Peut-on fêter st valentin, quand on est polygame?!!!

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 14-02-13 à 11:10  Lu :1062 fois
     
  
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Les Soninkés et les toucouleurs sont des peuples de l'Afrique de l'Ouest sahélienne, établis principalement au Mali ainsi qu'au Sénégal et en Mauritanie, . Ils sont musulmans. La plupart des noirs africains qui résident aujourd’hui au Maroc, et notamment dans les grandes villes , sont issus de ces deux peuples. Avant le Maroc était un pays de passage, maintenant, il est devenu une terre d’accueil. À Casablanca, ils occupent plusieurs quartiers, et ces dernières années, ils louent les logements sociaux, et se mélangent à la population locale. Chez ces peuples la polygamie est une réalité sociale, historique d’une nécessité vitale. Ils la pratiquent en France et aujourd’hui, sûrement au Maroc ! Pourquoi polygamie et comment ça se passe pour les femmes, c’est le sujet de ce compte rendu d’article de deux sociologues qui s’y intéressent
L’INSTITUTION POLYGAMIQUE COMME LIEU DE LA CONSTRUCTION DE LA FEMINITE
(Sylvie FAINZANG, Odile JOURNET)
INTRODUCTION :
La polygamie est une institution sociale où se fondent des rapports entre les sexes, qui favorisent la domination masculine.
Le présent article est une étude de la polygamie et du vécu des femmes Soninkées et Toucouleures, tant en Afrique, que dans le contexte de l’immigration, notamment en France.
De cette étude se dégagent des règles de fonctionnement de la subordination des femmes au rôle qui leur est affecté dans le contexte de la polygamie. Les dits rôles s’inscrivent davantage dans une visée idéologique où les valeurs véhiculées par la tradition, confirment la suprématie masculine. Mais jusqu’à quelle mesure les femmes subissent-elles les contraintes imposées par la polygamie ?
DEVELOPPEMENT :
1- L’éducation des filles et des garçons :
Dès leur enfance, les garçons et les filles passent par un rituel de socialisation de la sexualité, qui permet d’instaurer, très tôt, la distinction des sexes, et par delà, de distinguer les rôles impartis à chacune des deux catégories. Toutefois, cette socialisation est marquée par une dissymétrie aussi bien dans le temps et dans le rythme, que dans les marqueurs, jugés pertinents pour définir identité féminine et identité masculine. En effet, pour les filles, il y a le souci de mariage, qui se pose dès la naissance, ce qui abrège le chemin vers le destin conjugal (la fille doit se marier entre 13 et 17 ans, alors que pour le garçon il attendra d’avoir 25 ans, ce qui constitue une première dissymétrie). Il est à noter aussi, que les termes par lesquels on désigne les différentes étapes de la vie sont révélateurs de cette dissymétrie :
- Pour la fille des attributs biologiques : puberté, virginité, accouchement
- Pour les garçons des rituels sociaux : circoncision, port de pantalon.
Et si c’est vrai que la circoncision est fêtée publiquement pour marquer l’accès au statut tant valorisant d’homme, l’excision, quant à elle, se pratique en silence, dès les premières semaines de la naissance, et sert à amputer à la fille plus au moins ce qui dépasse, la reléguant à l’état de simple réceptacle de la sexualité de son futur mari, pour lequel elle sera préparée comme bonne épouse et ménagère toujours docile et consentante, dès sa tendre enfance.
Plus tard, la dissymétrie se ressentira, à la vieillesse, puisque, les hommes acquièrent la position distinguée d’aînés, alors que les femmes vieillissant, n’ont aucun privilège, bien au contraire, elles se retrouvent menacées d’exclusion, n’étant plus fécondes.
2- Les fondements de la polygamie :
a- La procréation :
La polygamie trouve sa raison d’être dans la volonté de la procréation et de la pérennisation de la lignée. En effet, un homme se doit d’avoir une progéniture nombreuse qui assure sa descendance. Donc, le fait, d’épouser plusieurs femmes, favorise les naissances. Et pour plus de chance, d’avoir des enfants, les femmes sont assujetties à des rythmes de grossesses qui permettent une gestion optimale de leur fécondité. Une veuve ou une divorcée sont contraintes de se remarier rapidement, pour profiter du temps qu’il leur reste avant la ménopause. L’homme à qui incombe le devoir magnifié de perpétuer la lignée, se trouve parfois contraint par la religion - les soninke et les toucouleur étant musulmans sunnites- de s’abstenir d’avoir un rapport sexuel avec une épouse qui a ses menstruations, ou durant les quarante jours qui suivent l’accouchement, ou enfin, pendant l’allaitement(cette période peut durer parfois 3 ans), toujours est-il que le mari doit avoir des épouses de réserve, pour pallier sa frustration sexuelle d’une part et continuer sa noble tâche de procréer, de l’autre.
b- Les allocations :
Une deuxième raison, et non des moindres, corrobore le choix de la polygamie, ce sont les allocations familiales qui sont versées aux femmes durant les deux années qui suivent l’accouchement (et après, au père jusqu’à l’âge de 15 ans). Ces allocations encouragent les naissances, et donnent à la femme une sorte de statut de travailleuse qui perçoit un salaire, (dont le mari profitera d’ailleurs).Les dites allocations prennent une forme beaucoup plus importante, dans le cas de l’immigration. Ainsi, La fécondité de la femme devient un facteur qui génère des revenus, et dans ce cas le mari verse aux femmes une part de ces allocations en fonction du nombre de maternités de chacune. Ces allocations favorisent une sorte de compétitivité entre les coépouses qui les pousse à s’ingénier pour être à la hauteur de leur tâche de procréatrices
