Testament

 Par azelarab qorchi  (?)  [msg envoyés : 27le 25-05-10 à 13:56  Lu :2712 fois
     
  
 accueil

En 2008, le service culturel de l'ambassade de France a organisé, en collaboration avec les instituts français, un concours de nouvelles. La mienne, intitulée Testament, a été sélectionnée et publiée avec d'autres chez les éditions l'Harmattan.
N.B: c'est une histoire vraie, mais pour les besoins de la fiction j'y ai apporté beaucoup de modifications concernant les lieux et les noms des personnages.
Testament
Le même mal vient, ou de Dieu qui nous
éprouve, ou du diable qui nous tente.
Denis Diderot, la religieuse.
Les ruelles de l’ancienne médina de Fès forment un dédale où le concepteur lui-même se serait égaré. Exigües, sinueuses, entrelacées et populeuses, elles ressemblent, vues de haut, à une pelote de vipères. Le labyrinthe qui s’étend de Bab Boujloud à Rcif est une source d’émerveillement pour les touristes qui croient que la complexité relève du génie architectural. Le sourire aux lèvres, savourant le nougat de Moulay Driss, ils prennent des photographies-souvenirs des innombrables murs vétustes et blafards, à la veille de l’effondrement, ployant sous le glaive de l’humidité, soutenus par des plinthes en bois pour taire les plaintes des habitants aux abois.
Dans cet espace clos, séparé comme l’eau de l’huile de la ville dite nouvelle (qui ne se renouvelle que depuis quatre ou cinq ans), chaque jour se côtoient commerçants et chalands, êtres humains et bêtes de somme, hommes et femmes, petits et grands, voleurs et volés formant une promiscuité étonnante. Tout ce beau monde fourmille sans conviction du matin jusqu’au soir et végète dans une cacophonie rythmée par les disputes, les médisances, les arnaques et les appels à la prière.
Au milieu de cette mosaïque protéiforme il y a une impasse sombre, froide et menaçante comme le regard d’un juge corruptible. Au fond une porte sans heurtoir était souvent fermée telle une paupière fatiguée sur un œil qui craint la lumière. C’était là où créchaient S.B, sa femme et ses deux enfants : un garçon et une fille. Cheminot de profession, il arriva un matin chez lui vers six heures après avoir assuré son service de nuit. Il n’avait qu’une seule envie : dormir et rompre tout lien avec ce bas monde où il avait contracté d’énormes dettes pour acheter un lot de terrain et y construire un logement décent sans avoir toutefois les moyens de les rembourser. Il ouvrit la porte et eut un haut-le cœur. La bauge sentait le renfermé, le moisi, le remugle, l’oignon, l’ail, les égouts et la flatulence. Construite sur une superficie de soixante mètres carrés, elle pouvait tout juste servir de niche à un toutou bourgeois ou de masure à un gnome. Ses dimensions lilliputiennes imposaient aux locataires l’économie des mouvements et la parcimonie des déplacements. Elle jouxtait un Riad spacieux et luxueux dont le patio et le jardin étaient ornés de vasques en marbre, les murs recouverts de zellige beldi chatoyant et les fenêtres garnies de plantes odoriférantes. Chaque jour, la maisonnette infernale vomissait la misère congelée sur le seuil de cette aire paradisiaque.
Au moment où S.B s’apprêtait à enlever ses chaussures sa femme se montra à la porte de la cuisine, se frotta les yeux avec le dos des mains, bailla toute la paresse de son corps engraissé et vociféra un bonjour tonitruant. En entendant sa voix rauque et en scrutant ses cheveux ébouriffés, son visage bouffi, ses seins pendants, son ventre engrossé et son postérieur hippopotamesque, S.B se rendit compte que ce zombie n’était autre que sa moitié et la mère de deux quarts. La marée d’impuissance contre laquelle il luttait depuis des mois le submergea tout d’un coup. Cette apparition spectrale était la goutte qui déborda son cœur. Sans piper mot, il tourna le dos à sa femme et pieds nus ressortit de la maison.
