'énonciation. tout énoncé porte la trace de cet ancrage pragmatique sous forme de déictiques qui renvoient aux circonstances de l'énonciation ,et sous forme des modalités qui indiquent les appréciations que le locuteur porte sur les événements qu'il relate.

quant à la rhétorique, qui serait notre cadre prioritaire , est définit comme l'art de persuader par le discours. ce qui suppose un discours efficace et orné. les deux piliers de la rhétorique consisteront donc dans des techniques argumentatives et dans une théorie du style et des figures. comme pour bien dire, les praticiens de la rhétorique pensent qu'il faut aussi bien penser, la rhétorique aura partie liée avec la grammaire, mais aussi avec la logique et avec la philosophie. les grands orateurs de l'antiquité insistent en effet sur la nécessité de qualités morales ,sans lesquelles la rhétorique ne serait que cette discipline mensongère critiquée par platon. l'orateur est donc défini comme le vir bonus dicendi peritus, homme doué de qualités morales et habile à parler.

trois genres se partagent la rhétorique. ce qui définit la matière de la rhétorique ,c'est qu'il y a toujours un enjeu du discours, qui en constitue la question.c'est selon le contenu de la question, la situation à laquelle elle s'applique et le résultat qu'elle doit avoir sur l'auditeur (s'agit-il en particulier de modifier ses conceptions ou de l'amener à une action?),qu'on peut définir les trois genres de la rhétorique .le démonstratif(ou épidictique) consiste à louer ou à blâmer ,comme dans l'oraison funèbre, le délibératif vise à conseiller ou à dissuader d'une action future, comme le sermon, et le judiciaire porte sur une action déjà faite qu'il s'agit de juger, comme dans le plaidoyer.

l'enseignement de la rhétorique se compose de cinq parties dont les trois premières concernent la fabrication du discours, et les deux dernières l'orateur:

1.l'invention est l'art de trouver des idées et des arguments mais propose aussi une réflexion sur les moeurs de l'orateur et les passions du public. la rhétorique apparait ici comme liée à la psychologie.

2.la disposition concerne l'organisation d'ensemble du texte ,une fois que les idées ont été trouvées . il s'agit alors de les ordonner dans un plan, un synopsis(cf. le plan du premier acte d'iphigénie en tauride de racine, publié en 1747 par son fils. chaque scène y est résumée avec les arguments utilisés par chaque personnage).

3.l'élocution porte sur la mise en mots des idées arrangées en fonction des deux premières parties et comprend une théorie des figures et du style. l'efficacité du discours suppose qu'il soit adapté au sujet et au public. la notion d'aptum est une autre des notions fondamentales de la rhétorique. ainsi, à chaque genre du discours doit correspondre un langage ,un style bien défini. dès l'antiquité sont définis trois styles, le simple ou bas, le tempéré ou médiocre, c'est-à-dire moyen, et le sublime. ces trois styles se distinguent surtout par le vocabulaire et les figures et ne doivent pas être mêlés. hors du discours, en littérature, la distinction est également valide. par exemple ,le style bas est celui des genres comiques, le style médiocre celui des genres mineurs de la poésie comme l'idylle, le rondeau, et le style sublime celui des grands genres comme la tragédie ou l'épopée.

4.l'action qui concerne l'art de jouer le discours. il convient en effet d'avoir une diction claire et d'accompagner la déclamation d'une gestuelle adaptée. cicéron, par exemple, prenait des leçons auprès de roscius,le plus célèbre acteur de son temps, et l'enseignement des jésuites faisait une large part au théatre,conçu comme une préparation à l'art oratoire.

5.la mémoire, dernière partie de la rhétorique, consiste en un ensemble de procédés mnémotechniques, fondamentaux dans l'antiquité et jusqu'à l'invention de l'imprimerie.

avec le développement du livre, à partir de la renaissance ,la rhétorique portera aussi sur l'écrit, ce qui entrainera progressivement un déplacement de l'attention de l'argumentation vers les figures, de l'invention vers l'élocution. se met ainsi en place aux siècles classiques, une rhétorique restreinte qui gouvernera le xix siècle et la première moitié du xx. de nos jours, avec le retour en force de l'argumentation ,la rhétorique retrouve, sous une forme moderne, ses buts élargis.

après avoir définit la discipline mère(la théorie de l'énonciation) et la discipline prioritaire (la rhétorique),passons maintenant au plan.

