Proust m'intrigue!

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 30-06-12 à 21:22  Lu :959 fois
     
  
 accueil


Mes Chers amis, j'ai commencé(recommencé) la lecture du tome III de "à la recherche du temps perdu", "à l'ombre des jeunes filles en fleurs", 1 ère partie, et la première phrase me laisse perplexe:
Ma mère, quand il fut question d’avoir pour la première fois M. de Norpois à dîner, ayant exprimé le regret que le professeur Cottard fût en voyage et qu’elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann, car l’un et l’autre eussent sans doute intéressé l’ancien ambassadeur, mon père répondit qu’un convive éminent, un savant illustre, comme Cottard, ne pouvait jamais mal faire dans un dîner, mais que Swann, avec son ostentation, avec sa manière de crier sur les toits ses moindres relations, était un vulgaire esbroufeur que le marquis de Norpois eût sans doute trouvé, selon son expression, « puant ».
Nb: je ne vous la soumet pas pour vous faire admirer sa longueur époustouflante , mais parce que j'y flaire une faute de construction!?

  



Vous aimez cet article ?
Partagez-le sur
  Djc: chapitre xiii!
  Mettre la production écrite à l'esprit du temps
  Tous les messages de Jaafari Ahmed


 Réponse N°1 24611

re
  Par   marocagreg  (Adminle 30-06-12 à 21:30



hier, ils ont diffusé les deux parties du film de A la recherche du temps perdu sur Arte de 7h30 à 11h30.

pour la phrase, c'est justement ce qui fait la signature et le charme du style proustien. cette phrase écrite par un étudiant aurait été jugée lourde mais, de Proust, elle est parfaitement acceptée.





 Réponse N°2 24612

Oui,
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 30-06-12 à 21:39



Je vous rejoins, mais je ne parle pas de "la lourdeur de la phrase, qui comme vous l'avez signalé, fait le génie de Proust, mais bien d'une faute de construction grammaticale!





 Réponse N°3 24615

re
  Par   marocagreg  (Adminle 30-06-12 à 21:57



en déconstruisant la phrase je ne vois pas de problème de construction grammaticale.

Ma mère,

quand il fut question d’avoir pour la première fois M. de Norpois à dîner,

ayant exprimé le regret que le professeur Cottard fût en voyage et qu’elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann,

car [ils]l’un et l’autre eussent sans doute intéressé l’ancien ambassadeur,

mon père répondit qu’un convive éminent, un savant illustre, comme Cottard, ne pouvait jamais mal faire dans un dîner, mais que Swann, avec son ostentation, avec sa manière de crier sur les toits ses moindres relations, était un vulgaire esbroufeur que

le marquis de Norpois eût sans doute trouvé, selon son expression, « puant».

la phrase, débarrassée de toutes les incises, des informations secondaires, des digressions, devient :

Ma mère regrette l'impossiblité d'inviter Cottard et Swann qui auraient interessé l'ambassadeur.

Mon père dénigre le snobisme de Swann et pense que le marquis l'aurait sans doute jugé puant.





 Réponse N°4 24617

Vous l'avez interprétée !
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 30-06-12 à 22:08



Parce que l'utilisation du mode/p, impersonnel " ayant regretté" est incorrecte. La mère sujet, ne fait aucune action au mode impersonnel.La deux première proposition, attendent que la troisième, ait au moins un le même sujet " mère, même avec une construction passif.

Ex: ma tante,ayant dit qu'elle avait fin son travail, et qu"elle était prête,( elle) fut invité par mon oncle/ et non mon oncle l'invita.

Ce sujet ma tante dans la première phrase, reste en suspens, sans verbe.

Dans la deuxième la phrase est complète.





 Réponse N°5 24620

re
  Par   marocagreg  (Adminle 30-06-12 à 22:23



Je pense que le verbe de la première phrase, c'est [exprimer... le regret] il s'agit d'une conversation rapportée.

Ma mère : je regrette que C est en voyage. je regrette aussi que je me sois fâché avec sawnn. ces deux spécimens auraient intéressé notre invité.

