« profession de foi » et « personnage conceptuel »

 Par Sopra Baba  (?)  [msg envoyés : 2le 06-11-10 à 20:47  Lu :1786 fois
     
  
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Travail effectué par un professeur de philosophie de classe préparatoire au Lycée Victor Hugo à Besançon
Citations Rousseau 2
3 : « Profession de foi » et « personnage conceptuel »
46 : « Mon enfant, n'attendez de moi ni des discours savants ni de profonds raisonnements. Je ne suis pas un grand philosophe, et je me soucie peu de l'être. Mais j'ai quelquefois du bon sens, et j'aime toujours la vérité. Je ne veux pas argumenter avec vous, ni même tenter de vous convaincre ; il me suffit de vous exposer ce que je pense dans la simplicité de mon cœur. Consultez le vôtre durant mon discours ; c'est tout ce que je vous demande.» (51)
47 : « apprendre aux philosophes qu’on peut croire en Dieu sans être hypocrite et aux croyants qu’on peut être incrédule sans être un coquin » (Lettre à Vernes).
48 : « professer, c’est poser une chose comme vraie, c’est la poser comme vraie pour soi, mais ce n’est pas la présenter comme un savoir que l’on démontre, ni comme une vérité qu’on dispense. Ce n’est ni une leçon, ni un sermon, (mais) ce à quoi on accorde sa confiance, et envers quoi on s’engage, non ce que l’on considérerait comme un acquis » (B. Bernardi).
49 : « Adressée à l’individu, la question du mal est renouvelée : si la bonté nous est naturelle, comment rendre compte du mal que nous pouvons faire ?…Si nous sommes naturellement libres, qui nous dit quel usage faire de notre liberté ? Ces questions que La Nouvelle Héloïse désigne, et que l’Emile pose, La Profession de foi aura précisément pour objet d’y répondre. » (B. Bernardi).
50 : « Les personnages conceptuels en revanche opèrent les mouvements qui décrivent le plan d’immanence de l’auteur, et interviennent dans la création même de ses concepts. Aussi, même quand ils sont « antipathiques », c’est en appartenant pleinement au plan que le philosophe considéré trace et aux concepts qu’il crée : ils marquent alors les dangers propres à ce plan, les mauvaises perceptions, les mauvais sentiments ou même les mouvements négatifs qui s’en dégagent, et vont eux-mêmes inspirer des concepts originaux dont le caractère répulsif reste une priorité constituante de cette philosophie. », G. Deleuze, Qu'est-ce que la philosophie ?
51 : « Les concepts ne se déduisent pas du plan, il faut le personnage conceptuel pour les créer sur le plan. » (Qu'est-ce que la philosophie ?).
52 : « Les personnages conceptuels sont les « hétéronymes » du philosophe, et le nom du philosophe, le simple pseudonyme de ses personnages. Je ne suis pas moi, mais une aptitude de la pensée à se voir et se développer à travers un plan qui me traverse en plusieurs endroits. Le personnage conceptuel n’a rien à voir avec une personnification abstraite, un symbole ou une allégorie, car il vit, il insiste. Le philosophe est l’idiosyncrasie de ses personnages conceptuels. C’est le destin du philosophe de devenir son ou ses personnages conceptuels, en même temps que ces personnages deviennent eux-mêmes autre chose que ce qu’ils sont historiquement, mythologiquement ou couramment (le Socrate de Platon, le Dionysos de Nietzsche, l’Idiot de Cuse). Le personnage conceptuel est le devenir ou le sujet d’une philosophie, qui vaut pour le philosophe, si bien que Cuse ou même Descartes devraient signer « L’Idiot », non moins que Nietzsche « l’Antéchrist » ou « Dionysos crucifié ». Les actes de parole dans la vie témoignent en fait d’une troisième personne sous-jacente : je décrète la mobilisation en tant que président de la République, je te parle en tant que père… » (Qu'est-ce que la philosophie ?).
53 : « Qui est Je ?, c’est toujours une troisième personne. » (Qu'est-ce que la Philosophie ?).