Il se mit à courir sans savoir pourquoi. Il connaissait parfaitement le labyrinthe. Les ruelles encore désertes devenaient dans sa course une ligne droite. Il arriva à Akbat wandou, l’escalada d’un trait, déboucha sur Bab Ftouh, évita de justesse un car démarrant en trombe, sortit par la porte du milieu et prit sans réfléchir la direction de Sidi Harazem. Il s’arrêta à la place du Mizane, un peu essoufflé. Quand il reconnut au loin le sifflement d’une locomotive il sut enfin pourquoi il était là. Le temps était venu pour exécuter le projet longtemps échafaudé. Il se dirigea vers la gare de Bab Ftouh qui se trouvait juste à côté, franchit le portail donnant sur les occupations temporaires et tête baissée alla à pas fermes vers la voie ferrée.
Le lendemain, un quotidien publia un article dans la rubrique des faits divers :
La ville de Fès a vécu hier un drame sans précédent. Un homme âgé d’une cinquantaine d’années s’est suicidé en se jetant devant un train qui roulait à plein vitesse. Selon des témoins oculaires, l’homme aurait franchi le grand portail de la gare de Fès Bab Ftouh permettant l’accès des camions qui sont chargés ou déchargés par les revendeurs d’engrais et de sucre , clients de l’Office National des Chemins de Fer disposant de terrains dans ladite gare, exploités en régime d’occupations temporaires. Il se serait faufilé entre les rangées des sacs d’engrais, se serait arrêté à côté de la voie comme les autres piétons qui attendaient le passage du train pour traverser. A l’approche du train il se serait avancé lentement et se serait mis au milieu de la voie, les mains dans les poches.
Pris de court, le mécanicien qui n’a pas la possibilité de stopper immédiatement comme le chauffeur d’un taxi ou d’un car, étant donné que le freinage se fait progressivement, a multiplié les mises en garde mais sans aucun résultat. La machine a foudroyé le corps du suicidaire et une odeur de viande calcinée a rempli l’air.
Une femme qui aurait vu la scène de près affirme que l’homme montrait des signes de folie. Il avait les pieds nus et le regard vide. Elle ajoute qu’avant de se jeter devant la machine impitoyable, il a levé les yeux au ciel et remué les lèvres.
Les habitants du quartier voisin ont accouru vers le lieu de l’incident et l’un d’eux a pu ramasser les quelques lambeaux de chair humaine qui ont échappé par miracle au broyage. Il les a réunis dans un sac de plastique noir comme de simples déchets et remis plus tard aux agents de la police qui ont été alertés par le cheminot de service.
Encore sous le choc, le mécanicien a déclaré à la police tant bien que mal : «c’est la première fois qu’une chose terrible de ce genre m’arrive dans ma longue carrière. L’homme savait sûrement que le train ne pouvait s’arrêter instantanément quand on met sur son chemin un obstacle à quelques mètres seulement. J’ai tiré l’alarme une dizaine de fois, j’ai même sorti la tête par la fenêtre pour lui crier de s’éloigner. Je me rappellerai jusqu’à ma mort l’expression de son visage et surtout le sourire sur ses lèvres. Il me semble que c’était un sourire de triomphe. »
L’identité de l’homme est toujours inconnue et les causes du suicide restent à déterminer. Une enquête est ouverte pour jeter la lumière sur cette affaire macabre. (A.Q)
Trois ans plus tard, le fils de S.B eut dix-huit ans. Le jour de son anniversaire coïncida avec un dimanche. Vers onze heures du matin quelqu’un frappa à la porte de la maison. Quand l’orphelin ouvrit il se trouva en face d’un inconnu qui lui remit une lettre sans se présenter et sans proférer la moindre parole. L’homme énigmatique se dissipa incontinent laissant derrière lui une grande surprise dans les yeux globuleux du jeune homme. Ce dernier retourna à la place où il était assis et ouvrit le pli :
Fiston,
