Proposition!

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 22-08-12 à 19:21  Lu :916 fois
     
  
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Une langue est faite pour être parlée. Elle sert à communiquer. Autrement, elle ne serait que langue morte. Nous déplorons que nos élèves n’aient pas la possibilité d’utiliser la langue française ailleurs qu’en classe ! Et c’est ce qui les empêche de progresser ! Ils ne voient pas l’utilité d’une langue qui ne dépasse pas les frontières de la classes, si non, pour leur monter qu’elle est effectivement étrangère !
Ceci, est un constat, longuement discuté, mais ce que je veux soulever aujourd’hui, c’est la pratique de la langue française par les enseignants de cette langue, eux-mêmes. Combien d’enseignants utilisent le français hors classe ? Très peu !
Bien sûr, je ne veux pas parler des enseignants qui parlent français dans la vie de tous les jours. Ceux qui le font, vivent dans un milieu, coupé de toute réalité marocaine !
Moi, je veux parler de tous les enseignants de français !
Pour s’améliorer et être à l’ordre du jour, il faut pratiquer cette langue hors classe ! Mais comment ?
Entre collègues, ce serait l’idéal !mais j’ai remarqué dans mes 25 ans de carrière, que rares sont les enseignants de français qui essaient de communiquer entre eux ! Il y a beaucoup d’échanges entre les enseignants des autres matières : arabes, philo, sciences…etc ; mais quand il s’agit de la langue française, point du tout ! Que des superficialités ! Quand, je demande à un collègue, son avis sur tel ou tel auteur, ou roman, ou phénomène de langue, il se contente de marmonner, pour me signifier que ce n’est pas la peine d’en parler ! Je ne sais pas ! Si je ne connais pas un auteur ou un roman, ou une notion, je le dis, et je demande à en être informé ! Cela me fait vraiment plaisir de partager ce moment avec un collègue !
Nous disons que nous coordonnons ! Qu’est-ce que nous coordonnons ? Les programmes déjà « imposés » !
Nous nous savons même pas comment notre collègue le plus proche parle en français, ni comment il réfléchit, ni comment il analyse !! Ce n’est que quand on tombe par hasard sur une évaluation qu’il a faite, que l’on se rend compte un peu de la manière avec laquelle il raisonne ! Parfois, on est agréablement surpris, beaucoup de fois, on est déçus !
Comment faut-il faire alors, pour interagir entre collègues, si on ne peut le faire au sein de l’établissement ? Sans cette interaction tout effort est vain !
Et puisque nous sommes ici, sur le site en train de réfléchir sur la manière de rehausser le niveau de notre enseignement-apprentissage, est-ce qu’il ne serait pas bénéfique, d’impliquer aussi, nos collègues de l’établissement ?
Je ne sais pas combien de collègues ici, travaillent dans le même établissement, mais moi, je suis le seul de mon lycée !
Je pense qu’il serait judicieux de les inviter à s’inscrire dans le forum ! Comme cela, il y aura au moins cet échange en français, dans un cadre intellectuel ! Je suis sûr que cela nous réservera d’agréables surprises, et nous permettra de nous respecter réellement, au lycée comme ici sur le site !

  



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 Réponse N°1 26698

C'est une très bonne idée!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 22-08-12 à 20:11



Oui, il serait judicieux de faire partager le site marocagreg avec les collègues. Cela sera certainement enrichissant. D'autant plus que les sujets d'ordre didactique ou autres seront l'occasion de discussions extra-site et ne pourront qu'être enrichissantes...

Ce que je propose pour commencer, c'est lancer des invitations pour les collègues afin de nous rejoindre. Des idées comme 100 points en guise de bienvenu sera aussi de la marketing pour le site! Ou encore, chaque nouveau membre sera soutenu et guidé dans le site pour qu'il puisse y découvrir les trésors qui s'y cachent... L'essentiel, c'est d’augmenter les potentialités et tirer profit de tout ce que cela va générer.

Pour moi, dès la rentrée, je vais inviter les collègues à rejoindre le site!

Aussi, il est très important de réveiller déjà une cellule dormante qui n'attend que des petits mouvements de stimulus pour agir...

Merci cher Ahmed pour l'initiative.





 Réponse N°2 26699

re
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 22-08-12 à 22:03



M. Jaafari, votre remarque est pertinente. Il est vrai que nous parlons rarement français hors du cadre de la classe. Certaines réunions pédagogiques tournent facilement à un mélange français/arabe sans parler des R qui roulent alors que nous déplorons la prononciation de nos élèves!

Il faut être clair, je ne dis pas cela pour vous décourager, certaines réticences sont difficiles à changer.

La solution est simple: c'est commencer à être exigeant vis-à-vis de soi-même. S'imposer à parler en français et l'imposer à ses collègues de la même matière.

Je ne suis pas d'accord avec Mme Sarah quand elle dit en avoir assez du français. C'est bien de parler d'autres langues mais je ne peux prétendre maîtriser le français. Il faut l'avouer nous faisons encore des fautes qui ne relèvent pas de l'inattention mais d'une non maîtrise des règles: des fautes d'orthographe sont récurrentes chez certains d'entre nous, nous utilisons des mots inappropriés...

