Le bonheur fou de Jean Giono

Par HAMMOUMI Rachid


Introduction

Le bonheur fou de jean Giono constitue la quatrième partie du puzzle qui forme le Cycle du Hussard. C'est un roman où Giono continue à présenter les multitudes d'écueils auxquels se confronte son personnage préféré Angelo.

Giono commençait la rédaction du Bonheur fou en 1953 et il la finit en 1957. Cependant le projet pour le roman date depuis 1950. L'espace où se développe l'oeuvre oscille entre l'Italie et la Haute –prévence, contrairement aux autres romans qui forme le cycle qui ont comme lieu «le Sud Imaginaire».

Si le choléra constitue le cadre thématique du Hussard sur le toit, les événements du Bonheur fou s'organisent dans le tableau de la révolution avortée des Etats italiens, en 1848, contre la domination autrichienne. Ainsi Giono a recours aux données historiques pour qu'elles servent comme d'une toile de fond et comme d'un cadre dramatique.

Ce roman s'apprête à plusieurs catégorisation; on peut le concevoir comme étant un roman historique, un roman expérimental où se développe le personnage d'Angelo et aussi peut-être comme un roman philosophique, où apparait clairement la pensée et la philosophie de J.Giono.

Encore, on a tendance souvent à le classer, ainsi que l'ensemble du cycle et les Chroniques, parmi la deuxième manière de Giono.

N'est-on pas en droit de s'interroger sur l'ensemble de ces déterminations qui catégorisent et classe cette oeuvre, ainsi peut-être que d'autre?

Nous allons débuter notre étude par une présentation synthétisante de l'histoire racontée dans le Bonheur fou, puis on s'interrogera à un moment donné sur la liaison qui pourrait lier le titre –même de l'oeuvre à l'histoire et qui pourrait – être utile pour expliciter cette ensemble de caractérisations qu'on lui Cole assez souvent. Mais plus, elle nous servira comme un pont pour atteindre la conception de la vie selon Giono, et peut-être encore celle de l'écriture.

I - synthèse de l'oeuvre

Le bonheur fou est la suite du Hussard sur le toit, l'action se déroule en cinq mois, de la fin de février à la fin de juillet 1848. C'est le temps de la révolution, le Piémont et la Lombardie s'insurgent contre la domination autrichienne. Mais plus qu'une révolution il s'agit plutôt d'une guerre si tant est que le Feld-maréchal Radetzky et ses troupes ont à lutter contre les armées italiennes, en particulier celle du roi de Sardaigne Charles-Albert.

La chronique commence l'année de la révolution: Les premiers jours de mars 1848, une calèche pénétrait à Novare par la route de Verceil .Mais, rapidement, Giono opère un retour en arrière; parlant de Bondino, il explique que celui-ci avait quitté Novare en 1820, et il poursuit en racontant par le menu toutes les manoeuvres louches de Bandino, pour profiter du climat instable des états italiens.

De 1820 à 1848, nous le voyons aller de Gênes à Turin, de Turin à La Rochelle, puis s'enfuir à Londres, où il continue son trafic clandestin. Dans ce secrétariat de la révolution, sa vie se confond avec celles d'autres personnages assoiffés de complots et de puissance. Et d'argent.

Bondino et Miss learmouth fondent l'Armée nationale italienne, qui soulève les passions mais aussi les cupidités. Des rapports se nouent: à partir de Bondino, en passant par Miss Learmouth et Cerutti, nous rejoignons Giuseppe et, par son intermédiaire, Angelo au moment où le choléra finissait.

Enfin, 1847porta la situation sentimentale de tout le Piémont à une hauteur émouvante .Fin février 1848, Angelo part pour Milan se battre contre l'Autriche. Tous les dessous de ces trente dernières années, étoffent pour nous la nouvelle aventure d'Angelo. Nous savons que tous ces démêlés convergeaient, vers lui.

