Synthèse de documents : l'hypocrisie (molière - hugo - sefrioui)

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 05-12-13 à 09:36  Lu :4030 fois
     
  
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L'hypocrisie: Pour ou contre?

Synthèse de documents

Par: Jaafari Ahmed

  1. Introduction

Amener le sujet:

La réussite des relations entre les gens dans la société est tributaire du degré de respect des bonnes manières et des codes de conduite instaurés au préalable par la société elle-même. Ceux-ci sont véhiculés aussi bien par l'éducation que par les enseignements tirés des expériences personnelles.

Poser la problématique:

Parmi les attitudes qu'adoptent les gens en vue d'avoir une place dans le cercle où ils évoluent, il en est une qui semble la plus efficace: l'hypocrisie. Elle st Considérée comme un vice par les uns, et qualifiée de vertu par les autres, qu'en est-il au juste de ce comportement qui semble incontournable dans les rapports humains?

Annoncer le plan:

Nous allons essayer d'apporter quelques éléments de réponse à cette question qui a fait l'objet d'une littérature foisonnante à travers toute l'histoire de la pensée humaine, et ce en adoptant une synthèse de trois documents dont les auteurs ont évoqué le côté pernicieux de l'hypocrisie.

  1. Présentation des textes et de leurs auteurs

Document 1:

  1. Texte: DOM JUAN, à Sganarelle:

Il n'y a plus de honte maintenant à cela: l'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d'homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu'on puisse jouer aujourd'hui, et la profession d'hypocrite a de merveilleux avantages. C'est un art de qui l'imposture est toujours respectée; et quoiqu'on la découvre, on n'ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure et chacun a la liberté de les attaquer hautement, mais l'hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d'une impunité souveraine. On lie, à force de grimaces, une société étroite avec tous les gens du parti. Qui en choque un, se les jette tous sur les bras; et ceux que l'on sait même agir de bonne foi là-dessus, et que chacun connaît pour être véritablement touchés, ceux là, dis-je, sont toujours les dupes des autres; ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers, et appuient aveuglément les singes de leurs actions. Combien crois-tu que j'en connaisse qui, par ce stratagème, ont rhabillé adroitement les désordres de leur jeunesse, qui se sont fait un bouclier du manteau de la religion, et, sous cet habit respecté, ont la permission d'être les plus méchants hommes du monde? […]. Enfin c'est là le vrai moyen de faire impunément tout ce que je voudrai. Je m'érigerai en censeur des actions d'autrui, jugerai mal de tout le monde, et n'aurai bonne opinion que de moi. Dès qu'une fois on m'aura choqué tant soit peu, je ne pardonnerai jamais et garderai tout doucement une haine irréconciliable. Je ferai le vengeur des intérêts du Ciel, et, sous ce prétexte commode, je pousserai mes ennemis, je les accuserai d'impiété, et saurai déchaîner contre eux des zélés indiscrets, qui, sans connaissance de cause, crieront en public contre eux, qui les accableront d'injures, et les damneront hautement de leur autorité privée. C'est ainsi qu'il faut profiter des faiblesses des hommes, et qu'un sage esprit s'accommode aux vices de son siècle.

Extrait de la scène 2 de l'acte V de Dom Juan, Molière

  1. Auteur:

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, né à Paris, baptisé le 15janvier1622 et mort le 17février1673 à Paris, est un dramaturge auteur de comédies, mais aussi un comédien et chef de troupe de théâtre français qui s'est illustré au début du règne de Louis XIV.

Peintre des moeurs de son temps, surtout de la bourgeoisie dont il dénonce les travers (prétention nobiliaire, place des femmes, mariage d'intérêt…), Molière a créé en même temps des personnages emblématiques dont la liste est longue: Monsieur Jourdain, Harpagon, Alceste et Célimène, Tartuffe et Orgon, Dom Juan et son valet Sganarelle, Argan le malade imaginaire…

Dom Juan ou le Festin de pierre est une comédie de Molière en cinq actes (comportant respectivement trois, cinq, cinq, huit et six scènes) et en prose jouée pour la première fois le 15février1665 au théâtre du Palais-Royal.

Dom Juan est un personnage infidèle, séducteur, libertin blasphémateur, être de l'inconstance et du mouvement. Dom Juan, jeune noble vivant en Sicile accompagné de son fidèle valet Sganarelle, accumule les conquêtes amoureuses, séduisant les jeunes filles nobles et les servantes avec le même succès.