3- la gestion de la polygamie :
a- L’attitude du mari:
La première question qui pourrait se poser quand on évoque la polygamie, c’est : comment un mari gère-t-il la relation conjugale qu’il entretient avec ses épouses ? Un premier élément de réponse, consiste tout d’abord à clarifier cette notion de polygamie, qui signifie " avoir plusieurs épouses" : Il faut savoir que la polygamie commence quand il s’agit de deux épouses, et cela dépasse rarement trois épouses !de ce fait, pour un mari, la façon la plus logique de procéder est de suivre un système de tour, qui est d’ailleurs codifié et instauré, d’une façon systématique ! Cependant, pour diverses raisons citées plus haut, il peut déroger à cette règle, quand une des épouses est indisposée : menstruations, allaitement, accouchement, ou tout simplement, malade.
b- La concurrence entre les femmes :
Si la polygamie peut être utilisée par le mari comme un moyen de chantage contre une épouse qui n’est pas consentante, c’est que les femmes n’apprécient pas d’avoir une coépouse. D’ailleurs, la relation qui unit ces femmes, n’est pas harmonieuse, comme on serait tenté de le croire. Bien au contraire, beaucoup de tentions s’exercent au sein de ces ménages .Les dites tentions s’orientent vers deux directions opposées .L’une concerne les tentions entre les coépouses lesquelles s’épient constamment, à l’affût du moindre signe qui indiquerait que l’une est enceinte, ou a ses menstruations -qui lui interdisent de faire la prière- et le cas échéant, adoptent l’attitude qui les favoriserait aux yeux de leur mari. Comme elles peuvent recourir au maraboutage pour fausser une couche d’une coépouse. La deuxième direction vers laquelle vont ces tentions, c’est le mari lui-même. Et là, les femmes doivent ruser pour susciter la préférence sexuelle de celui-ci à leur égard.
4- La résistance féminine :
a- Dans le contexte africain :
Il ne faut pas croire qu’une femme cherche tout simplement à se valoriser par rapport aux autres, aux yeux du mari. Les femmes réagissent aussi pour se soustraire, à cette condition d’assujetties à laquelle les ravale l’institution de la polygamie. En effet, une femme peut " faire la grève du sexe" pour obtenir une faveur, ou tout simplement, pour se soustraire à la corvée de la relation sexuelle dont elle ne tire qu’un piètre plaisir (confère l’excision) ; Toutefois, cette résistance n’est efficace que dans le cas de la seconde épouse, généralement plus jeune. Ici, Il ne faut pas omettre de signaler, que quand une épouse prétexte la maladie, il n’est pas dans le cas de résistance, mais dans celui d’une stratégie pour se soustraire à la corvée. Donc, elle reste dans la position de rapports de sexe inégalitaires, alors que quand elle résiste, elle marque une sorte de domination féminine.
b- Dans le contexte de l’immigration :
En France, où le phénomène a été étudié, les coépouses développent d’autres attitudes de résistance. La vie occidentale impose un mode de vie différent et beaucoup plus cher, et élever des enfants dans un tel contexte s’avère une tâche difficile. Les femmes essaient d’adopter la contraception, mais les maris refusent dans la plupart des cas. Et si les femmes essaient de le faire sans aviser leur mari, elles se voient contraintes de suivre les croyances sous peine d’encourir un châtiment divin qui leur réserve un problème stérilité ou de risque d’avoir après une mauvaise progéniture finalement, elles y renoncent
CONCLUSION :
Dans cet article, les deux anthropologues montrent comment se construisent les rapports sociaux de la féminité au sein d’un mariage polygamique. La domination masculine est instaurée dès l’enfance, et la fille apprendra à assumer son rôle de maternité, au profit d’un homme qui jouit du privilège de s’offrir autant de femmes, qu’il lui faut pour assurer sa lignée. Les femmes essaient de se soustraire aux contraintes de la vie conjugale et essaient de marquer certaines résistances pour, un tant soit peu, s’imposer, mais ce faisant, elles ne se rendent pas compte, en jouant de l’atout de la relation sexuelle, qu’elles ne font que renforcer le rôle pour lequel on les a destinées.


NB: ces jeunes hommes noirs qui se baladent aujourd'hui dans nos rues, avec leurs vêtements dernier cri;
 leur I phone etc,sont souvent accompagnés de plusieurs jeunes femmes. Qu'en est-il de leurs relations! et puis, qu'en est-il de ces jeunes femmes , bébés au dos, demandant la charité dans les feux rouges ? et enfin et surtout, nos jeunes filles n'ont aucun complexe à apprécier ces jeunes hommes élégants et beaux parleurs, qu'en adviendra-t-il?


  



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 Réponse N°1 29831

Réponse
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 19-02-13 à 13:29



A la question du titre: Oui. Autant de fois qu'on a de femmes!





 Réponse N°2 29834

Oui, cher ami!
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 19-02-13 à 20:12



Alors ce sera, les 14,15,16,17....et le 29 tous les quatre ans!





 Réponse N°3 29841

RE
  Par   bachiri Fatiha  (Profle 20-02-13 à 17:41



Quelle drôle d'idée Mr Jaafari Ahmed , cela me fait vraiment sourire .





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