Possibilités d’action culturelle à travers les mass-media

 Par ouhti soumeya  (Prof)  [msg envoyés : 44le 03-10-10 à 22:51  Lu :1696 fois
     
  
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Possibilités d’action culturelle à travers les mass-media
[Résumé]
Goldmann prend comme point de départ un constat: le changement des formations sociales dans les pays occidentaux a mené à un essor de l’usage des mass-media qui sont devenues une part du niveau de style de ces sociétés.
Le cinéma est spécifié, parmi les autres mass-media, part son pouvoir non seulement à donner l’information, mais aussi à produire des œuvres d’imagination, permettant ainsi de passer du produit de consommation à un objet à valeur esthétique. Ce produit culturel va de pair avec le livre de poche qui a pris la place de la BD.
Cette vulgarisation a aboutit à l’augmentation de l’accès aux moyens d’information et à une amélioration du niveau d’instruction, sans empêcher toutefois le risque du développement de ce que l’auteur appelle une pseudo-culture, surtout avec l’école publique qui garde son esprit conservatoire qui prive les couches sociales démunies d’une concurrence loyale. Partant, l’accès aux privilèges reste réservé aux riches.
Pour ce, une lutte sociale est nécessaire pour démocratiser l’usage des mass-media.
Au niveau de la réception de l’information, plusieurs paramètres sont à prendre en considération dans la structure du récepteur: la mentalité, le psychique, les capacités cognitives.
Ainsi, la conscience individuelle importe aussi bien que la conscience de groupe, de classe sociale. Parfois même, dans des époques de l’histoire, c’est l’analyse historique des luttes sociales qui nous permet de divulguer comment fonctionnent les mass-media: la période de l’après-guerre constitue, selon Goldmann, une phase avancée du capitalisme, dit d’organisation, caractérisée par l’intégration de l’ensemble de la société à travers l’augmentation du niveau de vie et l’affaiblissement des forces d’oppositions traditionnelles.
Un autre phénomène important est la concentration du pouvoir entre un petit nombre de notables, tandis que les techniciens, même de plus en plus compétents, ne sont que des exécutants. Il en résulte une réduction considérable de la vie psychique des individus. En effet, traditionnellement, les êtres humains se sont définis selon deux dimensions fondamentales dans lesquelles se sont développés leur vie psychique et leur comportement: la tendance à l’adaptation au réel et la tendance au dépassement du réel vers le virtuel, c’est-à-dire vers quelque chose qui se situe au-delà et que les êtres humains doivent créer par leur comportement. Or, l’évolution sociale dans la société technocratique tend à réduire l’être humain à la première dimension, celle de l’adaptation au réel, et à en faire des exécutants, des techniciens à conscience restreinte, empêchant ainsi les individus de s’intéresser aux problèmes de l’organisation économique, politique et sociale et les amenant à se préoccuper de plus en plus uniquement des problèmes de consommation, de statut social et de prestige.
Cette situation touche également la question de la communication et de la culture: la quantité de plus en plus énorme d’information diffusée par les mass média demande pour son assimilation une puissante activité de synthèse au moment même où l’évolution sociale diminue cette activité, la réification grandissante (terme qu’emprunte Goldmann à Luckas) orientant de plus en plus la masse vers une réception passive plutôt que l’intégration inventive. Désormais centrée sur la vie psychique et individuelle (plutôt que sur la répression physique brutale devenue, du moins dans nos sociétés avancées, inutile) l’oppression des couches dominantes a acquis un caractère global.
Pour remédier à cette injustice sociale, Goldmann propose d’agir d’une manière globale, dans une lutte générale, pour défendre le développement de la personnalité. Le social et le culturel iront en parallèle avec l’économique et le politique pour aboutir à une prise de conscience activée dans le but d’agir sur la réalité.
Source:
Lucien Goldmann, La création culturelle dans la société moderne.

  



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