Pourquoi articule-t-on aujourd’hui le genre au développement ?

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 09-07-12 à 02:40  Lu :1007 fois
     
  
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C’est quoi le genre ?
Brièvement, le concept genre, de l’anglais « gender » est l’étude des inégalités des rapports sociaux entre les hommes et les femmes, basés sur la différence biologique. Il est issu du féminisme, mais il en constitue le dépassement, puisqu’il s’intéresse aux deux sexes. Ses principes fondateurs s’articulent sur le fait que ce n’est pas parce qu’on est homme qu’on a le pouvoir et le contrôle des ressources, et ce n’est pas parce qu’on est femme que l’on ne peut faire ce que font les hommes. Les femmes et les hommes ont les mêmes aptitudes et les mêmes prédispositions, et donc doivent avoir les mêmes opportunités. Les approches genres tentent de rétablir l’équilibre entre les deux sexes, dans tous les domaines. Et dans tout développement économique, il s’avère impératif, d’opérer dans cette optique, du fait même que la moitié de la population d’un état se trouve dans une position d’infériorité, et donc de consommation et non de production. Les femmes dans les pays sous développés sont cantonnées dans les activités de reproduction (comme leur état biologique), c’est-à-dire des activités qui ne génèrent pas de richesse , à commencer par le travail domestique. Elles sont exploitées comme main d’œuvre bon marché, facilement remplaçable par les machines, ou font du travail chez elles en informel, et donc elles échappent à la visibilité, et ne bénéficient d’aucune couverture sociale. Elles n’évoluent pas, elles subsistent.
Le concept genre doit être intégré dans toute politique de développement. Aujourd’hui, les politiques de développement s’intéressent à la lutte contre la pauvreté. D’où la nécessité d’articuler le concept genre à cette lutte contre la pauvreté.
Comment et pourquoi ?
Nous allons commencer par définir d’abord, la pauvreté, à travers l’approche en termes d’inégalités qui existent au sein de la société :
En effet, la pauvreté se caractérise par les inégalités qui existent entre les membres d’une société donnée. Ces inégalités se répartissent selon une typologie qui les classe en plusieurs catégories :
- les inégalités économiques : à savoir l’inégalité monétaire, l’inégalité des conditions de vie, et l’inégalité des capacités.
Puis il y a l’inégalité sociale, l’inégalité culturelle, l’inégalité politique et enfin, l’inégalité d’éthique.
Ces inégalités correspondent à des inégalités de potentialités, et ainsi, elles constituent un frein à toute tentative de développement.
Pourquoi est-il nécessaire d’intégrer le concept genre dans toute action visant le développement ?
Il faut rappeler que les femmes se trouvent dans des situations d’inégalités plus aggravées que celles des hommes, justement à cause des différences de potentialités qui existent entre les deux sexes. En effet, les études réalisées démontrent que les femmes, du fait de leur faible accès à l’éducation, de leurs sources de revenus limitées, et de la contrainte qui leur est imposée sur le capital temps, elles risquent de voir leur pauvreté persister, voire s’aggraver.
Il faut signaler que les rapports de genre sont différents d’une société à l’autre. C’est pourquoi, une intervention de développement doit prendre en compte les spécificités de la population ciblée par l’action à entreprendre. Donc, une étude approfondie du terrain s’avère nécessaire.
Comment connaître les relations de genre dans la population cible ?
Pour connaître les rapports de genre qui existent dans la population visée par l’intervention de développement, il faut faire des analyses avant, pendant et après, l’intervention en question :
- Avant de planifier des objectifs réalisables, et qui profitent aux bénéficiaires potentiels ;
- Pendant l’intervention, pour rectifier le tir et remédier aux lacunes et imprévus ;
- Après l’intervention, pour l’évaluation des acquis, et le suivi.
Quel est l’effet visé par une intervention ?
Il y a deux attitudes à adopter, quand on vise une action de développement :
- Une approche minimaliste, qui veille à ce que l’écart entre les hommes et les femmes ne se creuse pas d’avantage. Donc, le développement, les vise tous les deux.
- Une deuxième approche plus volontariste, prévoit de réduire les écarts entre les hommes et les femmes.
Un positionnement clair des interventions en fonction de ces deux attitudes, favorise la transparence, mais aussi les possibilités d’appliquer et de tirer profit de l’intervention de développement.
A ce stade, apparait l’utilité des indicateurs qui permettent de mesurer l’efficacité de l’intervention.
Les indicateurs de réussite, et les sources de vérification
L'empowerment (terme anglais traduit par autonomisation ou capacitation, est la prise en charge de l'individu par lui-même, de sa destinée économique) des femmes est le but ultime de l’intégration d’une politique volontariste du concept de genre, dans l’intervention de développement, il faudra prévoir des indicateurs fiables qui permettent de mesurer cet empowerment. Cette contrainte a l’avantage de se parer contre des interprétations variables et des malentendus. L’indicateur lui-même doit être sujet à révision, s’il ne génère pas l’information attendue dans un laps de temps et avec les moyens appropriés.
Mais dans quel cas utiliser le concept genre ?
Le concept de genre peut s’appliquer à tous les niveaux d’aide au développement :
Le concept de genre peut s’appliquer au niveau d’un projet précis, comme il peut s’appliquer au niveau d’un programme plus large, au niveau d’un programme national, mais aussi à l’intérieur des institutions.
Au niveau des programme concernant le pays, les informations relatives à la situation des femmes par rapport aux hommes, sont facilement accessibles auprès des institutions telles que le PNUD, l’UNIFEM (Fonds de développement des Nations Unies pour la femme) ou encore Amnesty international.
En ce qui concerne le niveau institutionnel, il faut souligner qu’une réelle intégration du concept genre implique un engagement de la part de l’institution à l’appliquer aussi et surtout à l’intérieur de son système de gouvernance, à tous les niveaux de la prise de décision. Il faut que les individus eux-mêmes soient convaincus de l’utilité de cette intégration. C’est pour cette raison qu’un travail sur le changement des mentalités est à faire dans ce sens.
Pour conclure, le concept genre loin d’être une vision occidentale à imposer, doit être contextuel, et ainsi prendre en compte les spécificités de la population cible.
Le concept genre, est transversal, et donc peut et doit s’appliquer à tous les secteurs de la vie, ou des êtres humains hommes et femmes, se répartissent des ressources et des responsabilités.
Enfin, il est capital, de mettre l’accent, sur la participation effective des femmes, dans l’élaboration de toute intervention de développement. Et ceci, à tous les stades, de la conception, à l’application. La prise de parole des intéressées, constitue en soi, un des premiers aspects de l’empowerment des femmes.

  



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