Pourquoi etions-nous si naifs?

 Par Adi Lachgar  (?)  [msg envoyés : 341le 27-04-12 à 18:01  Lu :1053 fois
     
  
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Pourquoi étions-nous si naïfs ?
J’aurais volontiers posé la question avec un « je», mais je me rends compte que j’appartiens à une génération élevée dans une naïveté extraordinaire et que ceux d’entre nous qui ont développé un certain sens critique, ce n’est certainement pas à leur éducation « subie » qu’ils le doivent, mais bien à certaines petites révolutions et remises en question de soi.
Quand j’y pense, il y a en moi une sorte de nostalgie mêlée d’un soupçon d’ironie : comment a-t-on pu nous faire admettre des trucs pareils ?
Vous souvenez-vous de ce voleur qui invita son fils à venir avec lui voler du raisin dans un jardin ? Le voleur demanda à l’enfant de surveiller le chemin et de siffler s’il voyait venir quelqu’un. Au bout de quelques minutes, alors que le pauvre père (ou le pauvre voleur) n’avait encore attrapé la moindre grappe, l’enfant siffla. Le père se cacha du mieux qu’il put et attendit. Au bout de ce qui lui parut une éternité, il sortit de sa cachette et demanda à son fils : « Quelqu’un m’a vu ? » Le fils, sûr de lui et l’air savant : « Oui, père, Dieu nous voit ! »
D’après M. Boukmakh, le père, depuis ce jour-là, abandonna le vol et devint très pieux.
Aujourd’hui, je crois que le père avait donné à son c…de fils un violent aller-retour et qu’il l’avait chassé de la maison. Histoire de lui montrer comment se moquer du monde.
Des histoires à dormir debout ne manquaient pas dans nos anciens livres de lecture. Même la violence et la menace avaient un sens moral : « la maman dit au couteau : « égorge la vache » parce que celle-là avait refusé de boire l’eau, qui ne voulait pas éteindre le feu, qui ne voulait pas brûler le bâton qui ne voulait pas frapper le fils qui ne voulait pas manger…des pommes de terres ! » Youpi ! Et voilà la baston légitimée par l’écrit ! Le maître égorge et le père dépouille !
On peut dire que la pauvreté matérielle et affective de notre monde, surtout pour ceux d’entre nous qui ont vécu à la campagne, favorisait cette naïveté intellectuelle qui se traduisait aussi par un épanouissement extraordinaire de l’imaginaire. Il fallait par exemple expliquer comment une lettre qu’on mettait dans une fente pouvait arriver à son destinataire. Beaucoup, dont ma pomme, pensait que, derrière la fente, il y avait une sorte de tapis roulant qui allait jusqu’au destinataire. Problème, aucun tapis ne sortait de la poste. Autre problème : il ya bien un « saa3i al bariid » dans la tilawa. Alors, pourquoi je ne fais pas le lien ? Peut-être parce que je refuse d’abandonner le côté magique de la poste imaginaire pour cette poste artisanale ? Va savoir.
Mon père avait une motocyclette, mobylette rouge. Toute mon enfance et une partie de mon adolescence, je suis monté sur cette moto en faisant « 3aaaaaan » avec ma bouche, car elle était à l’arrêt, dans le patio. Jamais il ne m’était venu à l’idée que je pouvais monter sur cette moto dehors, rouler avec, aller au souk avec…
Que j’étais c… !

  



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 Réponse N°1 20483

???
  Par   oumislam sana  (CSle 27-04-12 à 18:57



On a été naîfs oui, mais notre personnalité, la bonneté que nous avons tous en nous, cette volonté de faire toujours bien, de ne jamais décevoir personne, d'être là quand quelqu'un a besoin de nous, ce ne sont pas nos parents ( qui les pauvres étaient trop occupés a nous nourrir, à nos loger ... ) qui nous les ont inculqués, mais ces histoires dont vous parlez. Alors moi je veux être naîve et que mes enfants soient naîfs et continuent à croire en ces histoires...





 Réponse N°2 20494

sans doute, mais
  Par   Adi Lachgar  (CSle 27-04-12 à 20:42

Sans doute y a-t-il du bon dans la naïveté quand le monde qui vous entoure ne vient pas démentir vos croyances. Autrefois, pour nous empêcher de faire des bêtises ou de sortir sans leur permission, nos parents usaient et abusaient du"bou3ou" et du "boukhou." Je ne vois pas comment on peut raconter cela actuellement à un enfant qui a déjà tué des tas de monstres dans ses jeux vidéo.

