Systèmes éducatifs dans le monde, par le cas...

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 14-05-12 à 18:48  Lu :1913 fois
     
  
 accueil



Un projet qui m’a toujours intrigué: une étude autour des systèmes éducatifs de par le monde… Le premier système que je présente est celui de l’un des plus puissants pays au monde: Le système éducatif Japonais…


1- Une population qui sait lire et écrire
: en effet, le Taux d'alphabétisation à partir de 15 ans est de 99,5 % .

2- Les études se font en trois trimestres :
en effet, l’école Japonaise commence en mois d’ avril et se divise en trois périodes : (avril-juillet / septembre-décembre / janvier-mars). L'année scolaire comprend 210 jours d'éducation… Ce qui donne plus de 4 mois de vacances aux japonais… Il y a donc trois périodes de vacances : les vacances d’été (de fin juillet à fin août), les vacances d’hiver (de fin décembre à début janvier) et les vacances de printemps (de fin février à début avril).

3- Les élèves vont en classe six jours par semaine, avec des classes chargées :
en effet, les cours ont lieu de 8 heures et demi à 15 heures ou 15h30 quotidien en semaine. Si des cours sont donnés le samedi, ils finissent généralement avant midi. Les cours durent 50 minutes et sont entrecoupés de pauses de cinq minutes. La coupure prévue pour le repas de midi est de 35 minutes : ce qui équivaut à une récréation. Les classes peuvent compter jusqu'à 40 élèves dans une école élémentaire.

4- Une éducation semis payante:
  en effet, les écoles publiques sont gratuites jusqu'au collège. Mais à partir du lycée, il faut payer des frais de scolarité, et arrivé à l'université, il faut compter environ 3 ou 4 fois ce que demande un établissement privé en France pour s'inscrire dans un établissement public ! Si on a les moyens financiers, les écoles privées sont généralement plus accessibles.

5- Des enseignants fonctionnaires, avec trois périodes de carrière:
en effet, un enseignant doit être présents quarante (40) heures effectives par semaine dans son établissement. Durant sa carrière un enseignant doit fréquenter trois types d’établissement  : un difficile, un moyen, un « bon ».

6- Types d’études et travail sérieux:
en effet, les élèves japonais étudient les sciences sociales, les mathématiques, les sciences, les beaux-arts, l'éducation physique et les arts ménagers. Ils ont beaucoup de devoirs à faire à la maison. L'ensemble des élèves japonais étudient l'anglais. Ils commencent à l'apprendre en première année de collège et la plupart continuent pendant au moins six ans. Il n'y a pas d'orientation avant l'entrée en université: en effet, la pédagogie peut consister aussi bien en méthodes conventionnelles qu'en techniques modernes telles que l'enseignement par ordinateur… L’informatique est donc très présente. Les redoublements n’existent pas et on se mobilise pour faire réussir tout le monde.

7- Les diplômes et le mérite:
en effet, si  95 % des jeunes Japonais ont le bac… Il n'existe pas de diplôme comme le brevet des collèges ou le baccalauréat qui donne un accès direct au lycée ou à l’université. Il faut passer un concours pour être admis dans les lycées et les universités. Le lycée se termine non pas par un examen, mais par le test du Centre national des admissions à l'université.

8- Un système éducatif élitiste:
en effet, Le système universitaire étant très élitiste, les élèves travaillent dur depuis l'école maternelle jusqu'à l'entrée en université. Beaucoup d'écoles maternelles recrutent même sur concours, les questions étant bien sûr adaptées à l'âge des enfants… Il faut toujours tenter d'aller dans la meilleure école, pour avoir le maximum de chances d'entrer dans le meilleur collège, puis lycée, puis université et entrer dans la meilleure société. Pour parvenir, par exemple, à entrer à l’université de Tokyo, il faut accepter les dernières années de l’enseignement obligatoire de dormir peu, de travailler après les cours et le week-end pour aller beaucoup plus loin que le programme normal, qui ne suffirait pas pour réussir.

9- L’enseignement supérieur est riche en universités:
en effet, au Japon, on compte 720 universités, la plupart privées, mais seules trente comptent vraiment... Les jeunes Japonais qui veulent aller plus loin se préparent intensivement dans des cours particuliers pour passer le concours d’entrée dans les universités.

10- Un système éducatif propre:
en effet, la propreté est aussi un aspect majeur . L'activité principale qui a lieu après l'école est le manage: les Japonais n'ont pas des personnels de ménage. Ce sont donc les élèves qui s'en charge... Aussi, les règles de l'habillement sont strictes : certaines écoles obligent les élèves à porter un uniforme. On peut dire que s’y construit une conscience collective à laquelle les Japonais sont très attachés.

Voilà donc un premier rapport sur l’un des systèmes éducatifs les plus enclin à la modernité, mais qui garde un pas solide qui l’attache à ses coutumes et traditions…


  




 Réponse N°1 21305

Cependant
  Par   Adi Lachgar  (CSle 14-05-12 à 19:38



Un système essentiellement basé sur la mémorisation.

Un système de formatage qui n'admet aucun esprit critique.

Un système qui fait de l'école et de la réussite scolaire un besoin vital, d'où les suicides parmi les élèves qui échouent.

Un système qui connaît une grande recrudescence de la violence parmi les élèves.

Un système qui obligent les élèves à chanter un hymne qui glorifie la personne de l’empereur.

Si personne ne peut nier les résultats positivement "positifs" de ce système, on ne peut que déplorer cette machine à faire des résignés.

Je pense qu'il n'y a pas de bon système. Les meilleures systèmes, relativement, sont ceux qui arrivent à éduquer, instruire, fabriquer un "bon citoyen" sans trop e dégâts sur le plan personnel. Sur ce point, je préfère les systèmes scandinaves et notamment le système finlandais.