54 : « Je suis trop petit pour avoir beaucoup à craindre et je ne puis guère tomber plus bas que je ne suis » (122).
55 : « Je suis né pauvre et paysan» (51), il n’est pas un savant : « J’appris ce qu’on voulut que j’apprisse » (51), ni un saint : « En m’obligeant de n'être pas homme, j'avais promis plus que je ne pouvais tenir.» (51).
56 : « L’Idiota  est celui dont le non-savoir est un savoir, l’ignorance une docte ignorance ». N. de Cues, La Sagesse selon l’idiot
57 : « ce qu’il y a de plus humble, de plus pauvre, de plus modeste et de plus faible dans la hiérarchie humaine, en quelque sorte un minimum absolu, ou presque, le plus opposé assurément à ce maximum absolu, ou presque, que représente l’Orateur ou le prélat. » (Françoise Coursaget).
58 : « Si ce n’est pas dans les livres des sages que se trouve le fourrage (pabulum) de la sagesse, où donc est-il ? » 
59 : « Je ne dis pas, affirme l’idiot, qu’il n’y est pas, mais je dis qu’on ne l’y trouve pas à l’état naturel. »
60 : « Là est peut-être la différence entre toi et moi explique l’idiot. Toi, tu penses posséder le savoir, alors que tu ne l’as pas : de là ton orgueil. Tandis que moi, je connais que je suis un homme simple : de là mon humilité. En cela peut-être suis-je plus savant. »
61 : « ceux qui pensent que la sagesse n’est autre que ce qui est compréhensible par l’intellect, et que le bonheur n’est autre que celui qu’il leur est possible d’atteindre, ceux-là sont loin de la vraie sagesse éternelle et infinie : ils sont au contraire tournés vers quelque repos susceptible de finir, dans lequel ils pensent que se trouve la liesse de la vie, alors qu’elle ne s’y trouve pas. »
62 : «Mon enfant, n'attendez de moi ni des discours savants ni de profonds raisonnements. Je ne suis pas un grand philosophe, et je me soucie peu de l'être. » (51), « sachez être ignorant » (126)
4 : Le contexte naturel
63 : « Ces aveux ne sont pas l’affaire d’un moment ; il faut du temps pour vous exposer tout ce que je pense du sort de l’homme et sur le vrai prix de la vie ; prenons une heure, un lieu commode pour nous livrer paisiblement à cet entretien. » (50).
64 : « Le rendez- vous ne fut pas renvoyé plus tard qu'au lendemain matin. On était en été, nous nous levâmes à la pointe du jour. Il me mena hors de la ville, sur une haute colline, au-dessous de laquelle passait le Pô, dont on voyait le cours à travers les fertiles rives qu'il baigne; dans l'éloignement, l'immense chaîne des Alpes couronnait le paysage ; les rayons du soleil levant rasaient déjà les plaines, et projetant sur les champs par longues ombres les arbres, les coteaux, les maisons, enrichissaient de mille accidents de lumière le plus beau tableau dont l'œil humain puisse être frappé. On eût dit que la nature étalait à nos yeux toute sa magnificence pour en offrir le texte à nos entretiens. Ce fut là qu’après avoir quelque temps contemplé ces objets en silence, l’homme de paix me parla ainsi :» (50-51).
65 : « Ah ! Quels tristes tableaux ! m'écriais-je avec amertume : s'il faut se refuser à tout, que nous a donc servir de naître ? Et s'il faut mépriser le bonheur même, qui est-ce qui sait être heureux ? C'est moi, répondit un jour le prêtre d'un ton dont je fus frappé. Heureux, vous ! Si peu fortuné, si pauvre, exilé, persécuté, vous êtes heureux !...Là-dessus, il me fit entendre qu'après avoir reçu mes confessions, il voulait me faire les siennes. J'épancherai dans votre sein, me dit-il en m'embrassant, tous les sentiments de mon cœur. Vous me verrez, sinon tel que je suis, au moins tel que je me vois moi-même. Quand vous aurez reçu mon entière profession de foi, quand vous connaîtrez bien l'état de mon âme, vous saurez pourquoi je m'estime heureux, et, si vous pensez comme moi, ce que vous aurez à faire pour l'être.» (50).

  



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