Document 2

  1. Texte:

L'hypocrisie avait pesé trente ans sur cet homme. Il était le mal et s'était accouplé à la probité. Il haïssait la vertu d'une haine de mal marié. Il avait toujours eu une préméditation scélérate ; depuis qu'il avait l'âge d'homme, il portait cette armure rigide, l'apparence. Il était monstre en dessous ; il vivait dans une peau d'homme de bien avec un coeur de bandit. Il était le pirate doucereux. Il était le prisonnier de l'honnêteté ; il était enfermé dans cette boîte de momie, l'innocence ; il avait sur le dos des ailes d'ange, écrasantes pour un gredin. Il était surchargé d'estime publique. Passer pour honnête homme, c'est dur. Maintenir toujours cela en équilibre, penser mal et parler bien, quel labeur ! Il avait été le fantôme de la droiture, étant le spectre du crime. Ce contresens avait été sa destinée. Il lui avait fallu faire bonne contenance, rester présentable, écumer au-dessous du niveau, sourire ses grincements de dents. La vertu pour lui, c'était la chose qui étouffe. Il avait passé sa vie à avoir envie de mordre cette main sur sa bouche. Et voulant la mordre, il avait dû la baiser. Avoir menti, c'est avoir souffert. Un hypocrite est un patient dans la double acception du mot ; il calcule un triomphe et endure un supplice. La préméditation indéfinie d'un mauvais coup accompagnée et dosée d'austérité, l'infamie intérieure assaisonnée d'excellente renommée, donner continuellement le change, n'être jamais soi, faire illusion, c'est une fatigue. […]. La douceur que la ruse donne à la scélératesse répugne au scélérat, continuellement forcé d'avoir ce mélange dans la bouche, et il y a des instants de haut-le-coeur où l'hypocrite est sur le point de vomir sa pensée. Ravaler cette salive est horrible. Ajoutez à cela le profond orgueil. Il existe des minutes bizarres où l'hypocrite s'estime. Il y a un moi démesuré dans le fourbe. Le ver a le même glissement que le dragon et le même redressement. Le traître n'est autre chose qu'un despote gêné qui ne peut faire sa volonté qu'en se résignant au deuxième rôle. C'est de la petitesse capable d'énormité. L'hypocrite est un titan, nain.

Extrait du chap. 6 du Livre VI, Les Travailleurs de La Mer, Victor Hugo, 1865.

  1. L'auteur:

Victor Hugo est né le 26 Février 1802 à Besançon en France. Il est poète, romancier et dramaturge. . Les romans les plus connus de Victor Hugo sont Notre-Dame de Paris (1831) et Les Misérables (1862).

Entre 1827 et en 1830, il écrit les pièces Cromwell et d'Hernani le roman le dernier jour d'un condamné. De 1830 à 1840, il publie son grand roman historique, Notre-Dame de Paris (1831) ; des drames, Marion de Lorme (1831), Le roi s'amuse (1832), Marie Tudor (1833), Lucrèce Borgia (1833), Ruy Blas (1838); et quatre recueils de poésies, où il se s'affirme dans l'expression lyrique aussi bien des idées des sentiments: les Feuilles d'automne (1831), les Chants du crépuscule (1835), les Voix intérieures (1837), les Rayons et les Ombres (1840). Hugo s'affirme comme le chef du romantisme. Victor Hugo est mort à Paris le 23 Mai 1885 à 83 ans.

Les Travailleurs de la Mer est un roman dédié aux marins, écrit lors de son exil sur le rocher de Jersey.

Document 3

  1. Texte:

[…]Abdennebi, qui était présent, répondit:

«- Lahbib a trop écouté les histoires d'Abdallah, son cerveau est malade. Allah est le seul Savant: les agissements d'Abdallah ne sont pas ceux d'un honnête musulman. L'avez-vous vu jamais faire sa prière? Quitte-t-il sa boutique à l'heure du repas? Respecte-t-il le Vendredi? Prononce-t-il jamais une parole pieuse? C'est un corrupteur, un Satan enturbanné, un démon à barbe blanche qui vit dans le mensonge comme un pourceau dans la fange.