Le bref rappel du choléra, qui nous reporte aux événements du Hussard sur le toit, ouvre la voie aux souvenirs, indique -que le temps de la chronique est vaste, qu'il est constitué, d'un entrecroisement de liens et d'êtres, comme dans la vie. L'Angelo désinvolte et follement audacieux qui est sans cesse au comble du bonheur n'existe que dans la mesure où nous nous remémorons sa générosité, son courage lors de l'épidémie, ou lors de son séjour en France après son duel avec le baron Schwartz.

II- Bonheur et guerre, quelle relation?

C'est le retour d'Angelo en Italie, au pays d'enfance qui nourrit les prémisses de cette relation. Tout d'abord ce retour est décevant pour le protagoniste, dans la mesure où la politique s'oppose frontalement à l'enfance .ainsi la nostalgie de ce paysage chimérique de ses rêves d'enfance est brisée par la mélancolie de la guerre.

«A l'âge où en France, par exemple, un jeune homme à l'âme pure peut consacrer du temps à dire qu'il aime autre chose que les couleurs de son drapeau sans être repris vertement par sa conscience, j'étais au prytanée de Turin, se disait Angelo, et j'y étais pour dissimuler: j'apprenais de ceux que je voulais détruire le métier qui devait me permettre de les détruire. J'ai cru longtemps que la liberté était une conquête, et c'est un état.je n'ai poursuivi qu'un lièvre, et d'après un principe naïf (mais commode), je me suis imaginé que ce lièvre au poing c'était le bonheur. Or, rien ne me donne plus de sensation que la mélancolie (comme à tous ceux qui se sont habitués à jouir surtout des bonheurs qu'ils n'ont pas). Cette chanson dont je ne comprends pas un traitre mot parle certainement de forêts profondes où l'on est heureux .quel charme doit avoir la mélancolie à deux!»

Son trajet vers l'Italie est jalonné par une envie brulante de retrouver le bonheur enfantin tant perdu.il s'agit d'un désir accaparant de faire revivre ses souvenirs d'un homme jeune « accoutumé à obéir sans retenue à sa jeunesse» et qui ne semble pas devoir être atteint par les blessures de l'âge:«il était de ces hommes qui ont vingt –cinq ans pendant cinquante ans»(le Hussard sur le toit).

Ce sont les souvenirs d'un homme qui n'a pas encore atteinte l'âge de raison, pour parler comme Sartre, d'un homme «qui ne comprenait pas tout le sérieux», d'un homme qui est prédisposé à concevoir le monde tel qu'il se présente dans son imaginaire nourri par son enfance merveilleuse, si différente des innombrables enfances malheureuses de la littérature. Cependant le bonheur de jadis est interrompue brusquement et avec violence par une réalité politique affreuse, dont il ne connait ni les moteurs, ni les catalyseurs. De ce fait nait la mélancolie.

Pourtant sa prédisposition miraculeuse au bonheur sera pour lui un remède pour le chercher la où il ne semble pas qu'il soit. De telle manière, paraît –il, s'explique cette relation à peu prés antagoniste de «bonheur fou» bonheur insensé, bonheur sans logique apparente. Néanmoins, il y a un sens dissimulé que cache sans aucun cette expression.

III- De l'historicité de l'oeuvre

On a déjà mentionné dans le préambule de ce travail que les détails historiques construisent un cadre spatio-temporel pour le roman, mais aussi une panoplie événementielle favorisant le développement psycho-social des personnages; ce qui caractérise en particulier le roman de formation.

Avec le Bonheur fou, Giono ouvre très largement la mesure d'une libre réécriture d'un passé collectif. Cependant celle-ci rappelle en plus le moment- même de l'écriture couvert à titre égal par d'innombrables atrocités. Ainsi Giono a tenu d'affirmer sa volonté de comparer les deux époques;

«Je ne l'ai pas construit sur les données entièrement du passé. Evidemment ce livre se passe pendant la révolution de 1848 en Italie. Mais on peut faire un parallèle très exact entre ce qui se passait en 1848 et ce qui se passait, par exemples pour nous français en 1940, pendant l'occupation

IV- Une théâtralisation de l'historique

Le détail des opérations militaires ou des grandes configurations historiques, manque d'âme, de chaleur et d'humanité. Il faut donc passer du tableau historique au drame personnel.

