Tc-texte narratif et texte descriptif (textes)

 Par SOUSSOU MOULAYYOUSSEF  (Prof)  [msg envoyés : 1le 22-09-16 à 20:33  Lu :645 fois
     
  
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Etablissement : lycée Almaghreb Alarabi

Public : tronc commun / cycle secondaire qualifiant Prof : Moulay Youssef Soussou

Support : Un cœur simple de Gustave Flaubert Extrait : incipit (premier chapitre du conte)

Module I : la typologie textuelle

Séquence I et II : le texte narratif / le texte descriptif

Compétence : Etudier et comprendre un texte narratif / un texte descriptif


Un cœur simple

I

Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l'Evêque envièrent à Madame Aubain sa servante Félicité.

Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et resta fidèle à sa maîtresse, - qui n'était pas cependant une personne agréable.

Elle avait épousé un beau garçon sans fortune, mort au commencement de 1809, en lui laissant deux enfants très jeunes avec une quantité de dettes. Alors, elle vendit ses immeubles, sauf la ferme de Toucques et la ferme de Geffosses dont les rentes montaient à cinq mille francs tout au plus, et elle quitta sa maison de Saint-Melaine pour en habiter une autre moins dispendieuse, ayant appartenu à ses ancêtres et placée derrière les halles.

Cette maison, revêtue d'ardoises, se trouvait entre un passage et une ruelle aboutissant à la rivière. Elle avait intérieurement des différences de niveau qui faisaient trébucher. Un vestibule étroit séparait la cuisine de la salle où Madame Aubain se tenait tout le long du jour, assise près de la croisée dans un fauteuil de paille. Contre le lambris, peint en blanc, s'alignaient huit chaises d'acajou. Un vieux piano supportait, sous un baromètre, un tas pyramidal de boîtes et de cartons. Deux bergères de tapisserie flanquaient la cheminée en marbre jaune et de style Louis XV. La pendule, au milieu, représentait un temple de Vesta ; - et tout l'appartement sentait un peu le moisi, car le plancher était plus bas que le jardin.

Au premier étage, il y avait d'abord la chambre de « Madame », très grande, tendue d'un papier à fleurs pâles, et contenant le portrait de « Monsieur » en costume de muscadin. Elle communiquait avec une chambre plus petite, où l'on voyait deux couchettes d'enfants, sans matelas. Puis venait le salon, toujours fermé, et rempli de meubles recouverts d'un drap. Ensuite un corridor menait à un cabinet d'étude ; des livres et des paperasses garnissaient les rayons d'une bibliothèque entourant de ses trois côtés un large bureau de bois noir. Les deux panneaux en retour disparaissaient sous des dessins à la plume, des paysages à la gouache et des gravures d'Audran, souvenirs d'un temps meilleur et d'un luxe évanoui. Une lucarne, au second étage, éclairait la chambre de Félicité, ayant vue sur les prairies.

Elle se levait dès l'aube, pour ne pas manquer la messe, et travaillait jusqu'au soir sans interruption ; puis le dîner étant fini, la vaisselle en ordre et la porte bien close, elle enfouissait la bûche sous les cendres et s'endormait devant l'âtre, son rosaire à la main. (…)

En toute saison elle portait un mouchoir d'indienne fixé dans le dos par une épingle, un bonnet lui cachant les cheveux, des bas gris, un jupon rouge, et par-dessus sa camisole un tablier à bavette, comme les infirmières d'hôpital.

Son visage était maigre et sa voix aiguë. A vingt-cinq ans, on lui en donnait quarante ; dès la cinquantaine, elle ne marqua plus aucun âge ; - et, toujours silencieuse, la taille droite et les gestes mesurés, semblait une femme en bois, fonctionnant d'une manière automatique.

II

Elle avait eu, comme une autre, son histoire d'amour.

Son père, un maçon, s'était tué en tombant d'un échafaudage. Puis sa mère mourut, ses soeurs se dispersèrent, un fermier la recueillit, et l'employa toute petite à garder les vaches dans la campagne. Elle grelottait sous des haillons, buvait à plat ventre l'eau des mares, couchait sur la paille, servait les domestiques, à propos de rien était battue, et finalement fut chassée pour un vol de trente sols, qu'elle n'avait pas commis. Elle entra dans une autre ferme, y devint fille de basse-cour, et, comme elle plaisait aux patrons, ses camarades la jalousaient.

Un soir du mois d'août (elle avait alors dix-huit ans)……………..

Gustave Flaubert, Trois contes, 1876 (incipit du premier conte Un cœur simple)















Etablissement : lycée Almaghreb Alarabi

Public : Tronc commun / cycle secondaire qualifiant Prof : Moulay Youssef Soussou

Support : La seconde surprise de l'amour de Marivaux Extrait : acte I scène 1 (comédie)

Module I : la typologie textuelle

Séquence III : le texte argumentatif

Compétence : Etudier et comprendre un texte argumentatif



La seconde surprise de l'amour


LA MARQUISE.

Eh ! Laissez-moi, je dois soupirer toute ma vie.

LISETTE.

Vous devez, dites-vous ? Oh ! Vous ne payerez jamais cette dette-là ; vous êtes trop jeune, elle ne saurait être sérieuse.

LA MARQUISE.

