L'analyse sémiotique du jeu des rapports actoriels dans « Elle ne savait pas» de Mririda N'Ait Attik

Mohamed Hicham

Inspecteur de français


Le texte-support

Elle ne savait pas…

La petite chèvre insouciante à la chair tendre

Toute parfumée des herbes de la montagne

Et le vieux berger le sait bien, pour servir son maître…

Il l'appelle. Elle cesse de brouter, lève la tête.

Elle accourt avec des béguètements joyeux.

La lame aiguisée du berger n'est pas pour l'effrayer.

Qu'a-t-elle à redouter ? La journée est si belle !

Une vraie journée de festins et de jeux

Pour les petites chèvres, heureuses de vivre !

Jamais l'herbe fraîche n'a été aussi sapide

Et l'eau fuyante du ruisseau, aussi claire…

Confiante, elle accourt vers son ami

Dont la grosse voix lui est familière

Et qui la mène chaque matin sur les pacages d'Islatine.

La gourmande! Peut-être a-t-il une pincée de sel blanc ?

Ou une poignée d'orge nouvelle ! La gourmande !

Le berger l'a déjà couchée sur le sol… c'est fait !

La petite chèvre ne savait pas qu'elle allait mourir.

Mririda N'Ait Attik, Les Chants de la tassaout, 1927, Traduit de tachelhait par Réné Euloge, Edition Belvisi, P.273

Mririda N'Ait Attik est une grande poétesse amazighe née à la veille du vingtième siècle à Magdaz ; un petit village de la vallée de la Tassaout sise dans le haut Atlas marocain. Réné Euloge, un jeune instituteur français qui parlait bien le tachelhait, avait rencontré la belle Mririda à Azilal en 1925. Ses chants d'amour de joie et de désir ont été traduits en français par lui dans un recueil intitulé Les chants de la Tassaout. Mririda avait mystérieusement disparu dans les années quarante. Cette poétesse à la voix rebelle a laissé derrière elle une œuvre poétique vraiment comme pas une.


Il serait également si intéressant mais peu tentant de lire sémiotiquement un texte extrait d'une œuvre appartenant au panthéon littéraire et culturel français et d'y appliquer les concepts de la sémiotique, fille de la grande cité française 1 (Paris), toutefois, par souci d'originalité de notre choix, et dans l'optique de soumettre à l'analyse sémiotique un texte issu de notre culture, nous avons jugé utile d'opter pour un poème intitulé « elle ne savait pas… » qui est extrait de Les chants de la tassaout de la grande poétesse amazighe Mririda N'Ait Attik 2 traduit en français en 1927 par Réné Euloge. Ce choix, qui ne découle pas d'un simple fait du hasard, est doublement motivé : d'abord parce que notre analyse qui se veut sémiotique ambitionne de rendre hommage à cette grande poétesse légendaire amazighe qui est née à la vallée de la Tassaout dans le haut Atlas marocain mais dont le mérite est passé jusqu'à maintenant sous silence et ensuite parce que ce poème à dominante narrative met sciemment en jeu un ensemble d'indices textuels qui méritent d'être interrogés et examinés en termes sémiotiques dans la perspective d'en dévoiler les dessous de la signification.


Outre la richesse de sa teneur sémantique, nous retrouvons exclusivement dans ce texte l'entrecroisement de deux programmes narratifs interdépendants. Leur mise en discours met essentiellement en confrontation trois protagonistes dont l'analyse des actes et des rapports président à la mise à jour du sens. Ces personnages relèvent au niveau de surface de deux sphères différentes à savoir celle de l'Homme et celle de l'animal. L'appartenance des acteurs du texte à ces deux sphères différentes est la cause principale du déséquilibre qui caractérise leurs rapports dans le poème. Nous sommes donc en droit de poser la question suivante : Dans quelle mesure la catégorie figurative actorielle, suite au jeu de relations complexes entre les personnages du texte, est fortement porteuse de signification dans cet extrait ? Pour tenter de répondre à cette question, nous allons opter pour une analyse sémiotique des rapports entre ces personnages qui tiendra compte des trois dimensions fondatrices de la sémiotique textuelle : la dimension narrative, la dimension sémantique et la dimension énonciative.