«Lahbib, de nature paisible d'ordinaire, rougit d'indignation. Il s'écria:

«- Faudrait-il qu'il te ressemble pour mériter le nom de musulman? Tu fais tes prières, nous en sommes témoins, tu quittes ta boutique aux heures des repas; tu respectes le vendredi et tes discours sont fleuris de citations coraniques et de hadiths. Tout cela, nous en sommes témoins. Mais de ta bouche coulent souvent le venin de la médisance, les puanteurs de la calomnie, l'odeur de la mort et d'autres germes de destruction. Tu n'es même pas Satan parce qu'aucune de tes oeuvres ne porte le sceau d'une certaine grandeur. Tout au plus, tu es un rat d'égout, mais qui se serait roulé dans de la bonne farine bien blanche. Il pense que la farine le rendra pur, alors que son contact suffit à la souiller.

«Abdennebi bondit pour le frapper; Lahbib, forgeron de son métier, l'attrapa par les poignets et sans s'émouvoir continua son sermon:

«- Vois-tu, les faibles ont toujours recours à la violence. Mes bras manient le fer et ne craignent pas le feu; aussi, je ne les emploierai pas à écraser les blattes de ton espèce. Je ne défends pas Abdallah l'épicier, j'essaie simplement d'éclairer ton ignorance, toi, qui prétends être si savant! Mais tu as le crâne si épais et l'âme momifiée. Tu es un cadavre et je n'aime pas toucher les charognes.

« Lahbib flanqua Abdennebi contre le mur et partit. Il jeûna plus d'une semaine pour se purifier de sa colère.».

Extrait du Chapitre IV, La Boîte à Merveilles, Ahmed SEFRIOUI, 1954

  1. Auteur:

Ahmed Sefrioui, né à Fès en 1915 et décédé à Rabat le 25 février 2004, est le premier écrivain marocain de langue française. Il fut conservateur du musée à Fès, ville que l'on retrouve dans la plupart de ses écrits. De l'école coranique aux écoles de Fès, en passant par la découverte de la langue française, se fait un cheminement que l'on retrouve dans ses écrits «historiques».Il devient journaliste à L'Action du Peuple, puis assure des fonctions dans la gestion et la protection du patrimoine de la ville de Fès. Il entre ensuite à la direction du tourisme à Rabat. En 1947, il reçoit le grand prix littéraire du Maroc, attribué pour la première fois à un Marocain, pour le manuscrit du Chapelet d'ambre. La majorité de ses écrits feront l'objet de rééditions ou de traductions. Ahmed Sefrioui publie quatre ouvrages de fiction et plusieurs ouvrages documentaires sur le Maroc: Le Chapelet d'ambre: Recueil de nouvelles mystiques dans lequel il évoque la médina de Fès. La Boîte à merveilles, Paris, Le Seuil, 1954: Roman autobiographique qui raconte les souvenirs d'un enfant nommé Sidi Mohammed. La Maison de servitude, Paris, benjermoun, 1981: Roman métaphysique, suite informelle de La Boîte à merveilles. Le Jardin des sortilèges, ou le Parfum des légendes, Rabat, Marsam, 2001 Recueil de contes puisés dans le fond de littérature orale des milieux populaires traditionnels.

La Boîte à Merveilles est un roman à caractère autobiographique où l'auteur, enfant, sous le nom de Sidi Mohamed, raconte des épisodes de son enfance (neuf mois). Qualifié d'ethnographique, ce récit met l'accent sur les spécificités de la société traditionnelle marocaine à Fès dans les années 30 du XXème siècle vue, apparemment, à travers le regard d'un enfant.

  1. Problématique et idées principale

  1. Problématique de la synthèse:

L'hypocrisie du latin hypocrisis, et du grec hupokrisis, signifie «action de jouer un
rôle», donc un hypocrite est quelqu'un qui fait semblant, qui est faux.

Une première lecture des extraits choisis, nous permet de relever ce côté artificieux de l'hypocrite, et nous pousse à définir dors et déjà deux axes principaux , à savoir le Paraître de l'hypocrite auquel nous opposerons son Être sans lequel le Paraître n'aurait pas de sens. Et pour répondre à notre problématique, nous rechercherons aussi le côté maléfique de l'hypocrite.