Quand tu recevras cette lettre libératoire et dépurative, trois ans après ma disparition spectaculaire, je serai déjà pour ta sœur et toi un fort lointain mauvais souvenir. Et c’est mieux ainsi car je préfère être un suicidaire honni qu’un trucmuche renié. Celui qui te remettra cette missive posthume, venue d’outre-tombe, est un homme que tu ne connais pas et que tu ne connaitras jamais. Je l’ai chargé, sans lui fournir la moindre explication, de te livrer le jour de tes dix-huit ans ma pyorrhée conservée dans du papier. J’estime que cet âge donne la possibilité de comprendre et de passer sous silence les sottises d’autrui commises pendant leur phase de maturité. Avec l’âge c’est la bêtise et non l’homme qui mûrit. Quand ta sœur aura également ses dix-huit automnes ne manque pas de lui transmettre cet héritage scriptural dont la lecture lui servirait de déversoir à sa fureur compressée et lui permettrait probablement d’inférer des enseignements instructifs.
Je sais que mon acte irresponsable est un camouflet qui te plongera dans une douleur qu’aucun analgésique ne pourra calmer ou atténuer des années durant et dont tu ne te remettras qu’après une longue convalescence. Il soulèvera dans ton esprit immature de jeune adolescent une infinité d’interrogations qui resteront suspendues à ton flanc comme un bâtard rachitique. Je sais également que dans un excès de rage, face à l’opacité du mystère, tu crieras : Dieu, pourquoi Vous m’avez compromis avec un père pareil ?
Mon forfait sera au début la source de ta honte, puis de ta colère et enfin de ta pitié. Je ne veux pas de ta pitié qui risque de me ressusciter à tes yeux et te contraindre à me grimer pour sauver ma face que j’ai ternie et souillée moi-même avec préméditation.
Fiston,
Ne crois pas qu’il est facile pour moi de me mettre à nu devant toi, de reconnaître mes torts et surtout de ne pas me défendre bien que je plaide coupable. Chaque père, malgré ses défauts et ses défaillances, veut être pour ses enfants le parangon de la probité et de la droiture, et préfère mille fois mentir que faire son mea culpa. Je n’essaie pas de me justifier ou de faire un plaidoyer pro domo. Cette idée absurde ne m’effleure même pas. A mon avis on ne doit justifier que les bonnes intentions car les mauvaises sont devenues la règle. Ne crois pas aussi que je ne suis pas conscient de l’ampleur de mon impéritie ou que je ne mesure pas la gravité de ma dérive. Seulement ma déréliction est tellement incisive qu’elle n’a pour unique et possible remède qu’une mort atroce de même intensité. Ma vie a été du début jusqu’à la fin un éventail de débâcles qu’il vaut mieux ne pas déplier. Garrotté par l’échec il ne me reste que le retrait forcé du lépreux incurable.
Fiston,
Que raconter ? Pourquoi raconter ? Rien ne sert de raconter. J’ai l’impression que si je me mets à pleurnicher, à geindre ou à déballer avec force jérémiades ma sordide histoire je ressemblerai à une femme qui se complait dans la soumission tout en se plaignant de la tyrannie de son mari. J’ai longtemps cru que les autres m’ont trahi, que les autres sont égoïstes et ne servent que leurs propres intérêts, que les autres sont responsables de mes échecs, que les autres…que les autres…Personne ne m’a trahi, je me suis trahi moi-même. L’enfer…c’est moi, voilà la vérité que mon esprit vétilleux refusait d’admettre. Juge par toi-même : je n’ai pas terminé mes études de mon plein gré, j’ai accepté d’être un simple agent d’exécution de mon plein gré, je n’ai pas nourri d’ambitions de mon plein gré, j’ai gaspillé mon temps à me prélasser aux cafés comme les reptiles au terrarium et dilapider mon argent à parier sur des toquards ou à miser sur des numéros toujours perdants de mon plein gré, j’ai épousé une simili femme et me suis coltiné de deux enfants de mon plein gré. Le loser que je suis devenu est l’aboutissement de ma pusillanimité. Quel prétexte puis-je inventer dans ce cas? L’esclave du baisemain est difficile à affranchir. La servilité est congénitale pour celui qui adhère à l’hérédité. Maintenant je ne peux plus me mentir, je ne peux plus incriminer les autres. Je suis le coupable.
