Pas de soutien pour le colonel - le printemps arabe...

 Par Boumeshouli Brahim  (?)  [msg envoyés : 12le 31-08-11 à 22:50  Lu :1104 fois
     
  
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Pas de soutien pour le colonel
Le printemps arabe : réconciliation historique entre les peuples arabes et l’Occident ?
Il fut un temps où tout affrontement entre les dictateurs arabes et les pays occidentaux suscitait toujours des manifestations populaires, pestiférant contre les ennemis et brûlant au passage leurs drapeaux. Le printemps arabe a été une très mauvaise nouvelle pour les tyrans, qui gouvernaient, sans partage, depuis des décennies, par la violence démesurée et la rhétorique d’un nationalisme creux.
Après de longues années sous le règne absolu, les peuples arabes n’avaient pas besoin de grands experts pour définir clairement et sans ambigüité leurs ennemis. Les tyrans ne dissimulaient guère leur mépris à l’égard même de la notion de l’État. Foulant aux pieds les principes de la justice, se mettant au-dessus de la loi, léguant la gestion (ou plutôt l’ingestion) de la chose publique, la res publica, à leurs rejetons, souvent mal élevés et convaincus d’être les fils de dieux, les tyrans ont logé une haine implacable dans les cœurs des peuples arabes.
L’effritement de L’État-nation, avec son corolaire obligatoire, à savoir l’implantation de l’État-famille (L’État de papa), a été devenu, depuis quelques années, un feuilletant qu’on suivait au quotidien dans les chaînes satellitaires : il ne s’agissait plus de gérer les affaires étatiques, mais les problèmes créés par le fils de Kadhafi, celui de Moubarak ou encore Saleh. Ignares et sans formation politique et administrative, et n’ayant aucun lien avec la culture qu’il méprise souvent, les tyrans arabes sont crédules et débiles. Ils croient toujours qu’ils sont charismatiques, aimés et adorés par leurs peuples. Ils ne peuvent pas résister devant le discours mensonger de leurs médias, et encore moins devant les nouvelles théories de la gouvernance qui assimilent la gestion de l’État à celle d’une entreprise. C’est ainsi que la pauvreté, le chômage et la désagrégation de la classe moyenne sont désormais perçus comme une fatalité, innocentant et désengageant les responsables politiques.
Telle est, en gros, la différence entre les dictateurs des années 1960 et ceux d’à présent. Les anciens dictateurs croyaient servir leur nation, et incarcéraient souvent les hommes d’affaires corrompus, ou les acculaient à l’exil. Leurs fils étaient complètement dans l’ombre (qui se souvient des fils de Nasser ou de Boumediene ?) Lorsqu’ils étaient morts, ou renversés par un coup d’État, ils léguaient à leurs successeurs un appareil juridico-administratif puissant. Leurs affrontements avec des pays étrangers, en l’occurrence l’Occident, étaient normalement une lutte pour l’émancipation nationale (nationalisation du canal de Suez par Nasser, par exemple). Les conflits des tyrans actuels avec l’Occident sont tous mus soit par le rêve d’accéder au statut de chef historique, libérateur des peuples opprimés ! (le cas pitoyable du sanguinaire Saddam Hussein), soit pour défendre ses fils délinquants contre des États de droits (Kadhafi annonçant le jihad contre la Suisse qui voulait appliquait la loi contre Hannibal, accusé de faire subir à ses domestiques de pires afflictions.)
Le printemps arabe n’est rien d’autre que la réhabilitation de l’idée même de l’État ! À bout d’arguments, la rhétorique du dictateur ne peut plus mobiliser les masses crédules contre des ennemis imaginaires. Seul dans son labyrinthe, le dictateur condamne les complots étrangers contre son pays, la guerre de croisade contre sa nation, quant il n’accuse pas les manifestants, qui réclament un État de droit, de former la cinquième colonne, visant de détruire le processus du développement et menaçant l’intégrité territoriale !
Seul, il l’est, car il constate, lamentable, que personne dans le monde arabe ne brandit sa photo, ni brûler les drapeaux occidentaux ! Bien au contraire, les peuples arabes sont consternés contre l’Occident, qui ne frappe pas suffisamment les mercenaires du dictateur ! Qui l’aurait cru, il y a juste un an ? À la place Tahrir au Caire, on n’a pas seulement enterré la momie du dictateur, ni la grande imposture qu’est Bin Laden, mais on a aussi enterré l’animosité historique contre l’Occident. Pour les peuples arabes, le véritable ennemi, c’est le despotisme et l’anarchie qu’il enfante. L’Occident se rend compte que son ennemi véritable, c’est la dictature qui appauvrit, annule les chances de toute libération, et qui, in fine, contraint les gens à devenir des intégristes et des terroristes.
C’est pourquoi, il est urgent de saisir cette opportunité historique, et de consolider davantage cette réconciliation, en imposant le respect de la démocratie, et de faire comprendre aux dirigeants arabes que les temps de la complaisance et de la complicité tacite sont révolus.

  



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