Rappel : l'autobiographie

 Par OMARI Abdellatif  (Prof)  [msg envoyés : 176le 30-05-12 à 12:33  Lu :2008 fois
     
  
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OMARI Abdellatif (Prof)

Rappel

C'est par rapport au « nom propre » que l'on doit situer les problèmes de l'autobiographie. C'est dans ce nom que se résume toute l'existence de ce qu'on appelle l' « auteur » : seule marque dans le texte renvoyant à une personne réelle auquel on attribut la responsabilité de l'énonciation de tout le texte écrit. L'autobiographie (récit racontant la vie de l'auteur) suppose qu'il y ait « identité de nom » entre l'auteur (tel qu'il figure, par son nom, sur la couverture), le narrateur du récit et le personnage dont on parle.

Dans le cas du nom fictif (différent de celui de l'auteur) donné à un personnage qui raconte sa vie (le cas de « La Boîte à merveilles » , l'auteur s'appelle Ahmed, alors que le personnage principal s'appelle Mohammed), il arrive que le lecteur ait des raisons de penser que l'histoire vécue par le personnage est exactement celle de l'auteur : soit par recoupement avec d'autres textes, soit en se fondant sur des informations extérieures, soit même à la lecture du récit, il n'en demeure pas moins que le texte ainsi produit n'est pas une autobiographie et entre dans la catégorie du « roman autobiographique » quoique qu'à l'intérieur du texte le personnage ressemble à l'auteur.

L'identité de nom entre auteur, narrateur et personnage peut être établie de deux manières :

1-Implicitement, au niveau de la liaison auteur-narrateur, soit par l'emploi de titres ne laissant aucun doute sur le fait que la 1ère personne renvoie au nom de l'auteur (ex : « Histoire de ma vie »), soit par la section initiale du texte où le narrateur prend des engagements vis-à-vis du lecteur en se comportant comme s'il était l'auteur.

2- De manière explicite, au niveau du « nom » que se donne le narrateur-personnage dans le récit lui-même, et qui est le même que celui de l'auteur sur la couverture.

C'est donc cette identité, établie implicitement ou explicitement, qui instaure également ce que Philippe Le jeune appelle « le pacte autobiographique ». En ce sens, si le personnage n'a pas de nom dans le récit, l'auteur devait se déclarer identique au narrateur dans un pacte initial à travers le titre ou /et par la section liminaire (introduction, préface, incipit…). Faute de cette section liminaire il faut que le nom du personnage soit identique à celui de l'auteur pour qu'il y ait autobiographie. Ce seul fait exclut la possibilité de la fiction, même si le récit est, historiquement, complètement faux.


C'est donc une erreur de considérer La Boîte à merveilles comme une autobiographie


  



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 Réponse N°1 22337

M. Omari
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 30-05-12 à 17:32



Je tiens à vous remercier pour vos illustres travaux. La notion de compétence, vous l'avez expliquée judicieusement alors que durant une formation de trois jours, les inspecteurs n'ont fait que créer le flou.

Pour l'autobiographie, il n'y a pas de doute, c'est clair mais j'ai une petite remarque:

-lorsque l'oeuvre de SEFRIOUI est donnée par l'institution comme oeuvre de facture autobiographique et que l'élève est interrogé à ce sujet, ne voyez-vous pas que l'enseignant prend des risques en disant le contraire?

Mon respect.





 Réponse N°2 22340

un secret
  Par   Adi Lachgar  (CSle 30-05-12 à 17:50



Pourquoi certains inspecteurs comprennent mal la notion de compétence?

Parce que beaucoup ont cessé de lire et ils ont redécouvert la notion avec un certain "Roegiers" qui a tout chamboulé. Et s'ils ont lu les bêtise du "idmaj" (intégration), c'est parce que ça leur rapporte aussi!





 Réponse N°3 22347

Madame
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 30-05-12 à 18:37



Que l'institution se trompe ou ne se soucie pas de ce qui se passe, il est du devoir de l'enseignant, quand il est en connaissance de cause, d'enseigner à ses élèves toute la vérité, en leur expliquant que scientifiquement "La Boîte à merveilles" n'est pas une autobiographie, mais, consciemment ou inconsciemment, on s'acharne à considérer cette oeuvre comme une autobiographie alors qu'elle n'est qu'un roman autobiographique, et on cherche même à défendre l'idée par des arguments qui ne tiennent pas, alors que tout est clair et limpide comme du lait, les règles sont là, et on ne peut les nier. Mais que l'élève, à l'évaluation, réponde par "autobiographie" ou "roman autobiographique" ou même "de facture autobiographique", nous savons tous que ces réponses seront acceptées, et qu'avec nos élèves, l'institution ne se souci guère de l'exactitude dans les réponses. Mais on ne doit pas fermer les yeux devant de telles turpitudes.