Angelo est étudié à travers le prisme de la révolution. Autour de lui, évoluent des personnages qui tous souffrent de ses répercussions. Ainsi sans elle, Giono n'aurait pu peindre le traitre Giuseppe, pour ne citer que ce dernier cupide et torturé par la peur, la lâcheté et l'envie; en un mot, les simples passions humaines de tous les jours.

L'affaire d'Etat n'est jamais qu'un réactif approprié, qui permet au héros de se faire valoir, de montrer sa vraie nature.

Il n y a «rien à dire de l'histoire si ce n'est par rapport à l'individu» (Caéton Pichon, le Bonheur fou, Mercure de France, 1957, p.125

Ce qui séduit également Giono, dans l'évolution historique, c'est son coté spectaculaire. Les scènes de guerre, dans le bonheur fou, s'apparentent volontiers à des scènes de théâtre. Or, le théâtre est pour Giono le divertissement suprême, surtout le théâtre de la vie.

«Cette bataille, se dit Angelo, fait à peine le bruit d'une sortie de théâtre» (p.533). Ailleurs il décrit les arbres «disposés dans la pleine comme des décors de théâtre» (p.229). La bataille est une forme de spectacle.

V- De la philosophie de l'oeuvre

Tout écrivain que ce soit, à partir de son oeuvre littéraire, sa volonté est de transmettre une conception du monde et de la vie. Giono n'échappe pas à cette règle, ainsi toute son oeuvre n'est qu'un alibi pour passer un message à l'humanité, celui de [s]on Intime Conviction. Mais contrairement à d'autres écrivains qui lui sont contemporains, à l'instar de René Char, son particularité réside dans la mise en expérimentation de ses idées. De telle sorte, tout l'espace fictionnel où baigne son oeuvre n'est qu'un monde possible de la conception de l'existence propre à l'auteur.

Giono est l'écrivain penseur de son époque le plus modéré dans ses réflexions condamnant l'atrocité de cette période flamboyante. Mal compris d'ailleurs. Mais aussi, il est plus méticuleux à en faire surgir l'image la plus claire.

On peut dire que sa première production, ce qu'on nomme la première manière était plutôt descriptive d'un Mal, d'une épidémie sociale, d'où le caractère fort tragique. Il cherchait à en expliquer les causes et les fondements. Contrairement à sa deuxième manière qui s'avère comme une maturité de sa pensée, une réponse à une multitude de questionnements qui avait apparue dans la première.

Giono le sage, Giono le fou. N'est-ce pas que toute grande sagesse se traduise par une folie apparente? Sans aucun doute. Ainsi apparait-t-elle dans le Bonheur fou de l'Angelo qui n'est autre qu'une figure romanesque de Giono même.

Sa sagesse est associée à cette folie bien pensée que préconise la Duchesse Ezzia à son fils Angelo, le mettant en garde contre cette conspiration de l'âme qui consiste tout bonnement à se prendre au sérieux jusqu'à en éclater. Sa sagesse semble consister en « une profonde vitalité ardemment assumée, et qui ne refuse pas la passion, mais la contient et la surmonte.» (Marcelle Conche, L'orientation philosophique, Paris, PUF, 1990, p. 57.).