Précisons d'abord que dans ce poème présenté sous forme d'un récit, ce sont les rapports de servitude, d'amitié, d'amour et de trahison entre la chèvre et son maître le berger et le maître du berger3 à la fois présent et absent dans le récit qui ménagent les deux programmes narratifs qui se partagent le texte. En effet la servitude instinctive de la chèvre vis-à-vis de son maître (le berger) et la servitude du berger vis-à-vis de son maître (le propriétaire du troupeau) font des deux personnages la chèvre et le berger les victimes de la manipulation du principal sujet du faire à savoir le maître du berger. Sur le plan narratif, le premier programme met en exergue deux états narratifs : la disjonction du sujet (berger) et de l'objet (chèvre) et enfin la conjonction du même sujet avec le même objet (la chèvre) qu'il a en fin attrapée et égorgée ; l'acte qu'il n'avait pas la force de réussir qu'en dressant un piège faute de sa vieillesse « le vieux berger » vers 3. Le passage de l'état de disjonction à l'état de conjonction est assuré par le principal sujet du faire à savoir le maître du berger dont le berger est serviteur. Ce dernier, mu par l'égoïsme et le désir de parfaire son image du bon berger aux yeux de son maître, a hautement trahi l'amitié qui le liait à la chèvre objet de trahison, ce, par le montage d'un guet-apens mal propre qui a fini par le lynchage de son amie la chèvre après l'avoir appelée faussement à son cadeau ordinaire «une pincée de sel blanc » ou « une poignée d'orge ». Nous présentons ce premier programme narratif comme suit :


Le maître du berger Le berger La chèvre

F { ( s u o ) -------- ( s n o ) }


En effet, la chèvre, l'objet voulu à la fois par le sujet d'état (le berger) et le sujet du faire (le maître du berger) est un objet bien glané par le sujet d'état « pour servir son maître » (vers 3) et donc lui plaire. Disons que la qualité de la chèvre qui sera présentée au maître est le reflet de la qualité du travail effectué par le berger. L'objet-échantillon présenté au maître se doit d'être à la fois alléchant et séducteur : une chèvre « petite » « à la chair tendre » « toute parfumée des herbes de la montagne » qui se nourrit d'« herbe fraîche » et de « l'eau fuyante du ruisseau ». Le choix de l'objet n'est nullement aléatoire, il tient à une grande connaissance de l'objet qui n'est autre que l'amie du sujet (le berger) comme l'affirme l'énonciateur « et le vieux berger le sait bien ».

Ce programme narratif qui a abouti est corroboré par un autre programme narratif un tantinet singulier que nous pourrions d'ores et déjà considérer comme un anti- programme et dans lequel le sujet du faire (F) qui assure la transformation est le berger, le sujet des


deux énoncés d'états (S) est la chèvre, celle qui « ne savait pas » que l'objet convoité (sel ou orge = symbole de la vie) serait pernicieusement remplacé par un autre objet largement imprévu (La lame aiguisée = instrument de sa mise à mort), ce, par le sujet opérateur (le berger), cet anti- programme peut être particulièrement schématisé comme suit :