  1. Idées principales qui soutiennent la problématique:

  • Le Paraître angélique chez l'hypocrite

  • L'Être maléfique de l'hypocrite

  1. Tableau de repérage d'indices:

Doc.1: Le personnage Dom Juan de Molière

Le Paraître

  • passent pour vertus,

  • Le personnage d'homme de bien,

  • les personnages qu'on puisse jouer,

  • C'est un art de qui l'imposture,

  • à force de grimaces,

  • ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers,

  • appuient aveuglément les singes de leurs actions,

  • par ce stratagème, ont rhabillé adroitement,

  • qui se sont fait un bouclier du manteau de la religion,

  • sous cet habit respecté,

  • Je m'érigerai en censeur des actions d'autrui,

  • jugerai mal de tout le monde, et n'aurai bonne opinion que de moi.

  • je ne pardonnerai jamais,

  • et garderai tout doucement une haine irréconciliable.

  • Je ferai le vengeur des intérêts du Ciel,

  • sous ce prétexte commode,

  • et saurai déchaîner contre eux des zélés indiscrets,

L'Être

  • les vices

  • la profession d'hypocrite

  • l'hypocrisie est un vice privilégié

  • ferme la bouche à tout le monde,

  • jouit en repos d'une impunité souveraine

  • sont toujours les dupes des autres

  • les désordres de leur jeunesse

  • d'être les plus méchants hommes du monde

  • c'est là le vrai moyen de faire impunément tout ce que je voudrai

  • je pousserai mes ennemis

  • je les accuserai d'impiété

  • qu'il faut profiter des faiblesses des hommes

  • qu'un sage esprit s'accommode aux vices de son siècle.

Synthèse

  1. Le Paraître:

  • L'hypocrisie est un comportement à la mode dans la haute société.

  • C'est un art qu'il faut savoir maitriser

  • C'est de l'imposture qui sert à déguiser tous les défauts, et la mauvaise réputation.

  • Jouer l'argument de la religion est efficace dans le projet de l'hypocrisie.

  1. L'Être:

- L'hypocrite mondain, fait une profession de son hypocrisie.

- c'est un vice mais c'est un atout pour celui qui sait en user.

- L'hypocrite peut agir à sa guise sans être inquiété par les autres, surtout s'il joue la censure du faux dévot.

Doc.2: Le personnage Clubin de Victor Hugo

Le Paraître

  • La probité,

  • il portait cette armure rigide, l'apparence.

  • il vivait dans une peau d'homme de bien,

  • …doucereux,

  • de l'honnêteté

  • il était enfermé dans cette boîte de momie, l'innocence.

  • il avait sur le dos des ailes d'ange,

  • Il était surchargé d'estime publique.

  • Passer pour honnête homme,

  • parler bien,

  • l avait été le fantôme de la droiture,

  • lui avait fallu faire bonne contenance, rester présentable,

  • sourire,

  • Il avait dû la baiser,

  • d'excellente renommée,

  • n'être jamais soi, faire illusion,

  • la douceur…

L'Être

  • Il était le mal

  • Il haïssait la vertu

  • Il avait toujours eu une préméditation scélérate

  • Il était monstre en dessous ;

  • avec un coeur de bandit

  • Il était le pirate

  • Il était le prisonnier

  • il était enfermé…

  • gredin

  • penser mal

  • étant le spectre du crime

  • écumer au-dessous du niveau

  • ses grincements de dents

  • à avoir envie de mordre cette main sur sa bouche

  • c'est avoir souffert

  • calcule un triomphe et endure un supplice

  • La préméditation indéfinie d'un mauvais coup

  • l'infamie intérieure

  • que la ruse donne à la scélératesse

  • le profond orgueil.

  • Il y a un moi démesuré dans le fourbe.

  • Le traître n'est autre chose qu'un despote gêné

  • C'est de la petitesse …nain.

Synthèse

  1. Le Paraître:

  • L'hypocrite est une personne qui joue avec l'apparence. Il incarne les personnages de vertus telles que l'innocence, la droiture, l'honnêteté.

  • Il passa pour un ange parmi les hommes.

  • Il est souriant, se doit de garder l'estime des gens.

  • Il ira jusqu'à s'incliner pour baiser les mains des autres.

  • , c'est un faux personnage, qui n'est jamais soi-même puisqu'il joue sur l'illusion.