Angelo, l'incarnation de la philosophie de Giono

Au fil de son itinéraire, Angelo parvient à exister si pleinement qu'il acquiert l'éternité de son vivant, insoucieux d'une mort désormais extérieure, ce personnage s'attache à survivre:

« Voilà en quoi nous différons, se disait Angelo. Il pense à l'avenir; je n'y pense pas. Il a des désirs que le présent ne réalise jamais […] Les gens comme Michelotti, se dit-il, s'en prennent aux choses, jamais à eux

Avec Angelo, l'écrivain décrit le parcours d'une conscience d'exception qui libère les désires de l'intérieur et agit en conséquence; le héros ne cesse de s'échapper, de se dégager de la loi et de la mort. Comme le fait remarquer R. Ricatte dans sa notice du Bonheur fou, « Angelo n'est pas un caractère, c'est un style de vie, et plus encore l'expression jaillissante d'un admirable vouloir-vivre»

Et ce vouloir-vivre que dessine symboliquement la trajectoire obstinée d'Angelo, s'accompagne d'un constant questionnement, qui nous embarque par le biais des monologues du personnage.

Angelo appartient à cette race d'hommes qui « conçoit la réalité telle qu'elle est: Ils sont assez forts pour cela; la réalité n'est pas pour eux chose étrangère et lointaine, elle se confonde avec eux: Ils ont en eux tout ce qu'elle a d'effrayant et de problématique; car c'est à ce prix seul que l'homme peut être grand » (Nietzsche, Ecce Homo, 10/18, p.150).

Angelo s'emploie diversement à fuir les pouvoirs, comme il a fuit les malades et les venins dans Le Hussard sur le toit, qui ont toujours intérêt à réduire la pensée et la vie par la contagion de la tristesse et de l'angoisse. Giono fait dire à son héros «La fuite est le seul remède sûr contre la médiocrité et la vie bourgeoise». Ainsi nous pouvons ajouter qu'il n y a qu'un remède contre la mélancolie et la servitude des passions tristes, l'invention de la joie éthique et un dégagement de vie, indissociable de cette aristocratie des coeurs naïfs et sublimes tels que Giono les conçoit. Ainsi Angelo réclame que « Le vrai prince ne cherche pas en réalité à conquérir ou à garder sa principauté mais la grandeur et le bonheur

C'est en dénonçant le tragique de l'humanité, cette servitude de l'homme qui a perdu toute vérité, qu'éclate par la suite la joie gionienne. Son oeuvre alors est une découverte méthodique et approfondie d'une solution pour en sortir de toute cette pourriture: Le bonheur fou est le dégagement délibéré d'une joie profonde.

Les trois modalités de l'amitié:

Rappelons cette maxime capitale: «Des plus grands biens que la sagesse procure pour la félicité de la vie tout entière, de beaucoup plus grand est la possession de l'amitié»(Epicure, Lettres et Maximes, PUF, 1987,p.239.

L'amitié a toujours été le sentiment déterminent de cet autre Epicure, Angelo, c'est à partir du Cycle du Hussard que sont vraiment explorées les trois modalités de la camaraderie, de la fraternité et de l'amour.

Ainsi dans Le Bonheur fou on constate cette image récurrente de la main amie qui se tend, dans l'échange entre les personnages principaux. C'est sans doute là-même que le rapport de camaraderie est le plus foisonnant et riche, contrepoison efficace aux traitrises diverses que domine l'obsédante figure de Giuseppe, faux frère de lait et de lutte, arriviste aliéné. Mais en face, les bonnes rencontres sont manifestes: ce sont les bonheurs imprévus qu'Angelo connait avec des personnages secondaires comme un cordonnier, une vieille dame, de nombreux soldats francs-tireurs ou avec les artilleurs de ce commandant qui doit se battre à sa place en duel:

«Angelo goûtait un bonheur difficile à décrire. Il n'est plus seul et on répondait à sa passion.»

Tout cet épisode de camaraderie virile exprime intensément une sorte d'hypertrophie sentimentale, entrecoupée de déclarations enthousiastes: « Messieurs, dit-il, quand je me fais un ami, je tremble toujours de ne pas le mériter; et maintenant en voilà six […] partout ailleurs je serais ridicule, se disait-il. Voilà pourquoi nous nous révoltons.»