Le berger La chèvre Le sel ou l'orge Le sel ou l'orge Le couteau

F { ( S U O 1 )------------------- ( S U O 1)-------------- ( S n O 2) }

---------------------------------

O 1 remplacé par O 2 par F

Le processus de la transformation est brutal. La chèvre appâtée dont les actes sont réglés instinctivement par le rapport d'amitié qui la liait au berger est beaucoup plus victime de la confiance que de la gourmandise. Le traquenard du sujet opérateur est bien ménagé. La mise à mort de la chèvre est un acte prémédité. En effet, la lame aiguisée considérée comme l'objet second auquel la chèvre ne s'attendait pas a été substituée pernicieusement par le berger à l'appât « la pincée de sel = le vrai objet convoité par la chèvre ». Cette substitution rusée a conduit à l'échec du programme de la chèvre qui agit par instinct et a rendu efficace la chausse trappe ménagée par le berger, c'est pour cette raison que le lynchage -euphémisé par l'énonciateur « c'est fait ! »- s'est déroulé dans l'immédiateté et sans coup férir. L'effet de la surprise est très grand comme le montre la séquence textuelle suivante : « La gourmande ! Peut-être a-t-il une pincée de sel blanc ?/Ou une poignée d'orge nouvelle ! La gourmande ! /Le berger l'a déjà couché sur le sol …c'est fait » La manipulation de l'objet par le sujet est exprimée en filigrane par une sorte de domestication ou d'apprivoisement de la chèvre. L'habitude qui résulte des actes répétés par le sujet « qui mène chaque jour [la chèvre] sur les pacages d'Islatine » vers 14 et qui lui offre de temps en temps « une pincée de sel » ou une « poignée d'orge » a affermi davantage l'amitié considérée ici en termes de Charles Peirce comme « interprétant logique final »1 des actes qui lient les deux personnages. La compétentialisation de la chèvre est assurée par une série de stimuli (« appels » de « la voix familière ») et de réponses (accourir vers le destinateur). La performance est machinalement instaurée par la répétition du faire-faire, c'est pour cette raison que la chèvre « accourt » vers le berger illico presto dès que ce dernier « l'appelle ».


On voit bien que les deux principaux personnages du texte, le berger en tant que sujet d'état du premier programme narratif et la chèvre en tant que sujet d'état du second programme narratif, sont à la fois modalisés selon le vouloir-faire et le devoir-faire. Ces modalités de la virtualité 2 rendent perceptible le caractère sériel de soumission ou d'obéissance active des deux personnages : la chèvre obéit activement à son maître (le berger) qui obéit activement à son maître (le maître du berger), autrement dit le berger veut la chèvre qui veut le sel parce que le maître du berger veut la chèvre comme échantillon pour juger le travail de son berger.

Sur le plan sémantique, l'amitié, l'amour et la trahison qui régissent les rapports entre la chèvre et le berger entre autres, mettent en liaison un ensemble de figures dont le parcours est porteur de signification. La dimension spatiale telle qu'elle se présente dans le texte est mise au service des rapports complexes entre ses acteurs. Sur le plan horizontal l'éloignement de la chèvre et du berger symbolise la dépossession ou la séparation interprétées souvent comme ennemi de l'amitié et de l'amour. Ainsi et comme dans un jeu de séduction réciproque la « petite chèvre » « à la chair fraiche » « joyeuse » et parfumée » peut être considérée comme la figure de l'amoureuse3 séduisante et le « le vieux berger » « qui la mène…sur les pacages d'Islatine 1» comme la figure du vieux mâle séducteur mais si égoïste et dangereusement malin. La confiance instaurée entre les deux personnages avant le moment fatal est loin de tout soupçon « qu'a-t-elle à redouter ? » « La lame…n'est pas pour l'effrayer ». Mais cet éloignement eu égard de la fin tragique du récit est symbole de la vie pour la chèvre en proie au grand mensonge. Le rapprochement spontané effectué par la chèvre, l'amoureuse « gourmande » et « insouciante », fait du berger le séducteur périlleux et déloyal qui projette de prendre dans ses rets sa proie et l'égorger. En accourant vite et primesautièrement vers le berger, la chèvre accourt vers un sort inévitable qui est la mort.