Notre malheur à nous: pas de système, pas de projet, que du bricolage, du bric-à-brac, du rafistolage, du copier-coller, du moussa tire, mais impoossible de le faire sortir, même avec toute la famille grand-père et grand-mère compris, du 3tini no9ta, du 3tito la moyenne, oul3ati Allah...





 Réponse N°2 21307

Tout à fait vrai
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-05-12 à 19:57



Tout d'abord, je voudrais dire à M. Rachid en japonais merci: "aligatou gazaimasu" pour ces informations "nippones".

Je partage l'avis de M. Adi: ce n'est pas un système éducatif aussi parfait qu'on peut le croire.

La mémorisation commence à partir de la maternelle: des enfants de deux, trois ans sont amenés à retenir un nombre incroyable de lettres, d'images en un temps record.

La pression exercée sur les élèves pour réussir est tellement forte que certains se suicident.

Est-ce un modèle?

Je reconnais qu'en matière de civisme, les Japonais sont forts.

Merci de nous faire découvrir d'autres systèmes.





 Réponse N°3 21309

Tout à fait!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 14-05-12 à 20:07



Tout à fait! J'ai le système éducatif finlandais en projet... Mais il y'en d'autres que je suis entrain de préparer! Bonne lecture donc!

Une question: notre système éducatif se base-t-il sur la mémorisation ou sur la construction des compétences? Ou sur quelque chose d'autres...

NB- Je ne parle pas de "systèmes éducatifs parfaits"! Lisez bien ce que j'écris!





 Réponse N°4 21310

thumb
  Par   Adi Lachgar  (CSle 14-05-12 à 20:11



J'ai dit merci avec le pouce. Merci de nous faire faire ce tour du monde des systèmes éducatifs. Un jour, il faudra qu'on se mette aussi à faire des propositions pour avoir un système chez nous.





 Réponse N°5 21313

... de l’abnégation...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 14-05-12 à 20:26



Cela viendra sûrement! Je suis entrain de préparer des propositions! Mais on doit le faire ensemble! Qui le fera à notre place? Un Xaviers Reagers par exemple? Je n'aime pas critiquer quelque chose et m'arrêter sur ce seuil! Cela me pousse à lancer des défis... à moi-même!

Vous voulez avoir une idée sur les trois manuels interactifs qui m'ont pris deux ans de travail acharné! Je pourrais les éditer à marocagreg pour collaboration collective à leur perfectionnement! J'ai les modalités de mise en oeuvre de ce travail colossale! Il faut croire qu'on peut changer les choses! - Sinon, il ne faut pas attendre que je pleure sur mon sort!

Vouloir changer une situation demande de l’abnégation et beaucoup de travail sérieux!





 Réponse N°6 21315

M. Rachid, ne vous fâchez pas
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-05-12 à 20:48



On salue vos efforts.

Cette fois , j'ai lu le message dans sa globalité.

L'information n'exclut pas un débat. C'est ce que nous avons fait M. Adi et moi. Je pense que c'est légitime.

Personnellement, je ne savais pas que vous étiez dans la démarche expositive. Vous voyez que je lis vos messages.

Mes respects.





 Réponse N°7 21324

Fâché! NON...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 14-05-12 à 21:52



Je ne suis pas du tout fâché madame aziz hayat! Seulement, je ne maquille pas mes sentiments! Si j'ai lancé un tel projet, j'attends toujours qu'on dit: "tiens, on pourrait intégrer une démarche, un procédé ou encore un programme dans notre système éducatif!"

Prenons un exemple: les enseignants au Japon travaillent 40 heures par semaine! Cela je ne le savais pas! On pourrait en l'occurrence discuter ce phénomène!

Ou encore, les élèves passent des concours pour être admis, même dans le lycée! C'est une information qui pourrait faire objet de discussion: est-il légitime de démocratiser l'enseignement au Maroc? Alors que des élèves qui n'ont jamais obtenu 09/20 accèdent au lycée, à côté d'élèves qui les dépassent de 6 à 9 points d'écart dans un échelle de 20! - Où est donc le respect du principe de l'égalité des chances!

Ou encore, les élèves au Japon participent à la propreté de leur école, collège et lycée! Qu'en est-il du respect de hygiène au Maroc?!

Ou encore, l'année scolaire est répartie en trois trimestres et commence le mois d'avril: cela rappelle la problématique de la déperdition scolaire au Maroc! - N'y a-t-il pas des idées à avancer dans ce sens!?

Ou encore, encore et encore! Beaucoup de discussions ciblées peuvent jaillir d'un "simple" discours expositif...

Mais soyez sûr, madame aziz hayat, que vous n'aurez de moi que respect et estime. Bien donc à vous.





 Réponse N°8 21326

De l'abnégation!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 14-05-12 à 23:14



Bonsoir chers collègues!

J'ai lu votre échange, sur les quelques systèmes éducatifs proposés, je n'ai rien à dire, concernant cela; pour deux raisons, c'est que je n'ai pas d'alternative à soumettre, et puis, j'ai perdu le goût de ces sujets sur la pédagogie, surtout, si j'ai à utiliser la terminologie ou le jargon du métier.( et beaucoup de fois, j'ai besoin de recourir à des références pour ne pas être dans l'à peu-près), et d'après mon humble expérience, j'ai senti, qu'il faut de tout pour mener un tant soit peu toute action pédagogique : des objectifs spécifiques, développer les compétences, travailler par tâches, dans un esprit d'approche différenciée, et inclure le tout dans de petits ou grands projets...! Cela vient de soi, par la force des choses, il faut seulement en être conscient!

