Réflexion sur «l’image de la solitude », dans « la boite à merveilles » d’ahmed sefrioui

 Par Boulahnine Khalid  (?)  [msg envoyés : 53le 22-04-10 à 02:26  Lu :13953 fois
     
  
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Réflexion sur «l’image de la solitude », dans « la boite à merveilles » d’Ahmed Sefrioui
L’ouverture de l’œuvre de fiction d’Ahmed Sefrioui, « La boîte à merveilles », nous fait d’emblée découvrir une solitude dont se plaint le narrateur/personnage, qui surgit dans les premières lignes du récit sous la forme d’une mise en relief du « moi » opposé aux autres individus qui peuplent l’histoire comme en témoigne : « quand tous dorment…moi, je songe à ma solitude » : l’antithèse, à coup sûr, souligne la différence entre la société et le personnage, mais cette note de tristesse qui l’accompagne (« et j’en sens tout le poids ») et parcourt « in extenso » l’histoire nous pousse, par le fait même, à chercher à en dévoiler les causes, les conséquences et la portée.
En effet, sidi Mohammed est le seul garçon de la maison. Il est presque tout le temps tout près des femmes, à « Dar chouafa ». Certes, la fille de Rahma a, à peu près, le même âge que lui. Mais, ils ne s’entendent pas bien ensemble. De plus, c’est une fille.
Aussi se trouve-t-il condamné à assister, tout le temps, aux conversations des femmes sans pouvoir, pour autant, y participer.
Cette marginalisation, en outre, s’accentue par les différents emportements de sa mère ; une femme qui ne peut dominer sa colère et traite son fils de tous les gros mots.
Cette situation pénible qu’il vit auprès des siens l’amène souvent à se réfugier dans un coin, à part, avec sa boite à « outils » ; plutôt « à merveilles » : une solution provisoire qui lui permette d’échapper à sa solitude.
Mais, force est de signaler que cette solitude de l’enfant remet, en quelque sorte, en question la notion de l’éducation dans le foyer marocain d’autrefois : le père rentre tard à la maison. Son absence diurne influe négativement sur l’enfant, laissé seul aux caprices des femmes ou ceux du maitre au « msid ».
Bon nombre d’images contenues dans le texte dénonce l’attitude du « fqih » en classe comme le souligne : « … commander pour imiter le maitre d’école ». Outre, ce segment dévoilant la tyrannie des éducateurs, le texte regorge d’images qui illustrent la cruauté de ces derniers en classe. Ainsi, les propos du barbier sur la baguette du cognassier traduisent d’une part, le calvaire des enfants dans les écoles traditionnelles, et d’autre part, la conception de l’enseignement chez l’éducateur et les parents d’autrefois. En effet, il s’avère que ces deux agents confondaient “éducation“ et “dressage“.
Cette solitude s’exprime par ailleurs, par cette différence entre sidi Mohammed et les autres enfants de son âge au « msid ». Lesquels se contentent du visible pour meubler leurs pensées. Et là, cette différence, qui isole le petit enfant devient « ipso facto » son point fort. Il est sujet de démarcation par ses aspirations qui dépassent l’univers visible.
La solitude, en outre, s’exprime dans ce joli récit par le statut familial du narrateur/personnage : il est l’unique enfant de la famille.
Cette condamnation à vivre sans frères et sœurs est assurément source de problèmes d’intégration de sidi Mohammed, notamment en classe, avec les enfants de son âge.
Toutefois, nous pensons que cette solitude s’est transformée en muse pour donner naissance au récit que nous sommes en train de lire : le narrateur, devenu adulte, fuit le présent et se penche sur le passé pour nous faire part de ces quelques événements “merveilleux“ qui ont marqué sa sixième année d’existence.
L’histoire est si passionnante qu’on n’a aucune envie de se séparer du roman avant de l’avoir terminée. Elle dépasse l’expérience personnelle pour se concentrer sur l’esprit collectif du Maroc d’autrefois.
Aussi, la solitude du narrateur n’est-elle plus qu’un prétexte pour peindre la société, critiquer, parfois, sa conduite et louer également certaines qualités qui sont en voie de disparition de notre Maroc moderne.
kboulahnine@live.fr

  




 Réponse N°1 3676

erratum: premières lignes(voir la 4ème L)
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 22-04-10 à 19:16

cher marocagreg, je vous serais reconnaissant de bien vouloir me montrer ce que je devrais faire pour corriger l'adjectif ordinal "premier"dans la 4ème ligne du texte intitulé"réflexion sur l'image de la solitude dans la boîte à merveilles". en effet, je devrais l'écrire au féminin.

à plus...




 Réponse N°2 3678

re
  Par   marocagreg  (Adminle 22-04-10 à 20:07

Salut, c'est simple : en bas du message, vous avez un lien [éditer votre message], cliquez dessus, utilisez votre mot de passe puis corriger votre texte.

nb. le lien disparaît après quelque jours !




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