Les enjeux esthétiques de la photogénie


Préparé par:

ABDELOUAHED HANAE





Le domaine audio- visuel regroupe plusieurs domaines dont la toile de fond est l'mage, ce monstre qui domine les médias et enchante l'inconscient humain. Plus précisément, nous nous intéressons à l'image automatique qui a entraîné le plus de questionnement esthétique nouveaux depuis un siècle. La photographie première an ventée de ces images automatique, et d'abord vue exclusivement comme une technique de duplication optique, a eu énormément da mal à s'imposer comme image artistique. Une notion a joué, dans cette entreprise, un rôle important : la photogénie – notion d'autant plus intéressante qu'elle a ensuite débordé le domaine photographique, pour toucher le cinéma. Comme l'insigne Michel Tournier, la photogénie « C'est la faculté de produire des photos qui vont plus loin que l'objet ». Notre réflexion s'attache à déblayer le terrain de cet outil audio- visuel afin de revisiter son importance et son rapport avec le cinéma. L'aboutissement de notre travail insiste à vérifier les perspectives de l'image à travers ce domaine.

Photogénie et photographie

La photographie reproduit les apparences visibles en enregistrant la trace d'une impression lumineuse : tel est le principe de son invention. Or assez vite, on a été sensible au fait que cet enregistrement, sil rapprochait, au plan purement optique, l'image pharisaïque de l'image formée dans l'œil, l'en distinguait par le fait qu'il fixait un état fugitif de cette image, un état qui échappe à la vision normale.

Et que, ce faisant, il donnait accès à une façon inédite de voir la réalité. C'est le thème bien connu de la révélation photographique : la photographie nous sonne à voir le monde d'une façon invisible à l'œil nu, elle nous fait voir « des choses à voir normalement nom vues » (kracauer). Voici ce qu'écrivait en 1869 henry Peach Robinsons, photographe anglais du XIX siècle :

« Ceux qui n'ont qu'une connaissance superficielle des possibilités de notre art prétendent que la photographe est un simple réaliste m »cantique, sans pouvoir d'ajouter rien de lui-même à sa production. Cependant, certaines de nos critiques, nom sans inconséquence, se laissent aller à déclarer que certaines de nos images ne ressemblent en rien à la nature. Cela les trahit, car, si nous pouvons ajouter du non –véridique [untruth], nous pouvons idéaliser, Mais nous allons plus loin .et nous prétendons être capables d'ajouter de la vérité [trust] aux faits nus. »

Cet ajout, c'est littéralement, le pouvoir photogénique ; on ne cesse d'en retrouver la mention, et la définition, durant toute la période de constitution d'une photographie d'art, c'est- dire jusqu'à la fin des années vingt.

La photographie, nous le disions, a mis longtemps à devenir un art. On peut ajouter, en outre, qu'elle s'est cherchée comme art dans plusieurs directions contradictoires. Ainsi picturalité, autour de 1900, a voulu produire des œuvre qui soient visiblement artistique en multipliant les manipulations, les retouches, les grattages, en tirant les photos sur des supports à graine visible, à matériau apparent, comme les fameuses gommes bichromatées. C'est une direction intéressant, qui a ses lettre de noblesse, et dont, d'ailleurs, la tentation ressurgit périodiquement (en particulier dans les années quatre-vingt). Cependant, le picturalité voit l'expressivité pharisaïque essentiellement dans les moyens plastique qui sont ceux, traditionnelles, de la peinture : matériau, couleur, touche. Aussi ses prairies ont ils été violement combattus par tous ceux photographes ou critiques qui voulaient que l'art de la photo fut fondé sur ce qui fait l'essence de la photographie, l'enregistrement sans retouche de la réalité. Edward Weston (1956) :

« Des gens qui ne penseraient pas une seconde à prendre une passoire pour titrer de l'eau d'un puits, n'arrivent pas à voir quelle folie c'est de prendre un appareil photo pour faire une peinture ».

Le courant réaliste a été, sans cosette, le courant dominant entre la fin de l'école pictorialisme de camera Works vers (1910) et l'apparition de nouvelles tendance à la manipulation dans les deux dernières décisives. Pour autant, la conception de l'expressivité photographique n'y a pas été unifiée, tant s'en faut. Pour ne citer que deux positions assez extrêmes, on a pu :

soit considérer que l'art de la photo était un art de la mise scène de la valorisation du réel par la science des cadrages et des éclairages, et que c'était ce prix (celui de la maîtrise) que la photogénie était possible. Franz roh, 1929 : « la photographie n'est pas une simple empreint de la nature, car elle est (mécaniquement) la transformation de toute valeur de couleur, et même de la profondeur de l'espace, en structure formelle […] est-il uniquement nécessaire de maîtriser les outils de la photographie pour devenir un bon photographe ? En aucune façon : comme dans d'autre champs d'expression, il y a faut de la personnalité .[…] cette qualité individuelle constante qui , comme dans les arts , est remarquablement durable , suffit à montrer qu'une bonne photo est aussi fondée sur un principe d'organisation et d'individualisation ». L'art du photographe est donc de savoir montrer la nature sous son meilleur jour, d'en déceler, intentionnellement et volontairement, les élément potentiellement photogénique : d'exprimer la réalité.