dans un premier volet, nous allons définir la comparaison ,puis dans un second volet nous allons appliquer la définition sur des citations extraites des chambres de bois pour vérifier l'emploi et la validité de la comparaison comme moyen qui assure le passage de la captivité à la liberté voire de l'illusion à la désillusion du personnage principal catherine.

développement

c'est ainsi que ,le premier volet débute par une définition de la comparaison en tant que figure de style ,tout en essayons de trouver et de prouver des intersections avec d'autre disciplines comme la pragmatique.

avant de définir la comparaison, il faut préciser le sens du mot figure. la figure (du latin figura : forme) se définit comme une forme éloignée de l'expression simple ou non marquée. quand on utilise le mot (voile) pour désigner un (navire) c'est une figure en l'occurrence, une synecdoque ,qui désigne le tout par la partie.

a l'origine, les figures renvoient à une conception rhétorique du discours .l'élocution est la troisième partie de la rhétorique qui vise à l'ornementation ,considérée comme un des moyens de persuader. seule une forme appropriée peut donner à l'argument tout son poids: il s'agit donc de choisir les figures qui ,en accord avec le sujet traité ,seront propres à emporter la conviction de l'auditoire. mais l'élocution devient rapidement un (art de bien dire) qui trouve en soi sa propre justification, indépendamment de tout( art de persuader) et les figures ,tout particulièrement à l'âge classique ,sont vues comme des ornements proprement littéraires.

passons maintenant à la définition de la comparaison. cette dernière est une figure qui consiste à rapprocher deux éléments. la comparaison peut porter sur la quantité: jean est plus grand que paul. c'est la comparaison au sens strict et sur la qualité: jean est blond comme paul

on parle alors parfois de similitude. dans la comparaison qualitative ,la plus intéressante littérairement ,les deux éléments sont rapprochés par le biais d'une ressemblance: achille est impétueux comme un lion.

une comparaison qualitative, lorsqu'elle est complète, comprend donc trois éléments;1.le comparé(achille),2.le comparant ( un lion) et 3.le troisième terme de la comparaison, qui en donne le fondement(impétueux).

comparant et comparé sont liés par un élément du lexique(on parle alors de comparaison lexicale):ressembler, être pareil à ,etc.:

le poète est semblable au prince des nuées (baudelaire, l'albatros)

ou par un outil syntaxique ,comme, ainsi que:

ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,

(...)

mourante, elle se livre aux longues pamoisons,(baudelaire, tristesses de la lune)

par rapport à la métaphore, dont on dit souvent que c'est une comparaison abrégée, la comparaison est plus développée et plus logique, puisque, lorsqu'elle comporte un troisième terme, elle justifie le rapprochement. surtout, la présence de l'outil de comparaison lui interdit d'opérer une assimilation entre les éléments comparés, qui ne sont mis en relation que sous un certain rapport, tandis que la métaphore opère une assimilation globale ,comme le montre l'existence même de la métaphore filée.

la comparaison peut être purement locale, ou plus étendue. le modèle de ces comparaisons étendues est la comparaison homérique, qui constitue un petit tableau autonome, y compris syntaxiquement:

comme le lion des montagnes, assuré de sa force,

qui marche dans la pluie et dans le vent, ses yeux

flamboient, il fond sur les moutons et sur les vaches,

il poursuit les biches sauvages, incité par son ventre

à tâter des troupeaux, et même jusqu'aux fermes closes:

ainsi ulysse allait aborder, quoique nu,

les jeunes filles aux beaux cheveux: le besoin l'y forçait.

(l'odyssée, chant vi, trad.de philippe jaccottet)

cependant, les particularismes de la comparaison la prédisposent à deux utilisations.

1.la comparaison illustrative: par ses frontières claires et par son fonctionnement maitrisé, la comparaison favorise les développements analogiques à fonction illustrative: un comparant imagé et facile à percevoir éclaire un comparé problématique ou mal défini. d'où la primauté de la comparaison sur la métaphore dans certains contextes: didactique, philosophique...la fonction illustrative de la comparaison est nette dans deux emplois:

-dans les ouvrages naturalistes, elle permet de dépeindre les animaux exotiques par des analogies évidentes. ainsi à propos du tapir du brésil dans l'histoire naturelle de g.buffon(xviii siècle):

le tapir est de la grandeur d'une petite vache ou d'un zébu; le corps arqué comme celui du cochon, portant une livrée dans sa jeunesse comme le cerf; la tête grosse et longue avec une espèce de trompe comme le rhinocéros.

-dans les clichés populaires, la comparaison illustre une qualité par son représentant type, réel(rapide comme l'éclair...) ou supposé(gai comme un pinson) etc.