Outre ces mouvements actoriels sur le plan horizontal, l'opposition entre le haut « lève la tête » et le bas « déjà couchée sur le sol » sur le plan vertical exprime l'opposition entre la vie et la mort de point de vue thématique. La chèvre ne savait pas qu'étant éloignée, elle pouvait rester debout et vivre la tête haute, et que le rapprochement ou le corps à corps avec le berger est on ne plus meurtrier. Du reste, le parcours figuratif de l'espace à caractère agreste, pastoral voire romantique dans lequel se passe l'action « herbes de la montagne» « ruisseau » « eau fuyante » donne le goût de partage affectif en cette « journée si belle ». Le « sel blanc » sur le plan figuratif, une fois partagé, est considéré par excellence de point de vue de la culture comme le symbole du grand amour ou de la grande amitié qui peuvent lier les hommes2. Trahir celui avec qui on a partagé le sel est un acte abject.

Sur le plan axiologique, la fidélité de la chèvre à son ami traître qu'est le berger dont la mission est de garder au lieu d'égorger fait d'elle la vraie héroïne. Sa mise à mort selon le principe « la fin justifie le moyen » laisse entendre que dans la sphère de l'Homme les valeurs de l'amour, de l'amitié et de la confiance doivent être liées aux contre valeurs dont il a toujours été aussi le maître à savoir : la trahison, le mensonge, l'égoïsme et l'arrivisme. Le rôle thématique du traître joué par le berger dans le texte le condamne et met en valeur l'indéfectible fidélité de la bête par rapport à la infidélité toujours prévue de l'Homme 3.

Le tableau suivant schématise les différents parcours figuratifs qui servent d'habillage aux deux programmes narratifs déjà mentionnés :

Niveau figuratif

Loin vs Proche

Haut vs Bas

Niveau thématique

Fidélité vs Infidélité

Amour (Amitié) vs Trahison

Spontanéité vs Ruse

Confiance vs Méfiance

Niveau axiologique

Vie vs Mort

Nature vs Culture


Il reste maintenant à voir brièvement comment ces différents parcours figuratifs sont mis en discours par le sujet d'énonciation. Dans ce poème, L'énonciateur dessine une boucle : le titre inachevé du poème est complété par le vers qui clôt l'énoncé. L'énoncé énoncé ou l'histoire racontée à l'intérieur de cette boucle est complètement débrayée. Le débrayage actoriel est exprimé par le recours au récit à la troisième personne d'où l'alternance actorielle pronominale de « elle » la chèvre et de « il » le berger. Le débrayage temporel énonciatif permet de situer le récit au passé malgré l'utilisation du présent à fonction narrative actualisante. Le temps de l'action est un temps euphorique débrayé: « une journée si belle » « une vraie journée de festins et de jeu » vers 7-8. La manière dont la configuration spatiale est agencée montre la variation des différents positionnements de l'énonciateur dans ses prises de vue ( «il l'appelle »= caméra placée du côté de venir ») (« accourt »= caméra placée du côté de aller) (« il l'a déjà couché sur le sol »= prise de vue du haut en bas)…

Finalement, force est de constater que cette analyse, si modeste soit-elle, nous a permis de mettre au grand jour les mécanismes de le mise en discours du jeu des rapports entre les personnages d'un texte peu connu sur la scène littéraire marocaine et française mais dont la teneur sémantique est combien riche. L'étude de son parcours narratif avait pour fin de mettre le point sur les deux programmes narratifs qui l'architecturent et que nous avons relevés, l'analyse des rapports entre les sujets qui composent ces deux programmes nous a permis de thématiser et d'opposer ces rapports en fonction des différentes figures qui leur sont afférentes et qui jalonnent tout le texte. Ainsi, l'amitié ou l'amour vs la trahison, la confiance vs la méfiance, la spontanéité vs la ruse… comme nous avons vu sont des motifs qui ont présidé aux actes des acteurs du texte et aux choix -bons ou mauvais- qu'ils ont opérés. Ce texte qui dévoile qu'un ami peut, par sale ambition, égorger son ami, ne met-il pas à nu un des caractères maléfiques de l'Homme moderne en général?