Eh ! Ce que je dis là n'est que trop vrai : il n'y a plus de consolation pour moi, il n'y en a plus ; après deux ans de l'amour le plus tendre, épouser ce que l'on aime ; ce qu'il y avait de plus aimable au monde, l'épouser, et le perdre un mois après !

LISETTE.

Un mois ! C'est toujours autant de pris. Je connais une dame qui n'a gardé son mari que deux jours ; c'est cela qui est piquant.

LA MARQUISE.

J'ai tout perdu, vous dis-je.

LISETTE.

Tout perdu ! Vous me faites trembler : est-ce que tous les hommes sont morts ?

Marivaux, La seconde surprise de l'amour, 1722, acte I scène 1.



Etablissement : lycée Almaghreb Alarabi

Public : Tronc commun / cycle secondaire qualifiant Prof : Moulay Youssef Soussou

Support : AVANTAGES ET INCONVENIENTS DE LA TELEVISION

Module I : la typologie textuelle

Séquence III : le texte argumentatif

Compétence : Etudier et comprendre un texte argumentatif



AVANTAGES ET INCONVENIENTS DE LA TELEVISION....

La télévision est omniprésente. Pour les uns, elle représente la seule fenêtre ouverte sur le monde, selon les autres, elle constitue une grave menace pour notre culture. Les avantages et les inconvénients de cette petite boîte magique sont nombreux.
Abordons en premier lieu les aspects positifs de la question.
Tout d'abord, on peut dire que la télé nous évite le détour par le cinéma: on n'a pas besoin de se déplacer constamment pour voir un nouveau film. C'est le fameux “cinéma en pantoufles“. Voir Rambo chez soi est pour certains le comble du confort.
Par ailleurs, on peut ajouter que le petit écran nous offre un passe-temps agréable, un divertissement, voire une détente après une longue journée de stress.

En outre, les chaînes télévisées présentent un support publicitaire appréciable qui permet de relever l'économie et de créer des emplois.

Enfin, et c'est l'argument le plus important, la télévision nous informe de ce qui se passe dans le monde, et en plus elle nous éduque. En effet, quoi de plus instructif qu'un bon journal télévisé sur “n-tv“ ou une émission scientifique sur ARTE.
Quant aux aspects négatifs de la télévision, on peut noter :
D'abord, il faut dire qu'il s'agit d'un média passif: le téléspectateur est sujet à l'abêtissement et à l'abrutissement progressif. Dépourvu de tout esprit critique, il devient rapidement l'objet d'une manipulation télévisuelle. Il ne réfléchit plus, il “avale“ tout ce qu'on lui présente.
De plus, n'oublions pas que nous avons à faire à un média individuel: chacun est fasciné par le tube cathodique et oublie ce qui l'entoure. Ceci risque d'entraîner une dégradation de la vie familiale, sans compter les disputes causées par un désaccord quant au programme de la soirée.
En outre, les médecins affirment que regarder la télé trop souvent nuit à la santé : les yeux en souffrent et le téléspectateur, immobile et se gavant de chips, de chocolat et autres produits à haute teneur en calories, risque de prendre du poids. Certains ne peuvent plus se passer de la télé, qui devient une vraie drogue dont ils sont dépendants..
Enfin et surtout, de nombreux critiques reprochent aux chaînes télévisées de diffuser trop de scènes de violence, ce qui risque d'augmenter l'agressivité des jeunes. Pour les sociologues, cette brutalité filmique est une des principales causes de la violence des jeunes d'aujourd'hui. Le crime de sang est banalisé, le meurtre devient une habitude. Des statistiques ont montré qu'un Américain moyen de 16 ans a assisté à 40.000 meurtres télévisés depuis sa naissance.
Nous venons de voir que la télévision, telle qu'elle est de nos jours, présente bien plus de dangers que d'avantages. Il conviendrait de réduire la quantité de violence et d'augmenter le nombre d'émissions culturelles. En attendant, il faudrait conseiller aux gens, et surtout aux jeunes, de regarder la télé en évitant l'excès, avec esprit critique, et pas trop souvent. Il importe de consulter les programmes, d'opérer un choix préalable et de s'en tenir à ce choix, en évitant de zapper aveuglément pour regarder n'importe quoi.
A titre de conclusion, on peut dire que la télé c'est bien, mais qu'il faut aussi savoir l'éteindre.








Etablissement : lycée Almaghreb Alarabi

Public : tronc commun / cycle secondaire qualifiant Prof : Moulay Youssef Soussou

Support : lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke Extrait : troisième lettre

Module I : la typologie textuelle

Séquence III : le texte injonctif

Compétence : Etudier et comprendre un texte injonctif.


Lettre à un jeune poète


Paris, le 17 février 1903

Cher Monsieur,

Vous demandez si vos vers sont bons. Vous me le demandez à moi. Vous l'avez déjà demandé à d'autres. Vous les envoyez aux revues. Vous les comparez à d'autres poèmes et vous vous alarmez quand certaines rédactions écartent vos essais poétiques. Désormais (puisque vous m'avez permis de vous conseiller), je vous prie de renoncer à tout cela. Votre regard est tourné vers le dehors ; c'est cela surtout que maintenant vous ne devez plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre cœur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit : « Suis-je vraiment contraint d'écrire ? » Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : « Je dois », alors construisez votre vie selon cette nécessité. 

Rainer Maria Rilke, lettres à un jeune poète, Paris, éd.Bernard Grasset, 1937



  



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