Rédaction d’un texte autobiographique

 Par Ejrhom Taoufik  (Prof)  [msg envoyés : 5le 20-04-10 à 19:58  Lu :8655 fois
     
  
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Production de l’écrit
Rédaction d’un texte autobiographique
Sujet :
Il vous est arrivé d’avoir perdu un être cher . Quelles étaient vos sentiments et vos sensations?
Mon premier jour d’école après la perte effroyable de ma mère. Je ne m’y étais pas rendu depuis un peu plus d’un mois.
   Je m’avançais, d’un pas mal assuré, vacillante de temps en temps, prête à m’étaler de long en large. Rien n’avait changé. Devant moi, s’étendait la même cour de recréation, quelques mauvaises herbes trônaient ça et la, l’immense porte qui donnait sur le bâtiment me semblait plus imposante ce jour là, quoique toujours la même. Des enfants se poursuivaient, se pourchassaient, venaient des quatre coins de la cour, tout en se querellant. Une bourrade de temps à autre, parfois même un croche pied… Même désinvolture enfantine et espiègle.
  Rien n’avait changé, mis à part moi. J’avais mûrie, la douleur et la souffrance m’avaient durcie. J’avais tout saisi, tout compris. Du moins, je le croyais. J’ai connu la mort, je l’ai frôlé de près. J’ai connu la déchirure, ce que c’était un être cher. Une mère. Source intarissable de joie, de douceur, de murmures, d’amour… Ma source à moi s’était éteinte. La vie m’en avait fait profiter quelques années, avant de me l’ôter de manière aussi brutale que radicale. J’ai saisi l’injustice de cette vie là. La solitude inopinée. Plus  personne pour me border le soir dans mon lit. J’avais mal, la pierre qui me pesait lourd sur le cœur devenait de moins en moins supportable, je sentais qu’elle allait m’exploser la cage thoracique, elle m’oppressait… Je suffoquais. Tout en regardant les jeux de mes camarades se poursuivre, naturellement. Dans ma petite tête de fillette de huit ans, je ne comprenais pas ! Comment la vie pouvait elle continuer alors que j’avais perdue ma maman chérie ? Je leur en voulais de jouer ainsi, de s’amuser, de rire. J’en voulais à la terre entière, à moi-même.
   Un douloureux vertige me saisit, et je ne fus pas loin de m’écrouler. La maitresse accourut pour m’épauler. Et c’est à ce moment là que j’ai pu donner libre court à mes larmes. Et voilà, qu’à nouveaux précises, enchevêtrées, tour à tour douces et torturantes, les images de ma vie défilaient devant moi.
   Ce jour la, je me suis sentie différente. Fragile, vulnérable… La perte de ma mère a engendré de l’amertume dans ma vie. Ce jour là, j’ai su que je n’étais pas qu’une simple enfant, je suis devenue une autre personne, un arbre déraciné…

  



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