Mon père : folle que tu es, pourquoi tu regrettes l'absence de Swann ! tu ne sais pas que notre invité n'aime pas la puanteur !





 Réponse N°6 24637

Proust m'a dérouté!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 01-07-12 à 09:25



Effectivement, la phrase tient la route? bien que la succession des circonstancielles déroute.Comme l'a expliqué M. Marocagreg, et Comme me l'a expliqué Si Abdrrahim:

La présence, du sujet " Ma mère, enlève toute ambiguïté, à la proposition participiale qui suit entre virgules.

Ps: curieusement , en faisant des recherche, j'ai appris que le temps: "ayant fait", c'est un participe présent composé. Alors que dans ma grammaire à moi, je considérais la participe, comme mode, avec deux temps: présent ( allant)/ et passé ( avec ses deux formes: étant allé/ et allé qui entre dans le composition des temps composés, et fonctionne seul comme adjectif)!!!





 Réponse N°7 24647

Point de vue
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 01-07-12 à 12:07



Le participe (présent ou passé) relève de deux fonctionnements :

1-Un emploi verbal, où l’on peut comparer son rôle à celui du verbe, dans cet emploi il est prédicatif, pivot d’une proposition subordonnée, appelée participiale. Ses principales caractéristiques sont :

a- Le participe s’appuie sur un support nominal autonome fonctionnant comme thème (et non comme sujet) et n’assumant aucune autre fonction dans la phrase.

b- La proposition subordonnée participiale est relativement autonome par rapport à sa principale, ce que traduit son détachement (par une virgule) et sa relative mobilité :

EX : la pluie tombant toujours, ils décidèrent de rester / ils décidèrent de rester, la pluie tombant toujours

Le support nominal du participe est « la pluie » (Thème). Dans cet emploi le participe peut être l’équivalent du verbe d’une subordonnée circonstancielle : comme la pluie tombait toujours, ils décidèrent de rester (la participiale ici est une proposition subordonnée de cause)

2-Un emploi adjectival où le participe n’est plus prédicatif et apporte une information comparable à celle qu’ajoute l’adjectif. Il s’appuie toujours sur un support nominal, mais on observera que ce support n’est plus autonome dans la phrase. Le participe occupe une fonction syntaxique, celle de l’adjectif qualificatif.

EX : La pluie tombant sur les toits fait un bruit agréable (le participe est épithète attachée) / Tombant sans relâche, la pluie fait un bruit agréable sur les toits (le participe est épithète détachée) / Je l’entendais faisant sur les toits un bruit agréable (le participe est attribut de l’objet)

Dans cet emploi le participe peut être l’équivalent du verbe d’une subordonnée relative : la pluie, qui tombait toujours, fait un bruit agréable sur les toits.

Conclusion :

Dans la phrase de Proust : Ma mère ayant exprimé le regret que…, mon père répondit…, le participe passé a une valeur verbale et s’appuie sur un support nominal autonome (Ma mère). « Ma mère », dans cet emploi, est « thème » et non sujet. La phrase est correcte.

Mais si on voulait que le participe passé s'appuie sur un sujet non plus autonome, la phrase serait ainsi : ayant exprimé le regret que le professeur Cottard fût en voyage et qu’elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann, car l’un et l’autre eussent sans doute intéressé l’ancien ambassadeur, Ma mère se mit en colère. .

Si on voulait réduire la phrase on dirait : Ayant exprimé le regret, ma mère se mit en colère





 Réponse N°8 24651

Oui,
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 01-07-12 à 14:36



bien expliqué, si Omari!

Et c'est le thème, en effet, et non le sujet!

Merci!

Ps: concernant le mode participe, est-ce que vous le déclinez en deux temps: présent et passé.? Ou vous utilisez cette déclinaison: le participe présent simple: "partant" , et le participe présent composé:étant parti?( comme si le mode s'appelait le participe présent, et se décline en temps simple et temps composé?




InfoIdentification nécessaire
Identification bloquée par
adblock plus
   Identifiant :
   Passe :
   Inscription
Connexion avec Facebook
                   Mot de passe oublié


confidentialite Google +