  1. L'Être:

  • En réalité, c'est un être de mal, qui hait la vertu

  • C'est un monstre qui prémédite et calcule.

  • Il veut du mal aux autres, mais se contient et étouffe sa rage.

  • C'est un infâme orgueilleux mais se rabaisse pour plaire.


Doc.3: Le personnage Abdennebi d'Ahmed Sefrioui

Le paraître

angélique

a- Ce que dit Abdennebi d'Abdallah:( pour signifier qu'il est hypocrite)

  • les histoires d'Abdallah

  • les agissements d'Abdallah

  • enturbanné

  • à barbe blanche

b- Ce que dit Lahbib de/à Abdennebi: :( pour signifier qu'il est hypocrite)

  • Tu fais tes prières

  • tu quittes ta boutique aux heures des repas

  • tu respectes le vendredi

  • tes discours sont fleuris de citations coraniques et de hadiths

  • mais qui se serait roulé dans de la bonne farine bien blanche.

  • Il pense que la farine le rendra pur

  • prétends être si savant

L'être

Maléfique

  1. Ce que dit Abdennebi d'Abdallah:( pour dévoiler sa vérité)

  • Ne sont pas ceux d'un honnête musulman;

  • C'est un corrupteur

  • Un Satan

  • Un démon

  • Vit dans le mensonge

  • Un pourceau dans la fange

b-Ce que dit Lahbib de/à Abdennebi: :( pour signifier qu'il est hypocrite)

  • faudrait-il qu'il te ressemble…?

  • mais de ta bouche coulent souvent le venin de la médisance,

  • les puanteurs de la calomnie,

  • l'odeur de la mort et d'autres germes de destruction.

  • tu es un rat d'égout

  • son contact suffit à la souiller.

  • les faibles ont toujours recours à la violence

  • écraser les blattes de ton espèce.

  • ton ignorance;

  • tu as le crâne si épais et l'âme momifiée.

  • les charognes.

Synthèse

  1. le Paraître:

  • l'hypocrite ne raconte que des histoires et non la vérité.

  • Il a des agissements et non des comportements.

  • Il porte seulement les habits du musulman.

  • L'hypocrite fait ce que doit faire un musulman. Il s'habille en blanc et pense que cela le rendra pur. Il prétend au savoir.

  1. L'Être:

  • L'hypocrite n'est pas un honnête homme

  • Au regard de la religion c'est un corrupteur, un Satan qui vit dans les mensonges.

  • L'hypocrite ne pense qu'au mal, et calomnie les autres.

  • Il souille la religion .C'est être bas, vil, un ignorant dont l'âme est morte.

  1. Développement

  1. Le Paraître angélique chez l'hypocrite

Dan le premier document, Molière, en peintre des moeurs de son siècle, met en scène le archétype du libertin dépravé. En effet, Dom Juan est un jeune noble qui vit en Sicile, et qui accumule les conquêtes amoureuses. Il séduit les aussi bien les jeunes filles nobles que les servantes. Ce qui l'intéresse, c'est la conquête puisqu'il abondance aussitôt les filles séduites. Il n'a pas peur des duels. Il est cynique et se moque même de la religion. Dans sa réplique à son fidèle serviteur Sganarelle, sorte de double qui fait ressortir le caractère du héros, il avance ses raisons de jouer l'hypocrite. L'hypocrisie étant un vice à la mode, il se doit, lui homme du monde, d'y exceller. C'est en effet un art de se comporter en jouant sur les apparences. Il faut savoir échanger les grimaces, car tous les sourires sont faux. Certes, les gens n'y sont pas dupes, mais «On lie, à force de grimaces, une société étroite avec tous les gens du parti». L'avantage de l'hypocrisie c'est aussi de cacher une mauvaise réputation, de changer un passé douteux. Jouer au faux dévot, impose aux gens le respect. Dom Juan entend bien en tirer profit, en s'érigeant défenseur des dogmes religieux qu'il bafoue lui-même, et ce en jouant sur la censure face aux gens de son cercle. L'hypocrite sait «ainsi profiter des faiblesses des hommes».