2.la comparaison ludique: dans certains cas ,seule la structure formelle de la comparaison est mise en évidence, sans qu'il y ait un rapport perceptible entre le comparé et le comparant. se présentant alors comme une construction qui tourne dans le vide, la comparaison devient un jeu qui rapproche les réalités les plus imprévisibles. ainsi en est-il avec les comparaisons loufoques des romans policiers de f.dard(san antonio) ou avec les comparaisons burlesques de f.rabelais décrivant caremeprenant dans le quart livre(1548):

la mémoire avait ,comme une écharpe.

le sens commun ,comme un bourdon.

l'imagination, comme un carillonnement de cloches.

les pensées ,comme un vol d'étourneaux(...).

après avoir fait la définition de la comparaison et ses différentes utilisations, nous allons passer au second volet qui sera réservé à l'analyse de quelques citations extraites des chambres de bois d'anne hébert où le procédé textuel: la comparaison est employé.dans ce volet nous allons vérifier si ce procédé est au service de notre cause : la comparaison moyen qui assure le passage de la captivité (l'illusion) vers la liberté( la désillusion) ou le contraire .

la captivité intérieure de l'être humain et son désir puissant de libération sont des thèmes fondamentaux d'anne hébert. dans les chambres de bois , la cause est le passage de la captivité (l'illusion) à la liberté(la désillusion) via un procédé textuel: la comparaison.

avant de réussir sa délivrance catherine était captive dans les chambres obscures :et elle regardait ses mains qui devenaient blanches et ses ongles qui s'allongeaient comme des griffes de bête captive les chambres de bois p:72

dans cette citation, il s'agit d'une comparaison qualitative .elle comprend trois éléments.1. le comparé(les mains et les ongles).2.le comparant (les griffes de bête captive).3.l'outil de comparaison (comme).

la présence de l'outil de comparaison interdit d'opérer une assimilation globale entre les éléments comparés. cette comparaison suppose des intentions et des non -dit.

ainsi, le non- dit dans cette citation et comme l'a montré j. searle acquiert une importance primordiale dans la réussite ou la non réussite des actes de parole.

parler veut dire communiquer au destinataire la manière dont nous souhaitons que ce dernier saisisse le message. pour ce faire, l'énonciateur doit introduire certains marqueurs par exemple: une structure impérative, l'indication de la personne ou des personnes impliquées, le temps grammatical pertinent, le contexte...afin que son destinataire parvienne à reconnaitre l'intention associée à son énonciation.

f. recanati précise dans cette perspective la différence entre la sémantique et la pragmatique.(...) la pragmatique s'intéresse à ce qui a lieu sur l'axe locuteur-auditeur,c'est-à -dire à l'échange de paroles comme activité intersubjective, comme pratique sociale, elle étudie ce qu'on fait avec les mots, alors que la sémantique étudie ce qu'ils signifient, ce dont on parle en les employant.

l'énonciation d'une phrase exprime des pensées et des sentiments du locuteur, et elle suscite ou évoque chez l'auditeur des pensées et des sentiments. l'intention qui se cristallise dans l'énonciation lui confère un supplément de sens, un sens extrinsèque et variable ,à savoir un sens pragmatique.

il existe un rapport étroit entre l'intention ,la signification et la compréhension c'est-à-dire la reconnaissance des intentions du locuteur par le destinataire.

donc, l'intention de notre citation :et elle regardait ses mains qui devenaient blanches et ses ongles qui s'allongeaient comme des griffes de bête captive est de montrer l'emprisonnement de catherine. cette intention signifie une souffrance exprimée par la comparaison et décelée à travers le non-dit terme clé de la pragmatique.

non seulement, catherine est captive mais elle est comparée à un animal qui cherche une échappatoire: «les deux fenêtres ouvertes, sur la cour et sur la rue, catherine alla de l'une à l'autre à grands pas, comme un animal traqué qui cherche une issue. les chambres de bois p133.

la citation comprend les éléments de la comparaison: le comparé: catherine; le comparant: un animal traqué; l'outil de comparaison :comme

les connotations qui pourraient être associées à cette citation sont multiples mais il serait judicieux de commencer par une définition de la connotation.

la connotation s'oppose à la dénotation .si la dénotation désigne le renvoi du signe à son référent, la connotation renvoie à tout ce qui est second ou subjectif. chez a. martinet comme chez g.mounin,les connotations sont issues de l'expérience de chacun et à ce titre font en particulier la richesse de l'expérience poétique. les connotations sont tout ce que le terme peut évoquer ,suggérer, exciter, impliquer, de façon nette ou vague, chez chacun des usagers individuellement.