Il est vrai que notre naïveté nous a aussi permis de ne pas développer trop de sentiments négatifs, de sorte qu'une bonne partie des jeunes marocains des années 60-80 a accepté comme une fatalité son devenir socio-éconimique et professionnel. Mais, d'un autre côté, je pense que nous aurions pu tirer un meilleur parti de ces jeunes en développant chez eux des qualités critiques, analytiques et scientifiques plutôt que d'en faire des gentils.




 Réponse N°3 20503

le dedans et le dehors
  Par   Adi Lachgar  (CSle 27-04-12 à 21:24



Bonsoir Si Mustapha.

Je n'oserai jamais nier les bienfaits de l'école Boukmakh, mais je ne peux m'empêcher de constater qu'il n'y a pas que du bon dans le bon vieux temps.

Pour reprendre l'exemple du fils du voleur et vous expliquer le sens de ma position, je vous raconte une anecdote (ou deux).

Nous devions avoir 15 à 17 ans. Nous étions au café et nous parlions d'un ami que nous plaignions. Cet ami, en effet, vivait une situation des plus paradoxales. Son père était imam de la mosquée du quartier. Un vieux monsieur portant barbe blanche et qui inspirait le respect et la confiance. Sa mère, en revanche, était une p... notoire. Elle recevait ses clients chez elle. Ne me demandez pas comment. La tradition raconte qu'elle donnait des somnifères à son mari. Nous en parlions donc et nous exprimions, chacun à sa façon, notre compassion pour cet ami qui devait vivre l'enfer. Nous avions beaucoup de mal imaginer sa vie "dedans".

Un monsieur était juste à côté et nous écoutait avec intérêt. A un moment donné, il intervient et nous interpelle:"Si c'est de flane que vous parlez, vous avez tout faux. Moi, je fréquente sa mère et c'est lui qui chaque fois nous apporte la bassine pour nous laver les mains et nous sert le dîner."J'en fus terriblement choqué, mais je réalisai aussi que ledit ami ne parlait jamais de son père et parlait très souvent de sa mère avec fierté. "Elle est belle ta chemise, L..." -"C'est la walida qui me l'a achetée, que Dieu la bénisse!"

Un autre jour, en revenant du collège, il y eut une dispute entre deux garçon. L'un d'eux était un pédéraste notoire et couchait notamment avec le président de la commune rurale. Bien entendu, l'autre l'insulta en évoquant ses mœurs peu communes (mais réservé au chef de la commune). Je fus littéralement sidéré quand j'entendis la réponse du PD:"Bzzaf 3lik! Je couche avec tes maîtres."(traduisez en arabe)

Pourquoi fus-je chaque fois choqué?

C'est parce que j'appréhendais les choses de l'extérieur. J'étais incapable d'accéder à la "logique" de notre ami L... et à celle de Samira (c'est comme cela qu'on appelait l'autre.)

C'est exactement le problème que j'ai avec l'histoire du fils du voleur. Normalement, s'il est vraiment le fils de son père, élevé dans le vol et par le vol, il serait inconcevable qu'il critique son père (sauf si quelque barbu lui avait mis la puce à l'oreille, auquel cas il aurait pris tunique courte et quitté la maison paternel de son plein gré en attendant la casa de Espana.)

J'ai fait allusion aux petites révolutions qu'il y a eues dans nos vies et qui nous ont permis d'apporter un peu de sens critique dans l'héritage boukmakhien. Je vous dirai le fond de ma pensée: éduquer les enfants, c'est leur donner des idoles et des moules à casser. Nos parents avaient de la chances parce que les moules étaient tout faits et les idoles partout. Nous, avec nos enfants, c'est une autre paire de manches.Aucun moule ne tient: les commerciaux cassent tout à leur place. Les films, les jeux vidéo, nous mêmes participons à faire de nos enfants des génies de bêtise.





 Réponse N°4 20515

L'enseignement par la morale
  Par   ELHOUSSAINI Lahoussine  (Profle 28-04-12 à 00:16

Salut tout le monde et merci M. Adi d'avoir évoqué ce sujet de conscience. Je ne sais tout de même si après votre parcours initiatique vous avez fini par cultiver votre jardin à l'instar de Candide de Voltaire.

Certes, nous étions tous ingénus à un âge où il ne nous était permis de voir le monde qu'à travers le regard d'un enfant. Dieu merci car on nous aurait gâché l'innocence de notre enfance par des affaires des grands. Toutefois, Boukmakh avait bien raison de cibler l'enfant et non son père, qui peut-être, n'avait jamais été à l'école. Au lendemain de l'Indépendance et beaucoup plus tard, on a beaucoup misé sur l'école dont a fait un levier du développement . On lui avait assigné un rôle majeur dans la transformation de la société et non le contraire comme c'en est le cas aujourd'hui. C'était elle la productrice des valeurs qui devait agir sur la société. Aujourd'hui, malheureusement, l'école reçoit des valeurs qui lui viennent de l'extérieur et les réintègre même d'une manière ou d'une autre. L'exemple de cet enfant met en garde contre le risque de perte des valeurs .