Quant à la civilisation française, c'est inépuisable et il serait prétentieux de dire qu'on sait tout!

Mme Sarah parle du français comme langue imposée par le Protectorat français. Ceci est une réalité historique indéniable mais le choix de cette langue comme matière d'enseignement est volontaire. Personnellement, je n'ai pas vécu la période coloniale et je n'ai pas de crise identitaire avec le français. Parfois même, il y a des choses que je peux mieux véhiculer dans la langue de Molière. Je pense qu'il faut aimer ce que nous faisons et la langue que nous enseignons. C'est de cette manière que nous pouvons transmettre tout le plaisir à nos élèves.

Pour revenir à la proposition de M. Jaafari, si nous arrivons à faire venir des collègues c'est très bien mais cela relèvera toujours de "l'écrit"sinon ce n'est pas la quantité qui compte mais la qualité des interventions. Il suffit d'apprécier le nombre de participations aujourd'hui.





 Réponse N°3 26702

re
  Par   amina ossoule  (CSle 23-08-12 à 00:38



ils me manquent les années de labeur au privé quand les enseignants de français ne parlent entre eux qu en français et ceux d'arabe ne parlent qu 'en arabe. l'instruction est claire dans le réglement de l'école qui se lit chaque début d'année lors de la première réunion du personnel. les élèves eux memes , parlent en français quand ils sont dans la classe de français et en arabe ,une fois dans la classe d'arabe. Dans la cour où quand on s'adresse à la directrice, une dame fassie, on ne peut le faire qu en français. Et gare à celui qui oublie: 50 dh retranché de son salaire en fin du mois...Et, une semaine privé de sport et de récréation si c'est un élève qui ose utiser le dialecte au sein de l'établissement.

Une fois j'ai accédé à la fonction publique , je suis venue avec cette habitude.Et combien j'ai souffert des regards malicieux des collègues qui m'avaient pris pour je ne sais qui...





 Réponse N°4 26703

Vous avez dû souffrir!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 23-08-12 à 00:53



Mlle amina! mais au moins vous avez économisé beaucoup d'argent!

preuve que dans l'enseignement public, la pauvreté se trouve ailleurs que dans les poches!





 Réponse N°5 26704

re
  Par   amina ossoule  (CSle 23-08-12 à 01:01



je voulais juste démontrer que ce qui manque à notre enseignement c'est juste une éducation en la matière...j'avoue qu'il ya un laisser aller et une absence de conscience professionnelle chez la majorité des pratiquants.

avec mes respects.





 Réponse N°6 26706

re
  Par   marocagreg  (Adminle 23-08-12 à 10:16



j'imagine qu'en France, un prof d'anglais, quand il s'adresse à ses collègues, dans la salle des profs par exemple,, il utilise le français et non l'anglais. je ne vois pas qu'est-ce qui m'empêcherait, à part une forme de snobisme peut-être, d'utiliser ma langue maternelle quand je suis hors-classe, à moins que le français soit ma langue maternelle, ou la langue que j'utilise même avec mes enfants et mon épicier !.





 Réponse N°7 26707

Non, cher ami!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 23-08-12 à 10:42



On ne va pas se mettre à parler français, entre collègues!

C'est pourquoi, j'ai pensé à un échange sur le site!

Certes,c'est de l'écrit comme l' a signalé Mme Aziz, mais souvent quand on réagit à une intervention , on oralise, ! on est obligés de réagir promptement, c'est pourquoi, on se retrouve dans une situation de communication authentique, et dès lors on développe cette aptitude à l'échange spontané! ce qui demande de mobiliser un savoir et un savoie faire( en plus du savoir être), tout cela est bénifique pour l'épanouissement de l'expression!

souvent entre collègues, il y a de l'argumentation, des éclaircissements de notions, des réctifications dans le choix des concepts, du lexique, des enrichissements, voire des tournures...

Et c'est cet échange qui permettra aux colègues de s'épanouir davantage!

et puis, cette idée de faire participer les collègues est essentielle: ici, on discute des problèmes, et on essaie d'y remédier. Mais, chacun va devoir opérer dans son établissement. Doit-il opérer seul, dans sa classe? ce serait peine perdue! Va-t-il se mettre à prêcher un changement, lors des réunions, ou pendant la récréation?

Le seule façon d'impliquer les autres, c'est de les faire venir, sur le site, où ils vont découvrir le plaisir d'échanger!

Vous savez mieux que moi, que derrière ce voile du virtuel,  les gens deviennent beaucoup plus ouverts, et beaucoup plus réceptifs. Les relations peuvent même changer et devenir meilleures. On prend le temps d'écouter l'autre, de le comprendre, et on prend le temps de lui répondre!On se découvre, on s'apprécie, on collabore, on aboutit à des résultats concrêts, et durables! alors, que dans la réalité, on se contente de se balancer des bribes de conversations, qui s'éffilochent, dès qu'on se sépare!