Pour le deuxième document, Victor Hugo en psychanalyste entreprend de décortiquer la nature perfide de l'hypocrite. Clubin est un homme qui a longtemps souffert de son attitude d'hypocrite face aux gens devant qui il devait se courber à cause de sa pauvreté. Mais, dès qu'il a hérité d'une fortune, il se prépare à se venger de toutes les humiliations que sa condition lui avait imposées. Dans ce texte, le personnage est face à lui-même. Il est son propre double. Il entamera ensuite un monologue où il prépare sa vengeance en la justifiant. Mais, en attendant, Victor Hugo dévoile les efforts insoutenables que fait un hypocrite pour jouer de l'apparence. En effet, Clubin, joue à la droiture, et à l'innocence. Il se comporte comme un ange. Son souci majeur est de garder l'estime des autres. Il s'abaisse jusqu'à baiser la main des gens qu'il hait. Mais cela lui coûte de jouer à l'illusion, ce qui ne fait qu'augmenter sa rage contre ceux-là-mêmes qu'il fait semblant de vénérer. L'auteur le qualifie à juste titre de «patient dans la double acception du mot». En effet, il fait preuve de patience en calculant sa vengeance, mais il en est malade parce qu'il souffre l'inhibition et l'humiliation de sa rage refoulée.

Notre troisième texte appartient, certes, à une toute autre culture que celle des deux premiers textes, mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit toujours de l'homme, cet être universel qui adopte les mêmes comportements partout ailleurs. Il est vrai aussi que Sefrioui n'entend pas faire une étude de caractères, mais dans cette mise en abîme, où l'enfant raconte l'histoire que son père raconte à sa mère, il y a une ébauche d'analyse de l'hypocrite selon le milieu traditionnel marocain où la religion est omniprésente et où le pire des pêchés est l'hypocrisie.

Nous avons ainsi, le personnage Abdennebi qui qualifie Abdallah d'hypocrite, parce qu'il raconte des histoires. Les Histoires ne peuvent être des mensonges. C'est l'illusion contre la vérité de la science de Dieu. Il faut signaler au passage, qu'Abdallah lui-même déclare qu'il n'est qu'un conteur d'histoire et non un savant. Mais Abdennebi le taxe de faux musulman car il n'a que l'apparence dans le turban et la barbe blanche, mais non les comportements tels que la prière et les paroles pieuses. C'est donc un Satan ou un démon.

Or, Lahbib qui voit que le vrai hypocrite est Abdennebi lui-même, lui démontre qu'il a le vrai comportement dont il taxe à tort Abdallah. En effet, c'est lui qui arbore l'apparence du musulman, fait ses prières, respecte le Vendredi, ses «discours discours sont fleuris de citations coraniques et de hadiths». Il s'habille en blanc, mais ses comportements autres que celui d'un honnête musulman, car il médit des autres et ne cherche qu'à les calomnier, arguant la religion dont il bafoue le principe fondateur à savoir la bonne parole qui ne blesse personne. Enfin, il est ignorant, alors qu'il prétend qu'il est savant puisqu'il se permet de juger les autres.

  1. L'Être maléfique de l'hypocrite

Si nous intéressons à l'Être de Dom Juan, nous découvrons, comme il le dit lui-même d'ailleurs, que le séducteur a besoin de jouer de l'hypocrisie pour réussir ses projets. Pour ce faire, il en fait une profession dans les règles de l'art. C'est un travail de tous les instants. L'hypocrite est un fin psychologue qui anticipe les réactions des autres et déjoue leurs réactions. Il est conscient que «C'est un art de qui l'imposture est toujours respectée; et quoiqu'on la découvre, on n'ose rien dire contre elle»; ainsi Dom Juan évolue avec facilité grâce à cette faculté qu'il a de provoquer une symbiose entre son Être malintentionné et son Paraître provocateur de l'admiration des gens avec qui il use d'hypocrisie. Ceci est d'autant plus facile pour lui, qu'il est membre influant de cette société d'apparat qu'est la noblesse. Enfin, L'hypocrite que joue Dom Juan est un blasphémateur car il use de la censure de la religion pour servir ses projets impies. C'est un être démoniaque qui utilise la religion pour acculer ses opposants à se sentir fautifs, et par conséquent il se fortifie de leurs faiblesses; c'est en parfait calculateur qu'il l'affirme alors: « c'est là le vrai moyen de faire impunément tout ce que je voudrai.»