Fiston,
L’idée de te léguer ce piètre testament m’est venu le jour où je n’ai pas pu me regarder en face. Mes yeux hagards n’ont pu soutenir le regard déluré de mon image reflétée par un miroir ocellé : deux quinquets refroidis par l’éteinte de leurs flammes face à deux escarbilles brasillant de jubilation. A ce moment j’ai compris que j’avais atteint le faîte de la déliquescence et qu’il m’était insupportable de continuer de vivre avec un nid de regrets dans mon cœur, déjà meurtri par un nœud de remords. Quand on ne se respecte plus peut-on prétendre à l’honneur ? J’ai décidé donc de mettre fin à mes jours de mon plein gré. Là aussi je suis responsable de mon choix. Sauf qu’au début j’avais cru, par cette décision hargneuse, me venger de Dieu en broyant l’âme qu’Il glorifie dans tous les livres saints. Ma ferveur dépérie par le manque de pratique m’a fait oublier mon statut irréversible de mortel. A un certain moment je me suis senti en mesure, pis encore, je me suis arrogé le droit d’affronter Dieu en bravant sa Volonté. La créature qui se retourne contre son créateur. Le vulgum pecus qui se prend pour le monstre de Frankenstein.
Le doute couva de ses ailes ténébreuses ma raison ratatinée et ma foi frelatée m’instilla la couardise des mécréants. Les uns diront que j’ai sombré dans les limbes de la vésanie, d’autres penseront que je n’ai eu que ce que je méritais. Tu vois, je me soucie encore des autres. Je me demande pourquoi je me tracasse pour des inepties alors que je ne serai même pas là pour les entendre. Ma bassesse est au zénith. J’abdique mon honneur devant les humains en ne payant pas mes dettes, j’offense Dieu en dédaignant ses commandements. Quelle miséricorde l’apostat peut-il espérer ?
Fiston,
Mes dernières pensées vont à ta sœur et à toi, vous qui êtes les véritables victimes, réduits par mon lâche désistement à la portion congrue. Commettre des enfants est à mon sens le plus odieux des crimes. Pourquoi se hasarder dans un jeu de jambes qui devient vite monotone, morne, insipide et des fois honteux, à concocter des êtres falsifiés qui ne répondent pas aux normes de la modernité et qui seront jetés tels des émondes craquantes au dépotoir de la société, investis comme les haridelles de la seule fonction de transformer la nourriture en matières fécales ? Cette société dans laquelle chaque foyer ou presque affirme qu’au moins l’un de ses enfants est né par inadvertance. Qu’attend-on par conséquent d’un peuple dont la moitié est une erreur ? Vous êtes une erreur humaine. Vous êtes mon erreur à laquelle je ne peux plus remédier. Le meilleur contraceptif serait peut être la création de tribunaux spécialisés dont la compétence consisterait à juger et condamner celles et ceux qui donnent injustement la vie.
Fiston,
Mon euphorie n’avait pas d’égal le jour de ta naissance. En te prenant dans mes bras je vibrais de bonheur. Quand tu te mettais à crier, moi je répétais inlassablement : je suis devenu père, je suis devenu père. Je n’avais pas encore goûté à la cigüe de la paternité. Procréer n’est pas le propre des hommes. Les animaux aussi se reproduisent. Ma joie fut éphémère. Plus tu grandissais plus elle rapetissait et se transformait en angoisse dont l’emprise ne me lâcha plus et m’acheva en apothéose. Le coup de grâce fut la naissance de ta sœur. Je ne m’en sortais pas avec un seul gosse, avec deux c’était la catastrophe. Ta mère, comme toutes les femmes, ne semblait pas affectée outre mesure et ressemblait de plus en plus à une dondon rassasiée. Quand je lui reprochais de ne pas avoir pris ses précautions, elle me répondait avec le caquetage d’une poule déjuchée que nous étions tous les deux responsables au même titre. Et pour estoquer mes velléités de révolte, elle me répétait non sans raison qu’elle n’était que le réceptacle de ma semonce empoisonnée.