Par contre ce qui a retenu mon attention, et qui risque de passer inaperçu, c'est que M. Rachid a parlé d'un projet, qu'il prépare, et apparemment, il est à un stade avancé:

Il a même eu l'amabilité et le courage de montrer sa disposition à le soumettre à l'appréciation et éventuellement à la collaboration des collègues!

Qu'en est-il M. Rachid?

Crachez le morceau!Peut-être que le changement viendra de votre acharnement, car à mon âge, je n'ai plus la force de penser à tout le travail qu'il faut pour mener ce chantier!

Je vous en félicité, avant de savoir de quoi, il retourne! et soyez sûr, que s'il n'est pas meilleur que ce que nous avons( et il le sera), il ne peut être pire!





 Réponse N°9 21327

Je crache le morceau!...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 14-05-12 à 23:48



Salut cher Jeafari Ahmed,

Il s'agit de trois manuels interactifs : les vrais - non ceux qu'on propose ça et là comme étant des manuels interactifs, alors qu'il ne s'agit que de logiciel qui présente les dits manuels sous forme d'un PDF, sans plus ni moins!- couvrant tous les niveaux du lycée qualifiant, que j'ai pris des centaines d'heures pour les mettre en place: cela m'a occasionné d'ailleurs une très longue absence à fréquenter marocagreg...

Maintenant le travail est prêt!

Vous voyez ma simplicité cher M.Ahmed...Vous n'avez qu'à demander pour que je crache le morceau...





 Réponse N°10 21330

Beau morceau!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 15-05-12 à 01:18



Bonsoir ou bonjour ou bonne nuit, mon cher! Bravo alors!

Et vous allez faire quoi maintenant? je veux dire avec ce travail?





 Réponse N°11 21331

Il y' a deux mains!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 15-05-12 à 07:11



Mais qu'est-ce que vous proposez Vous! On ne peut pas germer un travail que si la pluie tombe! Mais c'est Vous la pluie! Seule, une main n'applaudit pas: ou bien pas suffisamment! Il lui fait d'autres! Même si chacun de nous en a deux!





 Réponse N°12 21333

Bonjour!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 15-05-12 à 07:18



Je redemande, que voulez-vous qu'on fasse: clairement!

Montrez-nous votre travail, ou son ébauche..., ou expliquez ce que vous avez fait etc...et on en discutera,

Soyez rassuré, vous en avez les droits d'auteur (rire)...

Mais justement; un travail comme ça doit être institutionnellement collectif, pour être accepté!

à ce soir, je sors travailler: aujourd'hui la journée pleine: lycée et fac!

Bon courage!





 Réponse N°13 21554

Systèmes éducatifs dans le monde, par le cas: le système allemand...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 19-05-12 à 10:44



Le deuxième système que je présente est celui de l’un des plus puissants pays au monde: Le système éducatif allemand…




0- Prélude
: Aucun système de par le monde ne pourra évoluer sans tester ses capacités et ses aptitudes à progresser. C'est une évidence... Pas d'évaluation, pas de progrès... Car évaluer un système éducatif, c'est contribuer à l'évaluation de la politique éducative d'un pays...

Pour mener ma recherche à terme, je me suis basé sur des études sérieuses fondées sur des enquêtes, aboutissement d'évaluations élaborées par des organismes comme:




- l'association internationale pour l'évaluation de l'efficacité dans le domaine scolaire. (IEA)

- l'organisation de coopération et de développement économiques. (OCDE)

- l'Unesco.

- Eurydice, le réseau d'information sur l'éducation en Europe.

- L'enquête PIRLS (Progress in international reading literacy study) évalue tous les cinq ans les compétences en lecture des élèves de 9 à 10 ans.

- L'enquête PISA (programme pour le suivi des acquis des élèves) évalue tous les 3 ans les acquis des jeunes de 15 ans dans divers domaines...


NB- C'est sur les résultats du dernier programme: PISA que je fonde ce travail de présentation...



Le système éducatif allemand occupe la dixième (10) place, après le suisse et avant la France, qui n'occupe que la vingtième place (20). Voilà ce qui ressort d'une étude élaborée par PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) 2009...


NB- Le Maroc quant à lui, ne s'est même pas inscrit pour être évalué...



1- Une population qui sait lire et écrire:
plus de 99% des Allemands de plus de 15 ans savent lire et écrire…



2- L’organisation de l’année scolaire :
Elle dure 38 semaines…. Les vacances d'été sont pour la plupart entre Juillet et Août, en fonction des différences régionales. Elles durent 6 semaines… La rentrée scolaire commence le lundi 10 septembre 2012.

Les autres vacances :

- Deux semaines en automne (Herbstferien),

- Deux ou trois semaines à Noël (Weihnachtsferien)

- Une semaine à Pacques (Osterferien)

– Deux semaines de vacances de la Pentecôte…



3- En classe :
Les enfants ont cours tous les jours aux mêmes horaires. Par exemple: Les 1ères et 2èmes classes (CP, CE1) ont 4 heures de cours par jour, du lundi au vendredi, de 8h à 12h. Les petits Allemands ont cours uniquement le matin. Chaque cours dure 45 mn. L’après-midi est traditionnellement dédié aux activités sportives et culturelles: des activités extra-scolaires. Ils s’initient donc à la musique, aux activités artistiques et participent à des clubs: cinéma, théâtre, échecs, peinture... Les écoles allemandes utilisent Internet et les nouvelles technologies. La majorité des écoles du pays ont des salles d’informatique avec l’ADSL.



4- Une éducation gratuite et des académies (Länder) autonomes:
La scolarité est gratuite et les Länder (académies) prennent en charge une partie des manuels et des fournitures scolaires. Le gouvernement allemand n’a que des compétences très limitées dans le domaine de l’éducation. Ce sont les Länder qui détiennent le vrai pouvoir de décision et qui l’exercent en toute autonomie.



