Un texte soumis à quatre lectures analytiques
Texte 1
Une page d’histoire
Trois manières de situer le texte :
1- Lors d’une conversation de Bouchaïb avec sa vieille femme autour des dattes « Biskra », celui-ci évoqua son séjour dans l’armée et les souffrances qu’il a endurées dans la prison militaire…Ces souvenirs lui firent penser à une période sombre de l’histoire du Maroc…
2- Bouchaïb se souvient bien de la situation du Maroc lors de la colonisation, ce souvenir est provoqué par les souffrances qu’il a subies lors de son séjour dans la prison militaire. La plaie était ouverte lors de sa discussion avec sa vieille femme…
3- La femme du vieux Bouchaïb provoqua un souvenir amer chez lui. Le vieux lui raconta comme il fut « spahi au Sahara », et quelle était sa situation de prisonnier militaire…Ce qui ouvrit un autre moment de tristesse chez le personnage, celui de la situation du Maroc au moment de la colonisation…
Chez les Européens, les poux n’existaient pas. Certains esprits moqueurs disaient : « Qui n’a pas de poux n’est pas musulman... » Les Français vivaient dans la propreté tandis que les indigènes s’entassaient les uns sur les autres dans des gourbis confinés. Plusieurs années de sécheresse avaient appauvri la campagne jadis riche en céréales qu’on exportait vers l’Europe. Maintenant, les paysans se nourrissaient de racines et de tubercules, eux aussi très rares. Les morts se chiffraient par milliers : « C’est la racaille qui crève, disait-on. Bon débarras ! » Les colons récupéraient ainsi des terres abandonnées. Ils foraient des puits, plantaient des orangers, semaient du blé. Ils prospéraient sur ces terres qui n’avaient vu que des cadavres. Les humbles fellahs d’autrefois se voyaient contraints de travailler au service des nouveaux maîtres pour survivre. Ceux qui avaient eu la chance d’être engagés pouvaient compter sur l’aide du maître. Ils étaient alors pris en charge, soignés, bien nourris et ils pouvaient échapper au sort tragique qui décimait les gens des noualas et autres hameaux qu’on finissait par déserter pour fuir une mort certaine. Des masses d’hommes envahissaient les villes et se retrouvaient parqués dans des bidonvilles déjà surpeuplés. Rares étaient ceux qui travaillaient. En Europe, la Guerre durait depuis deux ans. Seules les usines d’armement allemandes fonctionnaient. La France était sous la botte nazie, mais les autorités coloniales, qui étaient vichystes, envoyaient tout en métropole. Il n’y avait donc rien à manger pour les autochtones. Avec le débarquement américain de 1942, qui cloua au sol la flotte aérienne française fidèle au maréchal Pétain, les choses se remirent à fonctionner à peu près normalement. On ouvrit des chantiers, le dollar coula à flot. Les bases militaires américaines employant beaucoup de Marocains, l’arrière-pays en profita. On soignait les malades. Du jour au lendemain, le typhus disparut.
Mohammed Khaïr Eddine, Il était une fois un vieux couple heureux (2002)
Lecture analytique 1
Axe 1 Une période sombre de l’histoire d’un pays colonisé ou les liens logiques
1- Compréhension : Répondez par vrai ou faux et justifiez vos réponses :
A- Les Européens sont comme les musulmans, ils ont des poux.
B- Certaines personnes mal vaillantes disent que tous les musulmans ont des poux
C- Les compagnes sont devenues pauvres à cause de la guerre.
D- Il y’ avait des millions de morts.
2- Grammaire : Quels sont les rapports logiques exprimées par ces phrases ?
A- « Les Français vivaient dans la propreté « tandis que » les indigènes s’entassaient les uns sur les autres dans des gourbis confinés. » - Le rapport logique, c’est :
B- « Maintenant, les paysans se nourrissaient de racines et de tubercules, eux « aussi » très rares. » - Le rapport logique, c’est :
C- « Les colons récupéraient « ainsi » des terres abandonnées. » - Le rapport logique, c’est :
D- « Les humbles fellahs d’autrefois se voyaient contraints de travailler au service des nouveaux maîtres « pour » survivre. » - Le rapport logique, c’est :
3- Vocabulaire : Les morts se chiffraient par milliers : « C’est « la racaille » qui « crève », disait-on. Bon débarras ! » Cela veut dire : A- la populace/meurt B- la main-d’œuvre/manque C- les paysans/se plaignent. Choisissez la bonne réponse.
4- conjugaison : « Les Français « vivaient » dans la propreté tandis que les indigènes « "s’entassaient » les uns sur les autres dans des gourbis confinés. Plusieurs années de sécheresse « avaient appauvri » la campagne jadis riche en céréales qu’on « exportait » vers l’Europe. » Transformez le passage suivant au récit au présent, en procédant aux modifications qui s’imposent :
Axe 2 Lorsque le colon devient le maître ou l’imparfait descriptif
1- Compréhension : Répondez par vrai ou faux et justifiez vos réponses :
A- Les paysans se nourrissaient de pain et d’eau pour vivre
B- Les colons ont mis la main sur les terres abandonnées par les paysans affamés.
C- Les colons ont travaillé la terre et ils sont devenus prospères.
D- Les paysans finissaient par travailler chez le colon pour vivre
2- Grammaire : « ils pouvaient échapper au sort tragique « qui » décimait les gens des noualas et autres hameaux « qu »’on finissait par déserter pour fuir une mort certaine. » a- Nommez les mots entre guillemets. b- Que remplacent-ils ? c- Evitez d’utiliser ces deux mots pour avoir des phrases indépendantes.
3- Vocabulaire : Ils « prospéraient » sur ces terres qui n’avaient vu que des cadavres. Cela veut dire qu’ils deviennent : A- riches B- pauvres c- négocient. Choisissez la bonne réponse.
4- conjugaison : « Les colons récupéraient ainsi des terres abandonnées. Ils foraient des puits, plantaient des orangers, semaient du blé. Ils prospéraient sur ces terres qui n’avaient vu que des cadavres. Les humbles fellahs d’autrefois se voyaient contraints de travailler au service des nouveaux maîtres pour survivre. » a- A quel temps sont conjugués les verbes dans ce passage ? b- Les évènements : A- s’accélèrent B- ralentissent. Choisissez la bonne réponse. c- Transformez le passage pour faire……………………………………..les événements.
A suivre...