Vos besoins insatisfaits s’accumulaient, s’amoncelaient et obéraient ma bourse étique. Non, je ne peux pas, je n’ai pas assez d’argent, une autre fois… sont devenus mon dada salvateur face à la recrudescence de vos exigences mortifiantes. La déception et le dépit qui se dessinaient sur vos visages innocents chaque fois que j’opposais le véto à vos requêtes me martyrisaient tels des coups de chicotte sur le dos déjà lacéré d’un esclave. Quel gâchis que de pondre un œuf puis l’écraser ! Ramassé il dégouline, abandonné il se putréfie. S’il m’était donné de faire un vœu, j’aurais souhaité revenir plusieurs années en arrière pour redresser ma destinée gondolée par les embuches et les brisants. Par moments, des lueurs d’espoir jaillissaient du tréfonds de mon âme tarie. Une petite voix doucereuse, la voix d’une amante tendre et sensuelle qui tente dans une ultime mussitation d’exciter son partenaire épuisé, me susurrait qu’il fallait déjouer les écueils et dépasser l’état d’hébétude qui me rendait une proie facile à la merci des morfals affamés. Mais les faux espoirs sont l’apanage des laissés-pour-compte. Espérer après coup c’est se détruire.
Fiston,
La sentence est tombée quand mes détracteurs décidèrent de déposer plainte à cause de chèques sans provisions. Leurs menaces prirent au début l’allure d’une bastonnade pour me rappeler à l’ordre, puis devinrent en fin de compte le spectre d’une saisie. La prison se profilait à l’horizon pour le client insolvable devant éponger ses créances en purgeant des années d’incarcération. L’image stéréotypée de l’esclandre se formait devant mes yeux : l’arrivée de l’estafette de police, l’appréhension du malfrat, l’attroupement des voisins et des badauds, les compatissants et les indifférents, les murmures et les moues, les lazzis et les lamentations, l’épouse scandalisée, les enfants abasourdis, l’affliction consommée autour de la fustigation du mari et père de famille immoral…Un scandale du tonnerre. Ce schéma traditionnel du déshonneur ne me plaisait pas à cause des lacunes qu’il comporte : pourquoi s’offrir en spectacle comme le jojo de Jacques Brel et exposer des êtres chers et innocents à la dilacération quand on a la possibilité de faucher le mal, semé de surcroît en tapinois ?
L’approche de la délivrance me procura la résignation du nautonier qui sait que ramer est inutile lorsque la barque coule. Recru d’espérance je n’ai plus peur de la fin que tout un chacun redoute. Et pour la première fois jusqu’à la fin des temps me parut une expression ridicule et dénuée de tout sens. Cette fin je la voulais brève et retentissante, une fin éclair, quelque chose qui ressemble à un feu d’artifice qui éclabousse le firmament de mille étincelles multicolores. La fin est une grenade accrochée à nos talons et qui explose au moindre faux pas.
Fiston,
Oui, c’est la fin. Mon cœur baigne dans une quiétude inhumaine. Ses battements ne changent plus de fréquence. Aucune chamade à battre, aucune palpitation, aucune émotion, aucune tergiversation. Une assurance qui m’est totalement étrangère gouverne mes gestes et mes actes. Elle m’achemine sagement vers une berge plus hospitalière. J’ai mis au point le plan de mon suicide en apprenant comme un acteur professionnel tous les détails du scénario parfait, sauf un : le jour de l’exécution.
Donner des conseils est incompatible avec mon tempérament. Je n’ai été d’aucune utilité pour moi alors comment vais-je l’être pour quiconque ? Mais j’ai une chose à te demander, la première, la dernière, l’unique : ne perds pas ta dignité. Ad vitam aeternam.