Mohamed Hicham





Bibliographie :

Courtes (Joseph), Sémantique de l'énoncé : applications pratiques. Hachette. 1989

Courtes (Joseph), Analyse sémiotique du discours. Hachette. 1991

Greimas (Algidas Julien), Maupassant. La sémiotique du texte. Paris. Seuil. 1976

Groupe d'Entrevernes, Analyse sémiotique des textes, introduction, pratique-théorie. Les éditions Toubkal, 1987

Peirce (Charles Sander), Les Ecrits sur le signe. Seuil. 1978





1 Si l'on peut considérer F . Desaussures comme le père du structuralisme et les fondateurs de l'école de Paris Greimas et Courtes comme les figures de proue de la sémiotique, nous espérons ne pas avoir tort d'affirmer métaphoriquement que la sémiotique qui se réclame du structuralisme est une fille parisienne par excellence.

2 Grande poétesse née à Magdaz dans la vallée de la Tassaout dans le haut Atlas marocain. C'était une belle femme ayant vécu aux années vingt du vingtième siècle, dont les chants avaient attiré l'attention d'un jeune instituteur français Réné Euloge qui les a traduits en français en 1927 sous forme d'un recueil intitulé Les Chants de la tassaout, Editions Belvisi.

3 Attention ! Un lecteur inattentif du troisième vers risque de relier le possessif « son » à la chèvre et non au berger, ce qui serait faux. Il est dit que chez les amazighs, le berger n'est souvent pas le propriétaire de son troupeau, il est engagé par quelqu'un appelé patron ou maître avec un salaire annuel. De temps en temps, et surtout quand le berger descend de la montagne, lieu de transhumance, pour se ravitailler, le patron lui recommande d'égorger un mouton ou une chèvre et d'amener la viande que l'on mangeait autrefois d'une manière saisonnière. En ce sens le mot « maître » renvoie dans l'extrait au maître du berger et non au maître de la chèvre c'est-à-dire au berger.

1 Le terme renvoie chez Charles Sanders Peirce à l''habitude que nous avons d'attribuer telle signification à tel signe dans tel contexte qui nous est familier, Les écrits sur le signe, Seuil, 1978

2 Sur le plan narratif, on distingue entre les modalités de la virtualité et les modalités de l'actualité ainsi les modalités devoir-faire vouloir-faire représentent l'obéissance active…Voir Analyse sémiotique des textes, Groupe d'Entrevernes, éditions Toubkal, 1987. P.37

3 La poétesse mime cette dimension amoureuse où elle a investi les personnages de ce poème comme elle disait à propos d'une belle petite chèvre des Ait Bouguemaz qu'elle avait élevée quelques mois et dont elle s'est débarrassée parce qu'elle est devenue encombrante « c'est comme une femme…Elle a cessé de plaire » propos rapportés par Réné Euloge, Op.Cit, P. 273 Voir les notes en bas du poème, Idem

1 « Islatine » on dit normalement en berber « tislatine » ou « islane » qui signifient successivement mariées ou mariés en français. Ce qui renforce davantage l'ambiance amoureuse dans laquelle est baigné le texte.

2 Dans la culture marocaine que ce soit chez les amazighophones ou les arabophones, l'expression « partager le sel » signifie partager l'amitié et l'amour. Manger ensemble est un acte qui instaure la confiance entre les gens.

3 Cette infidélité de l'homme en comparaison avec celle de l'animal nous rappelle l'aphorisme de Marilyn Monroe qui dit en ces termes : « jamais les chiens ne m'ont mordu, seuls les hommes qui l'ont fait »



Pour citer cet article :
Auteur : hicham mohamed -   - Titre : analyse sémiotique du jeu des rapports actoriels dans «Elle ne savait pas» de Mririda NAit Attik,
Url :[https://www.marocagreg.com/doss/monographies/article-analyse-semiotique-mririda-hicham-mohamed.php]
publié : 2018-08-30

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