Quelle relation entre les deux ?

 Par Samira Yassine  (?)  [msg envoyés : 2089le 21-03-13 à 17:32  Lu :2291 fois
     
  
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Quelle relation entre les deux ?
J’ai choisi deux documents représentant le même chapitre. Le chapitre I du roman à thèse Le dernier jour d’un condamné.
Nous avons en premier lieu, l’étude du texte, ce que le professeur est censé faire et en deuxième lieu, une évaluation, à savoir ce que l’élève aura à l’examen.
Ma question est la suivante : Pourquoi on le gave de ces informations puisque le jour de l’examen, il sera interrogé sur le texte d’une autre façon ? Pourquoi ne pas l’habituer à l’analyse de texte à l’instar de celle de l’évaluation pour mieux le préparer à l’examen ?
On n’a jamais trouvé comme question quels sont les deux axes de lecture du passage ? Ou quelles sont les hypothèses à vérifier, Non ! On leur pose des questions auxquelles, ils peuvent répondre même sans assister au cours, il leur suffit d’avoir bien lu le texte.
En effet, la façon dont on étudie le texte me semble inadéquate, elle n’a rien à avoir avec le type de questions posées à l’examen.
Alors, ne serait-il pas plus bénéfique pour l’élève de découvrir le texte à travers des questions du genre de l’examen au lieu de s’habituer à un type de questions et ne rien savoir écrire face à une autre sorte de questions, le jour de l’examen.
Vérifiez vous-mêmes.

ACTIVITE ; lecture du chapitre I du Dernier Jour d'un condamné de Victor Hugo
Déroulement de la séance :
I. L'identification du passage :
1. la mise en situation :
Ce passage représente le premier chapitre du roman à thèse de Victor Hugo, intitulé : Le Dernier Jour d'un condamné et publié en 1829. L'extrait correspond à l'incipit.
2. le type du texte :
Le narrateur nous raconte son histoire en exprimant ses sensations, donc le texte est narratif.
3. la focalisation :
Le narrateur joue outre que le rôle d'un narrateur le rôle d'un personnage, on ne sait que ce que sait le personnage, donc on a affaire à une focalisation interne.
II. les hypothèses de lecture :
• Quelles sont les informations véhiculées par le narrateur au début de ce roman ?
• Quelle est la visée recherchée par le narrateur dans ce passage ?
III. Les axes de lecture :
A. La présentation du cadre spatio-temporelle et des personnages :
1. La présentation du cadre spatio-temporelle :
1. l'espace :
L'espace se situe à la prison parisienne Bicêtre, le personnage principal se trouve enfermé dans un cachot, donc il s'agit d'un espace carcéral et il connote l'enfermement.
b. le temps :
L'action se situe temporellement après cinq semaines de la condamnation à mort, c'est la semaine où le condamné va être exécuté.
2. la présentation des personnages :
a- le condamné :
C'est un personnage anonyme, on ne sait ni son nom, ni son crime, mais il y a dans le texte quelques indications qui peuvent nous permettre de l'identifier :
• « chaque jour […] son idée » : c'est un penseur.
• « des batailles gagnées » : c'est un personnage qui fait des luttes, il est peut-être un militant.
• « des théâtres pleins de bruits… » : c'est un cultivé, un artiste ?
2. le soldat de garde :
C'est un personnage secondaire, c'est le gardien du cachot.
B. l'opposition entre un passé révolu et un présent insupportable :
1. Un présent insupportable :
Le présent du personnage est insupportable car il est fatalement condamné à mort, le prisonnier ne peut faire qu'une seule chose, c'est d'attendre la mort. Le présent est souligné par le temps verbal du présent de l'indicatif : « j'habite », « je suis » …, le présent est signalé aussi par cette phrase : « maintenant je suis captif », donc le temps présent est un temps de captivité et de solitude.
2. Un passé révolu :
Pour échapper à son pénible présent, le condamné évoque son passé paradisiaque qui se caractérise par la joie, la chaleur humaine et surtout par la liberté, d'où : « autrefois, j'étais libre… ».
C. l'obsession par l'idée de la peine de mort :
Le condamné ouvre et clôt ce chapitre sur la même exclamation : « condamné à mort ! », répétée encore au milieu du passage, elle se considère comme un leitmotiv, un refrain qui lance le monologue du condamné. L'obsession par la peine de mort est signalée par plusieurs procédés :
• les gradations : -« seul/ glacé/ courbé… »
-« pensée/ conviction/ certitude… »
-« horrible /sanglante/ implacable… »
• la personnification de l'idée de la peine de mort : « de ces deux mains… »
• la pensée : « condamné à mort ! » est présentée comme un double du condamné : « se colle avec moi / m'obsède éveillé/ reparaît dans mes rêves… »
IV. la synthèse :
Dans ce passage, l'auteur, à travers le monologue du condamné, souligne le caractère tragique de la condamnation à mort en communiquant au lecteur l'obsession du condamné pour en tirer des effets pathétiques, ces derniers vont faire adhérer le lecteur à la cause de l'auteur qui est l'abolition de la peine de mort.
PROLONGEMENT :
Lisez le poème de Paul Verlaine intitulé : « le ciel est par-dessus le toit… », extrait du recueil de poèmes : Sagesse et comparez la réflexion du poète prisonnier sur son destin à la réflexion du prisonnier du premier chapitre du Dernier Jour d'un condamné.
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I Bicêtre.
Condamné à mort !
Voilà cinq semaines que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !
Autrefois, car il me semble qu'il y a plutôt des années que des semaines, j'étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s'amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d'inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C'étaient des jeunes filles, de splendides chapes d'évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C'était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j'étais libre.
Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude : condamné à mort !
Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux.
Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un couteau.
Je viens de m'éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant :
- Ah ! ce n'est qu'un rêve ! - Hé bien ! avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s'entre ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l'horrible réalité qui m'entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille : - Condamné à mort !
Questions de compression :
Mise en situation: Il s'agit de l'incipit.
Qui est le personnage principal de l'œuvre?
Pour quel crime est-il condamné?
Pourquoi l'auteur s'est contenté de quelques informations ?
Analyse:
1) Quel est le genre de ce texte?
2) Quel est son type?
3) Quelle est la visée de l'auteur?
4) S'agit-il d'un discours ou d'un récit?
5) Qui parle dans ce passage? A qui? De quoi? Où? Quand?
6) Quelle idée obsède l'esprit du narrateur? Relevez le portrait de cette idée?(tableau)
7) Quelle est donc le point de vue de la narration?
8) Relevez les indicateurs temporels et les temps verbaux et dégagez l'opposition autour de laquelle le texte est construit.
9) Relevez les champs lexicaux dominants dans ce passage. Comment servent-ils cette opposition?
10) Dites en quoi cet incipit remplit-il sa fonction informative?

  




 Réponse N°1 30635

vers l'autonomie?
  Par   patron gaelle  (CSle 31-03-13 à 15:51



Toutes ces questions me semblent être particulièrement nécessaires dans un premier temps à l'élève pour définir le texte. Habitué à ce questionnement, il le pratiquera progressivement de façon autonome et "spontanée", ce qui lui permettra d'envisager plus sereinement et facilement les enjeux littéraires de chaque extrait. Il ciblera ainsi les particularités, l'unicité d'un texte et par là en aura une lecture plus approfondie et pertinente.





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