Signalons d'ailleurs que la charbonnerie est une société caractérisée par la noblesse des amitiés, par la ferveur dans la construction artistique de la qualité:

«Si on exige de moi que j'envoie faire lanlaire, le respect que je me dois, il faudra repasser», dit le commandant aux yeux bleus, dans une déclaration très martiale.

Ce réseau secret en résistance est selon Deuleuze la fraternité la plus forte qui soit:

«Dans la société des frères, l'alliance remplace la filiation et le pacte de sang la consanguinité. L'homme est effectivement le frère de sang de l'homme, et la femme, sa soeur de sang: C'est la communauté des célibataires […] entrainant ses membres dans un devenir illimité. Un frère, une soeur, d'autant plus vrais de ne plus être le sien, la sienne, toute propriété disparue. Brulante passion plus profonde que l'amour»( Deuleuze, Critique et Clinique, p.195).

Le désire de main amie, dans le Bonheur fou, souligne l'importance de cette émotion propre aux personnages forts et définit la ritournelle de la faim de cette amitié. Ainsi même au danger de la mort, le retour d'Angelo vers Pauline à la fin du Bonheur fou est actif et vivant. La sphère politique n'a pas permis au héros d'accéder à une action libre et satisfaisante, alors que les expériences du compagnonnage et de l'amour ( au sens large) ont été pleinement vécues dans le Hussard sur le Toit. Mais l'aventure révolutionnaire joue le rôle d'expérience et de formation pour sentir la valeur de la joie passée avec pauline, preuve des incontestables des réussites. Du coup l'attitude d'Angelo se trouve aux antipodes de la bassesse et de la tristesse, vers une joie inaltérable.

Le fratricide, un combat contre le Mal de l'humanité:

La scène finale du duel fraternel est trop significative. Ainsi Angelo va transformer la situation basse de la trahison du frère décevant pour «mettre un peu de noblesse dans toute cette histoire» (Appendice et postface du Cycle du Hussard).

Cette fin libératrice ne peut se réduire à un simple affrontement de rivaux, ni à un geste de désespoir. Tuer ce faux frère de lait est, en quelque sorte, mettre fin à son attachement à une ombre, c'est exterminer cette dégénérescence de la noble liaison fraternelle. Il s'agit alors d'un fratricide plus symbolique que réel. Encore faut-il dire que c'est un acte pour assassiner la trahison, le Mal et l'hypocrisie de toute cette pourriture de l'âme, et qui constitue, d'une certaine manière, le Moi de chacun, pour qu'«A partir d'ici, [on n'a] plus rien à imaginer» de mal pour cette humanité, et pour prendre enfin le chemin de l'amitié et de l'amour; le chemin de Paris qui est celui de Pauline. En un mot le chemin du Bonheur fou.

C'est le symbole d'un combat contre les fausses valeurs et la bassesse morale.

Conclusion

Le Bonheur fou de Giono parait comme un champ d'expérimentation des convictions profondes de l'écrivain. Tout en dessinant un tableau dur de guerre et de révolution, pour favoriser l'évolution de ses personnages forts, et la dégradation de ses personnages vils, l'auteur reflète avec épreuve son adhésion au bonheur extrême, au bonheur sans limites et inextinguible, un bonheur fou pour ceux qui ne peuvent le connaitre, les médiocres hommes qui ne cessent de le critiquer et de le condamner.

Sources bibliographiques :

Jean Giono, Le bonheur fou, Folio Gallimard, 1986.

Pierre Citron, Giono Ed. Seuils, 1990.

Deuleuze, Critique et Clinique, Ed. Minuit, Paris, 1993.

Epicure, Lettres et Maximes, PUF, 1987



Pour citer cet article :
Auteur : hammoumi rachid -   - Titre : Le bonheur fou de Jean Giono,
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