Rifaterre michel, sémiotique de la poésie, edition seuil, collection « poétique », 1983.

 Par el-azouzi sallem  (Prof)  [msg envoyés : 1le 15-11-10 à 14:46  Lu :2304 fois
     
  
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Sallem El-Azouzi
M. Rifaterre se propose d’étudier le non-dit et l’implicite de la poésie. Son aventure heuristique débouche sur l’interprétation.
Il commence par la problématique de la structure du sens du poème. Ceci interpelle l’analyse de la rhétorique : « …souvent fondées sur la rhétorique. »
La mimesis a une relation étroite avec le contexte, il l’imprègne de façon continuelle. Là ; on assiste à l’absorption de l’un dans l’autre. La représentation peut simplement être altérée de manière sensible et persistante en s’écartant de la vraisemblance. Cette représentation est tributaire de l’unicité du poème : « cette unicité formelle et sémantique qui contient tous les indices d’obliquité, je l’appellerai dorénavant la signifiance. » . Il en découle une autre ramification du sens du poème : le signe. Hermétique soit-elle, la vraie poésie doit laisser voir des illusions s’achevant sur des interprétations.
Puis, Rifaterre exemplifie en invoquant des extraits d’un poème d’Eluard. Le concret et l’abstrait collaborent pour donner au lecteur une pluralité de signes déchiffrables. Il faut trouver les agrammaticalités puis s’en passer pour trouver une interprétation. La sémiotique dans ce cas est très importante. Elle s’installe dans l’esprit du lecteur en vue des accaparer une seconde lecture. Rifaterre parle de « lecture rétroactive ». Elle consiste à faire tomber l’aura qui entourait, avant la lecture sémiotique, l’hermétique.
Par ailleurs, la réalité extra-linguistique est prônée. Rifaterre revient à l’exemplification en présentant la poésie de Théophile Gautier comme champ d’analyse. « Il serait difficile de trouver une poésie plus descriptive que celle de Théophile Gautier dans Espana (un recueil de poèmes publié après un voyage à travers l’Espagne -1845.). » notamment le poème intitulé « in deserto ». Dans ce poème c’est plutôt l’état d’âme du poème qui est mise en exergue.
Ceci dit, la semiosis l’emporte sur la mimesis. Elles ne sont plus sur le même pied d’égalité. Il faut donc considérer le code du poème comme symbolique. En somme, la conclusion du texte symbolise les effets miraculeux de l’amour sur la vie.
Ensuite, Rifaterre avance clairement que la visée générale de la poésie est la transfiguration de la lecture : « …et certaines teneurs qui représentent métonymiquement le locuteur ranimé et transfiguré. »
Le critique revient sur l’importance du système dans un poème. Outre la langue adoptée, qui ne revendique l’interprétation et l’admiration que d’une façon non fréquente, le rythme prévaut : « ainsi donc, ce qui fait le poème, ce qui constitue son message n’a que peu de rapport avec ce qu’il nous dit ou la langue qu’il utilise. »
La structure du verbe est un concept abstrait. D’ où l’importance de l’abstraction dans l’analyse et l’interprétation d’un poème. Cette règle émane de tous les poèmes présentés par le critique en guise d’illustration. Dans ce cas c’est la littérarité qui est mise en exergue. Elle est le pivot de tout poème.
« Il s’agit là d’un cas extrême, mais exemplaire, puisqu’« il nous montre que la poésie est avant tout un jeu. » Rifaterre embraie sur cette idée en exemplifiant moyennant trois courts textes : « combat de Sénégalais la nuit dans un tunnel. » ; « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge. » ; « perdu dans une exposition de blanc encadrée de momies. ».
Son analyse débouche sur le postulat suivant : la complexité langagière réduit le sens.
Enfin, le critique boucle son article en avançant deux règles qui « interviennent dans la production d’un texte : la conversion et l’expansion. » .

  



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