  



Vous aimez cet article ?
Partagez-le sur
  Et si elle avait appuyé sur la gâchette?
  Lacrimosa
  Tous les messages de azelarab qorchi


 Réponse N°1 4341

re
  Par   marocagreg  (Adminle 25-05-10 à 21:25

c'est une nouvelle excellente. La seule remarque que je peux vous faire concerne une petite incohérence au niveau du personnage. Ce cheminot qui n'avait pas terminé ses études utilise pourtant un langage très soutenu, truffé d'expressions latines et de mots recherchés. un simple cheminot aurait utilisé un langage beaucoup plus simple. On sent bien votre virtuosité langagière, mais cette virtuosité est en inadéquation avec le statut de votre personnage.




 Réponse N°2 4343

" Avec l’âge c’est la bêtise et non l’homme qui mûrit."
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 25-05-10 à 22:35

Salut, azelarab qorchi,

Je vous félicite pour cette remarquable nouvelle.

Comme dit marocagreg: un cheminot qui n' a pas terminé ses études...

Peut-être que c'est cela même qui justifie sa place comme personnage différent! S'il n'a pas pu poursuivre ses études, c'est qu'il est compétent!

Merci Qorchi pour le partage.





 Réponse N°3 4357

encouragement
  Par   ELQANDIL Abdelaziz  (Inspecteurle 26-05-10 à 12:00

merci pour cette belle écriture et ce beau style.Vous méritez monsieur tout encouragement.





 Réponse N°4 4379

Merci
  Par   azelarab qorchi  (CSle 27-05-10 à 00:46

je remercie toutes les personnes qui ont lu ma nouvelle, en particulier MM. marocagreg, Idoubya et Elqandil.

Concernant la remarque de M.marocagreg sur le langage soutenu utilisé par mon personnage le cheminot qui n'a pas terminé ses études, j'apporte la précision suivante:

- les anciens cheminots maitrisent parfaitement la langue française même si la majorité a un niveau d'étude inférieur au baccalauréat. Ils avaient des enseignants français et ont travaillé pendant de longues années avec les français. Ces derniers n'ont quitté définitivement l'O.N.C.F qu'au début des années 70. En plus, jusqu'à aujourd'hui, la correspondance au sein de cet office se fait en français, par conséquent les agents l'utilisent quotidiennement.

Pour la petite histoire, avant de devenir enseignant, j'étais cheminot pendant huit ans. J'ai écrit cette nouvelle une année avant ma démission.

Mes amitiés.




 Réponse N°5 4383

Tous mes encouragements!
  Par   Samira Yassine  (CSle 27-05-10 à 01:45

Salut M Qorchi,

Vraiment une belle nouvelle. A aucun moment de ma lecture, je n'ai senti la différence par rapport à n'importe quel autre écrivain talentueux marocain. Mais pourquoi la sentirai-je puisque vous êtes un grand écrivain. Vous avez du talent, un grand talent. Je vous demanderais de nous ravir, plus et plus encore, en publiant d'autres nouvelles. Vraiment, on ne se lasserait pas de vous lire.

Je vous remercie pour les beaux moments que nous avons passés avec ce pauvre cheminot qui n'a pas eu beaucoup de chance au cours de sa vie. Toutefois, je vous reproche M Azelarab, d'avoir donné cette image très négative de la femme. Heureusement que l'histoire a comme cadre spatial Fès sinon j'allais croire que vous parliez uniquement de la femme Oujdie(rires) ce qui m'humilierait certainement. Je plaisante mais vraiment vous avez donné l'image réelle de Fès en évoquant les différents endroits, ce qui émane de votre bonne connaissance de la ville, mais la femme fassie ou la femme marocaine de façon générale n'est pas si négative. Vous nous devez, nous les femmes marocaines, une autre nouvelle où l'image de la femme marocaine sera plus positive. J’attends une promesse de votre part, c'est d'ailleurs un prétexte pour lire plus et plus encore de vos merveilleuses nouvelles.