5- Des enseignants/ des élèves :
L’ambiance élèves professeurs est moins chaleureuse, manifestée par des tentions provoquées par une très grandes hétérogénéité ethnique des élèves...



6- Parcours scolaire et universitaire en plusieurs étapes:
(Hauptschule, Realschule et Gymnasium) En Allemagne, l'école élémentaire commence par la classe (CP), vers l’âge de 5 ans. Après 4 années, les enfants passent dans le secondaire (qui dure 6 ans) en fonction de leurs aptitudes... Ils vont donc soit à la « Hauptschule » : Les Hauptschules sont pour les élèves qui ont un niveau académique moins fort. Ceux qui en sortent font un apprentissage ( Lehre) principalement sur des travaux manuels, souvent accompagnés avec des études à mi-temps en Berufsschule. Soit à la « Realschule »: Les Realschules sont pour les élèves qui feront un apprentissage en commerce ou pour des études similaires à celles d’infirmière. L’accent est mis plus sur les mathématiques et les langues que sur des aspects manuels. (Fin de scolarité vers 14-15 ans). Ensuite, ils choisissent de démarrer un métier ou de poursuivre leurs études (Gymnasium). (Fin de scolarité vers 17-18ans, niveau Terminale française) – Prépare les étudiants aux études supérieures et se termine avec l’ Abitur, que l’on passe au Gymnasium et dans les Gesamtschule. Il est requis pour l’entrée à l'université.



7- Les diplômes et le mérite:
Après l’enseignement obligatoire, la majorité des élèves se dirigent soit vers un apprentissage, Lehre, qui mêle théorie dans une Berufsschule et la pratique, ou vont dans une université, mais aussi dans une Fachhochschule.  Les Allemands sont assez difficiles en ce qui concerne la reconnaissance de la validité des diplômes étrangers. Ce sera sûrement difficile d’avoir un diplôme étranger reconnu en Allemagne.



8- Un système éducatif égalitaire et d'orientation:
Dès l’école primaire, les parents sont conseillés pour choisir  le type d’école secondaire qui est la mieux adaptée aux facultés de leur enfant. Cet avis est basé sur l’évaluation des professeurs, sur les résultats, les capacités et les centres d’intérêts de l’enfant. Les enfants sont séparés en fonctions des aptitudes démontrées lors donc des quatre premières années de primaire. Ils peuvent aussi approfondir leurs connaissances selon leurs intérêts et selon leurs points forts. Les élèves peuvent choisir parmi des options obligatoires : langues vivantes, sciences naturelles, technologie, musique, arts plastique. Les autres matières sont enseignées à toute la classe. Cette forme d’école a pour but d’éviter une orientation trop précoce. De plus, les Allemands ont développé leur système éducatif afin qu’il soit le plus équitable possible. Bien qu’il existe des écoles spéciales pour les surdoués, il n’y a pas réellement d’école élitiste... L’offre de cours de soutien et d’activités diverses gratuits sont parmi les témoignages de cette école qui donne toute une chance à chacune ou à chacun...



9- L’enseignement supérieur est riche en universités:
Les universités allemandes sont à la fois des centres de formation, des centres de recherche indépendants et des écoles supérieures de technologie (Fachhocshule).



10- Un système éducatif ouvert et pragmatique:
c'est une dynamisme éclectique qui considère que tout système éducatif n’est pas transposable à la société allemande, mais qu’il y a des idées à prendre: les Allemands visent à tirer quelque profit du système Finlandais, par exemple... Mais pas seulement ! Parmi les dispositifs réussis pris par les Allemands afin d'améliorer leur propre système: l' augmentation des exigences de recrutement et d’évaluation des professeurs, l'augmentation de l'autonomie des chefs d’établissements et l' aide ciblée et gratuite aux élèves en difficulté... Pour eux, la réforme est plus une question de changement de mentalité qu’une augmentation des ressources et des moyens!





 Réponse N°14 21557

Merci, M. Rachid
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 19-05-12 à 10:54



Je salue encore une fois votre curiosité et votre démarche méthodique.





 Réponse N°15 21724

Systèmes éducatifs dans le monde, par le cas: le système finlandais...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 22-05-12 à 17:05



Le troisième système que je présente est celui de l’un des plus puissants pays au monde: Le système éducatif finlandais…


C'est un système éducatif qui s'est classé premier (1) face aux 35 pays les plus riches et industrialisés dans le monde.




0- Prélude: Aucun système éducatif ne pourra faire abstraction de sa culture, ses valeurs, son histoire… Un système éducatif est un ensemble d'éléments qui constituent son ossature. Vouloir chercher à calquer une réussite sur un échec est un non sens !


1- Un système de réussite : D'après l'enquête internationale PISA la Finlande obtient les tous meilleurs résultats à l'échelle mondiale. Cela que ce soit dans les matières scientifiques que littéraires. Même performances sont notées au niveau du cycle supérieur. Est-ce un miracle ou un travail de longue halène ? 


2- Un système éducatif égalitaire : Un système qui donne sa chance à tous les élèves et sans exception… Il donne à des notions comme les égalités de chance leur vrai sens. S’il y’ a des faiblesses, les responsables fournissent tous les moyens disponible pour contrer tout échec. Ainsi, les compétences de base sont acquises par l’ensemble des élèves. Aucune place n’est accordée à ce qu’on appelle communément déperdition ou échec scolaires : dès l’école primaire, on fait tout pour prendre en charge les élèves en difficulté pour répondre à leurs besoins spécifiques et de façon gratuite. L’échec pour les finlandais est contre-productif et n’a pas du tout sa place dans le système. Pas d’élitisme, mais pas de marginalisation : c’est un système d’intégration.


