Texte : don d'organes: pour ou contre, telle est la question

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 19-07-11 à 11:56  Lu :7802 fois
     
  
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Don d'organes: pour ou contre, telle est la question (Par Kenza Alaoui )

"Tous les jours, je pense à la personne qui m'a "offert sa cornée", affirme un jeune homme greffé à l'hôpital Cheikh Zayed. Adil a retrouvé la lumière des yeux grâce à une autre personne dont il ignore l'identité.

Dans ce genre d'affaire, la gratitude est un ingrédient qui revient comme un leitmotiv. Amplement justifiée, cette reconnaissance est à la hauteur du sacrifice consenti par le donneur. Car dire "oui" en faveur de cette action salvatrice, alors qu'on est dans un moment de douleur et de souffrance, comme c'est le cas suite à la perte d'un être cher, c'est faire preuve de générosité, de solidarité et d'une noblesse de l'âme qui n'est pas donnée à tout le monde. "Le don de la vie, quoi de plus beau ! Préservez ce joyau de solidarité humaine qu'est le don bénévole et anonyme"

Au Maroc, la transplantation et donc le don d'organes sont amplement encouragés par les médecins. Le Pr Benghanem , secrétaire général de la Société marocaine de néphrologie adopte cette approche. "Il faudrait essayer de réduire le nombre de malades dialysés par un programme ambitieux de transplantation rénale. Nous risquons de commettre une erreur stratégique si nous continuons à penser : insuffisance rénale = dialyse" .

Mais si vous aviez à faire don d'un organe pour sauver une autre personne, offrir la chance à un individu de recouvrer la vue, à un dialysé ou à un cancéreux de vivre normalement ou encore à un cardiaque de voir son coeur battre plus longtemps ? Il s'agit là d'une interrogation que l'on ne se pose pas tous les jours mais face à laquelle on est confronté au moins une fois dans sa vie. Donner ou ne pas donner, telle est la question. Une fois posée, cette interrogation prend les allures d'une réflexion existentielle et suscite toutes sortes de réponses. Les réactions fusent mais ne se ressemblent pas. Contre toute attente, les "oui" automatiques ne jaillissent pas de toute part. Plus que jamais, c'est l'instinct de survie qui prime et prend des dimensions faramineuses. "Et si le fait de sauver une autre personne mettait ma vie en péril?", rétorque Amal, spontanément. Et l'on justifie et l'on hésite et philosophe sur le sens de la vie et de la mort, et surtout sur le destin, terme qui revient souvent dans les réponses. "Si une personne est sur le point de mourir, c'est que Dieu en a décidé ainsi. Ce n'est donc pas à moi de lui redonner vie", souligne Fadwa, 28 ans, mère d'un enfant d'un an et demi. Mais dès que vous lui posez la question autrement : "Et si la personne à sauver était votre propre fils ? Seriez-vous prête à lui faire don d'un organe ? ", tout bascule. C'est un "bien sûr", qui ne souffre pas de recours, qui cède la place au refus du début. Après un court moment, la liste des bénéficiaires potentiels de ses organes se prolonge pour comprendre ses parents, mais pas ses frères et soeurs. Elle justifie sa position par le fait que ses géniteurs n'ont personne que leurs enfants alors que sa fratrie peut trouver donneurs ailleurs.

Moins sélective sur le receveur, Fatima se dit prête à donner, de son vivant, ses organes, à condition qu'elle soit sûre que le demandeur en a vraiment besoin et qu'il est en danger de mort. D'ailleurs sa soeur a été sauvée grâce à la générosité d'une tierce personne. Nabil, lui, est catégorique. " Je ne donnerais jamais mes organes de mon vivant ", tranche-t-il. Par contre, mort, il serait prêt à offrir son corps en entier. "Dans tous les cas, mort, il ne me servira plus à rien. Là où je vais, je n'aurais pas besoin de mes organes, autant laisser un (e) autre en profiter". Encore plus cynique, Nabila s'accroche avec acharnement au principe d'inviolabilité du corps humain. Elle clame haut et fort que si elle est née entière, elle a envie d'être enterrée entière, sans un organe en moins. "Mon corps est le seul bien qui m'appartient vraiment. Je l'ai toujours eu et je ne suis pas prête à m'en défaire ne serait-ce que d'une infime partie".

Néanmoins, il n'est pas rare que des personnes qui ont des idées arrêtées sur cette problématique changent d'avis au moment où un drame survient dans leur propre famille ou quand eux-mêmes se trouvent dans la position de demandeur. La vue d'un enfant sauvé par le greffon d'un autre ou de proche la vie peut tout faire basculer.

Bon à savoir

Selon la loi, toute personne majeure peut faire don de ses organes après son décès. Cette volonté de don après la mort, peut être enregistrée auprès du président du Tribunal de première instance. De même, les personnes qui, de leur vivant, veulent s'opposer au prélèvement après leur décès expriment ce refus par une déclaration reçue également par le président du Tribunal de première instance. Pour les personnes décédées, les prélèvements peuvent être effectués sur les personnes n'ayant pas exprimé leur refus de leur vivant, et en l'absence d'opposition du conjoint ou, à défaut, des ascendants ou, à défaut, des descendants.

Le constat médical de la mort encéphalique du donneur est obligatoire avant le prélèvement ainsi que l'absence de doute sur l'origine du décès. Des dispositions pénales allant de l'emprisonnement de 2 à 5 ans et d'une amende de 50 à 500.000 dirhams sont prévues dans les cas suivants : transaction sur un organe humain, rémunération pour un don, prélèvement d'un organe humain ailleurs que dans un hôpital public agréé, violation de l'anonymat du donneur ou du receveur.



  



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