Cordialement/





 Réponse N°6 4407

Un respect inconditionnel
  Par   azelarab qorchi  (CSle 27-05-10 à 15:11

Je vous remercie Mme Kerzazi d'avoir lu et aimé ma nouvelle. Ce pauvre cheminot était l'un de mes amis et m'avait rendu visite quelques jours avant son suicide. Sa mort atroce

m' avait profondément touché et continue de me faire mal, chaque fois que je me rappelle son acte.

j'ai le plus grand respect pour la femme, n'est-elle pas ma mère, ma soeur, ma femme et peut-être un jour ma fille? Croyez-moi, je n'ai pas intentionnellement donné une image négative de la femme. Tout simplement, l'épouse de S.B, le personnage principal, répond à cette image(je précise que c'est une histoire vraie).

J'ai donné de la femme marocaine une image positive dans les mémoires que j'ai préparés à la faculté. En effet j'ai montré son grand apport dans les domaines de la création artistique:

- Dans le mémoire du DESA, j'ai travaillé sur la littérature féminine marocaine d'expression française.

- Dans la thèse de doctorat, j'ai travaillé sur le cinéma de la femme au Maroc( j'ai publié quelques articles sur ce sujet dans le site marocagreg).

Merci encore une fois Mme Kerzazi de m'avoir encouragé de la plus belle des manières. Pour clore mon intervention, j'ajoute qu'un autre de mes amis, un enseignant de français, s'est également suicidé il y a deux ans. Nous étions de la même promotion de l'ENS et avions fait ensemble les études supérieures. Quelle malédiction !!

Mes amitiés.




 Réponse N°7 4408

Profondément touchée!
  Par   Samira Yassine  (CSle 27-05-10 à 18:39

M.Qorchi,

J'avais beaucoup aimé votre nouvelle alors que je croyais que c'était une histoire imaginaire. Maintenant que j'apprends que les événements en sont vrais, je suis très touchée, émue, confuse, je n'arrive pas à croire que ce cheminot que je suivais à travers les ruelles de Fès a réellement existé, a réellement vécu tous ces malheurs, a été votre ami. Je suis doublement attristée, je n'aimerais pas être à votre place, perdre non seulement un mais deux amis de cette façon tragique n'est pas du tout facile.

Je vous remercie pour votre réponse, elle m'a permis d'avoir une idée sur vos différents diplômes, j'ai beaucoup aimé que vous ayez travaillé sur la femme marocaine, mon mémoire de licence a été sur le statut de la femme dans une œuvre de Tahar Benjelloun, Moha le fou Moha le sage. Mais vous c'est autre chose, c'est colossal. Cela m'encouragerait à vous demander encore une fois de nous émerveiller par vos beaux écrits. (Je consulterai vos écrits sur Marocagreg, cela m'intéresse énormément)

Je compatis à la perte d'êtres si chers et vous souhaite avoir des surprises bien plus joyeuses dans la vie et surtout avoir une charmante fille puisque vous n'en avez pas encore.

Mes amitiés.





 Réponse N°8 4423

merci monsieur
  Par   daki mohamed  (CSle 28-05-10 à 12:46

j'ai lu avec beacoup de plaisir et je le conseille à mes amis , mes eleves parfois .Tu m'as donné une bonne idée sur ce à quoi pourrait servir ce site parce que j'en ai des nouvelles et des ecrits que je garde religieusement depuis que j'etais encore au collège et au lycée en francais ,en arabe classique et aussi en arabe dialectal .mais jevoudrai voir d'abord les avis des collèguesla dessus.une autre idée ,monsieur qorchi est-ce que cela ne peut pas servir à faire un petit quelque chose au niveau de notre délégation taounate puisque nous y travaillons tous les deux?j'attends la reponse sur ce forum. Mnsieur qorchi ,j'allais oublier,j'ai personnellement bcp apprécé ton poeme "autobiographique"