3- Un système qui confère à la notion de différentiation tout son sens : Chaque élève est considéré comme un être à part : il a son propre rythme de travail, ses propres aptitudes, son mode d’apprentissage authentique. C’est à partir d’une véritable culte de l’individu, et la confiance qu’on donne aux élèves qu’on ressent les différentes performances….

On offre ainsi à l’élève la chance d’aller jusqu’au bout de son objectif en développant lui-même son cursus scolaire en fonction de ses intérêts, de ses capacités, de ses projets de poursuite d’études. Les cours proposés répondent donc véritablement aux besoins des élèves, ainsi un élève qui ne s’intéresserait pas à une matière particulière n’est pas forcé par le système de suivre un cours qui ne lui plait pas et pire ne lui serait d’aucun intérêt dans la poursuite de ses études. Se trouver dans un cours où les élèves ont eux même choisi de participer contribue probablement à la motivation générale de la classe, à la participation et donne un sentiment d’autonomie, d’indépendance à l’élève qui se sent prendre en charge son avenir et devenir responsable. Il y a donc un réel souci pour le bien-être de l’individu d’épargner des charges de travail, de la fatigue inutile et respecter le rythme biologique de l’enfant. 


4- Un système d’enseignement obligatoire et gratuit: La scolarité est obligatoire commence de l'âge de 7 à 16 ans. De plus, à l’école on mange dans la cantine, les fournitures scolaires ainsi que les cours de soutien sont gratuits. Même les faits de transport sont à la charge de l’Etat. La base du système est l’enseignement primaire. Cela évite beaucoup de gaspillage et d’effort sur les conséquences de l’échec et de la mauvaise formation.


5- Un système qui responsabilise : Le corps enseignant est responsabilisé. Son autonomie est consacrée. Mais les attentes ne peuvent se mesurer que par la qualité des prestations des enseignants. L’autonomie est donc accordée aux municipalités, qui octroient à chaque école tous les moyens qu’elles jugent nécessaire pour son épanouissement. Les projets d'établissement et le travail d’équipe sont monnaie courante et tout initiative marquée par l’originalité est appréciée et encouragée. Pas de programme pour tout le monde, mais les démarches sont le fruit de compétences qui agissent en fonction des particularités de chaque région, voire de chaque élève. Equité et répartition des moyens pour tous les établissements sont de règle.


6- Un système à horaire souple et allégé, misant sur l’autodiscipline : La journée commence à 8 heures et se termine vers 13 heures. Les élèves sont libres de voguer à leurs préoccupations parascolaires favorites. D’ailleurs les devoirs sont presque minimes. Les élèves développement leur personnalité dans un milieu favorable à la communication et au vrai échange : une remarquable autodiscipline se fait sentir. Les élèves vivent dans un climat de sécurité, qui influe de façon très positive sur leur performance : un système qui donne au mot tolérance toute sa force… Pas de punition, ni de leçon de morale…. De plus, les programmes : "Les programmes ne sont en effet définis que dans leurs grandes lignes par le Conseil national de l’éducation. Il revient à chaque école de rédiger les programmes locaux qui fixent les progressions précises dans chaque matière." "L'enseignement est d'abord dispensé par un « maître de classe » polyvalent (niveaux 1 à 6) puis par des maîtres spécialisés (niveaux 7 à 9). Les notes apparaissent en 7e. En principe, il n'y a pas de redoublement. Durant la deuxième partie de l'« école de base », l'élève compose une part de son programme en choisissant des options: 2 périodes sur 30 en 7e; 10 périodes sur 30 en 8e et 8 périodes sur 30 en 9e. Cette individualisation du plan d'études anticipe l'orientation après la 9e, soit vers la filière professionnelle, soit vers le lycée (gymnase)"


7- Un système de l’orientation :  L’accès à l’université ne passe pas par le Bac : les universités reçoivent des élèves bien orientés pour qu’il n’ait pas des accidents de parcours. Un élève sur trois est tout ce que l'université accueille. Les autres sont admis par une autre filière, celle de la formation professionnelle très valorisée. Pendant la période de la scolarité fondamentale, de 16-19 ans, les élèves poursuivent leur formation, soit dans une école professionnelle, soit dans une école secondaire généraliste. À l'issue de la première voie, les élèves peuvent se lancer directement dans la vie active ; ceux de la seconde voie, qui n'ont reçu aucun enseignement professionnalisant, sont appelés à rejoindre l'enseignement supérieur. Le diplôme reçu à l'issue de ce cycle d'études bénéficie d'un grand prestige.


8- Un système qui passe par la qualité : Le corps des enseignants se forme par de vrais professionnels : avant de se lancer dans le système, des conditions de recrutement sont plus exigeantes et plus sévères. De plus, La formation initiale et continue semble être la première des conditions qui favorisent cette performance dont jouit ce système. Même remarque est formulée quant à la formation et au choix des directeurs et recteurs. C’est aussi la tendance favorable vers tout ce qui touche à l’intérêt réel pour les enfants qui est considérée comme élément de base de tout recrutement. C’est aussi la place accordée par la société au corps enseignant, donne à ce métier une place de prestige. C’est pourquoi, les critères de recrutement sont très élevés et donnent une place majeur aux enseignants qui sont les garants de la qualité.