 Réponse N°8 26709

le code orale Vs écrit...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 23-08-12 à 11:19



Le code écrit diffère largement du code orale. Il y'a beaucoup d'enseignants qui trouvent des difficultés à communiquer dans les réunions pédagogiques et n'ont aucune aisance dans l'expression. Ils ne prennent pas le temps de l'écoute et vous "comprennent" à demi-phrase... Cela m'est arrivé dans les réunions - le seul moment où on entend les collègues s'exprimer à travers la langue qu'ils enseignent...

Vous avez M. marocagreg, évoqué le français qui enseigne l'anglais pour dire s'il utilise cette langue pour communiquer avec ses collègues qui enseignent la même langue... Mais je doute qu'il le fasse même dans les réunions pédagogiques!

Par contre, je connais le système éducatif des Japonais et leur manière de pratiquer les langues étrangères: puisque cette nation a choisi d'épouser la modernité et de s'attacher à l'authenticité de ses coutumes et traditions, ses enseignants suivent à la lettre ce principe! Ils pratiquent les langues étrangères dans les établissements scolaires: tout le monde y participe sans exception... L'expérience dont parle madame amina ossoule est un cas vivant de ce que vivent les enseignants au Japon! Mais eux par contre, lorsqu'ils s'expriment dans les lieux publics ou dans celui privé, ils n’utilisent pas un mot ou une expression en langue étrangère! Pas comme nous, qui font un panaché de langues hybrides!

La pratique de la langue est le secret de sa maîtrise! Je me rappelle de cette élève-professeur qui ne pouvait s'exprimer en français qu'en écrivant ce qu'elle voulait dire sur papier, et lorsqu'on lui pose une question ou on l'interpelle sur une idée, elle a toujours le stylo et la feuille! De cet enseignant qui fait de la traduction de l'arabe dialectale à chaque fois qu'il prend la parole! De ce prof de français, interpellé par un groupe de touristes français, qui n'a pas su leur indiquer la route qu'ils doivent prendre car il n'a pas trouvé les mots simples pour décrire un chemin!

Quant à l'invitation de monsieur Jaafari Ahmed aux autres collègues, c'est ce souci qui l'anime pour généraliser un profit et aider à progresser dans la pratique d'une langue que la majorité de nos élèves/ futurs enseignants ratent en sortant de l'école!





 Réponse N°9 26710

re
  Par   marocagreg  (Adminle 23-08-12 à 11:46



ma remarque ne concerne pas ta proposition M. Jaafari, mais bien cette directrice qui, par excès de zèle, oblige les élèves à parler en français même dans la cour de récréation.





 Réponse N°10 26711

Mais c'est ça l'objectif!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 23-08-12 à 12:22



Mais c'est cela même le fondement de l'approche communicative : l'exercice de la langue en situation! Les langues, soit elles sont vivantes, soit elles sont mortes! La question qu'on devrait poser normalement est: quel est l'objectif et quelle est l'efficacité d'une telle approche? La grammaire n'a jamais appris à s'exprimer correctement: c'est le travail autonome sur la langue, avec essai-erreur-correction qui permet de progresser dans sa maîtrise... Cela demande beaucoup de temps pour comprendre cette réalité, mais l’avènement de l'approche communicative et les travaux de CHOMSKY l'attestent.

Actuellement, il y'a un sérieux courant qui rejette carrément l'enseignement de la grammaire dans et pour l'apprentissage des langues étrangères! Il suffit de remarquer et de constater que même, nous, enseignants, trouvons des difficultés à apprendre ne serait-ce qu'une autre langue étrangère, car dès qu'on a la volonté de le faire, on commence automatiquement par les livres de grammaire. Mais est-ce que cela marche? On finit par abandonner car on est déjà rebuté par la difficulté descriptive de la langue... La grammaire décrit la langue, sa beauté, ses particularité, son "bon usage", mais ne permet pas de parler, ni de trouver le mot ou l'expression juste pour le faire... Il y' a d'autres méthodes qui sont dans l'expérience, comme le langage SMS, le CHATTE, qui favorisent l'interaction orale en situation et permettent de sérieux progrès, car la langue est développée et acquise en situation... Le fait de libérer l'échange provoque des besoins et introduit une motivation, sources et secrets de l'apprentissage... L'exemple de l'immigré qui arrivent à communiquer, donc donner du SENS à la langue est un exemple vivant, attestant de cette réalité...

Alors qu'il faudrait commencer par une maîtrise de savoirs faire langagiers permettant d'être opérationnel et développer des compétences plus poussées, par la suite... Cela en fonction des pratiques et des investissements personnels en tant qu'usager de la langue étrangère en question...

Même les expressions que j'utilise aujourd'hui, au moment de l'écriture, jaillissent des lectures et des écritures que j'ai déjà faites. Il ne s'agit aucunement de la grammaire que j'ai apprise... Les arabes d'il y'a quatorze siècles peuvent témoigner de cette vérité: ils n'ont pas été à l'école pour comprendre mieux que nous le Coran et ils ne l'ont pas de même fait en étudiant "sibaouih"!...





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