Qu'en est-il de la situation de l'éducation aujourd'hui? La déclaration d'un état d'urgence pourrait vous en dire quelque chose sur cette crise de valeurs.





 Réponse N°5 20605

enseigner la morale!
  Par   Adi Lachgar  (CSle 29-04-12 à 11:32

Salut chers amis.

Je suis assez d'accord avec vous. Mais, peut-on enseigner la morale? Nous l'a-t-on enseignée? L'enseignez-vous à vos enfants? Êtes-vous, sommes-nous, en tant qu'êtres dotés d'une éthique, le pur résultat d'un enseignement?

Et puis, à quoi correspondrait un tel enseignement?




 Réponse N°6 20611

Souvenir d'enfance
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 29-04-12 à 14:04



A travers votre sujet, je voudrais rendre hommage à mes parents et à tous les parents de "Jolie Mina".

Je pose la question autrement: nos parents étaient-ils naïfs?

Les jeunes d'aujourd'hui pourraient le penser, lorsque ces parents illettrés qu'ils étaient, voyaient dans le maître un Messager" celui qui apporte le message et enseignaient au respect de ce personnage illustre.

Je me rappelle d'une petite histoire lorsque j'étais enfant. Je fréquentais une école juive parce que j'habitais dans un mellah. A l'époque, il y avait des alliances juives dans les mellahs faites pour les Juifs mais que bon nombre de Marocains ont fréquenté. Je me souviens en CE2, en cours de français, j'avais eu le fou rire. Pour quelle raison, je ne m'en souviens plus. M. Amiel, un quadragénaire, avait convoqué ma mère pour se plaindre de mon fou rire.

Savez-vous ce qu'elle lui avait dit?

"Monsieur, elle est comme votre fille. Alors si elle recommence, donnez-lui de bons coups de bâton!"

Autoriser aujourd'hui un Juif à battre son enfant, c'est inconcevable! Cela prendrait la tournure d'une affaire d'Etat. Les ambassadeurs seraient rappelés...

Ces parents de cette époque étaient peut-être naïfs mais ils avaient la sagesse. Cette naïveté qu'ils nous ont transmises intentionnellement est devenue lucidité, humilité, respect...

Aujourd'hui la plupart des jeunes voient les générations "passées" comme dépassées.

Je ne trouve pas la chute pour mon texte mais ce n'est pas grave. Je vais chuter avec nostalgie vers cette époque. C'est de la naïveté suicidaire que de ne pas prendre un parachute. Je prends le risque.

Mes respects avec beaucoup de fracas. Je crois que j'ai la jambe cassée. M. Amiel doit-être tordu de rire dans sa tombe.





 Réponse N°7 20614

Boukmakh et la morale.
  Par   kasbaoui abdelaziz  (Autrele 29-04-12 à 14:42

L'aspect "moralisant" des manuels de Feu Boukmakh, reste une approche légitime pour l'enseignement et l’apprentissage des valeurs positives. C'est vrai qu'on lui a substitué dernièrement l'éducation aux droits de l'homme, mais d'une manière maladroite et hautement artificielle qui propose des contenus décontextualisés qui ont l'air de s'adresser à des adultes et à des personnes dont la personnalité est déjà formée.

Mais, au delà de cet aspect, je pense que ce qui a fait la force didactique et pédagogique des textes de Bouklmakh, c'est :

1. le choix des textes dont les personnages étaient presque tous des enfants (du même age que les élèves). Ce qui permettait une vraie identification romanesque et psychologique susceptible de faciliter le transfert à la vie réelle.

2. les textes retenus sont généralement narratifs, qui correspondent parfaitement à l'horizon d'attente des enfants qui, à ce niveau de la maturité intellectuelle, aiment écouter des histoires, aiment raconter, ... ce qui permettait également d'assurer le lien avec l'activité narrative entreprise à la maison (contes des grands-parents).

3. le contenu des textes est proposé selon une progression qui veille à l'harmonie avec l'environnement immédiat de l'enfant: rentrée scolaire, automne, hiver, printemps, vacances, ... ce qui crée une interaction "en temps réel" entre l'élève et son entourage, et on n'avait pas besoin de tous ces discours pompeux autour de l'ouverture sur l'environnement.

etc.

Merci Ssi Abderrahman, Ssi Adi





 Réponse N°8 20618

pour qu'ils puissent se rappeler qu'ils ont une identité!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 29-04-12 à 18:29

Vos trois derniers textes m'ont interpellé chers(ère) collègues!