Mes respects, chère collègue





 Réponse N°4 22368

Merci pour votre éclairage
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 30-05-12 à 20:40



Je suis d'accord avec vous sur l'attitude qu'un enseignant doit avoir vis à vis du savoir et des élèves. Je saisis l'occasion pour vous demander ainsi qu'aux autres membres de réfléchir ensemble à ces questions de savoirs et à la manière de les aborder avec nos élèves.

Cordialement.





 Réponse N°5 22381

Monsieur Dkhissi
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 30-05-12 à 21:59



Cher ami et collègue,

D'abord, quand j'ai lancé ma réponse, adressée à Madame Aziz Hayat, je n'avais pas encore vu la vôtre n°3, cependant, je me suis rattrapé en remplaçant le mot "futilités" par l'expression "arguments qui ne tiennent pas". Donc, aucune intention à votre égard. Ensuite, quand j'ai employé le mot "futilités", je vous dirai bientôt, dans une autre réponse, à quoi je pensais exactement. Au contraire ce que vous avancez est raisonnable quoique discutable. Dans ma prochaine réponse, je répondrai également et cordialement aux vôtres n°5 et 6.

Tous mes respects





 Réponse N°6 22397

la première de couverture
  Par   brahim el harfi  (Profle 31-05-12 à 04:41



bonjour chers collègues

merci pour cet échange fructueux

à mon humble avis, la simple mention du mot "ROMAN" sur la première de couverture, écarte la perspective d'une "autobiographie"

Cordialement





 Réponse N°7 22400

Autobiographie
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 31-05-12 à 09:10



Bonjour

Que ce soit Ahmed Sefrioui ou Taha houssain, ils ont fait leur choix. Ils ont voulu s'écarter de " l'autobiographie".Le premier en choisissant un narrateur qui prend en charge le récit à sa place,le second en choisissant un autre pronom que le "je".Certes dans tout récit il y a une part de la vie de l'auteur comme vous l'avez dit pour Balzac, mais ce sont des romans qu'il a écrits. Le choix de l'auteur est à prendre en considération même si les noms de l'auteur et du narrateur sont proches comme c'est le cas de "Ahmed/mohammed; Mouloud Ferraoun/Fouroulou Menrad(anagramme).Nous savons,nous en tant qu'arabophones , qu'il s'agit du même nom(Ahmed/Mohammed) Mais Sefrioui n'écrit pas pour nous. Beaucoup d'indices l'attestent.

Rousseau,lui, a choisi l'autobiographie.

Respects





 Réponse N°8 22401

Un genre détestable
  Par   Adi Lachgar  (CSle 31-05-12 à 09:25



Dans toute l’histoire de la littérature, il n’y a pas plus détestable que ce genre qui n’en a jamais été un : l’autobiographie. Les écrivains autobiographes, quand ils s’y mettent, essaient de nous fourguer leur marchandise en redéfinissant chaque fois le genre, de sorte que, au final, aucune définition ne tient. Si on doit appliquer à la lettre le fameux pacte autobiographique, je peux, sans trop de risque de me tromper : l’autobiographie n’existe pas, ou, du moins, le projet autobiographique est irréalisable. Aucune autobiographie ne résiste à l’examen des faits, aucune n’est parfaitement sincère ni même exacte. Rousseau lui-même reconnaît quelques artifices dans ce qu’il compte cependant présenter le jour J devant Dieu et les hommes comme un témoignage inattaquable.





 Réponse N°9 22403

re
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 31-05-12 à 09:37



Tout à fait d'accord, M. Adi!





 Réponse N°10 32656

autobiographie et roman autobiographique
  Par   AMRAOUI Nabil  (CSle 29-10-13 à 01:21



Déjà, le récit autobiographie englobe le roman autobiographique.

Bah voilà! Le genre est bien indiqué sur la couverture. Aussi le narrateur ne donne pas d'indications claires sur ce qui le lie au personnage principal.

Les noms d'Ahmed et de sidi Mohamed convergent et divergent en même temps. Ahmed est différent de Mohamed vu la silhouette graphique. Les musulmans par contre ne font de différence entre les deux noms puisqu'on appelle Le prophète par ses divers prénom.

L'auteur quand il dit:" ma mémoire était une cire fraîche", essaie de signer un pacte autobiographique avec le lecteur. Au fur et à mesure il utilise des mots qui sèment le doute comme: "peut être..." et "je crois...".

Donc la liaison entre l'auteur et le personnage principal ne peut être vérifié et le rapport reste suspendu.

La littérature maghrébine d'expression française se manifeste contre les règles de la littérature française et réclame la non existence d'une pur autobiographie sans pacte romanesque.

N'hésitez pas de critiquer ma contribution. Se n'est qu'on se frottant qu'on peut luire.

Cordialement.





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