Pour Clubin de Victor Hugo, il est clair que c'est un être doué de mauvaises intentions. Durant sa vie, il a toujours enragé alors qu'il se pliait devant les gens. Il hait la vertu dont il fait montre en société. Il est qualifié de monstre qui prémédite de morde la main qu'il baise. Son sourire n'est en réalité qu'un grincement de dents qu'il réussit à transformer. Sans cesse, il est en proie aux tourments et aux souffrances que lui impose l'effort de paraître innocent.« Il lui avait fallu faire bonne contenance» alors qu'il, écumait derrière sa carapace. C'est un scélérat, un coeur criminel, un gredin, derrière cette apparence d'ange. Constamment, il ravale sa salive, qui a le goût de la mort et de la turpitude. Ceci ne fait qu'augmenter sa haine envers autrui. Et ce qui rend sa souffrance intolérable, c'est qu'il est orgueilleux. Il se croit supérieur aux autres et n'admet pas cette hypocrisie à laquelle il est contraint par faiblesse.

Enfin, Abdennebi , dans la Boîte à Merveilles, est l'archétype du musulman endurci. Il est pratiquant mais il est ignorant. C'est l'exemple des gens qui diabolisent les autres par ignorance, et par conséquent, ils tombent eux-mêmes dans le blasphème. Leur coeur est noir de rancune contre les autres qui n'affichent pas leurs pratiques ou qui ne font pas preuve de zèle. Abdennebi tombe dans la médisance et la calomnie. Il s'acharne sur Abdallah en le traitant de tous les maux qui caractérisent un mécréant. Lahbib, sorte de personnage contre-pieds, met à jour l'Être maléfique d'Abdennebi. Il est comparé à un serpent de la bouche duquel «coule(nt) souvent le venin de la médisance». Et si les belles paroles telles que les citations du Coran et des hadiths, ont la caractéristique de sentir bon quand elles fleurissent dans le discours, la calomnie ne peut exhaler que la puanteur de la mort. Un vrai musulman cherche à construire, à bâtir, à réparer, alors que Abdennebi avec ses calomnies devient un destructeur. Lahbib le compare un rat d'égout sale caché derrière la blancheur des habits, du turban et de la barbe.

Enfin, l'idée de la mort rejoint celles de cadavre et de charogne, car pour Lahbib, Abdennebi, n'a pas d'âme, n'a pas de coeur, il est tout au plus une momie, signifiant par là qu'un vrai musulman, doit avoir un coeur vivant, un coeur bon, indulgent, qui aime ses semblables. Signalons enfin, que tous ces maux, ont une seule origine, c'est l'ignorance et Abdennebi semble-t-il a« le crâne si épais ».

Conclusion

  1. Conclusion objective:

Au terme de cette brève analyse des trois documents, nous relevons que les auteurs ont brossé, chacun de son côté, le portrait de l'hypocrite.

L'individu que choisit Molière est le représentant des tendances de son époque. C'est un libertin qui évolue dans le milieu de la noblesse où les apparences jouent un très grand rôle dans le commerce mondain. Dom Juan est un intellectuel, raffiné, qui joue son rôle d'hypocrite d'une façon consciente. Il semble avoir étudié tous les aspects de la situation dont il veut tirer avantage. Beau, jeune, noble, et riche, l'hypocrisie pour lui est un choix dûment réfléchi. Ses atouts lui permettent d'en user avec aisance, et même de s'en amuser. Et loin, d'être une contrainte, la comédie qu'il joue semble bien lui réussir, puisqu'elle participe à lui donner une image de marque parmi les gens qu'il côtoie, ceci est d'autant plus vrai que ceux-ci sont eux-mêmes victimes de ce vice qui fait office de mode, dans une société en proie aux divertissements. Pour assurer définitivement sa machination, Dom Juan recourt à l'argument suprême, à savoir la religion dont il fait son allié. En effet, le machiavélisme du parfait hypocrite trouve son expression dans le rôle du faux dévot, qui en plus de lui procurer une armure contre toute attaque, le dote d'une arme de censure qu'il dirige vers les éventuels opposants, les acculant ainsi à se sentir coupables eux-mêmes, et ainsi, il éloigne de lui tout risque de reproche ou de dénonciation.

