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 Par  hadj nabil  (?)  [msg envoyés : 5le 29-12-09 à 22:53  Lu :3493 fois
     
  
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Philosophie de l’argent, Georg Simmel.
Edition PUF Quadrige.
Troisième chapitre : l’argent dans les séries téléologiques
Section I et II.
Etude des pages 235 à 310
A) Section I.
1- doit-on partir des causes (relation causale) ou de leurs effets (relation téléologique) pour
concevoir la réalité ?
-exemple de relation causale : la pulsion
Phénomène physiologique où des énergies exigent leur résorption.
Lorsque l’énergie sert à accomplir une action, la pulsion cesse.
->relation de causalité linéaire
-> Nous agissons poussé par pulsion (instinctive) et sommes satisfait de la résorption de la pulsion
-exemple de relation téléologique
Manger par faim est une relation causale / manger par plaisir est une relation téléologique
->nous agissons pour le résultat et sommes satisfait du résultat
2- importance de la différence.
Action par pulsion : il n’y a pas de rapport entre la puissance de la pulsion et son résultat effectif
Action téléologique : cause et effet se recouvrent.
Cependant comme dans les relations causales la cause reste la force réelle nécessaire à
l’accomplissement d’une action. En effet la force de l’idée ne devient effective que si la puissance
pensante dispose aussi de la puissance exécutante.
Exemple : justice ou moralité a besoin d’une force applicative pour dépasser le statut d’idée.
Cf : La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. (Pascal)
3- autre différence du vouloir pulsionnel et du vouloir finalisé
-vouloir pulsionnel : processus s’achève avec la conversion des énergies en action. Toute tension
disparaît et le sujet est satisfait
-vouloir finalisé : recherche du résultat et processus conclu sur une réaction du succès sur le sujet et
la permanence d’une réaction du sujet sur le succès. Le vouloir finalisé institue donc une réciprocité
sujet/objet.
->La relation au monde revient à un cercle sujet/objet en interaction permanente.
-> En tant qu’êtres naturels nous sommes en interaction avec le monde de manière instinctive et
animale (pulsionnelle). C’est l’action finalisé qui permet la première différenciation en tant que
personne.
L’homme s’est dissocié des relations de causalités primitives pour former son vouloir -> c’est
l’homme civilisé.
4- attention :
Toute action téléologique n’a pas sa finalité nécessairement dans le sujet agissant -> la finalité peut
être externe. -> l’objet peut être une finalité en soi indépendamment de son effet sur le sujet
agissant.
Pourtant il faut admettre que si l’objet ne produisait aucun sentiment en nous une fois produit, la
force motrice qui a permis son élaboration serait inexistante. Cette partie est indispensable.
Néanmoins notre conscience arrête souvent la finalité à la seule production de l’objet.
Résumé : l’action finalisée cherche à appliquer nos énergies propres dans un processus menant à
l’existence d’un objet. Produit une double extension de la réalité (antérieure et postérieure à sa
réalisation effective) : l’anticipation du contenu qui précède la réalisation (c’est l’intention
subjective) ; puis une fois l’objet réalisé, le sentiment que l’objet produit sur le sujet.
5- fin = modification de l’être par la réalisation d’un objet.
Ce faire est le médiateur entre l’objet dans sa forme pensée et l’objet dans sa forme réelle.
La fin (l’objet et le sentiment qu’éprouve le sujet sur l’objet) est liée au moyen c'est-à-dire au faire.
D’où la distinction de l’action téléologique avec une action mécanique (pulsionnelle) :
-pulsion : l’énergie se décharge entièrement dans l’accomplissement de l’action qui est la fin en soi
-l’action finalisé comporte le troisième membre qui est l’intérêt apporté à l’objet et à sa réaction
sur le monde.
6- distinction action humaine / action divine
-L’action finalisée humaine est tributaire du moyen. Le moyen est le médiateur nécessaire entre la
conception et la réalisation de l’objet. Si le moyen est impuissant la projection abstraite de l’objet ne
pourra pas aboutir à une réalisation. Les projets humains sont donc en permanente réadaptation
(sorte de compromis) pour que ses énergies limitées domptent au mieux les énergies illimitées de
l’univers.
-Au contraire la puissance absolue d’un Dieu ne tolère pas cette médiation. Sa volonté est
