Texte : le travail souffrance

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 19-07-11 à 11:44  Lu :3753 fois
     
  
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Deux Français sur trois travaillent sans plaisir, ont conclu des sociologues au terme d'une étude publiée en début d'année. Bien sûr, cela ne signifie pas que deux tiers de nos concitoyens souffrent psychiquement au travail. Encore moins qu'ils vont faire une dépression d'origine professionnelle, voire une tentative de suicide sur leur lieu de travail. Mais cette enquête confirme, chiffres à l'appui, le constat de nombreux médecins du travail : à tous les niveaux hiérarchiques s'exprime une souffrance, liée notamment au sentiment de dégradation de l'activité.

Menaces sur l'emploi ; nécessité d'être performant en permanence ; pressions de la hiérarchie qui évalue, vérifie l'adéquation des individus au poste à l'aune de critères de plus en plus abstraits ; contraintes de temps toujours plus sévères ; objectifs intenables ; travail répétitif et vide de sens ; manque de reconnaissance ; effondrement des collectifs… Les éléments entravant l'épanouissement dans le travail ne manquent pas.

A cela s'ajoute parfois une politique de gestion du personnel visant à déstabiliser les salariés pour ne conserver que les plus résistants.

Malgré cela, c'est rarement du côté du contenu du travail et de son organisation que l'on va chercher les causes de la souffrance mentale. Au contraire, de la psychanalyse au management, en passant par l'action syndicale et les salariés eux-mêmes, l'idéologie dominante éloigne du travail. Ainsi les psychanalystes considèrent-ils classiquement que le détour par le travail est un prétexte pour fuir la famille et la petite enfance, les seules vraies origines des désordres psychiques. S'agissant du management, dès qu'un salarié rencontre des problèmes psychiques, c'est dans la sphère privée que l'on tente de trouver des explications : divorce, fragilité, et même désordres hormonaux dus à l'âge… Les réactions syndicales ou des instances représentatives du personnel sont souvent très influencées par la prédominance de la question de l'emploi : le travail est d'autant moins critiquable qu'on a la chance d'en avoir un. Avec un travail quasi intouchable, les fausses pistes ne manquent pas : traque du hiérarchique pervers, revendication pour un suivi médical individuel dans les services à problèmes, stages de gestion du stress… Enfin, les patients eux-mêmes tiennent à distance la question du travail, car ils souhaitent avant toute chose pouvoir se réinsérer.


En Europe, le stress est identifié depuis peu comme la deuxième cause de problèmes de santé au travail. De fait, selon de récentes données épidémiologiques, un travail sous fortes contraintes et sans marge de manœuvre augmente le risque de dépression. Ces données révèlent aussi que les catégories sociales défavorisées sont plus touchées que les autres, dévoilant ainsi un véritable problème de santé publique.

En 2000, l'enquête européenne sur les conditions de travail, menée par la Fondation de Dublin, faisait apparaître le stress comme deuxième cause de problèmes de santé liés au travail. Toujours selon cette enquête, 9 % des travailleurs européens se disaient victimes de harcèlement. Sur le terrain, les professionnels de santé au travail sont eux-mêmes de plus en plus témoins de problèmes de santé mentale. Une enquête réalisée récemment dans la région Centre auprès des médecins du travail, à laquelle 65 % des praticiens ont répondu, montre que 74 % d'entre eux ont été confrontés à la question du suicide. Et selon ces derniers, 46 % des salariés en souffrance affirment que leurs problèmes ont un lien avec le travail.

Ces problèmes demeurent néanmoins invisibles socialement. Ils ne sont pas reconnus officiellement comme des maladies professionnelles. Il existe pourtant des données épidémiologiques qui attestent le lien entre travail et souffrance mentale, en particulier à partir des modèles épidémiologiques de stress au travail validés dans la littérature scientifique. Ainsi, le modèle de Karasek confirme le caractère pathogène au plan psychique d'une pression psychologique forte et d'une autonomie décisionnelle faible dans le travail. Il associe le stress au travail à une augmentation significative du risque de dépression, de détresse psychologique, d'épuisement professionnel.

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I- Résumez en un paragraphe organisé:

  • La première partie du texte.

  • La deuxième partie du texte.


II- Débat :

Travailler plus # Travailler moins



  



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