9- Un système qui privilégie la didactique et la pédagogie : La pédagogie a donc une place centrale pour limiter les erreurs d'orientation. Très prisée, la formation continue se déroule dans de bonnes conditions. La sélection finlandaise se fait en plusieurs temps, l’accession au concours, les études et le master 2 ouvrant la clé de la porte formation, un apprentissage graduel et accompagné d’entrée dans les pratiques et un choix de vie, une entrée dans un métier valorisant mais pour lequel on doit montrer sa motivation. De plus les futurs professeurs sont de véritables enseignants chercheurs, les mémoires professionnels les amènent à pousser leur réflexion non seulement sur le domaine disciplinaire mais sur l’approche de leur propre pratique, ce fameux retour réflexif que je ne vois toujours pas assez impulsé en France.
Les recteurs sont des enseignants qui ont suivi une formation ad hoc exigeante, avec des cours de management, de psychologie et de gestion du personnel. Les postes vacants font l'objet de concours nationaux. 
Le directeur et les professeurs ont la grande liberté de décider eux-mêmes des achats nécessaires, des activités des élèves, des travaux à entreprendre. Ils organisent aussi les contenus des programmes dans les différentes matières. Le contenu des cours incite à exprimer ses idées, à débattre et argumenter car c’est une liberté que les Finlandais utilisent rarement dans le contexte extra-éducatif. 


10- Un système qui confère à l’évaluation une très grande place : Des évaluations à tous les niveaux. La Finlande est le pays de l'évaluation. Les écoles s'auto-évaluent, elles s'évaluent entre elles et cherchent à s'enrichir des expériences à l'étranger. En échange d'une grande autonomie, les établissements doivent répondre de leurs résultats. Seule la dernière volée de l'école de base (la 9e) participe aux épreuves nationales. « Les écoles jouent le jeu. Elles considèrent ces épreuves comme des instruments nécessaires pour s'améliorer », « Le succès est atteint si les écoles les moins performantes s'interrogent sur les raisons de leurs faiblesses et se mobilisent pour se corriger. » Pour éviter les effets négatifs d'une comparaison publique des résultats, ceux-ci ne sont jamais publiés dans leur intégralité. Chaque école a connaissance de ses propres performances ainsi que de la moyenne nationale pour s'y référer; la municipalité est aussi informée. A elle de mettre la pression si l'école y rechigne. L'idée de récompenser les meilleures écoles est totalement étrangère à la démarche. Les grandes communes font plutôt l'inverse sans que personne se plaigne. Ainsi Helsinki pratique-t-elle la «ségrégation positive ». Après les tests, des ressources sont parfois soustraites aux meilleurs établissements pour être réallouées aux moins bons. Une admirable démonstration du civisme finlandais. »


- Conséquence: que faudrait-il comprendre de tout cela? Est-il possible de tirer quelque leçons d'une réussite? Est-ce le développement des potentiels humais est une question de moyens ou de possibilités mentales: la façon même de voir les choses et le monde. L'école n'est-elle pas une philosophie de vie? 








 Réponse N°16 21810

Question...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 23-05-12 à 23:58



Pourrions-nous apprendre quelque chose du système éducatif français?





 Réponse N°17 21825

"Le système éducatif français est à bout de souffle"
  Par   abdeslam slimani  (Profle 24-05-12 à 09:51



Mixité sociale en péril, égalité des chances devenue illusoire : le système éducatif français est malade. François Dubet, sociologue de l’éducation, identifie les causes de sa maladie et propose des remèdes. Un discours dérangeant qui met à mal quelques idées reçues.



L’éducation nationale est aujourd’hui en crise. Elle semble bien loin de l’école voulue par Jules Ferry. A l’image de la société, mixité sociale et égalité des chances semblent en net recul.

François Dubet – Le constat est trop abrupt. Certaines zones urbaines se ghettoïsent avec des quartiers périphériques habités par les pauvres, les immigrés, les cas sociaux… Une infime minorité possède des revenus « obscènes ». A l’inverse, une autre est composée de SDF, d’exclus de la vie sociale et économique. C’est choquant et scandaleux. Mais on ne peut lire toute vie sociale à travers ce filtre. 95 % de la population ne relève d’aucune de ces catégories. Ceci posé, il existe à coup sûr une perception indignée de la situation scolaire. Ce grand projet républicain français d’une école qui serait le creuset où se mêlent toutes les catégories sociales a fonctionné en France plutôt moins bien qu’ailleurs dans les deux dernières décénnies. Il y a donc un très fort ressentiment face à un espoir déçu, une promesse non tenue.

D’où cette idéologie du « c’était mieux avant ». Certains vivent l’école de la IIIe République comme un paradis perdu.

F.D. - Nous nous inventons une légende. L’école de la République n’a jamais fait de la mixité sociale un but à atteindre. Elle fonctionnait sur des clivages sociaux brutaux : en 1950, il n’y avait que 6 % d’une classe d’âge qui obtenait le baccalauréat. Il ne s’agissait que de fils de familles bourgeoises et des héritiers(1). Il y avait bien quelques enfants du peuple qui avaient eu la chance d’être repérés par leurs instituteurs mais ils constituaient une infime minorité. L’ascenseur social existait mais très peu de personnes avaient l’occasion de le prendre. L’origine de cette légende, et la déception qu’elle engendre, vient d’une période exceptionnelle : entre 1950 et 1970, le système scolaire a connu une réelle ouverture engendrant la première massification ; parallèlement, l’économie a généré de nombreux emplois qualifiés. Que l’on ait ou non suivi des études brillantes, chacun trouvait sa place. Il n’y avait pas d’exclu. Cette période tout à fait atypique dans l’histoire de la société française est perçue aujourd’hui comme normale alors qu’elle fut une exception.

Mais il ne s’agit pas d’une simple affaire de perception et d’espoir déçu.