immédiatement une réalité objective. Dieu n’a donc pas de moyen.
-> admettons que Dieu poursuive un but final au sens humain qu’on donne c’est-à-dire dépendant de
ses états précédents qui deviennent des moyens de cette fin voulue. Sachant que Dieu à la puissance
de transformer immédiatement ses pensées en acte effectif, tous ces stades intermédiaires auraient
dû être éludés. En conclusion, n’existant pas de moyen chez Dieu il ne peut non plus y avoir de fin.
7- mise en lumière de ce médiateur qui est le faire.
-le faire est à la fois conjonction et séparation du vouloir et de sa satisfaction.
-séparation car il représente l’impossibilité pour le vouloir de parvenir de lui-même à la réalisation
et représente les obstacles naturels que la volonté et les énergies propres doivent surmonter.
La conformité entre le vouloir et sa satisfaction est donc relative puisque le faire a été contraint
d’adapter ce vouloir initial aux exigences de la nature.
Il en découle le caractère double du moyen qui confronte l’être extra-psychique (c’est-à-dire la
nature) à l’énergie dirigeante qui permet d’accomplir l’action et de produire ainsi le résultat.
-conjonction évidente en étant le moyen de la réalisation
8- événement médiateur
Si le faire ne produit pas immédiatement l’objet mais passe par un autre médiateur (un événement)
qui mène à l’objet. Tous ces nouveaux événements s’inscrivent dans le psychisme de chacun et
dessine une courbe (la courbe téléologique) allant d’un point initial (l’objet voulu) au point terminal
(l’objet réel).
Le nombre de ces événements définissent la plus ou moins grande maîtrise par le sujet de la nature
et la connaissance des relations causales entre les différents événements.
Exemple pour faire du feu :
Primitif : se poster au pied d’un arbre et attendre que la foudre s’abatte dessus.
Ici l’action est de se poster au pied de l’arbre et l’événement est la foudre.
Evolué : avoir préparé de l’herbe séchée et du gros bois et faire s’entrechoqué deux silex au dessus.
Ici l’action est de faire s’entrechoquer les silex et les événements de faire s’embraser l’herbe séchée
qui ensuite embrasera le gros bois pour donner un feu.
->si on ne connaît pas la relation causale entre les événements cette chaîne téléologique n’existerait
pas et on serait incapable de produire l’objet désiré. Une chaîne téléologique est donc rendue
possible par la connaissance de la chaîne causale et la recherche de la chaîne causale est rendue
intéressante au regard du but à atteindre.
9- l’évidence de départ
L’homme parvient à atteindre plus de buts et plus aisément avec de nombreux événements
médiateurs que sans.
-L’homme primitif est restreint dans sa maîtrise de l’environnement car il ne maîtrise pas ces chaînes
téléologiques. Les médiateurs de l’homme primitif se limitent à l’influence physique qu’il peut avoir
sur le monde par lui-même. Le recours à la magie ou à un Dieu est considéré plus comme une
preuve de son impuissance que comme un nouvel événement de la chaîne téléologique.
Exemple : le sujet est capable de déplacer seul l’objet il le déplace. Mais dans le cas contraire, il ne
pourra envisager d’avoir recours à un autre sujet ou à un moyen mécanique extérieur (poulie…).
-Plus les besoins primitifs sont comblés et plus il désirera des besoins difficiles à mettre en oeuvre et
donc nécessitant des membres extérieurs, des médiateurs nouveaux.
-Cependant la connaissance grandissante des chaînes causales peut permettre de les raccourcir et
de les simplifier. Ainsi le désir d’un même objet ne nécessite pas à toutes les époques le même
nombre de médiateurs pour sa réalisation.
10- arrivée de l’outil
-insertion entre le sujet et l’objet d’un médiateur à l’efficacité mécanique.
-il y a action réciproque du sujet et de l’outil. L’homme agit avec l’outil pour démultiplier ses énergies
propres.
-Alors que primairement les choses naturelles servent de médiateur sans adaptation, l’outil est une
forme évoluée où le sujet a déterminé sa conception en fonction du rôle qu’il allait jouer dans la
chaîne téléologique.
-L’insertion de l’outil dans une chaîne téléologique incite donc à ajouter sa fabrication même dans la
chaîne téléologique de l’objet.
-l’outil est ce qu’on peut appeler notre créature dans le monde extérieur puisque il peut agir par
nos seules forces et est guidé par la seule finalité que l’on recherche.
-l’outil n’est jamais une fin mais un moyen.