 Réponse N°9 4456

excellente idée
  Par   azelarab qorchi  (CSle 29-05-10 à 00:37

A M.Daki

je suis sûr et certain que beaucoup de mes collègues aiment écrire et ont déjà écrit de très belles choses qu'ils gardent pour eux non par jalousie, mais faute d'espace de publication. Personnellement, en publiant à marocagreg un poème, puis une nouvelle, j'ai voulu transmettre le message suivant: faisons de ce site notre "maison d'édition".

j'apprécie énormément tes deux suggestions et suis prêt à une éventuelle collaboration, que ce soit au niveau de la délégation de Taounate ou au niveau de notre site.

Par la même occasion, je t'exhorte à nous faire connaître tes nouvelles(dans les deux langues) comme j'exhorte tous mes collègues à faire de même. Il y a vraiment des lecteurs fidèles de ce site qui savent à la fois apprécier et faire des critiques objectives. Pour cela je leur suis très reconnaissant.

Mes amitiés.




 Réponse N°10 4481

a bientot
  Par   daki mohamed  (CSle 29-05-10 à 23:59

bns Mqorchi

oui je le ferais volontiers mais donnez juste le tempsde fouiller dans mesarchives.cela doit prendre quelques jours.Et puis,faut voir si l'on peut vraiment ecrire aussi en arabe sur ce site pour les francisants?A tres bientot




 Réponse N°11 5558

Abstention!
  Par   benmohamed ismail  (Etudiant(e)le 13-07-10 à 18:15

soyez témoins vous tous cher(e)s collègues que je m'efforce de me mettre au pas de tout le monde sur le site qui devient mien comme il est le votre!j'ai lu la"nouvelle" de M.Qorchi,il m'a offert un petit détour à travers des endroits et des sensations de mes anciennes amours"bab ftouh""my Driss""nougat"et que mon père est lui aussi un ancien cheminot.IL est vrai que mon père n'a pas fait d'études et pourtant il lui arrivait souvent d'orner son discours de phrase en français mais de là à user d'un discours aussi raffiné,permettez-nous cher collègue d'en douter.Toutefois il ne faut voir dans la remarque pertinente de M.Marocagreg qu'un éloge pour toi en ce sens qu'il t'a montré la part de toi-même dans ton produit et c'est dans l'ordre des choses de mettre un peu de soi dans sa création!D'autres remarques viendront apres si vous acceptez!




 Réponse N°12 5604

Réponses
  Par   azelarab qorchi  (CSle 17-07-10 à 12:14

Je suis très heureux que ma nouvelle Testament continue de susciter des réactions.

- A M.Elomari: je te remercie pour tes condoléances et tes félicitations. je te félicite à mon tour pour les très beaux poèmes que tu as écrits aussi bien en français qu'en arabe. Quelques uns remontent aux années 90 ce qui montre que votre talent ne date pas d'hier.

- A M.Benmohamed: je suis également fils de cheminot, mon regretté père travaillait à Sidi Kacem. Concernant votre remarque sur la langue soutenue utilisée par un simple cheminot, j'ai fourni une première réponse à M.marocagreg. J'ajoute seulement qu'on peut toujours supposer que le personnage a rédigé sa lettre en arabe et que le narrateur a traduite en y ajoutant son grain de sel.

j'accepte volontiers toutes les remarques et toutes les critiques. je suis convaincu que grâce à des lecteurs attentifs et avisés qu'on peut progresser dans l'écriture.

Cordialement

A.Qorchi




InfoIdentification nécessaire
Identification bloquée par
adblock plus
   Identifiant :
   Passe :
   Inscription
Connexion avec Facebook
                   Mot de passe oublié


confidentialite Google +