F.D. - Le constat est limpide : le système scolaire produit de l’exclusion et certains établissements, surtout des collèges, constituent de vrais lieux de relégation où les élèves n’ont aucune chance. Le problème c’est que l’on n’a pas su gérer le phénomène de massification. On a multiplié la construction d’établissements scolaires, on a accueilli de plus en plus d’élèves au collège, au lycée puis à l’université mais on a conservé le même système sélectif : le cursus scolaire est demeuré le lieu de sélection tel que l’avait voulu la méritocratie républicaine. On a créé des diplômes qui ne donnent accès à aucun emploi, ou à des emplois sous-qualifiés. Après la massification, les études ont cessé d’être synonymes de réussite sociale automatique. Les mâchoires du piège se sont refermées avec ce paradoxe que la massification qui aurait dû générer de la mixité sociale a déclenché le phénomène inverse. Le système français repose sur la notion d’égalité des chances : tout le monde a accès à l’enseignement. A chacun d’aller le plus loin et d’accéder à une position inégalitaire, avec légitimité puisque cela est dû à son seul mérite. Sauf que cela reste largement théorique : les familles des classes moyennes et supérieures ont depuis longtemps intégré les règles de fonctionnement de l’enseignement et en sont les grandes bénéficiaires alors que les nouveaux venus se sentent exclus et trompés.

Mais l’école a toujours joué ce rôle de sélection, voire d’écrémage.

F.D. - L’école actuelle n’a certes pas inventé la concurrence qui existait déjà sous la IIIe République mais, avec l’augmentation massive des effectifs, elle l’exacerbe. La France est une des rares pays au monde à noter les gamins dès l’école élémentaire. Conscients de cette concurrence, les parents qui le peuvent, mettent leurs enfants dans les établissements publics de meilleure réputation, ou, s’ils ne le peuvent pas, dans les établissements privés. Ils ne le font pas par refus de la mixité sociale mais pour donner les meilleures chances à leurs enfants. La conséquence, c’est que mécaniquement la mixité sociale diminue. On ne peut pas prétendre qu’en l’espèce l’école n’est que le miroir de notre société. Au risque de briser quelques idées reçues, la France est un des pays les moins inégalitaires du monde : elle se situe au niveau de l’Allemagne et juste derrière les pays scandinaves qui sont plus égalitaires que nous. A l’inverse, les sociétés anglo-saxonnes sont plus inégalitaires pour ne rien dire des pays pauvres et émergeants. Mais la particularité de la France, mise en lumière par les enquêtes internationales, c’est de sécréter davantage d’inégalités scolaires qu’il ne devrait y en avoir au vu des inégalités sociales. Une enquête réalisée à Bordeaux met en évidence que dans les quartiers à forte population immigrée, la proportion d’immigrés est plus forte dans l’établissement scolaire. A l’autre bout de la chaîne, les élites sociales et scolaires se concentrent les établissements réputés du centre-ville et le recrutement des élites est perçu comme de plus en plus fermé et de plus en plus injuste. Au bout du compte le système scolaire n’est pas forcément plus inégalitaire aujourd’hui qu’hier, mais il est perçu comme étant beaucoup injuste parce que chacun est obligé de jouer le jeu scolaire et parce que la promesse d’équité est sans cesse trahie.

Le système est bloqué. Comment en sortir ?

F.D. - Il faut changer la philosophie de l’enseignement qui repose sur la méritocratie républicaine et l’égalité des chances, l’une et l’autre étant excellentes en principes, mais aboutissant à ce qu’il y a moins d’élèves pauvres dans les grandes écoles françaises que dans les universités élitistes et payantes des Etats-Unis. Dire aux élèves : les portes de l’école vous sont ouvertes, vous êtes tous sur la même ligne de départ relève de la fiction. Certains perçoivent très bien qu’on leur demande de jouer à un jeu dont ils n’ont pas les atouts. Ils nous le font payer par leur agressivité : « je vais perdre et en plus on va m’accuser d’être responsable de mon échec ». Il est très significatif de constater que dans certains établissements, les premiers de la classe se font rejeter par leurs camarades. Il faut arrêter cette façon de penser qui veut que l’on se scandalise surtout parce qu’il n’y ait pas d’enfants d’ouvriers à Polytechnique ou dans les conseils d’administration des entreprises du CAC 40, arrêter de considérer que la priorité est de créer des filières spécifiques d’accès aux grandes écoles, initiatives louables mais qui concernent un nombre infime d’individus. La priorité doit être les 150 000 élèves qui quittent chaque année le cursus scolaire sans aucun diplôme ; et bien sûr, la majorité d’entre eux est issue de familles ouvrières. Mais certains mythes ont la vie dure et on refuse d’en examiner les conséquences. Par exemple, le principe de la gratuité des études est en soi excellent. Mais si on creuse un peu, on constate que les études les plus coûteuses les plus longues, et surtout les études dans les filières prestigieuses, accueillent en majorité les enfants de la bourgeoisie. Qu’en conclure, sinon que par le biais de l’impôt, les pauvres payent pour les riches ? Il faut sortir de ce système hypocrite de l’égalité des chances auquel j’oppose celui de l’égalité des places dans lequel l’établissement scolaire n’est plus un lieu de sélection et de hiérarchisation mais celui où tous les élèves acquièrent un certain volume de savoirs et connaissances nécessaires à la sortie du collège afin que la sélection des uns, qui est normale, ne se fasse pas aux dépends des autres.

C’est l’idée du socle commun de connaissances et de compétences, institué en 2006, à l’élaboration duquel vous avez pris une part active et qui a été violemment critiqué par une partie de la gauche et du monde enseignant.