-l’outil peut ne pas être destiné à une production matériel et peut être immatériel. Il est alors pure
création de l’esprit soumis à aucune contrainte physique.
Exemple : l’institution sociale qui permet à l’individu d’atteindre des buts auxquels ils ne pourraient
prétendre par ses seules capacités. L’Etat en tendant à l’harmonie sociale permet l’épanouissement
des individus et la mise en commun de leurs énergies en vue de plus vastes buts.
11-Naissance de l’argent
-Si A désire l’objet b qui appartient à B et que B ne désire pas garder en sa possession b, l’échange
peut se conclure si simultanément A possède un objet a que désire B. Cependant ce n’est pas
nécessairement le cas.
-De plus il peut apparaître difficile de juger de l’équité de l’échange. Comment s’assurer que a vaut
b.
-> le désir de posséder b est donc assouvi si et seulement si je possède a et que a intéresse B.
En mettant un médiateur (l’argent) dans cette chaîne téléologique qui ait une valeur quantitative
pour tout objet, le fait d’en disposer me permettra d’acquérir à tout moment a comme b lorsque la
quantité d’objets médiateurs en ma possession est suffisante.
->L’argent est l’outil permettant ces plus hauts buts.
-L’argent est un outil quasi universel bien que sa valeur réelle soient souvent dérisoires. Sa
possession donne droit à un objet.
-Contrairement aux institutions politiques qui bien que moyen pur cherchent une finalité dans leurs
existences en instaurant leur valeurs, l’argent est un moyen et n’a aucun rapport de contenu avec
les buts qu’il nous aide à atteindre. En clair l’argent sera semblable pour acheter une voiture ou une
baguette de pain, elle ne porte pas en elle la finalité de notre volonté.
->L’argent est la preuve ultime de la capacité de l’homme à créer des outils purs (entièrement
déterminé par le sujet) et à s’assigner des fins.
12- l’homme est entre un Dieu et un animal
-L’homme est capable de se détacher des pulsions primitives des séries causales et de définir des
fins médiates. -> Donc il n’est pas un animal
-L’homme ne peut parvenir à ce que sa volonté se réalise immédiatement et doit passer par des
séries téléologiques articulées et des outils. -> Donc l’homme n’est pas un Dieu.
-L’homme est un être passionnel c’est-à-dire qu’il ne parvient jamais à un état de pleine satisfaction
et est toujours en recherche d’un mieux. Ainsi le moyen en donnant plus de possibilités de
réalisation à ses passions humanise davantage l’homme.
13- l’argent est le plus pur moyen
-L’argent fait coïncider le moyen concret (matériel = la monnaie) et le moyen abstrait qui aide à
atteindre ses fins sans contenu défini.
-L’argent accentue la position pratique de l’homme en augmentant ses énergies pour satisfaire ses
volontés.
14-le moyen donne la fin.
Alors qu’on peut penser que l’on se donne les moyens en fonction de la fin, il est possible d’inverser
la relation et de supposer que la possession de certains moyens et de certaines énergies nous
permettent de prétendre à tels buts et de se les fixer a posteriori.
-L’outil, moyen le plus pur, a la particularité de persister au-delà de l’atteinte du but. C’est ainsi qu’il
pourra ensuite servir de moyen pour de nouveaux buts qui n’avaient pas été définis avant la
fabrication de l’outil. En perdant de plus en plus sa spécialisation, l’outil s’éloignera des fins
particularisées.
-L’argent remplit parfaitement cette condition. En effet une somme d’argent déterminée permet
d’acheter un objet librement selon notre volonté parmi un choix illimités.
-> C’est pourquoi l’on peut dire que l’argent a plus de valeur que chaque objet particulier car elle
laisse le choix à son détenteur.
-> C’est pourquoi aussi l’argent pousse à son emploi quasi immédiat donnant accès à un large choix
d’objets.
->Conclusion : toute la diversité des objets est convertible en argent et l’argent est convertible en
toute la diversité des objets.
15- L’argent a la valeur de la plus haute fin
Une somme d’argent donnée est utilisable à de nombreuses fins. Son détenteur va l’utiliser pour la
fin qui à l’instant lui apparaîtra la plus désirable.
->C’est pourquoi la somme d’argent prend toujours la valeur de la plus haute fin.
Exemple : une réserve de bois peu

  



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 Réponse N°1 2402

formidable
  Par   sou amin  (CSle 15-01-10 à 20:37

merci beaucoup...

ce livre est vraiment difficile à comprendre




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