Soit, au contraire, penser que le photographe devait s'effacer le plus possible, oublier sa maîtrise, et laisser, (le mot est de rolando berthes dans son essai la chambre claire) toujours un peu comme un petit miracle, une photographie qui nous révélera quelque chose que nous n'avions pas aperçu – et n'aurions jamais aperçu sans elle. c'est sans doute aujourd'hui la définition la plus courante de la photogénie que ce miracle de la photographie ; c'est à elle que nous pensons lorsque nous disons que quelqu'un(e) ‘'est photogénique'' –ce qui signifié tout bonnement qu'il (elle) sera ‘'plus beau (plus belle) ‘'en photographie qu'au naturel, que la photo dégagera un charme éventuellement absent de la personne réelle. sans forcément aller à cette extrémité, c'est une conception exprimée par maint photographe : la photogénie est dans la photographie réussi ce qui nous touche ce qui me touche (un ‘'moi'' indéfiniment singularise variable avec chacun d'entre nous) avec sa notion de punctum berthes n'a fait qu'achever cette définition en lui donnant une expression délibérément subjectivisée.

Photogénie et cinéma

Si la photogénie n'est pas facile à définir en photographie, que dire sa définition cinématographie ? Elle a été cela n'est pas surprenant encoure plus flottant encore plus changeant. Bien entendu c'est avant tout l'époque meute qui a été sensible aux possibilités pas ce que c'est. Photogéniques de limage de film et le mot ‘'photogénie'' lui-même se trouve pour l'essentiel dans les écrits de deux cinéastes et critique français des années vingt louis Delluc et jean Epstein le premier y voyait à vrai dire le secret même de l'art du cinéma au point de donner ce titre à l'un de ses première assai sassais sur le cinéma (1920). Voici un extrait typique de photogénie :

« Nos meilleurs films sont parfois très laids pour être dus à trop de conscience laborieuse et factice .que de fois […] le meure d'une soirée devant l'encrant est dans les ''actualités'' [ou] quelque secondes nous donnent une si forte impression que nous les traitons d'artistique. On n'en dit pas autant du film dramatique […] qui vient après peu de gens ont compris l'insert de la photogénie. Au reste ils ne savent même pas ce que c'est. Je serais enchanté qu'une supposât un accord mystérieux de la photo et de génie Hélas ! Le police n'est pas assez bête pour croire a sella. Personne ne le persuadera qu'une photo puisse avoir jamais l'imprévu du génie car personne que je sache n'en est persuade. »

C'est claire deux ne croit pas au ‘'miracle'' de la photographie et pour lui la photogénie doit être acquise- certes « avec la maximum d'élégance »

En d'autres termes sa définition de l'ARTE du cintre (c'est lui ne l'oublions pas qui inventa ce mot et en imposa l'usage) pour son ami Epstein les choses sont un peu moins tranchées. la photogénie c'est vrai est aussi pour lui une denrée rare elle définit une esthétique celle même qu'il d »fonde et illustre notamment par certains usage du ralenti ou du gros plan qui sont vus aujourd'hui comme les marque stylistique les plus apparentes de ses films Epstein sans aucun doute pensait aussi que l'Arte du cinéma était l'art du quêtés sinisasse que la photogénie s'obtenait je dirais presque se métrait pourtant ses texte laissent transparait une conception plus miraculeuse plus roche de la tentation de laissait la photo créer tout seule de laisser la nature se dévoiler toute seule . Epstein 1923 qu'est-ce que la photogénie ? : « J'appellerai photogénie tout aspecte des choses des êtres et des âmes qui accroit sa qualité morale par la reproduction cinématographique et tout aspect qui n'est pas photogénique ne fait pas partie de l'Arte cinématographique ».