Concernant, Clubin, nous avons un autre type d'hypocrite. C'est en effet, le cas de celui qui est contraint de jouer le rôle par faiblesse, par manque d'atouts pour faire face à la société. C'est quelqu'un de rancunier car il endure cette souffrance de devoir s'abaisser devant les gens qu'il hait. Son hypocrisie est en quelque sorte son billet d'admission dans la société. Il le sait et cela le rend pire. L'effort qu'il doit soutenir tout le temps pour garder bonne impression lui coûte sa patience et c'est à peine qu'il arrive à dissimiler sa rage. Cette sorte d'hypocrite devient dangereuse, car il n'attend que le moment propice pour se venger de la société de tous les supplices qu'il a dû supporter à cause d'elle. Victor Hugo dépeint ce genre d'hypocrite comme un criminel qui prémédite un mauvais coup. En effet, il a tous les caractéristiques de la psychologie d'un malfrat. Ses mauvaises intentions sont à peine voilées par les marques d'humilité, d'innocence et de droiture qu'il affiche devant les gens. Ce dédoublement est signe de démence. Clubin est d'ailleurs un orgueilleux, comme tous les brigands. Il en veut aux autres et dans sa haine aveugle, il en arrive à se sentir supérieur à eux, et vouloir ainsi les écraser. C'est le parfait exemple d'un despote qui n'attend qu'à exercer sa tyrannie.

Enfin, notre troisième exemple met l'accent sur l'hypocrite ignorant. C'est l'individu qui ne sait même pas qu'il est hypocrite. En effet, Abdennebi, incarne le type de musulman qui se croit parfait parce qu'il honore tous les rituels de la religion. Il n'est pas conscient que l'honnêteté doit être un travail sur soi, pour améliorer ses comportements dans la société, envers ses semblables. Un pratiquant qui médit et calomnie les autres, est un hypocrite, car il agit en contradiction avec les principes qu'il semble vouloir défendre. S'en prendre à quelqu'un pour le diaboliser est un acte impie qui ne peut venir que d'une personne dont le fond est mauvais. Lahbib, personnage présenté comme bon, honnête, ne manque pas de remettre Abdennebi à sa place. Et en cela, il fait preuve d'honnêteté, car il dit à son antagoniste ce qu'il pense de lui, en le regardant droit dans les yeux. Donc, il ne médit pas, et il ne calomnie pas. C'est une sorte de leçon que reçoit l'hypocrite, si toute fois, il peut la comprendre, étant ignorant et coléreux.

Quoi qu'il en soit, nous avons trois portraits qui se complètent. L'hypocrite par plaisir, l'hypocrite par contrainte et l'hypocrite par ignorance. Tous les trois présentent un Paraître qui trompe l'entourage, et tous les trois ont un Être caché, différent, sournois, malsain, qui porte les germes de la destruction dont la société sera la principale victime.

  1. Conclusion subjective:

Certes, comme nous venons de le voir, l'hypocrisie est un comportement maléfique, et ne peut en conséquence engendrer que le mal. Et ce aussi bien pour l'hypocrite que pour les gens sur qui s'exerce cette hypocrisie. Les trois portraits que nous venons d'évoquer ne font pas non plus le tour de la question, puisque l'hypocrisie est versatile et peut cohabiter avec tous les genres de comportements humains.

Mais, l'homme peut-il réellement se passer d'hypocrisie? Est-il toujours bon de se montrer sincère? Ne peut-on pas causer parfois plus de mal que bien quand on met à jour les pensées profondes?

Il ne fait aucun doute que les relations entre les gens ont besoin d'une certaine dose d'hypocrisie, dite hypocrisie sociale, qui permet de cimenter les unions, et d'éviter les mésententes. Molière a soulevé la question lui-même, et à juste titre, en brossant un autre portrait dans son Misanthrope. Conscient de la complexité des rapports humains, Molière a montré comment Alceste, qui refuse toute hypocrisie, en vient à haïr tout le monde. Son ami Philinte, qui joue le rôle du tempéré, a beau lui expliqué la nécessité de ménager les gens en leur montrant des sentiments favorables, mais en vain. En effet, Alceste est prêt à renier son ami-même et rester seul, isolé loin de la société:

«Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode

Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode;

Et je ne hais rien tant que les contorsions

De tous ces grands faiseurs de protestations,

[…]

Je refuse d'un coeur la vaste complaisance

Qui ne fait de mérite aucune différence;

Je veux qu'on me distingue; et pour le trancher net,

L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait.»



  



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