donc, les termes de notre citation (animal traqué, issue) évoquent une réalité amère. catherine est privée de sa liberté suite à son illusion. la comparaison implique le lecteur et le pousse à partager la souffrance physique et psychique de l'héroïne.

après avoir dégagé et analysé les citations relatives à la captivité et l'illusion de catherine, il est temps d'extraire et d'interpréter des citations qui correspondent à la liberté voire à la désillusion du personnage principal.

catherine, penchée sur la photo, s'efforça un instant d'apercevoir l'intérieur du vestibule,(...)évoquant le pays d'enfance de michel et lia d'ou elle s'était échappée comme une taupe aveugle creusant sa galerie vers la lumière. les chambres de bois p179

cette citation contient les éléments de la comparaison: comparé(catherine);comparant(taupe aveugle);et le moyen (comme).cette citation nous éloigne du cadre de la captivité. elle munie catherine d'une force suprême qui la guide vers la liberté désignée dans la citation par le mot lumière. cette dernière s'oppose à l'obscurité et l'enfermement qui règnent dans les chambres de bois. la citation est corroborée par une autre qui a le même sens: la délivrance et la désillusion: l'odeur des chambres de bois la saisit dès le seuil.eelle sonna comme une étrangère.» les chambres de bois p186. catherine est comparée à une étrangère via le moyen «comme» car on ne parle pas de la même personne.le mot étrangère (selon la définition du petit robert: un étranger qu' est d'une autre nation, qu'est autre, en parlant d'une nation) mais le sens connotatif montre qu'il s'agit de la même personnage mais avec des modifications au niveau du comportement. catherine n'est plus la jeune adolescente rêveuse et naïve mais il s'agit d'une jeune femme murie par l'expérience et munie d'une soif de vivre.

alors, catherine qui vivait dans un monde onirique a réagi pour réussir sa délivrance. c'est ainsi que l'emploi de la comparaison ,figure de style, qui a des intersections avec la pragmatique(l'intention, le non-dit, la connotation) a pu peindre notre cause.

conclusion

pour conclure, le travail que nous avons réalisé a pour piliers ( le corpus, la cause, le discours le procédé textuel et le cadre théorique).a ce propos, les chambres de bois d'anne hébert nous a permis de voir et d'analyser le passage de l'illusion (la captivité) à la désillusion (la liberté) via le procédé de la comparaison.

ce procédé qui appartient à la rhétorique, notre cadre théorique prioritaire, entretient des croisements avec d'autres disciplines comme la pragmatique (intention, non -dit, connotation) et l'analyse de discours. ces disciplines sont nos moyens pour vérifier le discours hébertien .

après avoir fait notre application sur des citations extraites du roman ( on a dégagé plusieurs mais on a soumis à l'application les plus révélatrices) ,il apparait que la comparaison est le moyen textuel qui assure le passage de l'illusion à la désillusion du personnage principal catherine.

alors, le résultat de notre travail prouve que la cause d'anne hébert dans les chambres de bois est l'illusion (la captivité) qui se transforme en désillusion(la liberté).cette cause est justifiée par l'emploi de la comparaison et le concours de la pragmatique et l'énonciation. dans ce cas, notre cause est validée car le discours ne l'a pas trahie.

bibliographie:

hébert,anne,les chambres de bois ,seuil,1958.

maingueneau,dominique,l'énonciation en linguistique française,hachette supérieur,1991.

poulain,elfie,approche pragmatique de la littérature, paris,l'harmattan.

maingueneau,dominique,pragmatique pour le discours littéraire,nathan.

adam,jean-michel,la linguistique textuelle,armand colin.

buffard-moret,brigitte,introduction à la stylistique,armand colin.

gardes-tamine, joelle;hubert,marie-claude,dictionnaire de critique littéraire,armand colin.

bonhomme,marc,les figures clés du discours,seuil,1998.

charaudeau,patrick,langage et discours,hachette .

saint-martin,lori;m .paterson,janet,anne hébert en revue,presse de l'université du québec.

mitterand,henri,l'analyse littéraire,armand colin.



Pour citer cet article :
Auteur : AMAAYACH SIHAM -   - Titre : Enonciation et pragmatique dans Les chambres de bois d'Anne Hébert ,
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/article-enonciation-anne-hebert-chambre-br1r-amaayach-siham.php]
publié : 0000-00-00

©marocagreg   confidentialité 2017