La lumière bleue attrayante
Et le rêve rose m’ont obsédés.
Emporté par le vent du nord
Une nuit, j’ai embarqué.
J’ai quitté ma mère
Ma veille grand-mère
Et ma belle patrie
Car orphelin j’étais
Qui avait tant rêvé
D’avenir, de sureté
D’amour et de paix.
La mer bleue, noire
Dans mes yeux est devenue
Le flot doux de l’été
Ne me reconnaissait plus
Et les vagues autour
De ma barque rodaient
Peureux, lâche devenu je suis.
Les cadavres rêvant
A coté de moi hurlaient.
Cela sentait la mort
La terreur et le regret.
Oh grande méditerranée
Tant est morbide votre odyssée.
Combien d’âme et de corps
As –tu pris ?victime aussi
De leurs fausses utopies.
Sur les roches de l’autre rive
Notre espoir est perdu.
Mimoun est mort Jean
Le nègre est disparu.
Loin de sa chapelle et son église
Loin de ma mosquée
Les orphelins sont enterrés.
-De donde estas ? Que quieres ?
Mauros ? Ils nous disaient.
J’ai perdu ma dignité
Où est l’amour ? La paix
Et la fraternité tant chantée ?
Des années et des années
De ma médiocre vie coulaient.
Ma mère est morte
Fatima ma bien aimée S’est mariée.
-Séguemos adelante ainsi
Nous les orphelins on disait.
Et sans identité on nous qualifiait.
Le vent vert et maléfique du nord
Ne nous a rien donné.
Et soit ici soit ailleurs,
Des orphelins on est.