O notes,vous etes trompeuses!


Boulahnine Khalid  (?) [52 msg envoyés ]
Publié le :2011-01-04 01:11:44   Lu :2411 fois
Rubrique :Productions littéraires  
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O NOTES,VOUS ÊTES TROMPEUSES!
C’est un extrait d’une histoire que je suis en train d’écrire. Hafid est un de ses protagonistes, il enseigne dans une école publique Je vous laisse découvrir ses méditations sur l’école, les notes… et les élèves. J’espère que ce travail vous plaira.
…Hafid qui venait de quitter une des villes impériales du Quomar où les conflits ethniques devinrent moins flagrants se trouva, tout d’un coup, parachuté dans un patelin radicalement opposé à la stratégie étatique de fusion raciale. La majeure partie des habitants ne parlait pas le Quomarin et vivait de pain, de thé et d’olives. A Séquestra, on y était presque dépourvu de tout. Les constructions rouge brique que l’on parcourait de long en large, respiraient la misère. Et les enfants venaient en classe assister au cours de Hafid, même pendant la saison froide, chaussant des sandales usées d’où émergeaient leurs petits doigts frêles et blancs. Leurs vêtements qui tombaient en loques ne cachaient presque rien de leur jolie peau blanche et douce. Certains grelotaient de froid, alors que d’autres complétaient leur sommeil en classe, surtout pendant les premières séances du matin. Le hic, c’est que certains éducateurs les chassaient des classes car ils n’avaient pas de tabliers. Or, le gouvernement du « Quomar » exigeait le port des tabliers dans les écoles pour dissiper toute distinction sociale entre les élèves !
Mais de quelle distinction peut-on parler quand on mène une vie pareille à celle des « séquestrés » se demandait Hafid, sans pouvoir obtenir de réponses satisfaisantes. Que refusent de voir ces gens de l’éducation ? La misère sociale, même si on la cache en classe, devient encore plus flagrante dehors ! Peut-être, les fondateurs de ce genre de « notes » pensent que les enseignants, tombés du ciel, n’ont pour « espace vital » que la classe et ignorent tout ce qui se produit dehors?
En réalité, même si elle paraît si absurde, cette résolution des hauts responsables s’avère fructueuse comme l’indiquent et la pensée et les actes de nos maîtres: chasser un élève qui n’a pas de tablier de la classe c’est le priver d’abord, d’une séance qui peut-être déterminante pour sa carrière scolaire. Une fois revenu (en classe) il perd le bout du fil car il a raté un cours : pour se rattraper, il cherche à s’informer auprès d’un camarade, mais l’enseignant l’aperçoit et le fait sortir encore une seconde fois, sous prétexte que « le cancre » ne fait que perturber le cours et a une mauvaise influence sur le reste des élèves. Ce sont là, les premiers germes de l’école buissonnière ! Le malheureux apprend à rater les séances. Puis, à ne plus se concentrer sur ce qui se produit en classe. Il finit par comprendre qu’il n’est pas fait pour les études et les grandes carrières. Il a aussi du mal à comprendre notre monde, les relations humaines et surtout le langage des humains.
En classe, chez Hafid, l’ambiance était toute autre, il aimait bien tout le monde et s’inquiétait pour le sort des enfants. Il est encore jeune, disait-on, il finira par comprendre.
On ne l’aimait pas pour le simple fait qu’il entretenait de bonnes relations avec ses élèves et son entourage. Il ne prêtait guère attention à ces foutaises de tabliers ou de paresse. Pour lui, les moins intelligents sont victimes et l’école doit les assister à surmonter cet handicap. Aussi les notes distribuées aux élèves ne font-elles qu’aggraver la situation pour les moins bons.
« Attribuer des notes aux différents comportements des élèves en classe, expliqua t-il un jour dans une réunion pédagogique, c’est donner des jugements qui collent à nos enfants tout le long de leur parcours scolaire comme des étiquettes. Certes, ces appréciations sont variées. Et c’est là le malheur. La note t’indique ta case et peut même mettre fin à tous tes rêves. Pourtant, la note ne porte que sur une partie du programme enseigné car combien de fois, L’enseignant est, surpris de voir qu’un élève qui a cinq sur vingt arrive à répondre à d’autres questions qui malheureusement , n’ont pas été posées pendant l’épreuve… Ainsi, porter un jugement sur un tout en n’évaluant qu’une partie est une absurdité… Les notes d’appréciation, en outre, sont-elles nécessaires dans tel domaine ? Ne peut-on pas affirmer que cette approche tend à creuser les écarts entre les élèves et préparer ceux jugés « bons » à gouverner et ceux jugés « mauvais » à se soumettre. Et ne peut-on pas dire aussi le contraire et affirmer qu’on punit, en réalité, la résistance et on encourage la soumission ? Les passionnés des bonnes notes ne sont-ils pas, en effet, ceux qui sont prédisposés à accepter la situation telle qu’elle est et n’aspirent à aucun changement ?
Son dévouement pourtant, en classe, n’était plus ignoré de personne…Il ouvrit même les portes de sa maison pour accueillir, en particulier, les élèves jugés « faibles » et leur disposait gratuitement des cours de soutien, tant et si bien, qu’au bout d’un certain moment, beaucoup parmi eux reprirent goût à la LECTURE et à la production…
Tout le monde parlait de lui et dans le quartier et à l’école. Et cela suscitait la jalousie de certains collègues qui refusaient d’admettre que leur conduite en classe était insensée et qu’il était temps de se ressaisir et se remettre en question. Pour eux, Hafid avait failli à son devoir. Son attitude à l’égard des enfants démythifiait l’image de marque de l’enseignant Quomarin. Aussi, passaient-ils leurs temps au café à chercher comment mettre fin à cette « mascarade ».
Lui, qui ne se souciait guère du comportement dérisoire de ses collègues, continuait à émanciper à sa manière cette petite partie de la nation en lui inculquant les premières notions de base qui pourraient lui assurer la poursuite de son chemin sans grande crainte et sans grands obstacles.




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