La morale est globalisée! Elle franchit les frontières d'une vitesse extraordinairement rapide! Avant - il y'a quelque dizaine d'années-, une lettre voyageait pendant une semaine avant d'atteindre son destinataire... Maintenant, quelque secondes vont suffire pour que ce massage atteigne ces lecteurs/amis(ies)...

Les choses ont changé! Mais les valeurs restent! Ils restent immuables car si le temps change au moins nos souvenirs sont là pour témoigner de nos origines et de notre identité... C'est au nom de quelles valeurs voudrait-on substituer notre identité et nos convictions?!

Je suis d'accord avec vous M.elomari mustapha lorsque vous dites: "La question réelle ce n'est pas d'enseigner la morale ou de ne pas l'enseigner. Je crois qu'il nous faut d'abord nous mettre tous d'accord sur le profil de citoyens que nous voulons." Oui, vous avez tout à fait raison et voici ma preuve: les curriculums ( dans tous les systèmes éducatifs et sans exception) n'auraient jamais existé s'il n' y a pas une politique éducative qui s' y trame! Votre idée sur un "référendum portant sur le profil de citoyen..." est géniale! Un consensus national devrait avoir lieu pour débattre, et avec beaucoup de passion et de raison, afin de redéfinir et actualiser notre contrat social des valeurs! - Les cahiers de charges proposés par le récent gouvernement y pour quelque chose...

Pour notre collègue et amie madame aziz hayat, j'ai aimé volontairement et émotionnellement votre chute, combien très réussie! Vous avez raison de dire avec vos mots simples mais profonds que nos jeunes d'aujourd'hui sont victimes d'une large et grande dé-culturation! Qu'on le veille ou non, l'hégémonie culturelle venant de l'autre leur est fatale! Il suffit de voir certaines émissions télévisées pour s'en rendre compte! La réalité est dure à accepter, mais elle reste cette vérité qu'on devrait admettre pour la changer! Pour joindre l'agréable à l'agréable, vos deux interventions m'amènent à chercher les alternatives! Notre ami M. kasbaoui abdelaziz, dont j'apprécie les analyses, propose implicitement/explicitement des solutions: revenir à nos sages didacticiens! Les morts sont morts aujourd'hui... Mais les vivants, ils sont marginalisés et bannis! On préfère que les autres pensent à notre place et prennent des décisions à notre insu! C'est impensable, mais c'est la vérité!

Je prône donc le retour aux sources afin de s'abreuver de la sagesse et de la vertu marocaine! Je veux goûter le thé à la menthe avec de l’absinthe pour me connaitre et me reconnaître marocain! Pas de tricherie donc! Les élèves ont des difficultés à lire et à prononcer un texte! Qu'est-ce qu'on leur propose? Des romains écrits par des adultes pour des adultes! Les élèves ne savent pas écrire une phrase correcte. Qu'est-ce qu'on leur propose? Des règles de grammaire et des listes de verbes à conjuguer!? Les élèves ne savent pas tenir un petit dialogue, ne s'intéressent pas à l'actualité, ne regardent pas des films où il n'a pas au moins une dizaine de morts! Les amusements pour eux se résument dans les jeux de violence... A qui porter les critiques? A l'enseignant, au système des valeurs, à cette morale qu'on accuse comme vieillotte?

Des questions sans réponse...Peut-être que certaines idées germées feront changer quelque chose... Mais avant toute chose, je dois -c'est une responsabilité- garder ma morale, qui est en même temps ma mémoire, et par définition mon Histoire afin de la transmettre à ma fille de dix ans et à mon fils d'un an pour qu'ils puissent se rappeler qu'ils ont une identité!

Merci pour tout: mes amis(ies)





 Réponse N°9 20641

Merci
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 30-04-12 à 14:16



Merci pour les analyses des collègues faites avec beaucoup de clairvoyance.

M. Rachid, je partage avec vous le thé et la philosophie.

Beaucoup de sagesse dans vos propos.

En guise de respect, je m'incline devant mon ordinateur.





 Réponse N°10 20649

La naïveté: mamelle de l'invention
  Par   Adi Lachgar  (CSle 30-04-12 à 20:49



Oui Si D. Abdellah. Sans oublier que la naïveté, dans le sens que vous lui donner est la base même du savoir. Ne dit-on pas que l'étonnement est à l'origine de la philosophie? Et qui peut s'étonner mieux qu'un naïf?

J'imagine que sans la naïveté, de grandes valeurs comme l'amour et l'amitié n'auraient aucun sens. Cette naïveté qu'on peut appeler innocence est à l'origine de la croyance et de la confiance. Heureuse, elle embellit notre monde et en fait un vrai paradis. Malheureuse, elle nous détruit.





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