On voit ce qu'est cette déclaration : moins une définition de la photogénie qui n'est jamais clairement, articulée qu'une défense volontiers polémique : « tout à l'heure je disais ; est photogénique tout aspect dont la valeur morale se trouve augmentée par la reproduction cinégraphique : je dis maintenant : seuls les aspects mobiles du monde des chose et des âme peuvent voir leur valeur morale accrue par la reproduction cinégraphique. [ …] »

La mobilité photogénique est une mobilité dans [le] système espace temps une que l'aspect photogénique d'un Object est une résultant de ses variations dans l'aspect temps » cette esthétique que propose Epstein peut paraitre plat ne semble-t-il pas dire que des critiques la spécificité de l'art du film est dans le nouement ? Aussi bien ce texte et tous ceux qui en reprennent les thèmes sont-ils plus souvent des plaidoyers pro domo que de véritables manifestes. Le pouvoir photogénique du cinéma a été mis en évidence par la plupart de l'époque mette souvent sans que le mot soit prononcé et la photogénie à été pour toute une génération de critiques de cinéastes et de cinéphiles le mot de passe correspondant au je-ne-sais-quoi de Diderot pour définir la peinture. A date plus récente elle est parfois revenue plus ou moins subrepticement dans le discoure de critique redécouvrant l'art du muet comme Glaude Ollier faisant état de sa fascination pour les aventures de la lumière dans le cinéma d'avant –guerre ou Ménandre Fieschi artisan avec noël Bruch et André Lamarche d'une réévaluation de la ‘'première vague'' française.

Dans la pratique de la réalisation de faims les développement récente sont moins intéressants la photogénie s'est le plus souvent aplatie banalisée figée en formules toutes faites et les considérables procrée chique en matière et d'éclairage le savoir –faire impressionnant de nombreux chef opérateurs ne servent trop souvent qu'a nourrir des effets sans grande originalité Certains cinéastes le savent tel Eric Rohmer qui a souvent dit son regret de ce qu'il pence perdu un style visuel et lumineux qui ne soit pas stéréotypé tels jean –marie Staub et Danielle huis qui travaillent consciencieusement Eliminer tout effet visuel surajoute a laisser advenir la réalité dans l'image chez l'un comme chez les autres la photogénie s'est faire extrêmes discret plus froide que elle d'Epstein comme si aujourd'hui la photogénie ne pouvait plus que passer par l'effacement.

L'image : une civilisation ?

Dans la traduction de ce livre on faisait état de l'importance sociale des images de leur multiplication apparemment infinie de leur intense circulation de leur prégnance idéologique de leur influence bref de tourte ce qui a parfois fait parler de la naissance au XXe siècle d'une civilisation de l'image (c'est le titre d'un livre d'Enrico Fulchignoni paru en 1969) /

Or terminer par un examen de l'image visuelle oblige à relativiser cette idée. Les images cela est indéniable se sont depuis plus de cent ans quantitativement multipliée dans des proportion impressionnantes et sans cesse accrues En outre nous avons facilement l'impression gue que ces image prennent dans notre vie quotidienne dans notre vie tout court une plaise envahis stance que leur flux n'est guère endigua blé d'où le sentiment répondu que nous vivons vraiment l'ère de l'image au point que des propretés plus ou moins bien inspirés annoncent régulièrement pour s'en réjouir ou pour la déplorer la mort de l'écrit .

Mais ce sentiment qui nous exalte ou nous accable nous empêche de nous rendre compte que cette démultiplication des image n'est au fond qu'un épiphénomène si on la compare a un autre bouleversement qui opéré au fil des siècle et le plus souvent de crise en crise effectua lui le statu même des image pour faire passer de l'image spirituelle à l'image visuelle Limage médiévale (pour ne même pas parler de l'image dans d'autre civilisations plus lointaine) était fondamentalement différente de l'image d'aujourd'hui en ceci au moins qu'elle n'avait pas nécessairement de manifestation sensible et que si elle en possédait une cette manifestation sensible considérée comme pure apparence terrestre n'avait aucun valeur au regarde des entités immatérielle céleste auxquelles l'images l'incarnation de dieu le père par le choriste il est évident que l'apparence visuelle de ces images relevait du contingent que leur enjeu était tout autre qu'une simple duplication du sensible et par conséquence que leur rôle –idéologique intellectuelle sociale –excédait de beaucoup celui même qu'elles semblent avoir sous nos yeux .

Aussi la véritable révolution des images s'il y en eu une est-elle bien loin derrière nous a l'époque ou se, réduisant progressivement a naitre plus que l'enregistrement –si expressif fut il—des apparences, elles ont perdu la force transcendant qui avait été la leur On peut sans doute apercevoir aujourd'hui comme un retour de l'image a travers la multiplication des images : pour autant notre civilisation reste encore qu'on le veuille ou nom une civilisation du langage.


BIBLIOGRAPHIE :


Aumont (Jacques), L'image, Ed. Nathan Cinéma, 1990.

Delluc (Louis), Photogénie, Maurice de Brunoff, 1920, Cinémathèque Française, 1985.

Epstein,(Jean), Bonjour Cinéma, Ed, de la Sirène, 1921.

Fulchignoni (Enrico), La civilisation de l'image, 1969, 2° édition, 1972.

Kracauer ( Siegrfried), Theory of Film, Oxford University Press, 1960.



Pour citer cet article :
Auteur : abdou hanae -   - Titre : Les enjeux esthétiques de la photogénie,
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