F.D. – On a instruit un mauvais procès avec cette notion de compétence qui reposerait sur une conception utilitariste de l’école qui se vendrait au monde économique. On pourrait rappeler que le Plan Langevin-Wallon élaboré à la Libération proposait que les élèves viennent au collège se préparer à un métier. Sur les compétences proprement dites, il me paraît important qu’en anglais par exemple, tout élève soit capable, à sa sortie du système éducatif, de communiquer dans cette langue lire une notice en anglais, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Libre à ceux qui le souhaitent de continuer et de s’intéresser à la culture et à la littérature anglo-saxonne. Dans la logique du socle, la notion de soutien scolaire s’inverse. Tous les élèves atteignent un certain niveau. Ceux qui aiment les mathématiques peuvent bénéficier de cours supplémentaire pour aller plus loin. Il ne s’agit nullement d’évaluer les compétences des mauvais élèves et les savoirs des bons élèves. Cela, c’est une application pervertie du socle. L’idée du socle commun c’est que tous les élèves sachent ce qu’ils doivent apprendre. Elle est indissociable de celle du collège unique.

La circulaire de rentrée 2011-2012 prévoyait une expérimentation de dérogation au collège unique et dans une déclaration récente, le président de la République a envisagé sa suppression.

F.D. – C’est logique. Ce système de l’égalité des chances et de la concurrence s’est violemment accru sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Son programme scolaire est brutal, libéral : la ligne de départ est la même pour tous, les meilleurs réussiront. La fin du collège unique signifie que nous verrons les blancs d’un côté, les autres de l’autre, voire les filles d’un côté, puisqu’elles réussissent mieux que les garçons, et les garçons de l’autre. C’est insupportable. Mais, en fin stratège politique, il piège la gauche qui va se retrouver à défendre un système que les enquêtes internationales, les experts, les enseignants, les hauts fonctionnaires, reconnaissent comme bloqué. Il faudra à la gauche du courage politique pour mettre en œuvre une indispensable réforme. Le projet du parti socialiste n’est pas si mal. Il faut voir ce que va en retenir le candidat Hollande.

Quelles pourraient être les pistes de cette réforme ?

F.D. – Il faut clairement garder le collège unique : les pays qui s’en sortent le mieux en éducation sont ceux qui ont une école commune jusqu’à 16 ans, et pas ceux qui orientent trop tôt leurs élèves dans des filières spécifiques. Rapprocher l’école élémentaire du collège constitue un enjeu important. Il faut bien évidemment rétablir la formation des enseignants mise à mal avec la suppression des instituts de formation des maîtres, IUFM. Il faut aussi affirmer que le modèle du professeur titulaire spécialisé au collège dans une seule discipline ne peut être défendu. L’établissement scolaire doit se définir comme le lieu où une communauté d’adultes prend en charge une communauté d’élèves. Ce n’est pas le cas actuellement : les élèves sont trop souvent là pour apprendre et réciter. On ne peut pas non plus garder le baccalauréat en l’état. Il est fictivement le premier diplôme de l’enseignement supérieur. Dans les faits, il est un aussi certificat de fin d’études supérieures. Il faut le reconnaître comme tel. Enfin, plutôt que de nier la sélection, il faut la nommer si on veut la gérer avec justice. Aujourd’hui, les jeunes se dirigent vers les filières scientifiques reconnues comme les plus rentables. Dès qu’on ouvre une filière sélective, elle est prise d’assaut. Plutôt que d’être dans le déni, il faut gérer les processus de sélection afin qu’ils soient efficaces et équitables, ce qui n’est pas le cas quand la moitié des étudiants sont sélectionnés.

Beaucoup de ces propositions peuvent jeter enseignants et élèves dans la rue.

F.D. - Pour réformer l’éducation nationale, il faut un grand courage politique. Il est vrai que de nombreux facteurs ne portent pas vers la réforme. Pourquoi les classes moyennes et supérieures voudraient changer un système dont elles tirent profit ? Ces réformes se heurtent également à cette rhétorique radicale qui veut tout changer mais qui, en attendant, défend farouchement l’existant et se retrouve associée à un conservatisme obstiné. Je demeure quand même raisonnablement optimiste : aujourd’hui, l’éducation est dans le débat. Cela n’a pas toujours été le cas. Un consensus existe pour dire que le système est à bout de souffle.

(1) Au sens que Bourdieu donne à ce nom, soit des enfants issus de familles au capital culturel suffisamment élevés pour bénéficier d’un environnement propice au cursus scolaire.

NOTE BIOGRAPHIQUE :

François Dubet est sociologue, spécialiste de l’éducation. Il est professeur à l’université Victor Segalen-Bordeaux II et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, EHESS. Parmi ses publications les plus récentes : Les places et les chances, Seuil, 2010 – Les sociétés et leurs écoles. Empire du diplôme et cohésion sociale, Seuil, 2010, en collaboration avec M. Duru-Bellat et A. Veretout.

Source : Frituremag.info





 Réponse N°18 21828

... un système marocain tout cours!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 24-05-12 à 11:49



Quelles conséquences devrions-nous tirer d'un système auquel nous empruntons presque toutes les méthodes: lecture méthodique, systèmes des conseils, de l'inspection, de la gestion du rythme scolaire, etc. Pourrions-nous avoir un système marocain tout cours? Qui le fera?

Mais il faut connaitre bien sûr avant d'agir...

"Je demeure quand même raisonnablement optimiste : aujourd’hui, l’éducation est dans le débat. Cela n’a pas toujours été le cas. Un consensus existe pour dire que le système est à bout de souffle."François Dubet.

Qu'en est-il de nous! Y'a-t-il prémisse de vrais débats autour de notre système éducatif?





InfoIdentification nécessaire
Identification bloquée par
adblock plus
   Identifiant :
   Passe :
   Inscription
Connexion avec Facebook
                   Mot de passe oublié


confidentialite Google +